Œuvres de justice et lutte contre le fléau de l'intempérance
Anthony W. Ivins
« Celui qui met sa confiance en moi possédera le pays et héritera de ma montagne sainte, et dira : Préparez le chemin, enlevez la pierre d'achoppement du chemin de mon peuple. » ¶
Nous croyons en Dieu le Père éternel, et en son Fils Jésus-Christ, et au Saint-Esprit. Ce premier article de foi de L'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours est fondamental et indispensable à la croyance de tout homme et de toute femme chrétiens. Nous croyons que, sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu ; que nous devons croire en lui, croire qu'il est. Nous devons croire qu'il a le contrôle sur nos destinées, et que nous lui devons allégeance et service ; autrement, nous n'aurions aucun désir de le découvrir ou de connaître ses voies. Ce premier article de notre foi est accepté par un très grand nombre de gens, dans la mesure où il s'applique à la foi en notre Père céleste, alors qu'ils en rejettent le reste. Mahomet enseigna la foi en Dieu, et cette doctrine est aujourd'hui le fondement de la religion musulmane. Les Juifs croient au Dieu d'Abraham ; mais ni l'un ni l'autre de ces peuples ne reconnaît Jésus-Christ comme le Fils de Dieu, ni comme le Sauveur du monde. Les Saints des derniers jours croient en la divinité de Jésus-Christ — non qu'il fût simplement un réformateur, un prophète de son temps, cherchant à établir la droiture, mais qu'il est le Fils du Dieu vivant et le Rédempteur du monde. ¶
Nous croyons au Saint-Esprit, qui rend témoignage du Père et du Fils, et qui, lorsque nous le possédons, nous conduit dans toute la vérité. ¶
Bien que nous croyions que ces premières doctrines de l'Église soient fondamentales et indispensables, nous ne les considérons pas comme suffisantes pour assurer l'exaltation dans la présence de notre Père qui est aux cieux, mais elles doivent être accompagnées d'œuvres ; nous devons faire la volonté du Père, garder les commandements qu'il nous a donnés, afin que nous puissions être ramenés en sa présence. Cette assemblée est composée en grande partie de Saints des derniers jours, des gens qui ont accepté ces premiers principes de l'Évangile de Jésus-Christ, qui se sont repentis de leurs péchés, sont descendus dans les eaux du baptême, et ont reçu le don du Saint-Esprit par l'imposition des mains. Vous êtes montés ici, aux montagnes d'Éphraïm, afin d'apprendre la voie du Seigneur, afin d'apprendre à marcher dans ses sentiers. Je suis certain que c'est dans ce but que vous êtes ici cet après-midi, afin qu'on vous enseigne la voie du Seigneur. Cette assemblée représente sans aucun doute officiellement une grande majorité des membres de L'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Les autorités présidentes de l'Église sont ici ; des présidents de pieu sont ici ; des grands conseillers sont ici ; des évêques de paroisse, et des hommes et des femmes qui président les organisations auxiliaires de l'Église — tous sont ici cet après-midi afin que vous appreniez mieux la voie du Seigneur et comment marcher dans ses sentiers. Vous êtes des sentinelles sur les tours de Sion, et le Seigneur a dit : « Si vous n'avertissez pas le méchant de sa méchanceté, et qu'il meure dans son iniquité, je redemanderai son sang de vos mains ; mais si vous avertissez le méchant, et qu'il ne se repente pas, vous avez délivré votre âme. » Mes frères et sœurs, je comprends que le Seigneur veut dire par là que nous qui professons le suivre, nous qui avons été appelés à paître le troupeau du Christ, devons être des défenseurs de la droiture, que nous devons enseigner la parole du Seigneur par le précepte et par l'exemple, que nous devons rendre clair ce chemin étroit et resserré dans lequel il voudrait que tous ses enfants marchent ; en d'autres termes, que nous devons ôter les pierres d'achoppement du chemin du Seigneur, autant qu'il est en notre pouvoir de le faire. Là où les pierres d'achoppement ne peuvent être ôtées, elles peuvent du moins être signalées, afin que leur existence soit connue, pour qu'on puisse les éviter. ¶
Je me demandais ce que je devais dire à cette assemblée, car je pensais qu'on me demanderait probablement de vous parler, et je me sentais désemparé, jusqu'à ce qu'une circonstance survenue il y a peu de temps m'amène à un enchaînement de pensées et me suggère un sujet auquel je vais brièvement me référer. J'aime défendre les doctrines de l'Évangile du Christ, parce que j'y crois de tout mon cœur. J'aime enseigner la voie de la rédemption, que le Sauveur de l'humanité a enseignée, parce que je sais qu'elle est la puissance de Dieu pour le salut ; et je ne crois pas qu'il existe, sous le ciel, une autre voie par laquelle les hommes et les femmes puissent être sauvés, ou par laquelle un pouvoir sur les péchés du monde leur soit donné, si ce n'est par l'obéissance à l'Évangile. J'aime parler et penser au bien qui existe dans le monde. C'est un bon monde que le Seigneur nous a donné ; il y a en abondance de bonnes choses — tout, en fait, ce que nous pourrions désirer pour être heureux, si seulement on les utilisait comme notre Père l'a voulu. Je me sens accablé quand je pense et parle des maux qui existent. Me placer en conflit avec les conditions existantes, sachant qu'en agissant ainsi je puisse être exposé à la critique, que mes paroles puissent être mal interprétées et mal comprises ; sentir que je puisse être critiqué et que mes vues puissent ne pas rencontrer l'approbation de gens que je désirerais plaire, — cela ne me rend pas heureux ; cela ne m'a jamais rendu heureux de penser au mal, ni d'en parler. Pourtant, lorsque je vois des conditions existant dans notre pays — ce pays que Dieu nous a donné — qui, me semble-t-il, frappent le fondement même de la société, des conditions qui ont, par le passé, entraîné la chute de nations, et qui doivent inévitablement entraîner la chute de nations, de communautés ou d'individus, partout où elles persistent, — lorsqu'il me semble que ces conditions s'installent sûrement, quoique lentement, dans notre pays, je me sens contraint d'élever la voix pour en avertir mes frères et sœurs. Je crois apprécier pleinement la valeur de la prudence et de la sagesse dans le traitement de toutes les grandes questions, particulièrement là où surgissent des questions sur lesquelles les hommes et les femmes peuvent, en conscience, différer d'opinion. Je n'ai jamais désiré être extrémiste. Je n'ai jamais aimé le sensationnalisme. Je n'ai jamais aimé la partisanerie offensante en quoi que ce soit. Je ne l'aime pas, même dans la défense de la parole du Seigneur, parce que je ne la considère pas nécessaire. Mais ces choses contre lesquelles le Seigneur a parlé, qui sont fondamentalement mauvaises, ces choses contre lesquelles les serviteurs du Seigneur nous ont toujours mis en garde, — à ces choses au moins, il me semble, je devrais me sentir justifié de me référer, même au risque d'être mal compris. Je ne m'attends pas à ce que mes vues, ni les vues de l'Église, soient adoptées par tout le monde. Je reconnais que, dans ce pays où nous vivons, les majorités gouvernent, et que les minorités doivent leur être soumises. C'est tout à fait juste, et je m'y soumets ; mais je soutiens aussi que les majorités n'ont pas toujours raison, et bien que je cède, je peux demeurer non convaincu. ¶
Il y a peu de temps, j'ai eu le plaisir de me trouver dans une grande ville, et j'ai parcouru ses rues en compagnie d'un ami. J'admirai ses belles résidences ; j'admirai ses édifices publics ; j'admirai ses parcs, et tout ce que les hommes avaient fait pour l'embellir. En descendant l'une de ses rues, je vis sur le mur d'une habitation une pancarte, un simple morceau de tissu jaune, sur lequel était imprimé « Variole ». Je me dis que cela signifiait qu'il y avait quelqu'un de malade là-dedans, et que cette pancarte, placée là par les autorités sanitaires, avertissait les autres de ne pas entrer dans cette maison tant qu'elle serait infectée par cette maladie ; et je me dis que les gens qui y habitaient étaient sans doute, eux aussi, empêchés de sortir. C'était leur propre maison ; ils étaient malheureusement malades ; pourquoi la loi devrait-elle mettre la main sur eux et les empêcher d'entrer et de sortir de chez eux, et leurs amis d'aller les assister et de repartir ? Je raisonnai alors que c'était parce que l'infection qui s'y trouvait pouvait se transmettre à d'autres personnes, qui pourraient tomber malades ; et je conclus donc qu'il était, après tout, bien du ressort de la loi de prendre le contrôle de cette maison pendant la période d'infection, et d'empêcher les gens d'y entrer ou d'en sortir. Je savais qu'au bout d'un certain temps, si le malade guérissait, il en sortirait sain et sans infection, et que ni lui ni ceux avec qui il serait entré en contact ne courraient de danger. Nous continuâmes et tournâmes dans une autre rue, et arrivâmes à un grand bâtiment. Je vis la porte battre d'avant en arrière, une simple porte-moustiquaire qui s'y trouvait. Je regardai à l'intérieur et vis que la salle était magnifiquement décorée. Il y avait des miroirs ; il y avait de la musique. J'entendis le tintement des verres ; j'entendis aussi le rire d'hommes et de femmes, car, à mesure que la porte battait, je vis qu'il y avait des femmes là-dedans. Mon ami dit : « C'est un débit de boissons ; nous appelons cela un saloon. » Oui, et l'on y servait des rafraîchissements, car je vis « Glaces » et « Rafraîchissements » inscrits en grandes lettres au-dessus de la porte ; et mon compagnon me dit : « Juste derrière, là, dans ce groupe de bâtiments que tu vois, il y a des hommes sans loi et des femmes perdues ; là règnent en maîtres la grossièreté, le dérèglement et l'intempérance. » Alors mon esprit revint à cette autre maison. Sur celle-ci, il n'y avait pas de pancarte, rien sur la porte pour avertir les gens que c'était un endroit dangereux à fréquenter ; pourtant je me dis qu'entre les deux, le danger pour la société, le danger de contagion, est bien plus grand dans ce dernier lieu que dans le premier. Pourquoi n'y a-t-il là aucun avertissement ? Pourquoi ne fait-on pas comprendre aux gens les dangers de cet endroit ? Pourquoi, au contraire, les y invite-t-on ? Pourquoi cette situation est-elle légalisée et autorisée ici, dans cette belle ville ? Puis je pensai à autre chose, et je vais m'y référer. Je sais que je traite d'une question délicate, mais voici ce que je pensai : quelques jours auparavant seulement, j'avais lu dans l'un des grands magazines du pays qu'on avait pris la peine de recueillir des statistiques, et que le corps médical des États-Unis avait rapporté que 75 pour cent de tous les hommes des grandes villes de ce pays, âgés de 18 à 28 ans, étaient infectés par une maladie presque incurable, résultat de leur fréquentation de lieux tels que celui dont j'ai parlé — non pas des maladies faciles à éradiquer, mais qui se transmettent aux troisième et quatrième générations de ceux qui oublient Dieu et négligent de garder ses commandements. Je me dis que le grand mal qui menace cette nation aujourd'hui, le grand mal qui menace l'Église — car tout ce qui menace la nation est une menace pour l'Église ; Dieu merci, ces choses n'existent pas dans l'Église ; elles n'en font pas partie ; elles n'en ont jamais fait partie, et si l'Évangile de Jésus-Christ pouvait prévaloir, il n'existerait pas de tels lieux dans le monde — mais je me dis que la plus grande menace pour cette nation aujourd'hui, et la plus grande menace, ou le plus grand ennemi que l'Église du Christ doit combattre, ce sont l'intempérance et le péché sexuel. Je voulais simplement dire ce mot à mes frères ici cet après-midi. Vous, hommes qui présidez aux destinées de ce peuple — n'est-ce pas là une pierre d'achoppement sur le chemin ? Toute la puissance que Satan peut concevoir est déployée pour défendre ce mal, et toutes ses forces sont rassemblées pour le soutenir, le promouvoir, le protéger. Or, le moyen de combattre ces maux, si je devais proposer un plan, serait de suivre la politique suggérée par frère McKay. Je ne veux pas préconiser de mesures offensantes. Je veux seulement dire à mes frères et sœurs que ce que la loi nous autorise légitimement et proprement à faire, vous et moi, c'est là au moins ce que nous sommes justifiés de faire ; et, indépendamment de la loi, il devient notre devoir, à chacun de nous, de faire connaître à nos enfants, aux enfants de nos frères et sœurs, et aux enfants de nos amis dans le monde, l'existence de cette menace mortelle, dans l'espoir qu'on puisse les persuader de l'éviter. Lorsque Rome demeurait fidèle à sa vie simple, lorsque l'honneur de ses hommes et la vertu de ses femmes étaient sans reproche, elle devint la maîtresse du monde ; mais lorsque ces choses, auxquelles j'ai fait allusion, s'installèrent peu à peu en elle, elle sombra dans la dissolution. ¶
Une des choses qui m'a frappé, lorsque je me suis rendu au Mexique pour la première fois, il y a quelques années, fut une très belle végétation que j'observai sur les arbres là-bas. C'était en hiver que j'y étais allé, mais, en remontant ces cours d'eau, je remarquai qu'ici et là, le long du chemin, il y avait parfois un arbre parsemé de vert — tantôt une seule touffe, tantôt de nombreuses touffes, toutes belles et vertes. Je l'examinai et découvris que c'était du gui. Cela semblait plutôt un embellissement à regarder, mais peu après, comme je remontais plus loin l'un de ces canyons, j'observai un jour un arbre qui mourait. Il était littéralement couvert de gui, cette belle plante. Le fait est que la plante s'était fixée à l'arbre tout comme d'autres parasites se fixent sur ce que d'autres créent, jusqu'à en avoir sucé la dernière goutte de vie, et l'arbre était mort. Cet arbuste ne pousse pas depuis la terre, comme les autres plantes, il ne lutte pas pour son existence, comme Dieu semble avoir voulu que toutes les bonnes choses luttent pour leur existence, de l'enfance à la vieillesse ; mais il attend simplement que l'arbre ait grandi, que l'arbre ait mené sa lutte et soit devenu vigoureux, et alors, avant qu'on s'en aperçoive, on voit une touffe de gui pousser sur l'une des branches. Après un moment, il gagne une autre branche, puis une autre, et, si on le laisse faire, comme je l'ai dit, il ôte la vie de l'arbre. Eh bien, me dis-je, il vaudrait mieux le couper, mieux vaudrait ôter cette seule touffe qui est apparue, — et j'en fis depuis lors une habitude avec mes propres arbres, et je constatai qu'il était facile de le contenir ainsi ; mais laissé à lui-même, gardé pour sa beauté — et c'est une chose belle — il devenait une chose dangereuse. Ainsi, mes frères et sœurs, ce que Dieu a ordonné pour le bien de l'homme, ce qui rend les hommes et les femmes heureux, ce qui rend les hommes et les femmes tempérants, ce qui rend les hommes et les femmes vertueux, ce qui conduit les hommes et les femmes à croire en Dieu et au Christ et à les servir — voilà ce que nous cultivons, ce que nous chérissons, ce dont nous prenons soin. Mais ce qui vient s'installer au milieu de nous, lorsque l'arbre est devenu fort, et qui se fixe sur nous, sans autre but au monde que de sucer notre sang vital, ne vaudrait-il pas mieux le couper net ; ne vaudrait-il pas mieux nous en débarrasser ? Je le crois. Je veux donc dire que tout moyen légitime qui est en votre pouvoir et dans le mien, nous devrions l'exercer dans l'esprit de l'Évangile de Jésus-Christ pour l'éradication de ces choses telles qu'elles existent dans le monde, et pour les tenir hors de L'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, afin qu'elles n'y aient aucune place. Que Dieu vous bénisse, mes frères et sœurs, par Jésus-Christ. Amen. ¶