Pulpit

Tout saint a droit à un témoignage

Francis M. Lyman

1910 April General Conference·First Day Afternoon Session·1910-04-03

J'apprécie, comme un très grand privilège, cette occasion de me trouver avec une aussi grande assemblée de Saints des derniers jours et, peut-être, avec quelques-uns de nos amis et voisins qui ne sont pas Saints des derniers jours.

Nous avons eu une réunion très profitable ce matin, et le thème principal qui nous a été donné concernait l'édification de notre État et des régions du pays déjà occupées par les Saints des derniers jours. J'ai senti, depuis longtemps, la nécessité de conseiller à nos frères et sœurs de rester chez eux, de rester dans notre État de l'Utah et dans les autres régions voisines choisies pour le rassemblement des Saints des derniers jours, où des pieux ont été organisés, et où des paroisses, en grand nombre, ont été établies. Ce n'est pas une bonne chose pour nous d'avoir l'esprit d'errer d'un État à un autre, ou d'un pieu à un autre, ou d'une paroisse à une autre. Il arrive, occasionnellement, que des déplacements soient nécessaires, mais en règle générale il vaut mieux rester établis et fixés, développant nos fermes et nos affaires, fondant des foyers, et devenant des citoyens solides et stables de notre pays commun. Je crois que c'est une mauvaise habitude dans laquelle les frères tombent parfois, celle de se déplacer, d'errer et de perdre leur position et leur communion dans l'Église, et de se faire de nouvelles connaissances au lieu de demeurer établis et fixés dans le pays — spécialement, comme l'a suggéré le président ce matin, dans notre propre pays. L'Utah n'est pas encore densément peuplé. Il n'y a pas une ville, ni un comté, dans l'État, dont je me souvienne à l'heure actuelle, qui soit densément peuplé. Il y a beaucoup de place dans notre État — dans la vallée de Salt Lake, la vallée de Weber, la vallée de l'Utah, à Juab, Sanpete, Millard, Beaver, Iron, et dans toute la partie sud de l'État, aussi bien que dans la partie nord.

Partout, il y a beaucoup de place dans l'Utah, mais il se remplit rapidement de nos amis et voisins venus de l'extérieur, et il sera bon pour nous, mes frères et sœurs, de suivre le conseil donné ce matin de rester chez nous et de nous établir, afin que nous puissions occuper ce pays et développer les ressources de notre contrée. Nous n'avons pas besoin d'aller à l'étranger pour trouver des installations minières ; nous n'avons pas besoin d'aller à l'étranger pour l'exploitation du charbon, de l'or, de l'argent, du plomb ou du cuivre. Nous avons dans cet État d'aussi belles perspectives et d'aussi profitables occasions que dans n'importe lequel de nos États voisins. De temps à autre s'ouvrent des débouchés et des occasions dans le domaine agricole ; de nouvelles régions s'ouvrent, et l'eau est mieux contrôlée. Je pense pouvoir affirmer sans risque que pour l'avenir notre grande tâche sera de prendre soin de l'eau que nous avons et de l'utiliser correctement, afin que les terres de notre État soient convenablement irriguées. Il y a abondance d'humidité ; le pays est désirable, et il est fertile, et s'il n'est pas occupé par les Saints des derniers jours, il sera occupé par nos amis qui ne sont pas Saints des derniers jours, parce qu'il est attrayant. Toutes les mesures et tous les points de supériorité de notre État sont appréciés et nos amis viennent avec leurs capitaux. Nous ne nous opposons pas à leur venue ; nous n'y voyons aucun inconvénient, mais nous voulons rester nous-mêmes et partager avec eux les bonnes choses dont ces vallées montagneuses sont si fertiles.

Nous voulons rester chez nous. Notre mission nous porte beaucoup à l'étranger pour prêcher l'Évangile, mais nous trouverons ici même, chez nous, un vaste champ pour prêcher l'Évangile, pour ceux qui ne sont pas en mesure d'aller à l'étranger. Nous avons actuellement sur le terrain une armée de deux mille hommes environ, ou davantage, et nous comptons maintenir cette armée à ce niveau — l'armée permanente de l'Église de Jésus-Christ. Nous voulons la maintenir à deux mille hommes, ou près de ce chiffre, et l'augmenter si possible. En écoutant les rapports des présidents de mission, lorsqu'ils viennent nous voir deux fois par an, du moins les présidents de mission des États-Unis, nous découvrons qu'ils veulent tous davantage de missionnaires. Il n'y a aucune région du pays qui soit satisfaite. Tous demandent davantage de frères : nous voulons davantage de germanophones ; nous voulons davantage d'anciens scandinaves, ou de ceux qui parlent la langue de ce pays ; et des anciens qui parlent le néerlandais, le français et l'espagnol peuvent être employés avec grand avantage. Nous avons besoin de beaucoup d'aide, et j'ai pensé à cela lorsque j'ai regardé l'assemblée, ce matin, et que j'ai vu un si grand pourcentage de frères. Je ne pense pas avoir jamais vu l'assemblée aussi bien pourvue en hommes que ce matin. Que la tempête ait tenu éloignées certaines des sœurs ou non, je ne saurais le dire, mais en tout cas les frères ont bravé la tempête et semblaient être ici en très grand nombre. Je veux demander à mes frères, auxquels je m'intéresse particulièrement, les soixante-dix, de se préparer à cette œuvre. Nous voulons que vous soyez prêts pour l'œuvre missionnaire. Nous voulons que les évêques nous fournissent abondamment de soixante-dix, car les soixante-dix sont à leur service, prêts à être appelés. Nous voulons que nos frères, particulièrement les soixante-dix, soient libres de dettes et en état de prêcher l'Évangile. Nous avons grand besoin d'hommes expérimentés et formés. Les frères se plaignent de recevoir un trop grand pourcentage de jeunes gens qui n'ont jamais été sur le champ missionnaire auparavant, des jeunes gens aussi jeunes que vingt ans, et même moins de vingt ans, jusqu'à vingt-cinq ans, qui n'ont reçu aucune formation, sinon celle qu'ils ont eue chez eux. Nous demandons aux évêques et aux frères qui président que, lorsqu'une demande est faite de dix, vingt, trente ou quarante hommes, vous nous envoyiez au moins un tiers d'hommes formés, expérimentés et éprouvés. À moins que vous ne le fassiez, nos présidents de mission ne seront pas satisfaits. Nous voulons voir le temps où le champ sera assez bien occupé par des hommes soixante-dix, consacrés et dévoués à cet appel et à ce ministère, ayant reçu une formation, afin qu'ils puissent aller dans le monde représenter le Seigneur, être ses témoins — des hommes qui savent que le Seigneur vit, car tout soixante-dix qui a assez bien accompli son devoir a droit à ce témoignage ; il en est de même pour tout ancien et tout grand prêtre, qui ont droit à ce même témoignage, de savoir que Dieu vit, de savoir que Jésus est le Christ, qu'il vit, et qu'il est le Rédempteur du monde. Tous les Saints des derniers jours ont droit à ce témoignage.

S'il y a des doutes ou des inquiétudes dans le cœur de l'un quelconque des Saints des derniers jours, concernant la vérité de l'Évangile tel qu'il a été révélé par le prophète Joseph Smith, je voudrais dire que c'est notre propre faute. Ce serait la preuve que nous n'avons pas tout à fait accompli la volonté du Seigneur, car tous ceux qui font la volonté du Seigneur, nous le comprenons, connaîtront la doctrine. Ils ne connaîtront pas seulement la doctrine, mais ils connaîtront la divinité de l'Église ; ils connaîtront son autorité. Ils connaîtront le Père ; ils auront un témoignage, car le Fils leur rendra témoignage du Père, et le Père leur rendra témoignage du Fils ; et le Saint-Esprit rendra témoignage, à tous les saints, du Père et du Fils. Ainsi, aucun Saint des derniers jours n'a jamais besoin d'être sans témoignage. Il est arrivé parfois que des anciens, trop consciencieux, aient craint de rendre témoignage qu'ils savaient l'Évangile vrai, qu'ils savaient que le prophète Joseph avait été envoyé de Dieu. Ils ont craint de rendre témoignage de quelque chose qu'ils ne savaient pas être vrai. Or, tous les Saints des derniers jours ont droit à un témoignage et à savoir, et j'ai pensé, à ce sujet même, lire un ou deux versets de la quatre-vingt-treizième section de la Doctrine et Alliances : « En vérité, ainsi dit le Seigneur : il arrivera que toute âme qui délaisse ses péchés, vient à moi, invoque mon nom, obéit à ma voix et garde mes commandements verra ma face et saura que je suis, que je suis la vraie lumière qui éclaire tout homme qui vient au monde, que je suis dans le Père, que le Père est en moi et que le Père et moi sommes un. »

Chaque Saint des derniers jours a droit à ce témoignage. Si nous n'avons pas reçu ce témoignage, mes frères et mes sœurs, je veux que vous vous souveniez tous que la faute en est à nous et non au Seigneur ; car chacun a droit à ce témoignage, par la foi et le repentir, en abandonnant tout péché, le baptême par immersion pour la rémission des péchés, et la réception du Saint-Esprit par l'imposition des mains. Or, si l'un quelconque de nos frères et sœurs a vécu pendant des années sans vraiment savoir, sans être pleinement satisfait et pleinement convaincu, aussi certainement que de toute autre chose dans la vie, que cette œuvre est de Dieu, s'il leur a manqué ce témoignage, c'est leur propre faute, car il n'est pas possible pour un homme de faire la volonté du Père sans connaître la doctrine. Si nous faisons sa volonté, nous saurons. Nous ne pouvons pas éviter de savoir, pas plus que nous ne pouvons éviter quoi que ce soit d'autre. Nous savons par ce que nous voyons, entendons, sentons et goûtons, si nos sens sont mis en jeu et sont convaincus ; et il en est ainsi pour tous ceux qui ont fait la volonté du Père. Veillons, mes frères et sœurs, à ne pas être satisfaits avant d'être si bien établis dans l'Évangile, avec une connaissance de la vérité, que nous soyons inébranlables et stables — non pas comme le vent et les vagues qui vont et viennent, mais sereins, fixes et établis dans notre foi, de sorte que rien ne puisse survenir pour éveiller des questions dans notre cœur et notre esprit concernant l'Évangile du Seigneur Jésus, ou concernant notre Père céleste, mais que nous sachions qu'il vit, que nous sachions que Jésus est le Christ, notre Rédempteur et Sauveur, et que nous puissions comprendre ce qu'il a fait pour nous. Il ne nous a pas imposé d'exigences, ni donné de commandements que nous ne puissions garder, car il nous est tout à fait possible de satisfaire à toute exigence qu'il nous a faite ; et ainsi nous pouvons nous approcher du commandement qu'il a donné, que ses disciples devaient être parfaits comme notre Père qui est aux cieux est parfait.

Sans aucun doute, notre Père céleste, ainsi que le Fils et les justes qui nous ont précédés, ont accompli leur devoir, et fait de leur mieux. C'est ce qui est exigé de nous. Nos responsabilités sont grandes ; les exigences qui nous sont faites dans le monde aujourd'hui sont très strictes ; bien que nous soyons modestes, et que nous hésitions à nous tenir devant des assemblées de gens, comme c'est le cas pour beaucoup de nos frères et aussi beaucoup de sœurs, pour prêcher l'Évangile chez nous et à l'étranger, il y a néanmoins un sermon des plus éloquents que nous sommes tous capables de prêcher où que nous soyons, dans nos propres foyers et familles, dans notre propre voisinage, et à l'étranger, et c'est le sermon du bon et juste exemple. Nous pouvons être moraux, droits, vrais et fidèles. Nous pouvons nous aimer les uns les autres ; nous pouvons agir avec justice les uns envers les autres ; et nous ne pouvons plaire à Dieu sans que toutes ces vertus se développent en nous. Nous ne pouvons plaire au Seigneur par une seule vertu, bien que l'apôtre Paul ait déclaré que, sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu. Il n'est pas possible de plaire au Seigneur par la foi seule. Une foi véritable et vivante ne va jamais seule ; elle produit toujours des œuvres ; elle agit sur les intelligences, les sollicite et les pousse à des œuvres de droiture. Ainsi, si Paul déclare que sans la foi il est impossible de plaire à Dieu, je pense pouvoir dire tout aussi sûrement que sans les œuvres il est impossible de plaire à Dieu. Je puis dire aussi que sans la foi nous ne travaillerons pas, et nous n'avons pas travaillé sans la foi ; nous avons œuvré exactement en proportion de la foi que nous possédons. Nos œuvres futures détermineront la mesure de notre foi, car si les hommes ont la foi, ils œuvrent. Si les hommes ont foi dans le principe de la prière, ils prieront ; s'ils ont foi dans le principe de la dîme, ils s'acquitteront de leur obligation de dîme ; ils paieront leur dîme exactement selon la mesure de leur foi. C'est ce que vous et moi avons fait dans le passé, et c'est ce que nous ferons à l'avenir, selon la mesure de notre foi. Ainsi satisferons-nous à cette exigence, selon la mesure de notre foi. Ainsi nous repentirons-nous de nos péchés, et pratiquerons la droiture, servirons le Seigneur et l'honorerons, et ferons bon usage des occasions qu'il place sur notre chemin.

Ce n'est pas seulement le champ à l'étranger qui doit être rempli de missionnaires, car cela semble être le champ assigné particulièrement aux soixante-dix et aux anciens — les soixante-dix, en particulier, sont censés aller sur le terrain et être des anciens itinérants toute leur vie — mais le plus grand champ, c'est-à-dire le champ qui peut être occupé par un plus grand nombre, et le sera toujours, est le champ intérieur. Il devient de plus en plus important, en raison du processus de rassemblement, non seulement le rassemblement que nous faisons en tant que Saints des derniers jours, mais aussi le rassemblement d'autres personnes à l'intérieur de nos frontières, dans notre voisinage et dans notre nation, — car ils viennent de toutes les nations et de tous les peuples. Ils doivent recevoir l'Évangile et en être instruits aux États-Unis comme dans le reste du monde. Ils doivent le recevoir dans les États et les territoires, partout où se trouvent les Saints des derniers jours, et il sera porté ailleurs. C'est notre devoir de prêcher l'Évangile. C'est notre appel principal — prêcher l'Évangile par la parole, le prêcher par notre conduite tout au long de notre vie. Rien n'est plus fort, rien n'est plus réel, ni plus digne de confiance et solide, que le bon exemple que les hommes donnent dans leur vie.

Je veux dire un mot d'éloge pour nos frères qui sont à la tête de notre œuvre missionnaire à l'étranger, pour nos frères qui sont à la tête de nos pieux de Sion, de nos paroisses et de nos collèges, et tous les frères et sœurs qui sont à la tête des diverses associations. Je crois que l'Église n'a jamais été en meilleur état qu'aujourd'hui, que nous faisons de bons progrès, que nous avançons bien, et que le secret de notre succès et de notre progrès réside très largement dans le fait que les frères et sœurs qui président montrent le bon exemple — non seulement par leur prédication et leur enseignement, et autres choses semblables, mais parce qu'ils vivent une vie meilleure. Je crois que nous vivons mieux et faisons mieux que nous ne l'avons jamais fait auparavant. Je crois que davantage d'entre nous sont sobres, réguliers et tempérants ; que davantage d'entre nous sont fidèles et s'efforcent de donner le bon exemple aux services qui nous sont confiés. C'est ce que j'observe dans mes voyages, et je crois que c'est aussi l'observation de mes frères qui parcourent tous les pieux de Sion. Je crois qu'il en est de même de nos frères à l'étranger, dans tous les champs missionnaires. Les rênes sont tenues assez serré et en sécurité, et nos frères sont mieux formés et plus fidèles. La formation et l'instruction qu'ils reçoivent chez eux exercent leur influence sur eux et les préparent au ministère. Nous sommes dans le ministère chez nous en tout temps ; il y a un champ de travail partout. Nous n'avons pas à nous soucier de ne pouvoir aller à l'étranger. Certains peuvent désirer aller à l'étranger, et il y a là-bas abondance de travail. Nous accueillerons tous les frères qu'on pourra nous fournir ; nous pouvons employer tous ceux que les évêques pourront nous envoyer. Nous pouvons tous les employer et leur donner abondance d'occasions à l'étranger ; et lorsque cela sera fait, et que chaque homme sera satisfait d'aller sur le terrain, nous aurons la plus grande armée, la très grande majorité de toute la prêtrise et de tout le peuple ici, chez nous, sur le champ missionnaire intérieur.

Je veux exhorter mes frères et sœurs — non seulement les évêques et les frères qui président et les sœurs dirigeantes, non seulement les hommes éminents occupant des fonctions officielles, et ceux qui sont dans les collèges de la prêtrise, — non seulement eux, mais tout Saint des derniers jours, il est exigé de donner le bon exemple et de prêcher l'Évangile par l'exemple et le précepte. On attend de nous que nous usions de notre langue pour parler, et que nous travaillions fidèlement ici chez nous, tout aussi fidèlement que si nous étions à l'étranger, et notre vie devrait être tout aussi irréprochable ici chez nous qu'elle le serait si nous étions sur le champ missionnaire.

Tout homme qui a reçu la prêtrise a une mission et un ministère à accomplir — depuis le dernier diacre ordonné jusqu'au premier homme qui détient la prêtrise et occupe la position la plus élevée dans l'Église. Il est tout aussi nécessaire pour le diacre d'être pur et droit, d'accomplir son devoir et d'être actif dans son champ de travail, sous la direction de l'évêque qui préside sur lui, qu'il l'est pour les frères qui occupent des postes de responsabilité dans les paroisses, les pieux, et dans les collèges qui président de l'Église, d'accomplir les devoirs qui leur incombent. Il faudra tout autant bien vivre pour sauver l'un de nous que pour sauver le prophète. Nous devons servir le Seigneur et l'honorer ; nous devons être purs dans nos pensées, dans nos paroles, dans notre conduite, et chercher à être en communion avec lui et à l'honorer continuellement. Si les hommes font cela, ils auront la joie dans cette vie. Nous aurons un avant-goût du ciel avant d'y parvenir ; en fait, nous aurons ici un peu de ciel — et c'est une bonne chose de le voir commencer ici. Si nous en avons un avant-goût ici, nous aurons une grande foi dans le ciel de l'avenir. Je suis heureux de dire que nous sommes entourés d'excellents éléments, d'hommes excellents, d'un excellent groupe de jeunes gens qu'on développe et qu'on forme — ceux qui vont à l'étranger et ceux qui restent chez eux. Nos organisations, nos associations auxiliaires, nos établissements d'enseignement supérieur, et nos excellentes écoles de district.

De grands efforts sont faits pour l'éducation du peuple, et nos possibilités sont tout aussi belles que celles qu'on peut trouver dans n'importe lequel des États qui nous entourent ; en fait, je pense que nous nous situons bien dans la moyenne des États-Unis à cet égard, et nous avons d'aussi beaux garçons et filles qu'on puisse trouver ; ils sont sains, forts, et de bonne constitution. Si on prend soin d'eux et qu'on les forme correctement, de sorte qu'ils aiment la littérature, qu'ils aiment apprendre, qu'ils aiment travailler — car cela demande un travail dur et abondant — ils deviendront des hommes et des femmes utiles et droits. Il faut une étude et une application soutenues pour nous préparer à l'œuvre à laquelle nous sommes appelés à prendre part. Nous devons connaître le Seigneur, et faire sa connaissance ; apprendre à connaître son Esprit, et savoir comment il agit, afin de ne pas être trompés par les hommes, afin de ne pas être trompés par les esprits qui parcourent la terre. Le Seigneur est proche, et prêt à nous soutenir, à nous inspirer et à nous qualifier pour les responsabilités qui reposent sur nous.

Je remercie le Seigneur pour les conditions qui règnent aujourd'hui — les conditions qui sont justes, agréables et convenables à ses yeux. Il y a des conditions que nous regrettons, bien sûr, et je suppose qu'il en sera ainsi encore longtemps. Je présume qu'il y a des conditions que le Seigneur a toujours regrettées chez les hommes déchus ; et il est soucieux de leur salut, comme nous sommes soucieux du salut de nos propres enfants. Mais nous avons notre libre arbitre, et, Saints des derniers jours, si nous nous examinons nous-mêmes, nous constaterons que nous avons obtenu la mesure de foi selon la manière dont nous nous sommes consacrés et avons exercé notre libre arbitre au service du Seigneur. Notre foi croîtra à mesure qu'on la cultivera ; notre amour de la littérature, notre amour d'apprendre, notre amour de l'intelligence, de la sagesse, du jugement, de la moralité et de la pureté, augmenteront tous à mesure qu'on les cultivera. Si nous vivons comme nous devrions vivre, pendant quelques années, il devient facile pour nous de mener une vie convenable et de crucifier les appétits qui nous ont affligés et nous ont causé trouble et chagrin ; et nous parvenons bientôt à maîtriser notre humeur, nos passions, et toute influence mauvaise dont nous sommes affligés, et nous pouvons exercer un tel contrôle que nous pouvons nous exiger de faire exactement ce qui est juste, que les autres fassent ou non ce qu'ils devraient. C'est le devoir des Saints des derniers jours de faire ce qui est juste ; et le juste prévaudra. Il prévaudra chez les individus ; il prévaudra dans la communauté ; et on le trouve, je crois, assez généralement chez la majorité des hommes et des femmes. Ils aiment le bien, ils aiment la vérité — je le crois. Ils ne sont pas toujours éclairés ; ils ne comprennent pas toujours la vérité ni ne la saisissent ; ils ne sont pas toujours capables de la discerner et de la connaître, mais ce qu'ils pensent être juste, droit et convenable, je crois, prévaut dans l'esprit des enfants des hommes. En fait, je crois que tous les hommes, en règle générale, sont plus bons que mauvais. Je crois qu'il y a plus de bien chez l'homme que de méchanceté, plus de droiture, plus d'amour de la vérité et de charité, de justice et de miséricorde. Je crois que ces vertus prévalent chez les hommes assez généralement ; pourtant il y a sans doute de très graves vices parmi les gens ; mais, en règle générale, j'ai foi dans les hommes, foi dans l'humanité, et cela me donne foi lorsque je découvre que le Seigneur a eu foi en ses enfants, et qu'il a été assez bien établi que peu d'entre eux seront finalement perdus. Nous quittons parfois la voie dans notre errance, sur notre chemin tortueux tandis que nous voyageons, mais finalement nous serons ramenés, et le Seigneur nous a déclaré que presque tous ses enfants seront sauvés. Il n'y en a que peu qui seront absolument perdus, et qui iront avec les fils de perdition. Presque tous seront sauvés à un certain degré de gloire et de salut, exactement selon ce qu'ils auront mérité. C'est ce que nous recevrons finalement.

Le Seigneur a donné sa vie et versé son sang et préparé la voie pour son peuple. Il a fait cela pour tous — non pour les Saints des derniers jours seuls, mais pour chacun des enfants de Dieu. Il n'y a personne né sur la terre qui n'ait droit à recevoir et à jouir du salut, et le Seigneur bénira, rachètera et sauvera tous ceux qui peuvent être sauvés. Aussi longtemps que les hommes se repentiront, s'amenderont et feront mieux, le Seigneur se souviendra d'eux ; il ne les oubliera pas, et ils ne seront jamais perdus de vue ; mais, heureux sont ceux qui cherchent le Seigneur de bonne heure et marchent avec droiture devant lui. Comme l'a cité le président ce matin : « Celui qui me cherche de bonne heure me trouvera et ne sera pas abandonné. » C'est là la parole du Seigneur. Quelle belle chose lorsque les garçons et les filles cherchent le Seigneur de bonne heure, et commencent dès leur jeune âge à le servir régulièrement. Cela leur vient si naturellement lorsqu'ils sont instruits par leurs parents et guidés par l'exemple de leurs parents et l'esprit du Seigneur. Car son Esprit leur est conféré tôt dans la vie ; c'est à peu près la première chose qu'ils ont le droit de recevoir — l'Esprit du Seigneur, des mains de ses serviteurs, lorsqu'ils commencent leur vie. Jésus lui-même a donné cet exemple, car de son temps on lui amenait les petits enfants, et il les prenait dans ses bras et les bénissait, afin qu'ils aient faveur et communion avec le Seigneur, et reçoivent son assistance dans leur enfance. Il a fait en sorte qu'on prenne soin d'eux, afin que Satan ne puisse jamais emporter les petits enfants, mais qu'ils soient préservés et rachetés par son sang et son offrande. Nous devons devenir comme eux ; nous devons être guidés par l'Esprit du Seigneur ; nous devons avoir droit au pardon et être affranchis du péché et de la transgression. Nous avons un grand combat à mener dans cette vie, mais notre obligation et notre engagement envers le Seigneur ont été de le servir jusqu'à la fin de nos jours mortels. Efforçons-nous de le faire, ou plutôt, faisons-le ! Ayons foi que nous pouvons le faire, et alors il n'y aura pas de grande difficulté, car il est plus facile et meilleur d'être sauvé que d'être damné. Certes, c'est, je suppose, une pente descendante que d'être damné, et une pente montante que d'être sauvé ; mais il est plus facile et meilleur de gravir la pente que de la descendre dans le péché et la transgression. Servons le Seigneur et honorons-le ; donnons le bon exemple au monde, afin qu'il trouve parmi nous le peuple le plus tempérant et le plus pratique qui se puisse trouver — dans les affaires, dans les choses spirituelles, dans les affaires de l'Église. Prêchons l'Évangile au monde ; servons le Seigneur et vivons selon nos professions. Gardons le jour du sabbat saint, et faisons toutes les choses qu'il a commandées, afin que nous ayons droit de jouir, de la part du Seigneur, des dons du Saint-Esprit. Voilà l'exhortation que je me sens porté à présenter à cette grande assemblée de Saints des derniers jours en cette occasion. Je crois que c'est aussi une bonne doctrine pour nos amis. La voie a été préparée, et le Seigneur a ainsi disposé que tous ceux qui le servent et gardent ses commandements connaîtront la doctrine. Ils verront sa face et sauront qu'il est. Nous connaîtrons tous le Père et le Fils, par notre dévouement et notre fidélité jusqu'à la fin de cette vie mortelle qui est la nôtre. Permettez-moi de vous exhorter ainsi, mes frères et sœurs, et de prier que Dieu nous bénisse et nous conduise doucement dans les voies de la droiture et de la vérité. Ne péchons plus, car cela n'est pas nécessaire, et il nous est tout à fait possible de faire exactement ce qui est juste. J'ai confiance que nous pourrons le faire et jouir abondamment de l'effusion de l'Esprit du Seigneur, dans tous nos travaux et notre ministère chez nous et à travers le monde, par Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursFrancis M. Lyman, « Tout saint a droit à un témoignage », 1910 April General Conference, First Day Afternoon Session (1910-04-03). Pulpit Vault, 1910-04-francis-m-lyman-every-saint-entitled-to-a-testimony. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).