Pulpit

Que les œuvres du Seigneur sont merveilleuses

Anthony W. Ivins

1910 April General Conference·Assembly Hall Overflow Meeting·1910-04-03

Nous n'avons pas une très grande assemblée de saints des derniers jours ici ce matin, mais je sens assurément que l'Esprit du Seigneur caractérisera cette réunion, et que nous en sortirons renouvelés et fortifiés par ce service, et reconnaissants de l'occasion que nous avons de nous réunir ici ce matin en Conférence annuelle.

Je suis reconnaissant pour ce lieu confortable où nous pouvons venir, où nous sommes à l'abri des rigueurs de cette tempête printanière, et où nous pouvons, dans le confort, adorer le Seigneur et passer brièvement en revue la grande œuvre qu'il a établie dans la dispensation où nous vivons.

J'ai pensé, en étant assis ici, au changement merveilleux qui est survenu dans le monde, et particulièrement dans cette région intermontagnarde, depuis l'organisation de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, il y a quatre-vingts ans. Washington Irving a écrit à cette époque au sujet de cette région montagneuse rocheuse, et je suppose qu'il la comprenait mieux que tout autre homme de son temps, car il avait devant lui une grande quantité de manuscrits rédigés par Bonneville, Wyeth et ceux qui accompagnèrent l'expédition qui traversa le continent avec Lewis et Clark, et il tira ses conclusions en grande partie des déductions de ces hommes qui avaient exploré cette région intermontagnarde et s'y étaient familiarisés. Après avoir achevé le volume dans lequel il traite des explorations du capitaine Bonneville, Washington Irving déclare que « le commerce des fourrures sera sans doute épuisé dans un proche avenir ; que la grande région intermontagnarde n'est pas susceptible de développement agricole ; qu'elle ne présente que de maigres ressources en matière de pâturages ; qu'elle est occupée par des hommes sauvages ; et que le mélange du sang des trappeurs, par le mariage avec des femmes indiennes, développera sans doute, dans cette région intermontagnarde, une race d'hommes comparable aux Tartares de l'Orient. » Et il aboutit à la conclusion finale qu'il pourrait se développer, dans un avenir alors pas très éloigné, dans la région des montagnes Rocheuses, une race d'hommes vivant en grande partie du pillage, dont les habitudes de prédation en feraient une menace pour la civilisation qui existera à l'est et à l'ouest d'eux. Ces hommes pouvaient entrevoir des possibilités de civilisation sur le versant pacifique. Ils pouvaient discerner l'étendue et la possibilité du développement de la civilisation en Californie, en Oregon, et bien sûr dans ce district du pays situé à l'est des montagnes Rocheuses. Mais ils étaient arrivés à la conclusion que les conditions ici, dans ce pays intermontagnard, ne se prêtaient pas à un développement qui aboutirait à l'établissement d'un peuple hautement civilisé.

J'ai pensé, ce matin, combien les hommes comprennent peu les possibilités d'accomplissement lorsque le Seigneur met la main à l'œuvre pour accomplir quelque chose. Combien ils comprennent peu la volonté du Tout-Puissant en ce qui concerne cette région qu'ils appelaient aride et stérile, et qu'ils ne voyaient d'avenir que comme demeure d'un peuple non civilisé. Comparez cela avec les conditions réelles d'aujourd'hui. La civilisation s'est bâtie dans toute cette région des montagnes Rocheuses, du Canada au nord jusqu'au Mexique au sud. Le merveilleux développement, les villes qui ont été construites, les écoles qui ont été établies, les églises qui ont été érigées pour le culte de Dieu, notre Père — tout cela s'est comme dressé devant mes yeux, et je me suis dit : Que les œuvres du Seigneur sont merveilleuses. Rendons-en le mérite au Seigneur, car c'est lui qui a amené son peuple ici, c'est lui qui l'a établi dans ces vallées des montagnes. Il a pris soin de lui. Il a béni ses travaux. Il l'a multiplié, et d'ici, l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ s'est répandu dans le monde entier, où il est prêché en témoignage à toute créature avant que la fin ne vienne.

J'ai pensé combien peu Irving pouvait concevoir, lorsqu'il écrivait les mots que je viens de citer, que, du vivant même des hommes qui vivaient alors, hommes et femmes se rassembleraient dans cette vallée, qu'il appelait un désert, une plaine alcaline, ici sur les rives de ce grand lac que le capitaine Bonneville fut le premier à explorer et à cartographier, et que se rassemblerait sous un toit comme celui-ci une assemblée d'hommes et de femmes au service du Seigneur. Combien il fut peu capable de comprendre qu'ici, dans cette vallée, seraient établies des écoles qui égaleraient toutes les écoles existant dans le monde. Combien il pensait peu qu'il y aurait un jour ici une chorale composée de garçons et de filles, de jeunes hommes et de jeunes femmes, membres de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, accomplis et raffinés en musique, représentant une école qui devait s'établir sur l'une de ces plaines battues par les tempêtes et désolées. Ces réflexions me procurent une grande satisfaction, car il me semble voir en toutes ces choses sa main clairement manifestée, dans toutes les circonstances et conditions qui entourent les saints des derniers jours, et qui font notre confort ici aujourd'hui tandis qu'une tempête fait rage au dehors.

Je remercie le Seigneur non seulement pour cela, mais aussi de ce que nous venons ici avec la paix dans l'âme, satisfaits en lui. Nous venons ici en le comprenant, en connaissant sa volonté, et en nous efforçant, dans la mesure où il nous en donne le pouvoir, de vaincre le monde et de soumettre notre vie à la volonté de Dieu. Voilà ce qui a rassemblé cette assemblée de saints des derniers jours ce matin, et ce qui a rassemblé la grande foule de gens qui se trouve à présent dans le Tabernacle. Ils sont venus ici pour être enseignés dans la voie du Seigneur, afin d'apprendre à marcher dans ses sentiers. Ils sont venus ici, pour quelques jours, pour passer en revue l'œuvre du Seigneur, pour regarder en arrière et voir s'il a « tenu parole », pour voir si ses desseins s'accomplissent, afin de connaître, par l'intermédiaire des autorités présidentes de l'Église, les conditions qui y règnent. Je suppose fort probablement que le président de l'Église est en train de rapporter, à cette grande assemblée réunie dans le Tabernacle, les conditions telles qu'elles sont dans l'Église du Christ en ce début du mois d'avril, l'an de grâce mille neuf cent dix. Je suis certain, mes frères et sœurs, que si vous pouviez tous être là et entendre le rapport que le président fait, cela vous apporterait du réconfort, cela vous apporterait de la satisfaction, et vous seriez encouragés, car vous apprendriez que l'œuvre du Seigneur se développe sur la terre. Vous apprendriez que les saints ne faiblissent pas dans leur foi, et vous apprendriez que chaque jour, chaque semaine, chaque mois, au fil du temps, des hommes et des femmes se convertissent à l'Église dans le monde. Ils se dépouillent de leurs péchés en s'en repentant et en descendant dans les eaux du baptême, et en se faisant imposer les mains par les serviteurs du Seigneur pour recevoir le Saint-Esprit. Les statistiques montrent qu'un plus grand nombre de baptêmes sont accomplis par nos anciens dans le monde qu'à peut-être toute autre époque du passé, du moins qu'en 1908. Les statistiques montrent qu'il y a un plus grand nombre d'anciens à l'étranger proclamant l'Évangile que jamais auparavant dans l'histoire de l'Église. Les rapports des présidents de mission montrent que de nouveaux champs s'ouvrent constamment ; que des amis se lèvent pour défendre la vérité ; que le moyen est fourni pour soutenir les anciens dans les champs de travail où ils sont appelés à prêcher l'Évangile ; qu'ici, chez nous, la foi du peuple ne faiblit pas, car il accomplit plus que jamais. Davantage de bâtiments de l'Église sont érigés ; davantage d'écoles de l'Église sont établies ; davantage de dîmes sont payées dans l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours que jamais auparavant ; et ce sont ces choses qui rendent possible le développement de l'œuvre du Seigneur.

Je veux vous dire, mes frères et sœurs, et je le dis en connaissance de cause, car je sais que c'est la vérité, que s'il est vrai que les dîmes, les offrandes et les bonnes œuvres des saints des derniers jours augmentent, ont augmenté au cours de l'année écoulée, il est également vrai que vos affaires en rapport avec les dîmes et les offrandes, les fonds que vous confiez à la gestion des autorités présidentes de l'Église, n'ont jamais, dans l'histoire de l'Église, été administrés avec plus de soin ni plus d'économie qu'ils ne le sont à l'heure actuelle. Les comptes de l'Église sont vérifiés par des hommes qui ne sont aucunement liés au versement de ses fonds, et qui examinent chaque détail. Il n'y a pas un détail, il n'y a pas un fonds, il n'y a pas une recette ou un déboursement dans l'Église qu'ils n'examinent pas minutieusement, et qu'ils ne comprennent pas parfaitement. Ce comité de vérification est composé d'hommes d'une intégrité et de compétences incontestées, en ce qui concerne leur capacité à juger de ces questions ; et ils vous diront — ils le diront probablement à cette grande assemblée là-bas, car ils feront ce rapport, je suppose, aujourd'hui — sinon aujourd'hui, à un autre moment durant la conférence — ils vous diront qu'ils ne connaissent aucune société, et ils sont associés à de nombreuses grandes sociétés, qu'ils ne connaissent aucune entreprise individuelle d'importance qui soit gérée et administrée avec autant de soin et d'économie que l'entreprise de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. J'ai été satisfait de les entendre le dire, et je sens, mes frères et sœurs, qu'il convient que vous le sachiez.

L'œuvre du Seigneur n'est nullement achevée. Elle ne fait que commencer. Elle n'en est qu'à ses débuts. Il est vrai que cela fera bientôt cent ans que l'Église a été organisée, et cela, mesuré à l'échelle de la vie d'un homme, est un long moment ; mais mesuré au temps qu'il faut pour le développement des desseins du Tout-Puissant et l'accomplissement de ses plans dans cette grande œuvre des derniers jours, ce n'est, après tout, qu'un bref moment. Nous continuerons à prêcher l'Évangile. Ce fardeau repose sur les saints des derniers jours. Cet Évangile doit être prêché dans le monde entier en témoignage à toute créature avant que la fin ne vienne ; et c'est ce que nous nous efforçons de faire ; c'est ce que font vos fils et beaucoup de vos filles. Ils sont dans toutes les parties du monde, portant de bonnes nouvelles d'une grande joie aux habitants de la terre.

Nous regrettons tous qu'au cours de l'année écoulée, et depuis notre dernière rencontre en conférence générale, le Seigneur ait rappelé chez lui l'un de ses serviteurs qui était membre de la Première Présidence de l'Église. Je n'ai pas besoin de vanter les vertus du président Winder. Je n'ai pas besoin de rappeler sa vie et ses œuvres, car tous les saints des derniers jours les connaissent. Ils les connaissent bien. Je désire seulement dire qu'il a été recueilli chez lui, dans le grenier du Seigneur, comme une moisson pleinement mûrie, et qu'il est retourné en la présence de Dieu son Père, dont il a honoré et magnifié le nom pendant qu'il était dans la chair, dont il aimait l'œuvre, et à laquelle, en tant que serviteur du Seigneur, il a consacré sa vie. Tout au long de sa longue vie, la pensée d'un service véritable et dévoué envers les saints des derniers jours et envers l'Église de Jésus-Christ était toujours au premier plan de son esprit.

Mon intention n'est pas de prolonger mes remarques. Je remercie le Seigneur de ses bénédictions envers nous individuellement et envers l'Église en général. J'aime la société et la communion des saints des derniers jours. Mon désir et ma détermination, avec l'aide du Seigneur, sont de magnifier mon appel en tant que membre de l'Église du Christ, de garder les commandements du Seigneur, de défendre ce qu'il a établi et de m'opposer à ce contre quoi sa voix s'est élevée, de chercher, dans la mesure où cela est en mon pouvoir, à vaincre le monde, à indiquer à mes frères et sœurs la voie par laquelle ils peuvent le vaincre, et à combattre les maux qui existent, contre lesquels l'Église a toujours dû lutter, et dont le Seigneur a déclaré qu'ils n'avaient ni place ni part dans son œuvre éternelle.

Que les bénédictions du Seigneur soient avec nous tandis que nous sommes réunis ici ce matin, et avec nos frères et sœurs qui sont rassemblés dans le Tabernacle, et avec les saints des derniers jours qui ne sont pas ici, et avec le monde entier, afin que la voie soit ouverte pour l'accomplissement de ses desseins, afin que son règne vienne et que sa volonté soit faite sur la terre comme elle se fait au ciel. Que cet état de choses puisse être hâté et qu'un règne de justice soit inauguré, telle est ma sincère prière et mon désir, et je le demande au nom de Jésus. Amen.

Citer ce discoursAnthony W. Ivins, « Que les œuvres du Seigneur sont merveilleuses », 1910 April General Conference, Assembly Hall Overflow Meeting (1910-04-03). Pulpit Vault, 1910-04-anthony-w-ivins-how-marvelous-are-the-works-of-the-lord. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).