Rapport sur le pieu d'Union
Franklin S. Bramwell
(Président du pieu d'Union.) Je me réjouis extrêmement, mes frères et sœurs, d'avoir le privilège de me trouver avec vous en conférence générale, et d'entendre les bons rapports qui ont été donnés au sujet des diverses organisations de l'Église à travers le monde. C'est certainement très réjouissant, en effet, d'entendre nos dirigeants dire que Sion grandit, non seulement en nombre, mais en droiture. ¶
C'est pour moi un grand plaisir de représenter le pieu d'Union de Sion, qui se trouve dans la partie orientale de l'État de l'Oregon. Nous y avons un pays excellent et un peuple de choix. Certaines de nos paroisses ont presque doublé de nombre au cours des douze derniers mois, et l'esprit de paix et de prospérité y règne. ¶
Mais tandis que je parle en termes élogieux des membres de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, je pense qu'il serait bien peu aimable de ma part de ne pas mentionner spécialement ceux qui ne sont pas de notre foi. Je n'ai jamais eu le plaisir de travailler parmi un peuple plus amical ou plus large de vues, ou qui ait tendu la main de fraternité aux saints des derniers jours d'une manière aussi générale que dans notre communauté. Nos anciens ont prêché et fait beaucoup de travail missionnaire local, et nous avons reçu des messages personnels par téléphone nous demandant de renvoyer les anciens « mormons », car on aimait les entendre. Je n'ai jamais vu de meilleur champ pour le travail missionnaire que l'État de l'Oregon. Je n'ai jamais été dans un endroit où les gens assistent plus généralement à nos réunions, ou où ils ont manifesté un plus grand intérêt et enquêté avec plus de sérieux que dans cette localité. Nous avons une organisation missionnaire dont l'activité consiste à recueillir des fonds pour acheter des tracts, et de cette manière nous répandons la parole de Dieu aussi vite que possible. ¶
Une idée maîtresse exprimée par le président Smith, à l'ouverture de notre conférence, hier, était celle d'une formation plus particulière de la moindre prêtrise. Je me réjouis, et je suis vraiment très heureux, que nos garçons reçoivent une attention plus étroite et meilleure. J'ai connu des garçons qui ont grandi sans expérience dans la prêtrise, et lorsqu'ils ont atteint leur majorité et qu'ils sont allés voir l'évêque pour obtenir une recommandation à l'usage du temple, en vue de se marier, leurs recommandations m'ont été apportées pour approbation, et il m'a fait de la peine d'observer, dans certains cas, que si le jeune homme était pur, propre et sobre, il était sans expérience dans les affaires de l'Église, et j'ai pensé que sûrement quelque chose avait été négligé. Je crois que si nous organisons plus pleinement la moindre prêtrise dans les pieux de Sion, un travail missionnaire important sera accompli, et lorsque nos garçons atteindront leur majorité, ils seront prêts à recevoir la prêtrise supérieure, et ils feront de meilleurs maris, de meilleurs pères, et en général, ils seront meilleurs à tous égards qu'ils ne l'ont été jusqu'ici. ¶
Je remarque, dans le rapport des écoles du dimanche du pieu d'Union, qu'environ 85 pour cent des membres de l'Église de notre pieu observent la Parole de Sagesse. Nous allons entreprendre un travail missionnaire pour convertir les quinze pour cent restants. Nous allons dresser par ordre alphabétique les noms de tous les membres de l'Église en âge scolaire, et nous allons veiller à ce qu'un travail missionnaire spécial soit entrepris auprès d'eux, dans leurs foyers. Nous allons prendre le garçon indiscipliné, qui a pensé qu'il ne comptait pour rien, qui a pensé, comme il l'exprime lui-même, « je ne vaux rien » ; nous allons travailler avec ce garçon, le prendre par la main et lui faire savoir que nous chérissons son âme, qu'il est fils de Dieu et notre frère. Nous allons essayer de prendre soin des quatre-vingt-cinq pour cent, mais nous allons aussi accorder une attention particulière aux quinze pour cent, jusqu'à ce qu'il soit enregistré, dans le pieu d'Union, et nous l'espérons dans tous les pieux de Sion, que cent pour cent observent la Parole de Sagesse, que cent pour cent sont inscrits à l'École du Dimanche, que cent pour cent sont actifs dans les organisations auxiliaires de l'Église, que cent pour cent prennent part à cette œuvre glorieuse et contribuent à l'accomplissement des desseins majestueux de notre Père. ¶
Je vois la nécessité d'un travail missionnaire à domicile, et je me réjouis extrêmement d'entendre parler du succès du travail missionnaire à l'étranger, grâce aux méthodes systématiques qui y sont employées. Je me réjouis d'apprendre que des centaines de milliers de livres et de brochures relatifs à l'Évangile sont distribués de par le monde, mais je sais qu'il est nécessaire d'accomplir un travail semblable chez nous, tout près de nos propres portes. Combien d'entre nous, qui avons reçu la lumière, la donnons-nous à nos voisins ? Combien d'entre nous invitons-nous nos voisins à participer aux bénédictions que l'Évangile procure, et qu'il nous a été donné d'obtenir ? Je m'imagine, parfois, que nous cherchons trop loin nos devoirs. Je crains, mes frères et sœurs, que certains de nos voisins ne se tiennent devant nous au jour du jugement et ne disent : « Mon ami, tu prétendais avoir la lumière, tu prétendais avoir reçu la prêtrise, l'autorité supérieure ; pourtant jamais, de toute ta vie, tu ne m'as invité dans ta maison ; jamais tu ne m'as proclamé la liberté que tu prétendais avoir reçue ; jamais tu ne m'as invité à lire au sujet de ce système de vérité ; jamais tu ne m'as invité à goûter cette influence divine, le Saint-Esprit. » Je crains que nous n'oubliions parfois ce que le Christ a dit : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » — communiquez librement à vos frères et sœurs. Cette œuvre s'applique au monde entier. C'est une œuvre individuelle. Nous sommes tous appelés au ministère, chacun de nous, les uns pour travailler chez nous, les autres pour porter l'Évangile à l'étranger. Aucun homme qui a reçu la prêtrise n'a le droit de déposer son armure, ni le droit de cesser de rendre témoignage au monde de ce que Dieu lui a révélé. S'il est bon pour nous de nous chauffer au soleil du « mormonisme », il est bon pour nos voisins de jouir de la même bénédiction. Si c'était le devoir de quelque ancien de nous l'apporter, c'est également notre devoir de le porter à notre voisin, à notre frère ; et nous serons condamnés si nous ne le faisons pas. J'espère, mes frères et sœurs, que nous élargirons nos relations quotidiennes. Je crois que parmi les maux criants de notre époque figurent le fait de juger faussement les autres, un manque de charité, un manque de foi et de confiance les uns envers les autres et envers le monde. Nous devrions nous souvenir particulièrement des paroles de sagesse sorties de la bouche de notre Rédempteur : « Ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; on vous mesurera de la mesure dont vous aurez mesuré les autres, tassée et débordante. » Je crains que beaucoup d'entre nous ne ressemblent à un juge de campagne dont j'ai entendu parler autrefois. L'affaire était devant lui depuis trois ou quatre jours, et à la fin des plaidoiries des avocats, il regarda par-dessus ses lunettes et remarqua : « Cette affaire a été plaidée avec beaucoup d'obstination, le client de chaque partie a été très bien et habilement représenté ; le tribunal est enclin à être juste, c'est une affaire très complexe, et je prendrai la question en délibéré pendant trois jours, au terme desquels je rendrai un jugement en faveur du défendeur. » Comme ce juge, nous portons parfois un jugement, je pense, avant que nous ne le devrions. Si nous avons mesuré de l'amour à notre voisin, si nous avons mesuré la foi, l'espérance et la charité, et que cela nous soit rendu, tassé et débordant, alors nous nous réjouirons en vérité ; mais si nous avons mesuré à notre voisin le désordre et la discorde, si nous l'avons miné, traité avec perfidie et injustice, et que cela nous soit rendu, tassé et débordant, alors ce sera vraiment une cause de chagrin et de deuil. Comme l'a dit le plus grand des philosophes, « nous récoltons ce que nous plantons ». Si nous plantons la foi, nous récolterons la foi ; si nous plantons l'espérance, nous récolterons l'espérance ; si nous plantons la discorde, nous récolterons la discorde. Si nous plantons la dissolution, nous moissonnerons la dissolution. C'est notre devoir de bénir le monde entier. Le Seigneur a dit que c'est notre devoir. Les hommes peuvent nous injurier, nous calomnier, nous diffamer, nous persécuter et nous emprisonner, mais c'est notre devoir de bénir le monde entier ; nous n'avons pas la permission d'agir autrement, pour autant que je sache. ¶
Je me réjouis de la croissance du « mormonisme ». Il est établi au sommet des montagnes, et nous avons de Dieu la promesse qu'il ne sera pas renversé. Je me réjouis que le prophète du Seigneur puisse dire en toute vérité que le « mormonisme » grandit. La marche continue en avant. La foi des saints grandit et augmente, et les conditions qui prévalent aujourd'hui sont meilleures, peut-être, qu'à n'importe quelle époque de l'histoire de l'Église. Nous voulons nous l'appliquer individuellement, et nous demander : faisons-nous notre part ? Si nous ne la faisons pas, le Seigneur ne sera pas satisfait de nous individuellement, il ne bénira pas nos efforts, et nous serons malheureux. Nous devrions être bienfaisants et bienveillants, veiller à ce que l'ordre et la tranquillité règnent dans nos foyers, et étendre cela au monde entier. Que Dieu vous bénisse, au nom de Jésus. Amen. ¶