Pulpit

Rapport sur la Mission des États de l'Ouest

Joseph A. McRae

1907 October General Conference·Sunday Morning Overflow Session·1907-10-06

(Président de la Mission des États de l'Ouest.) Je me réjouis, mes frères et sœurs, de me trouver avec vous ce matin, et d'écouter les propos qui ont été tenus pendant cette conférence. Mon cœur s'est porté vers les jeunes gens de Sion.

Bien des questions m'ont traversé l'esprit auxquelles j'ai été incapable de répondre. Il y a peu de temps, en m'entretenant avec un monsieur qui se disait religieux, il m'a demandé si nous avions cessé de recevoir des révélations. Il a dit : « Je n'entends parler d'aucune révélation qui aurait été acceptée par votre Église ces dernières années, ni depuis la clôture du Livre de Doctrine et Alliances, il y a quelques années. » J'ai répondu : « Bien sûr que nous recevons des révélations ; nous recevons des révélations tous les jours. » « Mais, dit-il, vous ne présentez pas ces révélations devant le corps de l'Église pour qu'elles soient acceptées par l'Église, comme le prescrit le Livre des Alliances. » Cette remarque m'a amené à réfléchir sur l'histoire de cette Église, et je me suis demandé où en serait l'Église s'il avait fallu dépendre d'une assemblée de Saints pour décider d'accepter les révélations de Dieu. J'essayais de penser où nous en serions aujourd'hui s'il avait fallu qu'un conseil décide si oui ou non le Père et le Fils étaient apparus au jeune Joseph Smith dans le bois, comme vous l'avez entendu raconter ici ce matin par le frère Ellsworth. Que serait-il advenu de l'Église, ou où en serait-elle aujourd'hui, s'il avait fallu qu'un conseil décide si Moroni était apparu au prophète Joseph Smith, lui avait enseigné les choses de Dieu, et lui avait dit que son nom serait connu en bien et en mal parmi toutes les nations de la terre ? Quelle réputation dans le monde aurait l'Église s'il avait fallu qu'un conseil décide si Jean-Baptiste était venu vers Joseph Smith et Oliver Cowdery, avait posé les mains sur leur tête et les avait ordonnés à la Prêtrise d'Aaron ? Où en serions-nous aujourd'hui s'il avait fallu qu'un conseil décide si Pierre, Jacques et Jean étaient apparus à ces hommes et leur avaient conféré la sainte Prêtrise de Melchisédek ? Même la date de cet événement a été perdue ; nous ne connaissons pas le moment exact où cela s'est produit, et pourtant, grâce à notre Père céleste, nous acceptons l'ordination de Joseph Smith et d'Oliver Cowdery, magnifiant la sainte prêtrise qui nous a été donnée par eux. Certes, cette prêtrise fut conférée par de saints messagers, le fait fut dûment consigné, mais la date précise en a été perdue, comme je l'ai dit. Et ainsi, nous pourrions continuer depuis le commencement jusqu'à aujourd'hui. L'apparition des divers messagers venus conférer les pouvoirs de la prêtrise et l'autorité à ses serviteurs dans cette dispensation — où en serions-nous aujourd'hui, dis-je, si ces choses avaient été laissées à la décision d'un conseil ? Nous pourrions être en train de nous quereller et de nous disputer les uns avec les autres sur l'authenticité des diverses révélations. Mais nous sommes parfaitement satisfaits ; nous savons que ceux que Dieu a choisis dans cette dispensation, qu'il a ordonnés, mis à part, et chargés d'accomplir son œuvre, ont été des hommes de Dieu, divinement ordonnés pour accomplir ce qui leur a été donné à faire. Aussi nous nous levons hardiment pour déclarer que Dieu a parlé des cieux, qu'il a rétabli l'Évangile dans cette dispensation, et que le Livre de Mormon est bien la parole du Seigneur, qu'il contient la plénitude de l'Évangile éternel, et nous n'avons pas besoin de soumettre ces choses à la décision d'un conseil. Tout ce qu'il nous faut faire, c'est ce que notre Père céleste nous a enseigné : aller à lui dans une humble prière et lui demander si ces choses sont vraies ou non, et nous avons l'assurance que nous recevrons un témoignage de leur vérité. Il y a des hommes et des femmes qui se glissent dans nos foyers, nos paroisses et nos missions, et qui cherchent à égarer le peuple qui a accepté l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ. Ils en entraînent quelques-uns par leurs sophismes, sans dire de choses dures contre les autorités, car ils savent, peut-être, que nos jeunes gens n'écouteraient pas de tels propos ; mais parfois certains jeunes se laissent tromper et s'écartent des sentiers de la vérité. Nous avons vu venir à nous, dans le champ de la mission, des anciens qui disaient : « Nous n'avons pas de témoignage de l'Évangile du Christ, nous ne savons pas s'il est vrai ; nous sommes venus ici parce qu'on nous l'a demandé. » Nous leur avons dit : « Vous avez bien un témoignage de l'Évangile, mais vous ne le savez pas ; vous avez reçu le témoignage de l'Évangile de votre mère, alors que vous étiez encore enfant ; il fait partie de vous, mais il n'a pas encore été réveillé. Lorsque vous serez depuis quelque temps dans le champ de la mission, et que vous serez en contact avec ceux qui s'opposent à vous, ce germe de vérité qui est né avec vous et qui a grandi avec vous s'éveillera, et vous découvrirez que vous pouvez être une force dans le monde en rendant témoignage de Jésus-Christ, de la mission de Joseph Smith et de l'authenticité divine du Livre de Mormon. » Et ces jeunes gens ont été encouragés, ils sont allés de l'avant, et sont revenus quelque temps après, remerciant leur Père céleste pour le témoignage qu'il leur avait donné.

Il y a quelque temps, un monsieur est venu me demander : « Pourquoi croyez-vous que c'est l'Évangile ? et pourquoi êtes-vous membre de cette Église ? » J'ai dit : « Ma réponse à cela est très brève : j'appartiens à cette Église parce que c'est l'Église de Jésus-Christ, et c'est la raison pour laquelle je suis ici à en déclarer la vérité au peuple. » Je crois que la plupart de nos jeunes gens ont une connaissance de l'Évangile et en ont un témoignage, mais beaucoup d'entre eux ne s'en rendent pas compte. Nous sommes parfois lents et paresseux ; nous pensons que le Seigneur va tout faire pour nous. Nous allons à l'école ou à l'université, et le jeune homme ou la jeune femme qui souhaite progresser et obtenir un diplôme doit veiller tard dans la nuit ; et pourtant, pour acquérir la connaissance de l'Évangile de Jésus-Christ, ils estiment que tout ce qu'il leur faut faire, c'est de demander à leur Père céleste, et que, sans le moindre effort de leur part, le Seigneur leur manifestera la vérité. Je veux dire que Dieu exige que nous le cherchions sincèrement, en mettant en œuvre les pouvoirs et les facultés qu'il nous a donnés, et alors seulement il nous communiquera un témoignage des vérités du ciel.

Ce grand rassemblement de Saints présents à cette conférence est pour moi une révélation. Les paroles des serviteurs du Seigneur, hier au tabernacle, et ce matin, ont été pour moi des révélations que nous possédons l'Évangile de Jésus-Christ, la puissance de Dieu pour le salut. J'ai demandé au Seigneur de me bénir d'un témoignage, qu'il me donne la connaissance que nous possédons l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ. Je n'ai pas désiré être un orateur, me tenir devant un auditoire et, en un discours fleuri, lui déclarer les principes de l'Évangile et raisonner avec lui ; mais j'ai désiré pouvoir porter ce témoignage à mes semblables, et qu'ils en soient touchés. Et le Seigneur a été miséricordieux et bon envers moi. Je vois les révélations de Dieu, et je l'entends parler dans toutes ses œuvres dans le monde. Il a pensé à moi en cela, et je sens parfois que je ne saurais être assez reconnaissant pour ces manifestations.

Dans la mission que j'ai eu le privilège de présider pendant quelques années, les anciens ont accompli un excellent travail missionnaire. Nous ne baptisons pas beaucoup de gens, mais nous rendons des milliers de personnes responsables des témoignages que nous leur portons. Un jour viendra où les témoignages que rendent les anciens s'élèveront comme un reproche contre ces gens s'ils n'acceptent pas l'Évangile de Jésus-Christ. Cet après-midi, les anciens de plusieurs villes de notre mission se tiendront au coin des rues et rendront leur témoignage aux assemblées qui se rassembleront. Ce soir, ils feront de même, et déclareront que Joseph Smith était un prophète de Dieu, et que le Livre de Mormon est une révélation divine de notre Père céleste. Les gens écouteront les témoignages que rendent les anciens ; ils entendront des paroles qui ont été proclamées bien des fois en bien des lieux, et ils s'en iront, sur le moment, en prêtant peu attention aux propos des anciens ; pourtant, des années plus tard, ils se souviendront des paroles et de ceux qui les ont prononcées. C'est un fait particulier que les gens que rencontrent les anciens sont très frappés par leur personnalité. J'ai rencontré des gens qui n'avaient vu un ancien qu'une seule fois, peut-être cinq ans ou plus auparavant, et ils l'ont décrit avec tant de précision que j'ai pu dire son nom. Les anciens sont allés chez ces gens, et lorsqu'ils sont entrés, ils ont dit : « Que la paix soit sur cette maison » ; et cela a eu un grand effet sur l'esprit des gens, qui leur ont demandé de revenir profiter de leur hospitalité. Il y a quelques semaines, deux de nos anciens furent abordés par un monsieur — certains d'entre vous en ont peut-être lu le récit dans le Liahona, le journal des anciens — qui leur dit : « J'ai rencontré deux de vos anciens dans ma ville natale, et je les ai traités de façon honteuse, et maintenant j'ai marché sept miles pour venir vous rencontrer, car j'ai pensé que je pourrais peut-être retrouver au moins l'un des hommes que j'avais chassés de chez moi, et je suis venu ici dans le but de demander pardon à ceux que j'avais traités d'une manière si mesquine et si méprisable. » Les anciens lui vendirent quelques livres, et il repartit joyeux de les avoir rencontrés, d'avoir eu le privilège de leur serrer la main et de leur donner un message à transmettre aux anciens qu'il avait si mal traités auparavant.

Je désire dire quelques mots au sujet du petit journal missionnaire qui a été fondé. Je ne souhaite en rien faire appel à vous d'une manière qui vous fasse penser que je suis intéressé, ou que j'aie quelque sentiment de mercantilisme. Je veux vous dire ce que ce journal a accompli dans le champ de la mission que j'ai le privilège de présider. L'un des anciens a raconté que, dans la ville de Pueblo, il avait l'habitude de laisser presque chaque jour des tracts dans un certain lieu public. Il disait que parfois il les retrouvait encore là. Lorsque la publication du Liahona commença, il déposa ce petit « missionnaire » au même endroit, et maintenant, quand il retourne en déposer d'autres, il n'en retrouve jamais un seul ; il semble avoir un attrait pour les gens, qui l'ont pris et l'ont probablement lu. Nous avons, dans la ville de Denver, un certain nombre de personnes abonnées à ce journal ; certaines d'entre elles travaillent au service des postes, et ces hommes attendent l'arrivée de ce petit périodique avec autant d'impatience que celle d'une lettre de chez eux. Ils viennent nous parler des articles parus dans le journal, et disent qu'il y a là des choses merveilleuses, qu'ils ignoraient que notre peuple prêchait de telles doctrines avant de les y voir. Le rédacteur du Liahona nous a informés qu'environ douze baptêmes sont déjà attribuables presque directement à l'influence du journal. Le premier numéro parut le 6 avril dernier, et sa publication commença dans des circonstances difficiles. Nous avons rencontré beaucoup d'opposition de diverses manières, mais aujourd'hui le Liahona a un tirage hebdomadaire de 18 000 exemplaires, ce qui est quelque chose de phénoménal. Je rends témoignage que la puissance de Dieu a accompagné cette œuvre ; elle a été magnifiée aux yeux du peuple, qui y porte son attention et reconnaît dans ce périodique une revue établie pour le bien. Vous constaterez, mes frères et sœurs, que si vous l'introduisez dans vos foyers, il sera un facteur de bien pour vos familles, car il porte l'esprit du missionnaire. Il vient directement du champ de la mission. Il participe de l'influence des anciens qui travaillent dans la vigne, et l'apporte jusque dans votre foyer ; et c'est un message de vos garçons et de vos filles qui se trouvent aujourd'hui dans le champ de la mission. Le Seigneur nous bénit et nous aide, et nous accomplissons une bonne œuvre dans cette direction.

Je prie que Dieu continue de nous bénir, et de nous aider à bien agir, afin que nous puissions toujours le servir et garder ses commandements ; telle est ma prière, au nom de Jésus. Amen.

Citer ce discoursJoseph A. McRae, « Rapport sur la Mission des États de l'Ouest », 1907 October General Conference, Sunday Morning Overflow Session (1907-10-06). Pulpit Vault, 1907-10-mcrae-report-western-states. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).