L'aide de la foi et des prières des saints
Seymour B. Young
Mes chers amis et frères : j'ai le désir bien sincère d'exprimer que je souhaite avoir l'aide de votre foi et de vos prières, ainsi que votre bienveillante attention, pour m'assister dans ce que je dirai cet après-midi. Je considère que c'est un grand honneur, et un grand privilège, de me tenir devant vous et de voir cette belle compagnie, ce grand nombre de personnes réunies à cette réunion de la conférence, pour entendre la parole du Seigneur, et j'espère que les orateurs de cet après-midi ne vous décevront pas. Le beau chant sacré que nous venons d'entendre est très inspirant, et touche une corde sensible dans mon cœur. Il est d'une nature qui attire nos pensées et nos cœurs vers notre Père céleste, et nous amène à penser à lui et à nous unir à sa louange par le chant et la prière, et il influencera probablement les paroles de ceux qui nous parleront. Un chant de cette nature constitue un très bon début, il ouvre l'esprit à des pensées sacrées. ¶
Je lirai une courte révélation tirée de la Doctrine et Alliances, à la section n° 4. Cette révélation fut donnée dans le comté de Susquehanna, en Pennsylvanie, en février 1829, l'année précédant l'organisation de l'Église. Le Seigneur dit au prophète et voyant, Joseph Smith : ¶
« Voici, une œuvre merveilleuse est sur le point de se produire parmi les enfants des hommes. C'est pourquoi, ô vous qui vous embarquez dans le service de Dieu, veillez à le servir de tout votre cœur, de tout votre pouvoir, de tout votre esprit et de toutes vos forces afin d'être innocents devant Dieu au dernier jour ; c'est pourquoi, si vous éprouvez le désir de servir Dieu, vous êtes appelés à l'œuvre, car voici, le champ blanchit déjà pour la moisson, et voici, celui qui lance sa faucille de toutes ses forces amasse des provisions afin de ne pas périr, mais apporte le salut à son âme ; et la foi, l'espérance, la charité et l'amour, l'œil fixé uniquement sur la gloire de Dieu, le qualifient pour l'œuvre. Souvenez-vous de la foi, de la vertu, de la connaissance, de la tempérance, de la patience, de la bonté fraternelle, de la divinité, de la charité, de l'humilité, de la diligence. Demandez et vous recevrez, frappez et l'on vous ouvrira. Amen. » ¶
Telle fut la révélation donnée au prophète aux premiers temps de l'histoire de l'Église. Avant son organisation, le Seigneur lui avait proclamé qu'il était sur le point d'accomplir une œuvre merveilleuse et un prodige, et cette révélation a été mise en évidence, et nous en voyons l'accomplissement de nos jours, bien que cet accomplissement ait commencé et que nos pères l'aient vu dès les premiers jours de l'Église. Ce qui étonnait les hommes et les femmes attentifs à cette époque, c'était qu'un pauvre fils de fermier, sans instruction, sans sophistication, sans savoir, pût produire une impression aussi remarquable sur les gens parmi lesquels il vivait, et sur d'autres plus éloignés de son foyer. Tel était l'esprit de son message qu'il attira autour de lui des hommes comme Brigham Young, le grand prophète-pionnier de cette région montagneuse, dont l'inspiration et l'énergie rendirent possible aux saints de se faire un foyer ici, où ils ont été prospérés et bénis. Tels aussi furent les frères de Brigham Young, avec Heber C. Kimball, John Taylor, Wilford Woodruff, Lorenzo Snow, et d'autres membres du collège des Douze qui constituèrent la première organisation de ce collège. Ces hommes vaillants qui restèrent fidèles au prophète, à l'Église, et à leurs convictions. Ces dirigeants, et les centaines et milliers d'autres qui ont suivi dans la même croyance, sous la même inspiration, ont témoigné que le Seigneur a mis sa main à l'œuvre pour accomplir une œuvre merveilleuse et un prodige. Quand on considère que, malgré l'opposition dressée contre cette petite poignée de gens, le Seigneur accomplit cette promesse par leur moyen. En ce temps-là, quelques années après l'organisation de l'Église, aux premiers temps de l'histoire de Kirtland, où l'Église fut organisée, il y avait un très petit rassemblement de saints des derniers jours. Ils étaient dans la pauvreté et dans le besoin, contraints de défendre constamment leurs droits, non seulement leurs droits, mais aussi leur vie, pour maintenir la possibilité de vivre et de témoigner de la vérité. Malgré toutes les circonstances contraires que nos pères pionniers durent affronter, l'œuvre que le Seigneur avait décrété devoir s'accomplir, qui devait être un prodige et un émerveillement pour le monde, a en effet été un succès ; elle a été établie par le pouvoir du Seigneur, par le moyen de ses fidèles messagers et serviteurs. Quand les saints des derniers jours, dans leur pauvreté et leur nombre restreint, entreprirent de bâtir un temple dans la ville de Kirtland, et dédièrent cette maison au Seigneur, et qu'il fut déclaré par révélation que le temple était accepté par lui, ce fut alors une plus grande stupeur encore parmi ceux qui s'opposaient à cette œuvre. L'amertume de leur haine s'accrut à mesure que l'œuvre grandissait, et à mesure qu'il fut démontré que le pouvoir du Seigneur était avec son prophète et avec ceux qui se tenaient côte à côte avec lui. Mais cette « œuvre merveilleuse et ce prodige » ne pouvaient être confinés à la petite ville de Kirtland ; il leur fallait plus d'ampleur et davantage d'occasions de se développer, aussi l'émigration, ou le mouvement vers l'État du Missouri, commença. Le Seigneur désigna une partie de cette terre comme devant être le grand pieu central de Sion, où un temple devait être érigé, qui aurait sur lui la gloire de sa présence reposant comme une nuée le jour, et une colonne de feu la nuit. Mais le temps n'était pas encore venu pour l'accomplissement de ce grand dessein et de cette promesse ; il fallait encore une plus grande étendue pour le développement de cette œuvre merveilleuse et de ce prodige que le Seigneur allait établir, aussi les saints commencèrent-ils à se rassembler dans l'État de l'Illinois. Après un certain temps, les préjugés des habitants de l'Illinois devinrent trop grands. Les circonstances n'y étaient pas propices à la diffusion de la vérité et au rassemblement d'Israël. Après le martyre des prophètes Joseph et Hyrum, le Seigneur inspira Brigham Young, et ceux qui lui étaient restés fidèles, à conduire le peuple hors de Nauvoo. Cet exode fut l'accomplissement d'une prédiction faite par le prophète Joseph Smith environ deux ans avant son martyre, où il déclara que les saints se rassembleraient au milieu des montagnes Rocheuses et y deviendraient grands et puissants. Ainsi Brigham Young conduisit le peuple dans ces vallées ; et nous avons « bien grandi » depuis notre arrivée ici. ¶
Je vous en appelle aujourd'hui : n'avez-vous pas été témoins ici d'une croissance et d'un développement qui ont accompli dans une large mesure la prédiction et la parole du Seigneur donnée au prophète en 1829 ? Ce qu'il y a de merveilleux, pour ceux qui ne voient pas les choses comme nous, d'un point de vue religieux, c'est que l'œuvre a prospéré, qu'elle a grandi et s'est fortifiée malgré l'opposition qui lui a toujours été portée — je ne dirai pas par nos ennemis, mais par ceux qui nous ont mal compris, par ceux qui n'ont pas compris la mission de l'Église, et qui n'ont pas cru à l'appel divin du prophète Joseph Smith, ni de ceux qui se sont tenus à la tête de l'Église depuis son martyre. Ces gens qui, dans leur ignorance, ont levé les bras et la voix contre les saints des derniers jours, n'ont pas compris notre mission ; ni les desseins du Seigneur, car il avait déclaré qu'il accomplirait cette œuvre merveilleuse et ce prodige. Il déclara aussi au prophète Joseph que cette Église qu'il était sur le point d'établir ne serait plus jamais retirée de la terre, mais que des apôtres, des évangélistes et des instructeurs continueraient de plaider auprès des peuples des nations de la terre, leur demandant d'abandonner leurs voies pécheresses, de parvenir à la connaissance de la vérité, et de venir aux lieux de rassemblement des saints désignés pour établir cette œuvre merveilleuse et ce prodige dans le pays de Sion. Aujourd'hui, mes frères et sœurs, nous voyons les grands résultats de ce rassemblement, la construction de foyers et l'organisation de paroisses et de pieux de Sion à travers toute cette région intermontagneuse, combinant la richesse, l'esprit et le pouvoir d'un peuple uni pour accomplir les desseins du Tout-Puissant en établissant son œuvre dans les derniers jours. ¶
Je me souviens maintenant de la merveilleuse prospérité qui accompagne ce peuple, tant financièrement qu'à d'autres égards. Permettez-moi d'exprimer mes vues sur sa condition, tant spirituelle que temporelle. Je n'ai jamais connu ce peuple aussi uni, aussi fort, aussi ferme dans la foi qu'il l'est aujourd'hui. Je n'ai jamais connu les membres de l'Église aussi nombreux, unis, puissants et forts, et le cœur du peuple aussi disposé à recevoir les enseignements de ses dirigeants. Je sais qu'il y a un progrès net par rapport aux autres années, dans la ligne de la foi, de la diligence et des bonnes œuvres. Il y a quelques années, le président Lorenzo Snow appela quelques-uns de ses frères à faire avec lui un voyage à St. George, et là le Seigneur lui montra, comme il le déclara par la suite dans nos conférences, la raison de ce voyage. Il dit que la mission qu'il devait accomplir auprès du peuple était de l'appeler au repentir, et de lui rappeler le devoir qu'il devait à Dieu concernant les dîmes et les offrandes. Ces visites se poursuivirent dans tous les pieux de Sion, et l'esprit de cette mission et de cet appel qui reposait sur le président de l'Église se répandit largement ; il eut pour effet d'amener le peuple au souvenir d'un devoir presque oublié. La promesse fut faite aux saints que, s'ils répondaient à cet appel avec sincérité et ardeur, les écluses des cieux seraient ouvertes, comme l'avait prédit Malachie, et qu'à peine trouverait-on assez de place pour contenir les bénédictions que le Seigneur déverserait sur son peuple en récompense de son obéissance à ce commandement. Nous voyons maintenant les effets de cette prédication et de l'inspiration qu'avait eue le président Snow. Cela s'est poursuivi depuis lors jusqu'à aujourd'hui, et le peuple est plus fidèle dans cette ligne et dans d'autres devoirs sacrés que je ne l'ai jamais connu ; les résultats sont visibles partout. Les écluses des cieux ont en effet été ouvertes. D'un bout à l'autre du pays vient le cri : Nous ne trouvons pas assez d'hommes pour moissonner notre grain et nos céréales, pour engranger dans nos greniers et nos lieux d'entreposage les bienfaits de la terre que le Seigneur a répandus sur nous ; les bénédictions du ciel et de la terre sont en effet nôtres. Je crois que nous progressons dans les voies spirituelles, et qu'il existe une disposition à servir le Seigneur plus fidèlement que jamais. Cela me réjouit. Quand je vois ces grands rassemblements, je veux dire à mes frères et sœurs : réjouissons-nous des bénédictions que nous avons reçues, des témoignages que nous avons dans le cœur. Ne nous glorifions pas outre mesure ; que dans la profonde humilité de nos âmes nous nous réjouissions d'avoir un témoignage de la vérité. ¶
Je sens que nous dépendons des miséricordes de notre Père, et des bénédictions que le Seigneur nous accordera seulement par notre fidélité et notre humilité, et notre confiance en lui. ¶
Dans la 107e section du Livre de Doctrine et Alliances, je lirai quelques mots qui pourront vous faire comprendre exactement ce que je veux dire : ¶
« En vérité je vous le dis, concernant vos frères qui ont été affligés, persécutés et chassés du pays de leur héritage, moi, le Seigneur, j'ai permis que l'affliction vienne sur eux, cette affliction dont ils ont souffert, en conséquence de leur transgression. » ¶
Or, le Seigneur a de plus déclaré, à la section 119, au sujet de la loi de la dîme, et au sujet d'autres lois, que « si mon peuple garde ma loi et garde mes commandements, ce sera pour lui toujours un pays de Sion ; mais s'il ne garde pas ma loi, et désobéit à mes commandements », alors les autres conditions suivraient, et ce ne serait plus pour son peuple un pays de Sion. Réjouissons-nous maintenant de la vérité qui nous a rendus libres, puisque tous nos doutes ont été dissipés au sujet de la vérité de l'Évangile, et au sujet de l'appel divin du prophète Joseph Smith et de ceux qui président sur nous aujourd'hui. Rendons-nous compte que, par les bénédictions et la miséricorde de notre Père, il nous est permis d'avoir le témoignage que c'est en effet l'œuvre du Seigneur, et que nous prenons part à l'édification et à l'établissement de son Église. ¶
En l'an 1887 un grand jubilé fut tenu dans la vieille Angleterre, le royaume britannique, à l'occasion du cinquantième anniversaire du couronnement de la reine Victoria. Dans ce merveilleux rassemblement, dit l'histoire, les chefs de toutes les colonies, ainsi que les ducs, les lords et les nobles de toutes les parties de l'empire britannique étaient présents, ainsi que des rois et des dirigeants d'autres pays, et grande fut la manifestation de joie, de réjouissance et d'exultation du peuple. La prospérité de cette nation est, je crois, due en partie au fait que le peuple britannique descend en grande partie d'Abraham, d'Isaac et de Jacob ; il est d'Israël. Heber C. Kimball, en 1840, leva les mains dans les rues de Manchester, tandis que la reine Victoria passait, et demanda les bénédictions du ciel sur elle et sur son peuple. Je suis persuadé que, depuis ce moment-là, l'esprit de foi en l'Évangile a commencé à croître dans cette nation. Nous avons rassemblé de solides représentants d'Israël venus de Grande-Bretagne, tout aussi solides, et en plus grand nombre, que d'aucune autre nation. Ils sont d'Éphraïm, et ont accepté l'Évangile et ont été grandement favorisés du Seigneur. Il en va de même dans les nations scandinaves et les missions à l'étranger, où les anciens ont pris pied, cet Évangile est prêché et son levain se fait sentir parmi Israël dispersé partout. Israël est ainsi rassemblé par les efforts de nos humbles anciens, qui vont dans les nations, risquant leur vie, sacrifiant leur temps et donnant les capacités de leur jeunesse pour répandre les principes de l'Évangile. Pendant que cela se poursuit, cette œuvre merveilleuse et ce prodige s'établissent dans le pays. Nous nous réjouissons humblement, et honorons notre Père et notre Dieu, et la prêtrise, et nous aimons ceux qui président sur nous, nous nous unissons dans la foi, et nous nous efforçons de répandre l'Évangile de toutes les manières possibles. Nous sommes en effet un peuple prospère, et sommes devenus l'émerveillement du monde, parce que nous existons et croissons en puissance et en force, malgré que le monde soit dressé contre nous. ¶
Maintenant, mes frères et sœurs, je me réjouis aujourd'hui. Je demande la bénédiction du Seigneur sur vous, afin que nous puissions compter sur les promesses du Seigneur, à l'avenir comme par le passé. Lorsque vous quitterez cette conférence, puissiez-vous partir en paix, dans la joie, et puisse aucun accident ne vous arriver en chemin. Que les plus précieuses bénédictions du ciel soient toujours avec vous, telle est ma prière sincère au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶