Rapport sur une visite aux saints du Mexique
John Henry Smith
Mes frères et sœurs, le 21 février je me mis en route pour l'État de Tabasco, disant au président Smith, en partant, que je reviendrais assister à cette conférence. Mon but en y allant était l'accomplissement d'un devoir sacré, et aussi dans l'espoir d'assurer le complet rétablissement de ma santé. Je présumais avoir si bien arrangé les choses que je pourrais être présent dès le premier jour de la conférence. Il y a deux semaines hier, je quittai la ville de Cardenas, dans un canoë indien, pour me rendre avec mes compagnons à la capitale de l'État, San Juan Baptiste. Nous atteignîmes cet endroit dans l'espoir que, le 28 du mois dernier, depuis Fontara, le vapeur nous conduirait à Vera Cruz ; mais à notre arrivée, nous apprîmes que le vapeur ne partirait pas avant le 30, et nous restâmes donc quelques jours dans la capitale de l'État, fréquentant les personnages importants, ayant des entretiens avec le gouverneur et le jefe politico, et trouvant, à notre grande surprise, un peuple merveilleusement distingué. On dit que la ville compte environ 20 000 habitants, et elle est située sur le fleuve Gijalva. La population est en majeure partie d'origine espagnole, avec un mélange des races indiennes. Nous fûmes traités avec la plus grande courtoisie par le gouverneur de l'État et par les personnes qu'il fréquentait. Nous en partîmes le 29, dans l'espoir que, le 30, nous pourrions quitter Fontara sur le chemin du retour. En y arrivant, nous apprîmes que le départ de notre bateau n'aurait pas lieu avant le premier avril, et le soir de ce jour-là nous quittâmes Fontara. Nous atteignîmes Vera Cruz, après avoir traversé le golfe du Mexique, juste après midi dimanche dernier, et nous nous dirigeâmes aussitôt vers le chemin de fer. Une partie de notre compagnie resta à Vera Cruz ; l'ancien B. F. Grant et moi partîmes immédiatement pour rentrer. Nous réussîmes à assurer nos correspondances sur les chemins de fer fort bien jusqu'à ce que nous atteignîmes El Paso, au Texas, où nous constatâmes qu'une quarantaine avait été instaurée contre ce qu'on disait être les régions fiévreuses du vieux Mexique, et comme nous venions de Vera Cruz, qui avait été spécialement frappée d'interdit, nous fûmes retenus vingt-quatre heures avant de pouvoir poursuivre notre voyage, ce qui m'empêcha d'arriver ici hier comme je l'avais espéré. ¶
Je désire dire que mon expérience dans le sud du Mexique a été des plus agréables ; dix jours de mon temps à cheval, six en canoë indien, et le reste du temps à parcourir le pays, à étudier les conditions, à faire la connaissance du peuple et à me renseigner sur les caractéristiques du pays. Mes compagnons ont aussi été fort satisfaits de leur expérience. Certains d'entre eux, je présume, sont en route pour cette ville, et je suis arrivé ici à une heure trente aujourd'hui. ¶
Je suis heureux d'être avec vous en conférence, d'entendre les voix de ceux qui ont chanté pour nous leurs glorieux cantiques, d'écouter les remarques des anciens, et d'entendre les paroles de prière qui se sont élevées vers l'Être suprême dans l'intérêt du peuple de Dieu et de tous les enfants de notre Père. Je me réjouis de l'œuvre glorieuse que le Seigneur a établie, et j'ai toujours gardé en mémoire la promesse qui a été faite qu'aucune arme forgée contre cette œuvre ne prospérera, et que ceux qui s'élèveront pour la juger se trouveront eux-mêmes entièrement déconfits. J'ai confiance que, dans l'accomplissement de la grande mission que Dieu a assignée à ce peuple, l'esprit de liberté, de justice, de miséricorde, de détermination, et la volonté de se dévouer à l'amélioration de la condition de l'humanité, ne seront en aucune façon contrariés, mais que dans la marche en avant et la croissance de cette œuvre, ses fils et ses filles se trouveront du côté de tout principe juste et en faveur de la plus grande liberté et du plus grand bien pour les enfants de notre Père. Quand nous nous souvenons que sous les plis de cette grande œuvre l'ensemble de la race humaine, à l'exception de ceux qui ont rejeté Dieu et consenti à la mort du Rédempteur du monde, trouvera place dans les divers royaumes que notre Père a établis, et obtiendra la récompense qu'elle a justement méritée par l'accomplissement de sa part dans le monde, ce devrait être une joie pour chacun de nous de savoir que nous avons part et portion dans son accomplissement, et nos efforts pour sa réalisation et son édification devraient se manifester en toute direction. Notre Père n'a jamais abandonné cette œuvre depuis l'instant où lui et son Fils parlèrent au prophète. Ce fut une marche continuellement en avant. Bien des choses se sont dressées pour contrarier son développement et sa croissance ; bien des complots et des machinations ont été mis sur pied par les hommes en vue de son renversement ; mais la promesse que rien ne prospérerait de ce qui s'élèverait contre elle s'est accomplie à la lettre, et à l'avenir, à mesure que nous avancerons dans l'accomplissement de la destinée que Dieu a fixée pour son œuvre, il en sera de même. ¶
Je n'ai que de bonnes paroles pour le peuple du Mexique ; pour le président Diaz et son cabinet ; pour les gouverneurs des États qu'il m'a été donné le privilège de visiter, pour les maires des villes, et pour le peuple lui-même. Ces races indiennes du Tabasco sont parmi les gens les plus remarquables et les plus laborieux que j'aie rencontrés. Il leur manque à quelque degré cette mentalité formée que l'on trouve chez la plus grande partie du peuple chrétien du monde ; mais il y a en eux les éléments du succès, comme l'ont montré les vies d'hommes aussi héroïques que Porfirio Diaz et Benito Juarez. J'ai confiance que l'esprit héroïque manifesté par ces hommes se poursuivra à travers leurs générations, que la liberté et la vérité, la justice et la miséricorde caractériseront ce peuple, et que la visite du Sauveur du monde dans les temps passés, qui fit une telle impression sur leurs âmes et les amena à espérer sa venue, les conduisant à se rendre aux hommes de Cortez parce qu'ils attendaient la venue du Rédempteur, puisse se réaliser plus pleinement et plus justement à l'avenir qu'elle ne le fut dans cette expérience qui fut la leur. ¶
Mes frères et mes sœurs, je sentirais qu'il serait imprudent de ma part de prendre davantage de votre temps. Je me tiens avec mes associés dans la déclaration de cette vérité éternelle que le Père a établie. Je me tiens avec eux comme témoin pour Dieu et pour le Rédempteur du monde, comme témoin pour Joseph Smith et pour les hommes qui se sont tenus avec lui, et qui ont fait réussir l'œuvre établie par lui sur la terre. J'ai confiance qu'à l'avenir, en aucun temps ni en aucun lieu, ma voix ne s'élèvera en condamnation de son œuvre ou de sa poursuite parmi les enfants des hommes. Tandis que je parle ainsi de l'œuvre du Seigneur elle-même, je parle aussi de mon pays et de sa glorieuse constitution. Je prie pour sa continuation et pour les principes qu'elle énonce. J'ai confiance qu'à l'avenir, comme par le passé, nous serons prêts à maintenir les libertés de tous les hommes dans toute leur étendue, et à ne jamais trahir une confiance, ni à revenir sur ces principes, tant que Dieu nous donnera le souffle. Que la paix et l'amour abondent dans vos cœurs et vos foyers. Que les chants de louange qui montent des lèvres des fils et des filles de Dieu soient entendus en toute terre et en tout climat, et que l'esprit de choix qu'il accorde par le Saint-Esprit illumine vos âmes et vous élève à obéir à sa volonté et à garder ses commandements pendant le temps et toute l'éternité, telle est ma prière au nom de Jésus. Amen. ¶