Le pouvoir de l'exemple et l'influence de la prêtrise
Hugh J. Cannon
Mes frères et sœurs, je sens qu'il m'est impossible d'exprimer convenablement mes sentiments ce matin, en me tenant devant cette vaste assemblée. Tous les discours que j'ai prononcés durant le temps où j'ai été absent l'ont été dans des salles relativement petites. Je pense que la plus grande assemblée que j'aie eu à adresser comptait peut-être quatre cents personnes. Je sens donc qu'il me sera difficile de dire quoi que ce soit d'intéressant ou d'instructif, à moins d'avoir l'Esprit du Seigneur. ¶
En rendant compte de l'œuvre dans la mission suisse et allemande, je suis heureux de pouvoir déclarer que tout y va très bien. Nous avons rencontré une grande opposition. Une centaine de nos missionnaires environ ont été bannis en une seule année, la plupart de Prusse ; mais nous avons pu obtenir un délai, grâce à une démarche faite auprès du gouvernement allemand par l'ambassadeur des États-Unis, et pendant cette période, l'œuvre autrefois accomplie par nos missionnaires a été, dans une très large mesure, confiée à la prêtrise locale. Je suis heureux de pouvoir déclarer que, bien que les missionnaires venus de l'Utah ne jouissent plus maintenant de liberté dans ce pays, l'œuvre n'en continue pas moins d'avancer ; de nombreux convertis sont baptisés, et ceux qui entrent dans l'Église sont fermes dans la foi, je crois. Ils n'acceptent l'Évangile que lorsqu'ils sont assurés qu'il est vrai, faisant preuve de prudence à cause de l'opposition. C'est pourquoi le peuple est meilleur et plus fort, et mieux à même de tenir bon, malgré toute l'opposition qu'il doit affronter, qu'à aucune époque précédente de l'histoire de cette mission. Je suis heureux de dire que les semences de la vérité, les semences de l'Évangile, ont été plantées dans ce pays ; et je prédis que, malgré toute l'opposition de nos ennemis, cette semence croîtra et portera du fruit. J'ai l'assurance absolue qu'il en sera ainsi. ¶
L'étendue de la mission suisse et allemande est actuellement très grande. Elle couvre l'Allemagne, la Suisse, l'Autriche, la Hongrie, la Roumanie et la Serbie, et compte environ un douzième de tous les habitants du monde. En Suisse, nous jouissons de plus de liberté, et une bonne œuvre s'y accomplit. En Hongrie et en Autriche, nous avons très peu de liberté ; néanmoins, nous pouvons prêcher l'Évangile dans une certaine mesure, et nous baptisons dans ces deux pays. En Serbie et en Roumanie, rien n'est fait par nos missionnaires à l'heure actuelle. Je m'attends à apprendre très prochainement que des missionnaires ont été envoyés dans le nord de l'Italie, par-delà les Alpes depuis la partie française de la Suisse. Beaucoup de gens ont été rassemblés de cette région du pays, et certaines familles éminentes qui se trouvent maintenant en Utah y ont accepté l'Évangile. Je crois fermement que beaucoup d'autres embrasseront l'Évangile dans cette partie du monde. J'ai écouté avec grand plaisir les remarques qui ont été faites ce matin, et je remercie le Seigneur du fond du cœur d'avoir le témoignage que ce qui a été dit est vrai. Je Le remercie sincèrement de savoir que Joseph F. Smith est un prophète du Tout-Puissant, et qu'il a été appelé par révélation à occuper la place qu'il occupe maintenant. On m'a appris depuis ma plus tendre enfance à révérer et à aimer le président Smith. Mon père était associé à lui, l'aimait et l'honorait, et il m'a appris à aimer, honorer et respecter cet homme. Je remercie mon Père céleste de savoir avec certitude que cette œuvre triomphera. L'histoire se répète ; la même cause aura toujours le même effet ; et si nous regardons en arrière sur les soixante-quinze années d'existence de cette Église, et si nous examinons l'histoire de ceux qui ont levé la main contre cette œuvre, nous constaterons qu'ils ont échoué, qu'ils n'ont jamais réussi dans leurs desseins, et que l'Évangile a continué d'avancer sans cesse. Je peux témoigner, comme l'a fait le président Smith, qu'elle triomphera, et qu'elle finira par remplir toute la terre. Si je n'en avais pas l'assurance absolue, je serais rempli d'appréhension en ce moment. Si je ne savais pas que c'est le Seigneur, et non l'homme, qui est à la tête de cette œuvre, je serais rempli de crainte ; mais, ayant ce témoignage, la seule crainte que j'aie à avoir est de ne pas pouvoir persévérer jusqu'à la fin. Je prie Dieu de le pouvoir. Je prie pour mes frères et pour mes sœurs, afin que tous conservent la foi et se montrent fidèles jusqu'à la fin. Je demande ces bénédictions pour nous tous au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶