Joseph Smith et le levain de l'Évangile
Seymour B. Young
Mes frères et sœurs bien-aimés, je désire vivement que vous m'assistiez par votre foi et vos prières. Je souscris aux remarques de mes frères cet après-midi, ainsi qu'aux remarques et enseignements que nous avons entendus au cours de cette conférence générale. Je me réjouis avec vous du témoignage que Joseph Smith était un prophète de Dieu, qu'il était conduit par l'esprit et la puissance de l'inspiration. Lorsqu'il se rendit dans un lieu retiré pour implorer du Seigneur la sagesse et l'intelligence, il fut la seule personne, à notre connaissance, en ce jour et à cette époque, qui approcha Dieu avec une telle foi et une telle humilité que le Père lui répondit et exauça sa prière. Lorsqu'il eut acquis connaissance et intelligence, par sa foi et son humilité et en réponse à la prière, l'inspiration du Seigneur descendit sur lui, et il reçut le ministère prophétique qui l'accompagna tout le reste de sa vie, et qui le qualifia pour organiser l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Il fut toujours fidèle à son appel et à son ministère. Combien est saisissante la pensée exprimée dans les belles paroles que nous lisons ou chantons dans l'un de nos cantiques de l'École du Dimanche — ¶
« Oh, quel ravissement remplit son cœur, car il vit le Dieu vivant. » ¶
Et maintenant, mes frères et sœurs, l'histoire de sa vie est devant nous, un livre ouvert que nous pouvons lire et comprendre, et nous pouvons en profiter si nous le désirons. Tous ceux qu'il avait choisis ne lui furent pas fidèles, ni fidèles à la foi. S'il avait manqué de la puissance et de l'esprit d'un prophète de Dieu, pensez-vous qu'il aurait osé dire à des hommes tels qu'Oliver Cowdery et Sidney Rigdon, hommes instruits selon le monde, qui s'étaient tenus à ses côtés et l'avaient assisté dans l'organisation des collèges apostoliques et des autres collèges de la prêtrise : « Écartez-vous, vous avez perdu l'esprit de votre appel et de votre ministère, l'Église ne peut plus vous reconnaître comme membres en règle, et nous n'avons plus besoin de vos services » ? Telle fut la voie qu'il se sentit obligé de suivre ; et les serviteurs du Seigneur, dans tout leur ministère depuis cette époque jusqu'à ce jour, se sont rangés du côté du droit, de la vérité et de la justice éternelle, et que ce soit seuls ou avec beaucoup d'autres pour les soutenir, ils prennent cette position. Et ainsi ils continuent aujourd'hui, devant les yeux du monde, à être les ministres du Seigneur. Le président de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, le prophète, voyant et révélateur pour l'Église, et les frères qui l'accompagnent, sont revêtus de cette même puissance et de ce même ministère prophétique. ¶
Cela me rappelle une conversation que j'ai eue récemment avec un homme, en voyageant vers le nord. Il parlait du Livre de Mormon. Il m'a dit qu'il en avait lu quelques passages. C'était un avocat de l'État du Wyoming, homme d'un discernement passablement éclairé, autant que j'aie pu en juger. Il m'a dit : « Je ne crois pas que le prophète ait trouvé les plaques d'or, ni qu'il ait traduit le Livre de Mormon à partir de ces plaques. » « Eh bien, lui ai-je dit, quelle est votre opinion sur la question ? » Il répondit : « Je crois qu'il fut inspiré à écrire le Livre de Mormon tout comme Matthieu, Marc, Luc et Jean furent inspirés à écrire leur récit de la mission du Seigneur sur la terre. » Je lui ai dit : « Voilà une pensée assez juste, et, pour un homme qui ne connaît pas les faits, je pense que votre position pourrait être considérée comme assez cohérente ; vous n'avez cependant pas la connaissance de la vérité. » Il m'a remercié et a poursuivi son chemin. ¶
J'ai lu récemment le récit d'un incident, sur lequel j'aimerais attirer votre attention, m'en étant souvenu grâce aux remarques des frères qui m'ont précédé. Un médecin recherchait son fils, qui était revenu chez lui d'un pays étranger, et ils se rencontrèrent dans la ville de New York. Le père ramena bien sûr le garçon chez lui, et il dit : « Nous tirerons un voile sur les libations de cette nuit-là », voulant dire qu'ils l'avaient passée à sacrifier à Bacchus — ce que le frère Wells a omis de mentionner —, le dieu de la coupe de vin. Ils voulaient tirer un voile sur cette nuit-là, afin que nous ne sachions rien de leurs excès. Un de mes fils est récemment revenu d'une mission dans les pays d'Allemagne et de Suisse, après une absence de trois ans. Je l'ai accueilli à la gare et lui ai souhaité la bienvenue chez lui. Ce soir-là, nous n'avons eu ni vin ni boisson forte, et l'on n'a pas non plus fait circuler de cigares. Il n'y a pas eu de « fumoir », comme on dit, organisé ; mais nous nous sommes mis à genoux devant Dieu, tout comme beaucoup d'entre vous l'ont fait, et nous avons offert une prière d'action de grâces et de louange au Dieu Tout-Puissant pour qu'un autre de ses fils fût allé proclamer l'Évangile, fût allé dans des pays étrangers en mission de vie et de vérité auprès des nations de la terre, et fût revenu pur et sans tache, comme il l'était en quittant la maison de son père. Voilà la sorte de célébration que nous avons faite. ¶
Ce peuple, par nécessité, se tient sur un plan plus élevé que celui qu'occupe aujourd'hui le peuple du monde, à cause de la connaissance que Dieu nous a donnée, et à cause du ministère des prophètes et des apôtres que nous avons parmi nous aujourd'hui. Nous devons nécessairement accentuer les principes de vérité auxquels nous croyons, et bien que la majorité de l'humanité ne nous aime pas, n'ait aucune communion avec nous, cela ne change pas notre position, et ne change pas notre responsabilité. Nous ne pouvons descendre à leur niveau. Si nous pouvions leur faire voir la position que nous occupons, nous pourrions dire : « Veuillez nous pardonner, nous ne pouvons descendre à votre niveau, mais si vous nous le permettez, nous vous élèverons au plan supérieur. Vos hommes d'État pourraient devenir plus puissants, car, s'ils gardent les commandements de Dieu, ils seront remplis d'une plus grande capacité à profiter à l'humanité et à la bénir. Nous disons à vos commerçants, à vos cheminots, et à tous les grands esprits actifs de la terre : Si vous obéissez à l'Évangile, le Seigneur vous rendra mieux aptes et préparés à accomplir chaque devoir qui vous incombe, en tant qu'hommes d'affaires du monde, et en tant qu'hommes d'État. » ¶
Je me souviens avoir lu dans la Perle de Grand Prix, et dans d'autres révélations du Seigneur, comment le Seigneur se tint au milieu des esprits qui habitaient les mondes éternels, et il est écrit que le Seigneur en vit qui étaient de choix, et il dit : « De ceux-ci je ferai mes dirigeants. » Et il a fait de ces esprits de choix ses dirigeants du monde. Plus particulièrement, il a envoyé ces esprits, en ce siècle et en cette époque, habiter des tabernacles et être comptés parmi ses ministres dans cette Église et ce royaume qu'il a établis sur la terre. Parmi ces grands esprits se trouvaient le prophète Joseph, et ces frères qui ont suivi dans le même ministère sacré et prophétique. ¶
Rien d'étonnant que le Seigneur ait dit : « Ils sont bons, et de ceux-ci je ferai mes dirigeants. » Il a tenu parole ; et nous avons parmi nous aujourd'hui quelques-uns de ces esprits de choix, et ils dirigent, guident et orientent les destinées de ce peuple et les destinées de l'humanité sur toute la terre ; car, en dépit de l'opposition à l'Église de Jésus-Christ et aux doctrines qui mènent à la vie éternelle, le levain de l'Évangile se fait sentir d'un bout à l'autre de la chrétienté. Il y a quelques années, je me souviens avoir entendu un ministre de l'Évangile, comme on les appelle, prêcher à ses semblables que l'enfer était rempli de petits enfants non baptisés, et que toute l'humanité qui ne se soumettait pas à l'aspersion dans son église perdrait toute chance de rédemption, et brûlerait éternellement en enfer. Quelle hérésie, quels principes odieux que ceux-là. Mais le peuple du monde, et même les ministres des évangiles qu'ils enseignent, sont aujourd'hui enclins à écarter ces hérésies de leurs doctrines, et prêchent aujourd'hui, adoptant un meilleur principe, un principe enseigné par notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, lorsqu'il dit : « Laissez les petits enfants et ne les empêchez pas de venir à moi ; car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. » Les ministres commencent à reconnaître la vérité de cette parole, car les serviteurs du Seigneur l'ont accentuée, et ont déclaré que les enfants sont innocents jusqu'à l'âge de huit ans, et sont sauvés dans son royaume dans cet état d'innocence, sans baptême. ¶
Considérez aussi le principe du baptême pour les morts, ce principe sacré qui dépasse les étroites limites de la vie dans ce monde. Je me souviens que le président Peery, qui fut autrefois président du pieu de Weber, de Sion, m'a dit : « Frère Young, ¶
lorsque j'ai entendu exposer l'Évangile du baptême pour les morts par l'un des anciens, dans mon État natal, mon cœur fut touché, et j'aurais pu m'incliner et lui baiser les pieds, car il m'ouvrit une vie nouvelle, un monde nouveau, et je fus pris dans le filet de l'Évangile. Je puis aussi témoigner, dit-il, que dès cet instant même, l'intelligence du Saint-Esprit a illuminé mon esprit, et j'ai appris que Jésus est le Christ et que Joseph était son prophète choisi. » ¶
Tous ces glorieux principes, mes frères et sœurs, sont devant nous, et nous nous efforçons de vivre selon eux ; et bien que le monde ne nous approuve pas, ni ne nous aime, nous devons accomplir tout notre devoir. ¶
Que le Seigneur vous bénisse, et vous donne le pouvoir d'être fidèles et sincères jusqu'à la fin de vos jours, car il a dit avec vérité : « Sois fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie. » Amen. ¶