Manifestations amicales à l'étranger et un moment favorable pour prêcher
John Henry Smith
Mes frères et sœurs, c'est un plaisir pour moi d'être présent à cette conférence, et d'avoir entendu les paroles prononcées par nos frères qui ont œuvré dans le champ missionnaire, cherchant à semer les graines de l'Évangile et à s'acquitter de l'obligation exigée de ceux qui sont avertis, à savoir qu'ils doivent avertir leur prochain. Les frères nous ont donné brièvement quelques-unes de leurs expériences en rapport avec l'œuvre qui leur a été confiée. J'ai eu le privilège, ces dernières semaines, d'avoir un peu l'occasion de côtoyer les gens dans plusieurs États de l'Union, et de noter les conditions dans lesquelles les anciens œuvrent dans certains des champs où ils ont été affectés par l'autorité présidente de l'Église. Ma propre expérience, loin de chez moi dans l'accomplissement d'un devoir qui m'était échu, fut parmi les plus agréables de ma vie. Durant une absence de chez moi d'environ quatre semaines, je ne pense pas que, sur toute cette période, bien que j'aie côtoyé un grand nombre de personnes, on m'ait fait une seule grimace de mécontentement parce que j'étais un « mormon ». Je ne pense pas que l'un de nos frères qui étaient avec moi ait été soumis à quelque manifestation de mépris, ni que des expressions d'animosité aient été dirigées d'une quelconque façon contre l'organisation dont nous sommes membres. Nous avons reçu le traitement le plus attentionné, et dans l'accomplissement des devoirs qui nous incombaient, nous avons pu, je crois, faire naître dans l'esprit de certains de nos semblables un plus grand respect et une meilleure compréhension de notre dessein qu'ils n'en avaient peut-être auparavant. ¶
Parmi les expériences les plus agréables qu'il me fut donné de vivre en compagnie d'autres frères, il y en eut une telle que celle rapportée par le président Duffin comme s'étant produite dans son expérience, à savoir une visite dans le comté de Hancock, dans l'Illinois, où il reçut un accueil des plus bienveillants de la part de nombreux citoyens de longue date de ce comté. Leurs propos furent des plus amicaux, et beaucoup d'entre eux déclarèrent absolument et sans condition que le comté de Hancock était aujourd'hui « Jack-mormon », et non anti-« mormon », et ils exprimèrent le souhait qu'il fût possible pour les saints de s'établir de nouveau sur cette terre et de rebâtir, par leur ardeur au travail et leur industrie, les villes qui s'étaient étiolées après le départ des saints. Le sentiment que nous avons trouvé parmi beaucoup de ces hommes et de ces femmes fut pour moi la preuve d'un changement en train de s'opérer dans le cœur des gens ; et je suis d'avis que les possibilités d'étendre l'Évangile dans notre propre nation sont meilleures aujourd'hui qu'elles ne l'ont jamais été depuis que les saints ont quitté leurs foyers de l'est pour s'établir dans les vallées des montagnes. Bien qu'il y ait des hommes enclins à dénaturer notre caractère, et que la presse du pays, dans bien des cas, s'empare volontiers de tout ce qui pourrait ternir et, dans une certaine mesure, ralentir le progrès de l'œuvre des derniers jours, le va-et-vient constant des meilleurs éléments du peuple des États-Unis a pour effet d'user et de démentir les fausses déclarations qui ont été colportées largement dans des temps désormais révolus, et la possibilité de susciter un esprit de haine et d'animosité contre nous n'est plus aussi marquée qu'autrefois. Il existe de larges groupes d'hommes et de femmes impartiaux et honorables dans toutes les régions du pays, et bien qu'ils ne soient peut-être pas aussi combatifs dans leur esprit que les ennemis des saints, ils sont prêts à apporter aide et réconfort aux anciens de l'Église dans l'accomplissement de leur part, et à les défendre si nécessaire. ¶
Je sens qu'il n'a jamais existé de meilleur moment pour nous d'accomplir cette grande responsabilité de prêcher l'Évangile et d'avertir le monde que celui qui existe à l'heure actuelle. Notre contact avec les hommes d'affaires, notre participation à la diversité des congrès et conventions qui se tiennent dans les diverses régions de la nation, ont éveillé dans le cœur de nombreux hommes réfléchis et prudents des pensées des plus sérieuses concernant notre ministère. Les grands rassemblements d'hommes qui assistent à ces conventions de bétail, congrès d'irrigation, congrès des bonnes routes, congrès transmississippiens et autres réunions représentatives auxquelles nos frères et d'autres hommes de notre État ont assisté, ont accompli des merveilles en changeant l'esprit des gens réfléchis et impartiaux de notre pays. Un homme qui s'est distingué de manière particulièrement notable dans presque tous ces congrès, et qui est éminent dans l'un de nos territoires, a récemment déclaré, dans une déclaration publiée sous sa propre signature, que si rien d'autre n'avait été accompli par ces conventions et congrès dans ce pays de l'Ouest que d'obtenir une meilleure compréhension du « mormonisme » et de son dessein dans le monde, cela seul aurait amplement récompensé le peuple du pays transmississippien pour l'organisation de ces rassemblements. Venant d'un tel homme, qui est armé, par l'instruction et la formation de sa vie, pour s'acquitter pleinement et minutieusement de presque toute tâche qui pourrait lui être demandée, après une longue fréquentation des hommes qui se sont rendus de notre État à ces divers rassemblements, cette déclaration est pour moi un témoignage d'un progrès dans la ligne de pensée et dans l'ouverture, pour le peuple américain impartial et généreux, d'une voie permettant d'apaiser la vive excitation qui, par le passé, a été suscitée contre nous en raison d'un manque de compréhension à l'égard de notre dessein. ¶
Je crois que cela est vrai, non seulement dans les limites de notre propre grand gouvernement, mais aussi au-delà de nos frontières, dans les grandes terres du sud et dans les terres au nord de nous. Bien que beaucoup d'hommes ne soient pas enclins à s'exprimer sur la question de notre religion, la justice engendrée dans leurs cœurs par leur fréquentation du peuple a néanmoins brisé en pièces bon nombre des idoles du passé, et a détruit, dans une large mesure, l'œuvre des esprits sectaires et étroits, dont trop se trouvent dans les rangs des ecclésiastiques, si dépourvus de cette largeur d'esprit et de cette compréhension des principes du gouvernement sous lequel nous vivons que leurs constantes récriminations sont dirigées au détriment de leur prochain. Mais même parmi les ministres, il existe des hommes à l'esprit large, au cœur généreux et aux desseins généreux. Bien qu'ils ne partagent pas avec nous la croyance aux doctrines de l'Évangile rétabli par les administrations des prophètes en cette dispensation, ils reconnaissent néanmoins que, dans l'exercice de leurs droits et dans l'accomplissement de leur mission, ils ne peuvent pas regarder avec respect ceux qui les piétineraient dans l'exercice de leurs droits, et ils accordent à leur prochain les mêmes privilèges qu'ils désirent pour eux-mêmes. Tous ces hommes, qu'ils soient sans foi, qu'ils adhèrent aux doctrines du monde protestant, ou qu'ils soient croyants du judaïsme, ou membres de cette grande organisation connue sous le nom d'Église catholique, où qu'ils se trouvent, ils sont parmi les protecteurs et les gardiens des libertés de l'homme et de ces droits humains garantis par la Constitution des États-Unis. À ces hommes, dont le cœur est grand, et dont l'instruction est conforme au caractère du gouvernement que le Tout-Puissant a permis d'établir en ce jour, nous pouvons nous tourner avec un certain degré de sécurité. Mais lorsqu'il s'agit de ceux dont l'âme se réduit à l'idée que leurs prières ne peuvent s'élever que dans l'intérêt de leur propre petit cercle, et que la liberté ne peut être accordée qu'aux membres de ce cercle, de tels sentiments, qui trouvent leur expression dans un désir de s'ingérer dans la conscience de leur prochain, diminueront, je l'espère, graduellement en influence et en pouvoir, jusqu'à ce que, sous le drapeau des États-Unis, aucun être humain ne puisse être mis en cause quant à la nature de sa foi, qu'il adore Mahomet ou qu'il accepte les doctrines et les vues présentées au monde par les grandes organisations chrétiennes qui proclament le Christ et son ministère dans le monde. ¶
La promesse qui nous fut faite lors de l'introduction de cette œuvre n'était pas qu'elle deviendrait jamais un système populaire dans l'esprit de l'humanité. La promesse faite était qu'elle rassemblerait un de chaque ville et deux de chaque famille. Jusqu'à présent, en considérant les déclarations des hommes qui se trouvent dans les champs missionnaires de ce grand pays, il n'y a eu aucune déclaration selon laquelle l'œuvre que le Tout-Puissant a établie en ce jour serait devenue populaire parmi le peuple. Quelques-uns reçoivent leur message ; quelques-uns reçoivent d'eux l'ordonnance du baptême ; quelques-uns les aident dans l'accomplissement de leur travail en pourvoyant à leurs besoins, ou en les préservant des attaques de foules hostiles ou de gens imprudents et irréfléchis. L'œuvre a commencé avec quelques-uns ; elle continuera probablement pendant quelque temps avec quelques-uns. Mais sa destinée et sa mission seront accomplies sur la base désignée par notre Père céleste. L'un de chaque ville et les deux de chaque famille seront rassemblés, seront nourris en harmonie avec les desseins de notre Père, et, en temps voulu, l'œuvre s'établira dans sa plénitude et deviendra en vérité la joie de toute la terre. Elle ne viendra pas dans la précipitation ; elle ne viendra pas par de grandes démonstrations populaires ; elle ne viendra pas comme résultat d'une grande éloquence, d'une habileté ou d'un pouvoir que nous pourrions posséder ; elle viendra par les opérations de cette voix douce et légère qui rend témoignage au cœur de quelques-uns, jusqu'à ce que, pas à pas et étape par étape, les enfants de notre Dieu soient assimilés et mis en harmonie avec les principes de sa vérité ; car elle est destinée à accomplir son œuvre et à réaliser le dessein de notre Père. Nous notons les conditions qui se sont développées au cours des siècles passés, lorsque la religion chrétienne devint une religion populaire ; lorsque le christianisme du Rédempteur fut perdu ou enseveli dans le paganisme qui l'entourait, et lorsque les ordonnances de la maison de Dieu, avec leurs clés, leurs droits, leurs autorités et leurs bénédictions, furent perdues dans la philosophie et la méchanceté de cette époque. ¶
Mes frères et mes sœurs, ce monde tout entier est devant nous. Notre Père nous l'a donné comme champ. De ses îles et de ses continents, de ses montagnes et de ses vallées, nous devons rassembler les enfants de notre Père, les instruire dans la compréhension du principe de la révélation, graver dans leur cœur les caractéristiques des prophéties d'autrefois, et faire naître dans leur esprit la compréhension que, tout comme la prophétie et la révélation étaient nécessaires en ce temps-là, de même, en ce jour, ceux qui voudraient être en communion avec notre Père céleste doivent chercher à obtenir ce même esprit et à s'abreuver de cette révélation et de cette prophétie qui apporteront à l'âme des hommes une compréhension complète des desseins de notre Père concernant sa grande famille. À cette fin, les graines devront être semées, graduellement mais sûrement, afin que peu à peu la masse puisse être assimilée, que les conditions puissent être façonnées, que le cœur des enfants de Dieu puisse être amené à la compréhension appropriée, et que sur leurs âmes soit gravée, par l'empreinte de son Esprit, la vérité de son œuvre qui les conduira à lui obéir et à faire sa volonté. ¶
Il y a beaucoup de choses que nous devons faire en rapport avec le développement de l'œuvre de notre Père qui, dans notre expérience, sont probablement très éprouvantes pour nous ; mais lorsque nous regardons en arrière vers le passé, en nous souvenant des conditions qui nous entouraient dans l'État de l'Illinois, ou dans l'État de l'Ohio, ou dans l'État du Missouri, et que nous notons les changements qui se sont opérés dans notre établissement dans ce foyer montagneux, nous devons glorifier le nom de notre Père pour avoir utilisé des moyens afin de nous pousser dans les vallées de ces montagnes, et de nous équiper, par l'instruction que nous avons reçue, pour l'accomplissement de cette grande œuvre qu'il nous a établis à faire. Il n'y avait aucun moyen d'y échapper. Cela nous est venu dans l'accomplissement de son dessein, et son dessein est la régénération graduelle de ses enfants et l'établissement, dans le monde entier, de la vérité de ce message que Dieu le Père et son Fils Jésus-Christ ont fait connaître au prophète de cette dispensation, et dont nos frères ont rendu témoignage ce jour, devenant témoins du ministère et de la mission des élus désignés pour disperser cette semence et amener au repentir les fils et les filles de Dieu. À aucun moment de l'histoire du monde n'a-t-on jamais accompli un semis de graine et une diffusion de principe aussi merveilleux que ceux réalisés dans le ministère de la vie du prophète Joseph Smith. Dans presque chaque église, on entend chanter des cantiques de la Sion des derniers jours. On les entend réclamer, dans de nombreuses régions de notre pays, des renseignements portant sur plusieurs des principes auxquels nous croyons, et nous notons que les hommes réfléchis et prudents du pays, ainsi que d'autres régions de ce continent sur lequel nous vivons, désirent notre association et notre compagnie, afin que les labeurs de notre organisation puissent être mis à contribution pour changer les conditions dans leurs régions et ouvrir la porte afin que davantage des enfants de notre Père puissent réussir à s'assurer les bénédictions et les commodités de la vie. ¶
Je reconnais le fait, mes frères et mes sœurs, qu'il n'est pas prudent de ma part de vous parler plus longtemps ; mais avec mes compagnons qui vous ont parlé ce jour, je désire rendre mon témoignage de la vérité de cet Évangile. Je désire dire à vous, hommes pratiques et réfléchis parmi les saints des derniers jours, que notre Père attend de vous que vous utilisiez les talents que vous possédez dans la création d'industries, dans la fourniture de travail, en aidant chaque enfant qui recevra de cette foi que le Tout-Puissant vous a donnée, afin qu'il puisse s'assurer un foyer, qu'il puisse être instruit dans les principes de la vérité éternelle, et que tous nos talents puissent être utilisés pour la bénédiction spirituelle et temporelle de chacun des enfants de notre Père, jusqu'à la limite ultime de notre capacité. Ce que nous avons embrassé provient d'une source divine. Sa mission est une mission de régénération. Elle avance vers l'accomplissement de sa destinée. Rien au monde ne peut arrêter son progrès. Cette déclaration selon laquelle « toute arme forgée contre toi sera sans effet ; et toute langue qui s'élèvera en justice contre toi, tu la condamneras » se vérifiera à l'avenir comme elle l'a fait par le passé. Tout honneur aux hommes honorables, droits et généreux de ce monde qui se tiennent sur le fondement de l'équité entre leurs semblables, et tout déshonneur aux hommes étroits d'esprit, sectaires et sans générosité de ce monde dont le cœur et l'esprit ne sont pas assez larges pour reconnaître comme il se doit les droits dont ils jouissent eux-mêmes et que les droits de leur prochain devraient être sacrés en tout sens du terme ! ¶
Que les bénédictions de Dieu vous accompagnent. Que la foi qui fut délivrée aux prophètes de cette dispensation trouve sa demeure dans vos cœurs et vos foyers. Puissiez-vous être des hommes vaillants dans la défense de la liberté humaine et dans la bénédiction de toute créature. Puissiez-vous graver dans l'âme de vos fils et de vos filles ce respect sacré pour les droits humains, afin qu'aucun être humain, avec votre consentement, ne soit privé de l'exercice de sa conscience, tant qu'il ne porte pas atteinte aux droits ou aux libertés d'aucun autre être humain ; et que ce principe et cet esprit puissent croître et orner votre vie et vous permettre d'accomplir votre destinée, sous la bénédiction de notre Dieu, telle est ma prière, au nom de Jésus. Amen. ¶