Rapport sur le pieu de Cache
Joseph Morrell
Je n'ai qu'un seul désir, mes frères et sœurs, en me tenant devant vous en ce moment, c'est que l'Esprit du Seigneur me dirige dans ce que je vais dire, afin que nous soyons mutuellement édifiés. ¶
J'ai un témoignage de l'Évangile, que je vous rends cet après-midi. J'ai toujours pris plaisir à défendre et à soutenir le témoignage que Dieu m'a donné, à savoir que Joseph Smith est un prophète de Dieu, et qu'il a été suscité en ces derniers jours pour faire avancer la dispensation de la plénitude des temps, et qu'il a été un instrument entre les mains de Dieu pour faire connaître ces principes qui sont la puissance de Dieu pour le salut. Les désirs que j'ai pu avoir jusqu'ici dans la vie ont été absorbés par le témoignage que j'ai reçu de la bonté de mon Père céleste envers moi. J'ai été disposé, à ma faible manière, à répondre aux appels qui m'ont été adressés, et c'est pourquoi je suis ici cet après-midi. ¶
En écoutant les témoignages rendus ce matin, je pensais aux changements survenus dans le pieu de Cache, de Sion, depuis que j'y suis rattaché. Notre pieu était autrefois l'un des plus grands de l'Église, s'étendant de Paradise, au sud, jusqu'à Cardston, au Canada, au nord ; mais, morceau par morceau, il a été divisé, et de nouveaux pieux ont été formés. Aujourd'hui, notre pieu mesure environ dix milles de long et huit ou neuf milles de large. Mais si notre pieu est petit, il est assez densément peuplé, et les gens y sont bons. Ils désirent faire ce qu'ils peuvent pour aider à édifier le royaume de notre Père sur la terre. Je puis vous témoigner, mes frères et sœurs, que mes conseillers, le Grand Conseil du pieu, et toutes les autres autorités, sont des hommes fidèles et énergiques. Notre pieu a fourni quelques-uns de ses meilleurs jeunes gens pour aider à édifier d'autres pieux de Sion. Deux des frères qui ont parlé ce matin ont été élevés dans notre pieu. Ils sont maintenant présidents d'autres pieux de Sion. Les terres ont été occupées et mises en valeur au point que, par le passé, il était difficile à nos jeunes gens de trouver un foyer dans notre région, car, dans les conditions qui prévalaient alors, il fallait une assez grande ferme pour en tirer quelque chose. Mais, grâce aux bénédictions du Seigneur, nous avons maintenant une raffinerie de sucre, et la terre peut être mise en valeur avec plus d'avantage et de profit, ce qui nous permet de garder nos garçons et nos filles à la maison. Les filles vont aux champs aider à la culture des betteraves, ce qui, je pense, est une grande bénédiction pour elles, car elles peuvent ainsi profiter de beaucoup d'air frais et d'exercice. Elles grandissent chétives ; elles ne sont pas aussi fortes que l'étaient leurs mères, qui ont porté le poids du jour et la chaleur. Ce sera une bonne chose pour elles de sortir un peu au lieu de rester tant assises à la maison. ¶
Nous n'avons pas de gens très riches dans notre pieu, car les fermes y sont petites ; mais certains des saints sont assez aisés. Depuis le début, la terre a été divisée en petites parcelles, et il n'y a guère de possibilité pour quiconque de posséder de vastes étendues de terre, notre pieu étant si petit. Ces dernières années, nous nous sommes mis un peu à la fabrication, en plus de la culture des betteraves, et nous avons ainsi diversifié nos intérêts, de sorte que si nous venions à échouer dans une entreprise, nous en aurions une autre pour nous rattraper. Nous avons continuellement conseillé au peuple de rester hors de dettes. Nous avons constaté par expérience, en fréquentant les gens et dans notre propre vie, que si nous parvenons à mettre quelques dollars de côté, et à en payer la dîme, obtenant ainsi les bénédictions de notre Père céleste sur nos placements, cet argent allait beaucoup plus loin que l'argent que nous empruntions, sur lequel nous devions payer un taux d'intérêt élevé. On a dit avec vérité ici cet après-midi que l'argent et l'accumulation de richesses ne sont pas la seule bénédiction que Dieu nous réserve. Il a dit que si nous négligeons de payer nos dîmes et nos offrandes, nos noms seront retranchés des registres de l'Église, ainsi que ceux de nos enfants. J'aimerais mieux perdre chaque dollar et chaque bien que je possède que de voir ce malheur s'abattre sur moi. Le Christ donna cette parabole à ses disciples : ¶
« Les terres d'un homme riche avaient beaucoup rapporté. ¶
« Et il raisonnait en lui-même, disant : Que ferai-je ? car je n'ai pas de place pour rassembler ma récolte. ¶
« Et il dit : Voici ce que je ferai : j'abattrai mes greniers, j'en bâtirai de plus grands, j'y amasserai toute ma récolte et tous mes biens ; ¶
« Et je dirai à mon âme : Mon âme, tu as beaucoup de biens en réserve pour plusieurs années ; repose-toi, mange, bois et réjouis-toi. ¶
« Mais Dieu lui dit : Insensé ! cette nuit même ton âme te sera redemandée ; et ce que tu as préparé, pour qui cela sera-t-il ? ¶
« Il en est ainsi de celui qui amasse des trésors pour lui-même et qui n'est pas riche pour Dieu. » ¶
Je me sens bien, mes frères et sœurs. Je ne sais pas ce que j'ai jamais fait pour que le Seigneur soit si bon envers moi. J'ai été un faible instrument entre ses mains et j'ai tâché de mettre ma confiance en lui. Je prie que son Esprit soit avec nous tous, afin qu'à la fin nous soyons sauvés dans son royaume. Amen. ¶