L'opposition du monde et la dévotion familiale
Abraham O. Woodruff
En essayant de vous adresser la parole et de vous édifier cet après-midi, mes frères et sœurs, je me sens très dépendant de l'aide de notre Père céleste pour m'inspirer des paroles qui seront pour votre bien. Je me suis grandement réjoui, à notre session de ce matin, d'entendre les paroles de vie et de lumière qui nous ont été délivrées, ainsi que l'excellent rapport présenté par frère Clawson. Il m'est venu à l'esprit qu'un rapport de ce genre, montrant les progrès du « mormonisme », doit être extrêmement décourageant pour les ennemis de Dieu, et qu'ils doivent se sentir très mécontents des efforts qu'ils ont déployés pour contrecarrer l'œuvre de notre Père. Je ne parle pas de ceux qui diffèrent simplement de nous par leurs opinions religieuses, mais de ceux qui sont ennemis de Dieu et de la justice, et de ceux qui, appartenant à quelque organisation religieuse que ce soit, ne sont pas sincères dans leur adoration du Maître. Un trait encourageant de l'œuvre du Seigneur, c'est que, depuis son commencement, elle n'a jamais diminué, mais qu'elle est devenue, d'année en année, une puissance plus grande sur la terre. Je désire vous lire quelques versets de la Section 3 du livre de Doctrine et Alliances : ¶
« On ne peut faire échouer les œuvres, les desseins et les intentions de Dieu, ni les réduire à néant. Car Dieu ne marche pas dans des sentiers tortueux ; il ne tourne ni à droite ni à gauche, et il ne dévie pas de ce qu'il a dit ; c'est pourquoi ses sentiers sont droits et son chemin est une même ronde éternelle. Souviens-toi, souviens-toi que ce n'est pas l'œuvre de Dieu qui est contrecarrée, mais celle des hommes. » ¶
L'apôtre Paul, en son temps, a dit : « Car nous n'avons pas de puissance contre la vérité ; nous n'en avons que pour la vérité. » ¶
Ne sommes-nous pas témoins aujourd'hui que cette prédiction s'est accomplie dans l'histoire des Saints des derniers jours ? Aucune arme forgée contre Sion n'a prospéré. Les efforts du malin pour détruire l'œuvre du Seigneur n'ont fait que tendre à la répandre davantage. Les persécutions qui se sont abattues sur ce peuple ont servi à nous cimenter ensemble, à nous rapprocher de Dieu, et à nous rendre plus unis et plus puissants. C'est l'héritage des saints de Dieu d'être calomniés et persécutés par les insincères et les méchants ; mais leurs efforts n'ont jamais entravé le progrès de l'œuvre de notre Père éternel. Au contraire, les travaux de nos ennemis les plus acharnés ont été parmi les principaux facteurs de la propagation de cette œuvre. Le Seigneur a tourné la colère des méchants à sa propre gloire. N'eût été la persécution des Saints des derniers jours, le grain de sénevé n'aurait pas été répandu au loin ; mais en cherchant à détruire la tige de sénevé, à laquelle le Sauveur comparait l'Évangile, ils ont dispersé la semence, et elle a pris racine partout où elle est tombée. Certains de nos frères, à cause de la pratique d'un principe, furent chassés en exil et durent chercher refuge dans d'autres régions du pays. N'eût été cette persécution, je doute qu'il existât aujourd'hui un pieu de Sion au Mexique, ou au Canada, ou en certains autres lieux. Ces frères, chassés de leurs foyers, formèrent le noyau de nouveaux pieux de Sion florissants. Je remercie Dieu que ce ne sont pas ses desseins qui ont échoué, mais ceux de l'homme. Cela devrait être un encouragement pour tout Saint des derniers jours, et un solide témoignage que ceci est l'œuvre de Dieu. Cela devrait aussi être un témoignage pour ceux qui ont cherché à réduire à néant les desseins de Dieu. Mais certaines personnes semblent tomber dans de telles ténèbres après s'être opposées à la vérité que l'esprit de repentance semble se retirer d'elles, et elles ne veulent pas reconnaître la vérité, même lorsqu'elle leur est démontrée. ¶
Le Seigneur Tout-Puissant n'a jamais favorisé l'ancien Israël plus qu'il n'a favorisé les Saints des derniers jours dans l'établissement de Sion. Dans l'édification des pieux et des colonies, il a opéré d'une manière des plus merveilleuses pour le bien des saints. Les fidèles et les obéissants récoltent la récompense de leur obéissance. Nous exerçons notre propre libre arbitre en devenant Saints des derniers jours, mais si nous voulons l'être véritablement, il est attendu de nous que nous soyons obéissants et que nous suivions les conseils. L'homme qui se tient à la tête de ce peuple jouit des révélations de la pensée et de la volonté de Dieu, et c'est notre devoir d'écouter ses conseils. L'histoire passée de notre peuple prouve à tout homme raisonnable que Dieu a été avec nous ; et bien que, parfois, le peuple n'ait peut-être pas su discerner la sagesse de Dieu manifestée par son porte-parole, néanmoins, par la patience et l'obéissance, il a finalement vu la voie suivie par le chef de l'Église justifiée par notre Père éternel. Nous avons abondance de témoignages que ceci est l'œuvre de Dieu ; en fait, je pense parfois que cela devient si courant que nous ne l'apprécions pas. Lorsque nous nous trouvons dans la difficulté, nous allons vers le Seigneur, la voie s'ouvre devant nous, et nous pouvons accomplir les justes désirs de notre cœur. Mais ces choses viennent si naturellement que nous sommes portés à oublier qu'elles sont le don direct de Dieu. Lorsque les saints arrivèrent dans ces vallées de l'Ouest, et que leurs récoltes étaient sur le point d'être détruites par les grillons, ne nous souvenons-nous pas comment, en réponse à la prière, Dieu envoya les mouettes pour dévorer les grillons et sauver le peuple de la famine ? De maintes façons, il a ouvert la voie devant les Saints des derniers jours, pour leur permettre d'accomplir tout dessein qu'il leur a indiqué par son porte-parole. J'ai la foi de croire qu'aucune œuvre entreprise sous la direction du prophète du Seigneur ne peut échouer. Il n'est pas possible que les Saints des derniers jours manquent d'accomplir la pensée et la volonté de Dieu concernant l'établissement de son œuvre, pourvu qu'ils vivent de manière à jouir de la faveur de Dieu. Peu importe les obstacles auxquels nous devons faire face, ni combien la tâche puisse paraître impossible, si nous avons la foi, nous pouvons accomplir les desseins de notre Père céleste. ¶
Au cours de l'année écoulée, j'ai travaillé sous la direction du président Snow et de mes frères, à l'établissement d'un pieu de Sion dans le Wyoming. Nous y avions un grand nombre de personnes pratiquement sans ressources, et nous ne savions pas comment nous allions mener à bien la tâche qui nous attendait, si ce n'est que nous savions avoir été envoyés là avec la sanction et sous la direction du prophète de Dieu. Lorsque le peuple fut arrivé au bout de ses ressources (et nous ne reçûmes pas un dollar de l'Église pour nous aider dans cette entreprise que nous avions été envoyés accomplir), nous demandâmes au Seigneur d'ouvrir la voie devant nous, afin que les frères puissent trouver du travail et gagner suffisamment d'argent pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles pendant qu'ils accomplissaient ce pour quoi ils avaient été envoyés. Le Seigneur ouvrit la voie. Nous obtînmes un petit contrat de la compagnie de chemin de fer Burlington, s'élevant à environ 5 000 dollars. Mais au bout d'un certain temps, cela fut épuisé, et nous ne savions plus guère que faire. Alors tous les frères et sœurs se réunirent en une réunion de jeûne spéciale, et nous demandâmes au Seigneur d'ouvrir la voie, afin que nous puissions obtenir un emploi rémunérateur qui apporterait suffisamment d'argent pour soutenir le peuple pendant l'hiver à venir. La manière dont le Seigneur nous répondit fut des plus merveilleuses. Dans l'après-midi de ce jour-là, nous étions sortis pour délimiter l'emplacement d'une ville, et juste après avoir vaqué à ce travail, alors que nous étions sur le point de retourner à notre camp, l'ingénieur en chef du réseau Burlington nous rencontra et nous dit qu'il aimerait passer d'autres contrats avec notre peuple. Il nous dit que nous pourrions avoir l'option sur un très gros chantier de la voie ferrée. Nous sentîmes que le Seigneur l'avait envoyé là pour procurer du travail au peuple, et après en avoir conféré avec les frères, nous acceptâmes la proposition, et au cours des dix mois suivants, notre peuple gagna un peu plus de 96 000 dollars. De bien des façons, non seulement dans le Wyoming, mais au Canada, au Mexique et ailleurs, le Seigneur nous a montré qu'il est disposé à nous aider si nous voulons bien être humbles, le chercher au temps du besoin, et consacrer nos travaux à l'édification de son royaume. Je me souviens que, le jour où nous entreprîmes le canal qui se construit dans ce pays, et qui coûtera environ cent mille dollars, hommes, femmes et enfants s'agenouillèrent tous sur le sol avant que la terre ne fût remuée, et implorèrent les bénédictions du Dieu Tout-Puissant sur leur entreprise, et firent alliance avec lui, en ce lieu, que s'il les faisait réussir, ils s'efforceraient, par le paiement de leurs dîmes et de leurs offrandes et par leur obéissance à l'Évangile, de sanctifier cet endroit comme lieu de rassemblement pour les saints de Dieu. Le Seigneur nous bénit toujours lorsque nous manifestons envers lui une foi vivante, et que nous ne craignons pas de ne pouvoir accomplir quelque tâche qu'il exige de nous, si grande et si difficile qu'elle paraisse. Lorsque nous sommes envoyés prêcher l'Évangile, si seulement nous pouvions nous souvenir en tout temps que nous sommes en mission pour le Seigneur et que ses desseins ne sont pas contrecarrés, combien plus de force les anciens auraient-ils, dans certains cas, qu'ils n'en ont maintenant. S'ils voulaient seulement se souvenir que le Seigneur ne commande jamais à son peuple de faire quelque chose sans lui préparer un moyen de l'accomplir, quel espoir et quel courage cela leur donnerait dans leurs travaux ! Nous devrions être un peuple plein d'espérance, de prière et d'humilité. Nous devrions nous souvenir du Seigneur en toutes choses. Nous ne devrions pas l'oublier lorsque nous prospérons. Si nous sommes bénis à cause de notre humilité et de notre fidélité, nous ne devrions pas nous imaginer avoir pu accomplir quelque grande chose indépendamment du Seigneur. Au contraire, plus le Seigneur nous bénit, plus il place de responsabilité sur nous, et plus nous devrions être humbles. Je sais que le Seigneur a suscité des hommes honorables qui ne sont pas membres de cette Église, pour être des instruments entre ses mains afin d'aider à établir l'œuvre de Dieu. Nous avons dans cette nation et dans le monde des amis qui nous ont fait beaucoup de bien. Le Seigneur les a suscités pour être les amis de son peuple et pour accomplir en sa faveur une part qu'il ne pourrait peut-être pas accomplir s'ils étaient membres de l'Église ; et bien qu'ils n'aient pas accepté l'Évangile, ils sont fils de Dieu, et le Seigneur les a envoyés sur la terre pour accomplir une certaine mission. Je dis : que Dieu les bénisse. Que Dieu bénisse tous ceux qui favorisent Sion, et tous ceux qui lui veulent du bien. ¶
Je prie que les Saints des derniers jours soient fidèles dans leurs foyers, et qu'ils mettent de l'ordre dans leurs propres maisons. Le président Smith a mentionné ce matin la mauvaise pratique de l'usage du tabac. C'est un mal grave auquel s'adonnent certains anciens d'Israël, particulièrement dans nos colonies éloignées ; et il semblerait, d'après leurs actes, qu'ils pensent davantage à leur cigarette ou à leur chique de tabac qu'à leur famille et à leur association avec le peuple de Dieu, sans parler de la Prêtrise qui leur a été conférée. C'est là chose honteuse. Ils ne peuvent certainement pas comprendre la valeur de la Prêtrise. S'ils la comprenaient, ils s'efforceraient de donner l'exemple dans leur propre foyer, afin de gagner l'amour et la confiance de leur famille et de la conduire à garder les commandements de Dieu. Nous sommes des gens si occupés que nous semblons ne pas avoir le temps de servir le Seigneur. C'est particulièrement le cas dans nos villes. Du moins, nous ne prenons pas le temps de servir le Seigneur. Il y a peu de temps, je suis entré dans la maison de frère Wm. H. Seegmiller, président du pieu de Sion de Sevier, et j'ai été très impressionné par la belle pratique qu'il a chez lui pour leurs exercices de dévotion. Le matin, en nous levant, nous fûmes invités dans son salon, et là, l'une de ses filles joua de l'harmonium, et nous chantâmes tous un cantique ; puis l'un des membres de la famille lut un chapitre du Livre de Mormon, à la fin duquel nous nous mîmes en prière. Le tout nous prit environ vingt minutes ou une demi-heure, et il régnait dans ce foyer un bel esprit grâce à cette pratique. Je me suis dit : quelle chose glorieuse ce serait si tous les saints de Dieu prenaient une demi-heure chaque matin pour le servir de cette manière, et contribuaient ainsi à mettre de l'ordre dans leur propre maison. De cette façon, nous pourrions acquérir chaque jour un peu de connaissance de l'Évangile. Le chapitre lu dans le Livre de Mormon, ou dans les Doctrine et Alliances, ou dans la Bible, resterait avec nous durant la journée, et nos réflexions porteraient sur ce qu'il contenait. Je crois que les hommes et les femmes d'Israël qui prennent le temps de faire cela réussiront à sauver leurs fils et leurs filles ; car une telle pratique ne peut manquer d'avoir une influence remarquablement bonne sur les enfants. Mais nous disons que nous n'avons pas le temps, ou que nous ne pouvons pas réunir nos familles. Lorsque tel est le cas, nous devrions commencer à nous éduquer nous-mêmes à mettre en œuvre ce plan, afin de nous préparer et de nous qualifier pour quelque chose de meilleur et de plus grand. Si nous retournons dans le comté de Jackson, nous devrons prendre le temps de servir le Seigneur. C'est pourquoi je dis : quelle chose glorieuse ce serait si nous pouvions mettre en pratique cette simple habitude dans nos foyers ! Je vous le dis, frères et sœurs, les fils et les filles issus d'un tel foyer ne déshonorent pas leurs parents ; ils ne font pas honte à cette maison. Ceux qui s'égarent, dans la majorité des cas, viennent de foyers où ces choses sont inconnues. Je remercie le Seigneur que cette pratique n'ait pas été simplement pour mon bénéfice lors de ma visite dans ce foyer ; c'est là une pratique quotidienne, et je voudrais qu'elle fût la pratique quotidienne dans tous les foyers des saints de Dieu. Si tel était le cas, nous serions un peuple bien plus fidèle que nous ne le sommes aujourd'hui. Il ne serait pas nécessaire d'envoyer des missionnaires spéciaux pour redresser les familles ou les paroisses, car une œuvre missionnaire s'accomplirait à même le foyer, qui amènerait les membres de la famille à vivre des vies conformes à l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ. ¶
Que Dieu vous aide, mes frères et sœurs, à réfléchir à ces choses, et à voir si elles méritent notre attention ou non. Que sa paix et ses bénédictions soient dans les foyers de tous les saints de Dieu, et puissions-nous progresser d'année en année. Lorsque nous nous réunissons en notre conférence semestrielle, avec l'Esprit de Dieu reposant sur nous, puissions-nous jeter un regard rétrospectif sur les six mois écoulés, et être capables de découvrir que nous avons fait quelque progrès, que nous avons été utiles à quelqu'un, et que nous marchons du même pas que l'œuvre de Dieu. Je suis reconnaissant du témoignage que tout principe que le Seigneur a révélé par le prophète Joseph est de Dieu, et que l'œuvre à laquelle nous nous consacrons est l'œuvre de Dieu, et non celle de l'homme ; que Joseph Smith fut envoyé par notre Père éternel pour établir cette œuvre, ce qu'il fit, et qui remplit peu à peu toute la terre, comme elle est destinée à le faire, portant le message de paix sur la terre et de bonne volonté envers tous les hommes. Que le Seigneur nous aide à conserver l'esprit de cette grande et merveilleuse œuvre, et à priser notre position de membres de cette Église et de ce Royaume. Je le demande au nom de Jésus. Amen. ¶