Pulpit

L'avenir de Sion et la loi de la dîme

Reed Smoot

1901 October General Conference·First Day Morning Session·1901-10-04

Je suis véritablement reconnaissant du privilège de m'adresser ce matin à tant de Saints des derniers jours, réunis en cette conférence semestrielle de l'Église ; et si j'ai conscience de ma faiblesse, j'ai aussi conscience que je peux réclamer les bénédictions de notre Père céleste, par l'Esprit divin qui pourra être présent à cette conférence. Je vous demande d'invoquer sur moi les bénédictions de notre Père pour les quelques instants où je me tiendrai devant vous ; ainsi que cette même bénédiction soit accordée à tous les orateurs de cette conférence. Je vous demande aussi d'adresser ce matin une prière silencieuse à notre Père en faveur de notre président bien-aimé, qui est souffrant, afin qu'il soit béni et rétabli, et qu'il ait la force de venir ici s'adresser au peuple.

Je me suis demandé ce matin quel sujet aborder qui puisse être profitable au peuple ici rassemblé pour recevoir la parole du Seigneur. Quel sujet pourrais-je traiter qui fasse de nous de meilleurs Saints des derniers jours, de meilleurs pères et mères, et de meilleurs citoyens de ce grand gouvernement ? Mon esprit s'est reporté vers une révélation donnée au prophète Joseph Smith, telle qu'on la trouve dans la section 64 du livre de Doctrine et Alliances, dont je vais lire un passage :

« Voici, le Seigneur exige le cœur, et un esprit bien disposé ; et celui qui est bien disposé et obéissant mangera l'abondance du pays de Sion en ces derniers jours.

Et les rebelles seront retranchés du pays de Sion, seront chassés et n'hériteront pas le pays.

Car en vérité, je dis que les rebelles ne sont pas du sang d'Éphraïm, c'est pourquoi ils seront arrachés.

Voici, moi, le Seigneur, j'ai rendu mon Église, en ces derniers jours, semblable à un juge assis sur une colline ou en un haut lieu, pour juger les nations.

Car il arrivera que les habitants de Sion jugeront tout ce qui a trait à Sion.

Et les menteurs et les hypocrites seront mis à l'épreuve par eux, et ceux qui ne sont pas apôtres et prophètes seront connus.

Et même l'évêque, qui est juge, et ses conseillers, s'ils ne sont pas fidèles dans leur intendance, seront condamnés, et d'autres seront mis à leur place.

Car voici, je vous dis que Sion s'épanouira et que la gloire du Seigneur sera sur elle.

Et elle sera une bannière pour le peuple, et on viendra à elle de toutes les nations sous le ciel.

Et le jour viendra où les nations de la terre trembleront à cause d'elle et craindront à cause de ses gens terribles. Le Seigneur l'a dit. Amen. »

Nous apprenons de la Perle de Grand Prix que, lorsque ce sujet fut discuté dans les cieux au sujet de la formation de cette terre, il y avait déjà alors la lumière et les ténèbres, le bien et le mal, l'obéissance et la désobéissance, un cœur bien disposé et une nature égoïste. Ces conditions et ces principes sont dans le cœur des habitants du monde aujourd'hui. La mission confiée à Jésus-Christ, de venir sur la terre, lui fut donnée en raison de son obéissance à la volonté et au plan établis par notre Père. Satan, au contraire, désirait devenir une loi pour lui-même, et quel que fût le sacrifice qu'il ferait, il voulait qu'il lui en soit attribué le mérite, et non au Père. Lucifer désirait introduire un plan contraire à la volonté du Père, puis voulait son honneur, et dit : « Je sauverai chaque âme d'homme, c'est pourquoi donne-moi ton honneur. » Il voulait aller à l'encontre de la volonté de son Père, et chercha à priver l'homme de son libre arbitre, pour en faire ainsi une simple machine. L'offre de Jésus d'agir comme médiateur et rédempteur, selon le plan arrêté dans le conseil des dieux, fut acceptée, et les plans et les services de Lucifer furent rejetés. Dans sa colère, Lucifer se rebella contre Dieu et contre Jésus, usant du libre arbitre même qu'il venait de tenter de ravir à tous les enfants de Dieu. Lorsque cette terre fut formée et que nos premiers parents eurent des enfants, ce même esprit d'obéissance et de désobéissance, de bien et de mal, de cœur bien disposé et de nature égoïste, se manifesta chez leurs fils Abel et Caïn. En lisant l'histoire du peuple de Dieu dans toutes les dispensations, je vois que cette grande loi d'obéissance aux exigences du Père a été l'une des pierres angulaires de l'Église. Il en sera toujours ainsi.

L'un des plus grands exemples d'obéissance que nous puissions étudier est celui du père Abraham. Le Seigneur lui avait promis que par lui et sa postérité toute la terre serait bénie, et pourtant il désirait savoir si Abraham était disposé à lui donner son cœur, et à lui rester fidèle jusqu'à la mort, et à accomplir tous ses commandements, même si cela paraissait une totale impossibilité pour lui d'exécuter le commandement tout en recevant en même temps la promesse du Seigneur. Le Seigneur lui dit qu'il devait offrir en sacrifice son fils unique Isaac. Hésita-t-il, ou s'arrêta-t-il pour demander au Seigneur comment il pourrait accomplir la promesse qui lui avait été faite si Isaac était sacrifié ? Non point. Abraham, dans son obéissance au Père, prépara le bois, le plaça sur le dos de l'enfant, et se mit en route pour la colline de Moriah afin d'exécuter le commandement de Dieu ; et pendant qu'ils marchaient, l'enfant dit à son père : « Voici le feu et le bois ; mais où est l'agneau pour l'holocauste ? » Abraham répondit : « Mon fils, Dieu fournira lui-même l'agneau pour l'holocauste. » Ils bâtirent l'autel, et Isaac y fut placé ; et comme Abraham étendait la main pour exécuter le commandement de Dieu, l'ange du Seigneur l'arrêta. Alors sa réponse à son fils se trouva vérifiée, car Dieu pourvut un bélier pour l'offrande. En cela, Abraham prouva à Dieu que son cœur était droit devant lui, et qu'il était disposé à faire tout ce qui lui était demandé.

Toutes les bénédictions promises par le Maître reposent sur l'obéissance aux lois. Il est juste qu'il en soit ainsi ; c'est exactement ce qu'une âme honnête devrait attendre. Si nous vivons le principe de la charité, nous pouvons attendre les bienfaits qui en découlent. Si nous vivons la loi de consécration, nous pouvons réclamer du Seigneur les bénédictions attachées à ce grand principe. Si nous vivons la loi de la dîme, nous avons le droit de réclamer les bénédictions promises par Malachie à ceux qui l'observeraient. Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de m'étendre longuement sur le sujet de la dîme, et peut-être certains qui ne la pratiquent pas espèrent-ils que nous n'en parlerons pas ; mais l'homme ou la femme qui pratique ce principe ne se lasse jamais d'entendre les témoignages des anciens à ce sujet. En passant, je veux laisser mon témoignage que Dieu nous a donné la loi de la dîme, et qu'il bénit celui qui la vit strictement. Les bénédictions du Seigneur reposent sur ceux qui paient leur dîme, quel qu'en soit le montant. Je vous témoigne que ceux qui vivent cette loi connaissent plus de confort et de paix dans leur foyer, sont plus satisfaits dans leur âme, ont davantage foi que le Seigneur répondra à leurs prières, ont plus de plaisir à accomplir les exigences de l'Église, et plus de confiance dans les promesses de Dieu, que ceux qui ne vivent pas cette loi. Il est tout naturel qu'il en soit ainsi. Je remercie le Seigneur que mes parents aient cru en la loi de la dîme. Je remercie le Seigneur que, pour les premiers moyens que Dieu ait jamais placés entre mes mains, j'aie eu une mère qui veilla sur moi avec tant de soin qu'elle m'enseigna et me guida à en payer la dîme. J'ai reçu ce principe de mes parents non seulement par le précepte, mais aussi par l'exemple, car ils vivaient cette loi, ayant une foi absolue dans le Dieu qu'ils adoraient.

Nous entendons les apôtres, les patriarches, les grands prêtres, les soixante-dix et les anciens prier maintes et maintes fois pour que le Seigneur hâte le jour de la rédemption de Sion, où nous pourrons bâtir un temple au Dieu Très-Haut dans ce pays, d'où la loi du Seigneur sortira, et où nous aurons le privilège de vivre réellement selon la volonté révélée de Dieu. Je veux promettre au peuple ici présent que ce jour ne viendra jamais tant que nous n'aurons pas au moins appris à garder la loi moindre, celle de la dîme ; et je crois qu'avant que le comté de Jackson ne nous soit donné comme Sion, ceux du moins qui seront appelés à l'établir devront apprendre l'obéissance à ce grand principe qui fut révélé par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith, ainsi qu'au principe de consécration. Faisons-nous quelque chose, mes frères et sœurs, pour nous rendre aptes à accomplir ces prières qui sont offertes à Dieu ? Nous préparons-nous, afin que, lorsque le moment sera venu, nous soyons prêts à aller obéir à ce commandement ? La loi de consécration fut révélée à cette Église, mais dans sa pratique le peuple fut trouvé en défaut, et Dieu, dans sa miséricorde, eut compassion de nous lorsqu'il vit que nous ne pouvions la vivre, et révéla la loi de la dîme pour la remplacer temporairement. J'espère vivre assez pour voir le jour où la loi de consécration sera la loi de cette Église, et où les hommes qui détiennent la Prêtrise tiendront plus à ce principe, et s'y engageront lorsqu'ils y seront appelés par la bouche de Dieu, qu'à tous leurs biens terrestres. Nous devons progresser. Le président Joseph F. Smith a attiré ce matin notre attention sur le fait que certains membres du peuple usent du tabac, profanent le nom du Seigneur, et manquent de respect envers la Prêtrise de Dieu, ainsi que d'autres maux qui s'insinuent parmi nous. Ne voyez-vous pas, mes frères et sœurs, que tant que ces maux subsisteront dans une mesure importante parmi les membres de notre Église, il sera impossible de garder la loi supérieure du Seigneur ? Ma prière est toujours celle-ci : « Ô Père, rends-moi apte, et prépare ton peuple, à vivre non seulement la loi des dîmes et des offrandes, mais aussi, quand elle viendra, la loi de consécration. Que l'égoïsme qui est dans ma nature soit ôté, afin que, lorsque cette grande loi viendra, je sois prêt à dire : que ta volonté, ô Dieu, et non la mienne, soit faite. » Le Seigneur ne nous a pas laissés sans exemple de cette grande loi. Aux premiers temps de ce monde, Hénoc et son peuple devinrent parfaits en vivant la loi de consécration et de sanctification. Ils étaient disposés à donner leur cœur à Dieu, et par leur obéissance envers lui accomplirent cette loi. Il nous est dit que le peuple était si parfait que la ville d'Hénoc fut enlevée de cette terre. Je sais, aussi certainement que je sais que je vis, que ce grand principe que Dieu a révélé est le seul par lequel les pauvres de cette terre peuvent être rachetés, dans leur ensemble, de leur condition actuelle. Si vous prenez la Doctrine et Alliances et lisez attentivement les révélations données au prophète Joseph Smith, vous remarquerez que l'un des grands principes qui y sont enseignés est la rédemption des pauvres et l'établissement de l'humanité sur un pied d'égalité, temporellement et spirituellement. Il y a aujourd'hui des millions de gens gémissant sous l'oppression et la tyrannie, beaucoup d'entre eux injustement, faute d'une juste répartition des bénédictions de Dieu. Il n'a pas été inattentif à ses enfants. Nous voyons de tous côtés l'abondance, assez pour tous, mais le monde a perdu de vue les enseignements du Maître.

Cette situation a suscité les meilleures réflexions des philosophes. Beaucoup d'hommes philanthropes ont tenté, par de très généreux dons, d'établir des plans pour l'amélioration temporelle de la classe de gens à laquelle ils s'intéressaient ; mais c'était simplement comme jeter une pierre dans un ruisseau — on voit l'ondulation pendant quelques instants, puis tout disparaît. Aucune loi faite par l'homme n'accomplira jamais l'objet recherché. Dieu nous a révélé cette grande loi de consécration et de sanctification, afin qu'il n'y ait pas de pauvres parmi nous ; car sous elle, chaque homme et chaque femme aura une intendance et sera pourvu. Je ne m'attends jamais à voir le jour où nous aurons tous exactement la même chose — le même nombre de chevaux et de voitures, ou le même genre de maison ; mais je m'attends à voir venir le temps où cette grande loi égalisera ceux qui y croient et la pratiquent, jusqu'à ce qu'il y ait, sur cette terre, un peuple aussi proche de la perfection qu'il est possible de nous rendre avec nos natures égoïstes. Si jamais cette loi devient universelle, je m'attends à un règne de paix sur la terre. Si ce peuple avait vécu cette loi dès le commencement, je pense que la rédemption de Sion aurait été accomplie à l'heure qu'il est, ou du moins bien plus proche qu'elle ne l'est aujourd'hui. Lorsque cette loi sera un fait accompli dans le monde, les moyens que les nations dépensent aujourd'hui dans les guerres n'auront plus à être employés ainsi, et alors le temps sera venu où l'on forgera les glaives en hoyaux et les lances en serpes.

J'ai confiance que l'Esprit du Seigneur sera avec le peuple, afin qu'il sache que, par l'obéissance aux commandements du Seigneur, les bénédictions qu'il a promises leur viendront, et qu'ils auront foi, tout comme notre père Abraham eut foi, ainsi que les apôtres et les prophètes d'autrefois. Nous avons les exemples de nos pères et de nos mères, l'exemple du prophète Joseph, et de ceux qui ont présidé cette Église depuis son époque jusqu'à aujourd'hui, et nous devrions chercher à suivre leurs traces. Je sais qu'il y a aujourd'hui, dans cette Église, beaucoup de gens disposés à sacrifier jusqu'à leur vie pour l'amour de l'Évangile. Il y en a beaucoup qui ont une foi et une confiance si absolues en Dieu que, s'il leur était demandé de sacrifier tout ce qu'ils possèdent sur la terre, et la vie même, ils le feraient volontiers. Ils ont la foi qu'avait le père Abraham. J'espère que le peuple dans son ensemble écoutera les appels pressants adressés par le prophète du Seigneur, et vivra au moins la loi de la dîme, afin qu'en agissant ainsi nous puissions apprendre à nous placer en position d'accepter la loi supérieure lorsqu'elle sera donnée à nouveau. Je crois que le peuple « mormon », dans son ensemble, prend soin de ses pauvres mieux qu'aucun autre peuple sur la terre ; et pourtant nous sommes loin de vivre selon les exigences qui nous sont faites en tant que peuple. Mais je veux aussi dire qu'il y a beaucoup de Saints des derniers jours, et ils se comptent par milliers, qui vivent strictement selon la loi et paient honnêtement leur dîme au Seigneur.

J'ai pensé au cantique qui est consigné dans la 84e section de la Doctrine et Alliances, et j'ai senti que lorsque nous serons, en tant que peuple, disposés, et non seulement disposés mais désireux, de vivre la loi de consécration, ce cantique nouveau sera une bonne chose pour toute âme à chanter. Il dit :

« Le Seigneur a ramené Sion ; Le Seigneur a racheté son peuple, Israël, Selon l'élection de la grâce, Qui fut réalisée par la foi Et l'alliance de ses pères.

Le Seigneur a racheté son peuple ; Et Satan est lié, et le temps n'est plus. Le Seigneur a tout réuni en un. Le Seigneur a fait descendre Sion d'en haut. Le Seigneur a fait monter Sion d'en bas.

La terre a été en travail et a donné le jour à sa force. La vérité est établie dans ses entrailles, Les cieux ont souri sur elle, Et elle est revêtue de la gloire de son Dieu, Car il se tient au milieu de son peuple.

Gloire, honneur, pouvoir et puissance Soient donnés à notre Dieu, car il est plein de miséricorde, De justice, de grâce, de vérité et de paix Pour toujours et à jamais. Amen. »

Citer ce discoursReed Smoot, « L'avenir de Sion et la loi de la dîme », 1901 October General Conference, First Day Morning Session (1901-10-04). Pulpit Vault, 1901-10-smoot-the-future-of-zion. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).