Pulpit

Intégrité et attachement à la vérité

J. Golden Kimball

1901 October General Conference·Assembly Hall Overflow Meeting·1901-10-06

Il ne serait pas de bon goût de ma part d'occuper plus qu'un court moment, car plusieurs orateurs sont présents. En jetant un coup d'œil au-dehors, le temps me paraît maussade, car le soleil ne brille pas. Bien qu'il puisse sembler qu'il ne brillera plus jamais, il brillera de nouveau en son temps. Cette pensée m'est venue en regardant vos visages, et j'ai eu l'impression que vous preniez la vie trop au sérieux. Ne prenez pas, chers frères et sœurs, la vie trop au sérieux, car nous ne sommes pas entièrement responsables de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Je suis moi-même très sérieux et solennel par moments, et je m'inquiète beaucoup. J'ai lu quelque part que l'homme qui s'inquiète n'est pas bien équilibré. Cessons de nous tourmenter au sujet de l'Église du Seigneur et devenons bien équilibrés, afin de ne pas être dans la nécessité de nous appuyer sur le « bras de la chair », mais d'être fixés et affermis sur le « rocher de la révélation ».

Certains d'entre nous sont fort tourmentés par certaines choses qui se passent dans l'Église, et par les actions d'autrui. Il en a toujours été ainsi depuis l'organisation de cette œuvre. Bien qu'il soit vrai que bon nombre de ce peuple aient été éprouvés par les actions des hommes, il en sera ainsi tant que des hommes présideront sur nous. Je désire vous faire savoir que les hommes et les femmes qui ne gardent pas les commandements du Seigneur, mais qui cèdent continuellement à leurs faiblesses, se justifient en signalant ce qu'ils considèrent comme des erreurs chez les dirigeants de l'Église. Ils se soucient bien davantage de ce qui n'est pas de leur ressort que de leurs propres transgressions.

J'ai remarqué, en fréquentant les Saints des Derniers Jours — et j'ai eu l'heureux privilège d'être en contact étroit avec un grand nombre de nos jeunes gens, et aussi avec des personnes plus âgées —, qu'ils m'expliquent certaines des choses qui les inquiètent, et l'on découvre bien souvent qu'ils se préoccupent surtout de choses auxquelles ils n'ont absolument aucune foi. Par exemple : une personne qui ne paie pas la dîme reste continuellement éveillée de crainte qu'elle ne soit pas correctement utilisée, et ce genre de personnes finit par apostasier à cause de torts imaginés, et souvent purement imaginaires, que leurs frères leur auraient faits. Le Seigneur a dit, dans les Doctrine et Alliances, page 421 : « Mais ceux qui crient : transgression ! le font parce qu'ils sont serviteurs du péché et sont eux-mêmes les enfants de la désobéissance. »

La question se pose toujours dans mon esprit de savoir si nous nous sommes joints à l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, ou si nous nous sommes attachés aux dirigeants. Je me souviens avoir entendu raconter l'histoire de l'un de nos frères qui, ayant été très sévèrement réprimandé par le président Brigham Young, s'entendit dire ensuite : « Maintenant, va et apostasie. » La réponse fut : « Je ne le ferai jamais ; ce n'est pas votre Église, mais l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. »

Il faut que chacun de nous, sans exception, ait cette leçon gravée en lui de façon indélébile, et cesse de se tourmenter au sujet de ce qui n'est pas de sa responsabilité. Efforcez-vous d'être joyeux, sachant que le soleil brillera, et qu'« en veillant à observer toutes les paroles que moi, le Seigneur, leur Dieu, je leur dirai, ils ne cesseront jamais de vaincre ». Nous avons toutes les raisons de croire que nous triompherons de nos ennemis si nous soutenons et appuyons la Prêtrise et si nous « nous occupons de nos propres affaires ».

L'une des difficultés que nous rencontrons en travaillant parmi les collèges de la Prêtrise et les jeunes gens, c'est l'erreur de tendre vers le haut pendant un temps, puis, en apparence du moins, de cesser de progresser. Il semble que le Seigneur ait insufflé à toute chose le désir de s'élever. Je parle plus particulièrement du progrès intellectuel, de la connaissance acquise. Je ne suis pas converti à la théorie de cette mère qui enseignait à son enfant « d'accrocher ses vêtements à une branche de noyer et de ne pas s'approcher de l'eau », car nous devons tendre, gravir, nous élever et nous efforcer de nous préparer pour les grands événements de la vie. Il faut toujours prendre certains risques, et il faut s'attendre à ce que des erreurs soient commises, et à ce que « nous changions d'opinion et corrigions nos erreurs ».

Je désire illustrer l'idée que je veux transmettre en racontant l'histoire suivante, que j'ai entendue autrefois : l'un de nos évêques, dans les premiers temps, avait l'habitude de faire flotter des billes de bois sur le fleuve Mississippi. Il arrivait parfois qu'une bille se détache et se retrouve prise dans un tourbillon, où elle tournait et retournait jusqu'à s'user complètement. La bille était constamment en mouvement, mais elle restait sur place et ne progressait pas.

Il en va de même pour certains de nos dirigeants et de nos jeunes gens. Nous rencontrons fréquemment des hommes et des femmes, des garçons et des filles, dont l'avenir est des plus prometteurs. Ces jeunes gens obtiennent souvent leur diplôme et, grâce à leur talent et à leur génie, ont toutes les chances de devenir des hommes et des femmes des plus utiles. Au bout d'un certain temps, on s'informe de certains d'entre eux, et l'on découvre avec tristesse qu'ils sont tombés dans le tourbillon et que, tels la bille de bois, ils ne font que tourner en rond, sans cultiver le talent que le Seigneur leur a donné. Cela ne s'applique pas à tous, mais c'est trop souvent le cas. Nous savons certainement que la marche de l'Évangile des derniers jours est en avant et vers le haut, et que si nous, les jeunes gens, nous nous laissons enliser dans l'ornière, ou si nous entreprenons d'entraver le progrès de cette œuvre, nous serons réduits en poussière.

Il y a un autre principe sur lequel je désire vivement attirer votre attention, à savoir la progression éternelle de l'Évangile et ce qu'elle exige pour obtenir la vie éternelle.

Lorsque nous, les anciens, allons parmi les enfants des hommes dans le monde, nous leur enseignons la foi, le repentir, le baptême et l'imposition des mains pour le don du Saint-Esprit. Recevoir le Saint-Esprit par l'imposition des mains, c'est être grandement favorisé du Seigneur. Nous acceptons volontiers le fait qu'il existe une « lumière qui éclaire tout homme » venant dans le monde et, comme le dit Paul, « la manifestation de l'Esprit est donnée à chacun pour son utilité ». Or, nous revendiquons une plus grande lumière, car le Saint-Esprit demeurera toujours avec nous si nous ne violons pas les commandements du Seigneur, « car le Saint-Esprit ne peut être reçu par l'imposition des mains par le moyen d'aucun autre principe que le principe de la justice ». Le prophète Joseph Smith nous apprend que le premier Consolateur, ou Saint-Esprit, n'a d'autre effet que celui d'une pure intelligence, et le prophète poursuit en disant : « L'autre Consolateur dont il est question est un sujet du plus grand intérêt, et peut-être peu de gens de cette génération le comprennent-ils. Après avoir reçu le premier Consolateur, que l'homme continue à s'humilier devant Dieu, ayant faim et soif de justice et vivant de chaque parole de Dieu, et le Seigneur lui dira : Mon fils, tu seras exalté, etc. Lorsque le Seigneur l'aura pleinement éprouvé et qu'il trouvera que cet homme le servira à tout prix, alors cet homme verra son appel et son élection assurés. Il aura alors le privilège de recevoir cet autre Consolateur que le Seigneur a promis aux saints, ainsi qu'il est rapporté dans le témoignage de saint Jean, 14:12, 27. » « Or, qu'est-ce que cet autre Consolateur ? » dit Joseph : « Ce n'est ni plus ni moins que le Seigneur Jésus-Christ lui-même, et voici en somme de quoi il s'agit : lorsqu'un homme obtient ce dernier Consolateur, il aura auprès de lui le personnage de Jésus-Christ, qui lui apparaîtra de temps à autre et lui manifestera même le Père. »

La déclaration précédente suffit à prouver ce qui est requis pour obtenir la vie éternelle.

Or, mes frères et sœurs, soyons sérieux quelques instants. Combien d'entre nous ont avancé assez loin pour avoir acquis cette connaissance ? Le Saint-Esprit nous a été conféré depuis de longues années. J'ai été baptisé et j'ai reçu l'imposition des mains à l'âge de huit ans. Je n'ai pas fait en sorte que mon élection soit assurée. Je n'ai pas encore atteint ce grand désir. Allons-nous nous contenter de cesser d'avoir faim et soif de justice, et, dès que nous rencontrons l'adversité et l'épreuve, nous coucher et cesser notre progression et notre avancement ? J'ai vu de nouvelles colonies de saints s'établir dans certains de nos petits villages presque comme par magie. Elles atteignaient un certain point dans leurs progrès et, comme le voyageur de l'Arkansas, se contentaient de ce qu'elles avaient acquis et ne faisaient plus aucun progrès. Je crains parfois que bon nombre parmi nous ne « gravissent leur petite colline » pour ensuite redescendre. Les jeunes gens se marient et arrivent souvent à un point où toute ascension, toute élévation, toute recherche de la connaissance cesse, et où ils ne font plus que subsister. Voir des jeunes gens ayant de si grandes possibilités et de si belles perspectives s'arrêter et attendre que quelque chose leur vienne est des plus déplorables. Je vous demande de considérer les changements, les progrès et l'amélioration que subissent vos anciens missionnaires à l'étranger après une brève mission de deux ans. Leur être même s'en trouve transformé, mais remarquez avec quelle fréquence ils cessent de progresser et retombent dans leurs anciennes habitudes, devenant « paresseux d'esprit ».

Le Seigneur n'est pas satisfait de ce mal, car on le trouve dans nos collèges de la Prêtrise. Le Seigneur a fait comprendre clairement à son serviteur Oliver Cowdery : « Voici, tu n'as pas compris ; tu as pensé que je te le donnerais, alors que ton seul souci était de me le demander. Mais voici, je te dis que tu dois l'étudier dans ton esprit ; alors tu dois me demander si c'est juste, et si c'est juste, je ferai en sorte que ton sein brûle au-dedans de toi ; c'est ainsi que tu sentiras que c'est juste. Mais si ce n'est pas juste, tu ne sentiras rien de la sorte, mais tu auras un engourdissement de pensée qui te fera oublier ce qui est faux. »

Les effets de l'oisiveté et de la paresse d'esprit provoquent un engourdissement de la pensée et affligent l'Esprit du Seigneur ; et si l'on persiste dans cette voie, cela entraînera le retrait de l'Esprit du Seigneur. Je suis en faveur de nous repentir de ce mal, et j'estime que nous devrions consacrer au moins une partie de notre temps à acquérir la sagesse et à nous préparer pour la grande œuvre qui nous attend.

Je ne suis nullement alarmé de voir des pasteurs chrétiens venir parmi notre peuple. Je souhaiterais même qu'ils en envoient cinq cents leur rendre visite. Il n'y a rien de mieux que l'opposition pour nous réveiller et nous tirer de notre sécurité et de notre léthargie apparentes. Chacun devrait savoir que l'Évangile est vrai et être capable de défendre son peuple. Il m'amuse d'entendre parfois nos anciens raconter, presque avec fierté, comment ils ont confondu les pasteurs chrétiens. Bien que cela soit vrai dans bien des cas, il est également vrai que nous ne rencontrons pas toujours les prédicateurs savants et intelligents du monde. Ces hommes instruits traitent nos anciens avec indifférence et ne daignent pas les rencontrer. Ils me font penser aux pharisiens qui resserraient leurs robes autour d'eux en se tenant sur les marches du Temple, de peur que le vêtement des apôtres ne les touche. Nous mesurerons pourtant nos forces avec les hommes les plus savants et les plus grands du monde, car nos soixante-dix se fraieront un chemin parmi les nations et les peuples. Comme Paul se tint devant le roi Agrippa, ainsi les anciens de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours se tiendront devant des rois, des reines et les grands du monde. Vous pouvez tenir cela pour certain, car c'est vrai.

Que le Seigneur vous bénisse et vous aide à vous souvenir de ces choses, et vous permette de ne pas prendre la vie trop au sérieux ; je le demande au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursJ. Golden Kimball, « Intégrité et attachement à la vérité », 1901 October General Conference, Assembly Hall Overflow Meeting (1901-10-06). Pulpit Vault, 1901-10-kimball-integrity-and-devotion. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).