Pulpit

Une seule voie de sécurité pour les jeunes

J. Golden Kimball

1901 October General Conference·Second Day Morning Session·1901-10-05

Dans la mesure, mes frères et sœurs, où j'ai été appelé à occuper un court moment, je le fais en ayant confiance que le Seigneur me bénira richement de son Esprit ; car je n'ai qu'un seul but en me tenant devant vous, celui d'accomplir le devoir qui m'incombe maintenant.

Je me rends compte qu'il y a une très grande œuvre à accomplir pour nous, non seulement parmi les nations de la terre en prêchant l'Évangile à toute lignée, langue et peuple, mais aussi parmi les jeunes gens de cette Église. Il n'y a pas longtemps, alors que je descendais la rue, je rencontrai un vieux monsieur qui chancelait vers la tombe, et, après lui avoir serré la main, il me dit : « Frère Kimball, je voudrais que vous envoyiez un missionnaire chez moi ; j'ai trois fils et plusieurs filles qui ont besoin qu'on travaille avec eux. » Un jour ou deux plus tard, un monsieur âgé vint se présenter à moi, et me dit qu'il était membre de l'Église de Jésus-Christ. Il payait sa dîme, disait-il, et s'efforçait de faire son devoir. Il avait quatre fils et plusieurs filles, et je crois qu'il me dit qu'aucun d'eux n'avait beaucoup de foi dans l'Église, et il voulait que je lui explique pourquoi il en était ainsi. J'évitai plutôt de lui répondre, ne le connaissant pas, ni son entourage, ni son cercle familial. En fréquentant les jeunes gens, je découvre que ce n'est pas là un cas général ; mais il y a beaucoup de nos jeunes gens qui, pour une raison ou une autre, sont déconcertés et éblouis par les choses du monde qui s'introduisent si rapidement parmi nous. Je ne vois qu'une seule voie de sécurité pour les jeunes gens de cette Église, c'est de les instruire jusqu'à ce qu'ils aient une foi inébranlable en Dieu le Père, en son Fils Jésus-Christ, et dans le Saint-Esprit. Après que ce frère m'eut parlé, j'ai pensé à vos fils qui sont envoyés vers les nations de la terre. Certains d'entre eux, de simples jeunes gens imberbes, et pourtant, lorsque l'appel leur vint d'aller vers les nations de la terre, leur mère eut peut-être quelques doutes, mais ils furent bientôt dissipés, et les jeunes gens vinrent à la ville, furent mis à part et reçurent une bénédiction ; le sténographe recueillit la bénédiction et l'envoya à l'adresse de leur famille ; ils reçurent peut-être vingt minutes d'instruction, puis furent envoyés dans le monde. J'ai vu récemment quelques-uns de ces jeunes gens partir pour l'Australie ; et si ma mémoire est bonne, plus de cinq cents de vos fils ont été ordonnés soixante-dix depuis la dernière conférence d'octobre. Nous ne craignons ni ne tremblons pour ces jeunes gens. Nous leur disons d'être prudents sur certaines choses ; nous leur conseillons de voir tout ce qui est bon dans le monde, et d'essayer de le comprendre ; mais d'éviter le vin et les femmes comme ils éviteraient les portes de l'enfer. Il est très rare que l'un d'eux tombe en chemin. Ce n'est qu'une fois de temps en temps que nous entendons parler d'un ancien qui s'égare. Je connais mieux la Mission des États du Sud que toute autre, et bien que des centaines et des centaines d'anciens aient œuvré dans le Sud, très peu, à ma connaissance, sont tombés.

Pourquoi ne pourrions-nous pas amener nos jeunes gens à avoir ce même esprit chez eux ? Même si les choses du monde s'introduisent parmi nous, pourquoi ne pourrions-nous pas nous tenir sur le même terrain que nos anciens le font parmi les nations de la terre ? Si nous avons la foi et l'Esprit du Seigneur, les choses du monde ne nous éblouissent ni ne nous tentent. Certes, certaines choses se sont produites qui nous ont apporté trouble et difficulté. Chaque fois que nous transgressons les lois de Dieu, nous devons en subir la peine. Je me souviens très exactement de ce que mon père a dit à ce peuple dans l'ancienne Bowery. Il dit : « Vous, hommes et femmes, qui élevez la voix contre ce saint principe qui a été introduit parmi ce peuple, le temps viendra où vos filles courront ces rues comme des prostituées ordinaires, et vous ne pourrez rien y faire. » Je pense que certains se sont rendus coupables d'avoir élevé la voix, et s'il y a une chose dont certaines personnes se réjouissent et sont heureuses qu'elle soit abolie, c'est bien ce principe-là. Je me souviens d'avoir entendu mon père faire une autre déclaration : « Lorsque vous vous tiendrez aux coins des rues de cette grande cité et que vous ne pourrez plus distinguer un mormon d'un Gentil, alors gardez-vous du malheur. » Eh bien, il est arrivé. Le malheur ne nous est pas venu sous forme de tornades ou de cyclones ; mais il nous est venu, à nous et à nos fils et à nos filles, sous forme de tentations. Il y a ici même une très grande œuvre missionnaire à accomplir, et je suis favorable, tant que nous ne sommes pas à l'étranger, à accomplir une œuvre missionnaire chez nous. Le Conseil général de l'Association d'amélioration mutuelle des jeunes gens a instauré une œuvre missionnaire locale. Tous les dirigeants des cinq cents et quelques associations de l'Église doivent être des missionnaires locaux, et si chaque dirigeant se lance avec l'esprit de sa charge et de son appel, il y aura plus de trois mille dirigeants d'association agissant comme missionnaires parmi les jeunes gens de cette Église. Une œuvre merveilleuse peut être accomplie de cette manière.

Je crois à la prophétie, mais je ne crois pas aux prophètes qui prophétisent après qu'une chose s'est produite. Le témoignage de Jésus est l'esprit de prophétie, et je possède ce témoignage. Je crois à l'esprit de prophétie, et je sais, comme je sais que ceci est l'Église de Jésus-Christ, que nous avons des apôtres et des prophètes, et que nous en avons eu depuis l'organisation de l'Église. Il y a des prophètes assis derrière moi. Je me souviens d'un apôtre qui prophétisa au Canada, à une époque où le peuple était quelque peu mécontent de l'établissement d'une nouvelle colonie. Il dit qu'en moins de deux ans un chemin de fer traverserait cette colonie, et la prédiction s'accomplit avant l'expiration des deux ans. Je pense au peuple du Sud, et je veux prophétiser que le temps viendra, dans ce grand Sud, où des milliers de ces gens seraient aussi heureux de voir un ancien mormon marcher dans leurs rues qu'un ange venu du ciel. Le Seigneur a été bon envers le peuple du Sud. Je comprends pourquoi il l'a béni. C'est parce qu'il a nourri cinq cents de nos anciens chaque année depuis un certain nombre d'années, et il a préservé le Sud, dans une large mesure, des tornades, des cyclones, et de la mer se soulevant au-delà de ses limites. Ils en ont eu un peu, mais ce n'est pas fini ! Je vous dis que le peuple du Sud, et aussi les nations de la terre, apprendront encore, bien que nous soyons un peuple méprisé, qu'après le témoignage des anciens viennent les jugements de Dieu. Je me rends compte que je regarde parfois le côté sombre du tableau, mais je dis aux saints des derniers jours, au nom du Seigneur, que si la repentance ne s'installe pas parmi ce peuple, et s'il n'y a pas un grand réveil parmi la Prêtrise de Dieu, les jugements de Dieu commenceront par la maison d'Israël. Nous ne traitons pas à la légère les choses de l'homme ; nous ne traitons pas à la légère les systèmes organisés par l'homme. Ceci est l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.

Je prie le Seigneur de vous bénir, afin que vous retourniez chez vous et que vous fassiez passer l'esprit de cette conférence dans le cœur des enfants des hommes avec lesquels vous êtes en relation, afin qu'il y ait un réveil parmi la Prêtrise de Dieu. Je désire dire à cette grande assemblée que le Seigneur n'a jamais voulu que sa Prêtrise organisée se range derrière les associations auxiliaires de l'Église. Ceux qui veillent sur les collèges de la Prêtrise devraient s'efforcer davantage de veiller à ce qu'ils se tiennent au premier rang et en avant de toutes les associations auxiliaires de l'Église. Je comprends la grande œuvre qu'accomplissent l'École du dimanche, l'Association d'amélioration, et les autres associations, et je regrette qu'il faille dire que certains de nos collèges de la Prêtrise ne font pas leur devoir. Je ne veux pas occuper davantage votre temps, mais je désire vous dire qu'un esprit s'est introduit dans le cœur de ce peuple, qui fait qu'il craint que des hommes prophétisent, et les gens commencent à se glisser hors de leurs sièges dès qu'un homme ouvre la bouche et commence à dire quelque chose qui ne suit pas les mêmes vieux sentiers. Je prie le Seigneur de nous inciter à prophétiser, et si nous prophétisons, le Seigneur l'accomplira. Un jour, je rencontrai dans le train un petit gars qui travaillait pour l'« Era » dans l'un des pieux, et il me demanda si je pensais qu'il obtiendrait le quota complet des « Era ». Je lui dis : « Bien sûr, vous l'obtiendrez. » Il se rendit dans cette colonie et dit : « Frère Kimball a prophétisé que nous obtiendrions le nombre complet des « Era » ; maintenant nous voulons que vous l'accomplissiez » — et ils l'accomplirent. Si vous aviez un peu de cet esprit, qui fait que, lorsqu'un homme prophétise, vous vous efforcez de l'accomplir, vous finiriez, avec le temps, par ne plus autant craindre la prophétie. J'ai moi-même un peu peur de vous. Que le Seigneur vous bénisse. Amen.

Citer ce discoursJ. Golden Kimball, « Une seule voie de sécurité pour les jeunes », 1901 October General Conference, Second Day Morning Session (1901-10-05). Pulpit Vault, 1901-10-kimball-course-of-safety. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).