Pulpit

Les actes, la meilleure preuve de sincérité

Heber J. Grant

1901 April General Conference·Second Day Morning Session·1901-04-06

Je suis heureux d'avoir l'occasion de me tenir devant les Saints des derniers jours et de m'adresser à eux à cette conférence. Je me suis réjoui de l'esprit et de l'inspiration de la conférence jusqu'ici, et je désire que les remarques que je pourrai faire soient sous l'inspiration de ce même bon Esprit. Comme je l'ai souvent dit en occupant cette position, je désire seulement dire les choses qui seront bénéfiques à ceux qui écoutent, comme à moi-même. Si je connais mon cœur, je crois pouvoir en toute vérité témoigner qu'il est tourné vers l'édification de l'Église et du Royaume de Dieu sur la terre. Je désire par-dessus tout connaître la pensée et la volonté de Dieu à mon sujet en tant qu'individu ; et après l'avoir apprise, je veux la force et la détermination de la mettre en pratique dans ma vie.

J'ai été particulièrement frappé par les remarques du président Snow, à l'ouverture de notre conférence, se rapportant à l'homme qui, lorsqu'il trouva un grand trésor dans un champ, alla vendre tout ce qu'il possédait afin de l'obtenir ; ou, lorsqu'il découvrit une perle de grand prix, vendit tout ce qu'il possédait pour l'acquérir. En écoutant ses remarques, je me suis souvenu d'une lettre que j'ai lue dans plusieurs des paroisses et des pieux de Sion, et je l'ai peut-être lue dans ce bâtiment ; mais si je l'ai fait, les sentiments qui y sont contenus, une phrase en particulier, ont fait sur mon esprit une impression si profonde que je ne pense pas pouvoir mieux faire que de vous en relire un extrait, avec la prière sincère qu'elle trouve place dans vos cœurs. Elle m'a été écrite par un homme que je connais depuis mon enfance. Il y a un peu plus de trente ans que je l'ai connu pour la première fois, et il a été pour moi un ami très cher. Je puis dire que, à l'exception de mes frères dans l'Église du Christ et de mes propres parents, il n'y a nul homme vivant sur la terre aujourd'hui qui ait dans mon cœur une place aussi chaude, et que j'aime aussi tendrement, que l'homme qui a écrit cette lettre. Je ne sais s'il tiendrait à ce que je mentionne son nom ; c'est pourquoi je ne le ferai pas ; mais je dirai qu'au moment où il a écrit cette lettre, il était le directeur général, pour le Royaume-Uni, d'une société valant plus de deux cents millions de dollars ; vous pouvez donc savoir que c'était un homme d'une expérience et d'une importance considérables dans le monde des affaires. La lettre m'a été écrite de Londres :

« Mon cher Heber :

« Ta très gentille et longue lettre du 10 m'est bien parvenue. Bien sûr, tu sais, en dehors de la longue et intime amitié personnelle que nous avons eue ensemble, combien j'ai toujours été impressionné par l'authenticité et la sincérité du sentiment religieux chez les hommes et les femmes qui partagent ta foi. Bien des fois j'ai dit, en conversation, que les seules personnes religieuses que j'aie jamais connues à vivre selon leurs professions de foi étaient les Mormons de l'Utah. Et cela est vrai. »

Je suis en effet reconnaissant que mon ami n'ait pas accès à la liste des non-payeurs de dîme, qui s'élève à dix mille, car je doute fort qu'il pourrait alors dire « que les seules personnes religieuses que j'aie jamais connues à vivre selon leurs professions de foi étaient les Mormons de l'Utah. » Je suis reconnaissant que les Mormons que cet homme a connus n'étaient pas seulement des Mormons de nom, mais qu'ils étaient véritablement des Saints des derniers jours. Il s'est forgé son opinion de tous les « Mormons » d'après ceux qu'il a connus ; et j'ai souvent dit publiquement que je considère qu'il est du devoir de chaque Saint des derniers jours d'ordonner sa vie de telle sorte que sa conduite inspire à tous le respect envers lui, et crée ainsi le respect envers tout le peuple. C'est conforme aux enseignements de notre Sauveur de laisser ainsi luire notre lumière, afin que les hommes, voyant nos bonnes œuvres, glorifient Dieu et soient amenés à embrasser l'Évangile de Jésus-Christ.

« C'est cela qui inspire le respect, même en l'absence totale de croyance dans les doctrines. Votre peuple porte ses croyances dans la vie quotidienne, et agit comme s'il pensait qu'il y a quelque chose en elles. Si j'avais eu la croyance pour commencer, je ne vois pas comment, en personne sensée, je pourrais faire autrement. »

Voici maintenant la phrase que je désire imprimer indélébilement dans vos esprits :

« S'il y a quelque chose [et mon ami trace un gros trait noir sous "quelque chose"] dans une croyance qui implique une éternité d'existence future, il y a tout [et mon ami trace un autre trait noir sous "tout"]. »

Croyons-nous, en tant que Saints des derniers jours, à cela ? Apprécions-nous la force de la remarque de mon ami : « S'il y a quelque chose dans une croyance qui implique une éternité d'existence future, il y a tout » ? Sommes-nous convaincus qu'il y a tout dans cette croyance qui implique une éternité d'existence future ? Et portons-nous, comme le dit notre ami que nous le faisons, nos croyances dans la vie quotidienne, agissant comme si nous pensions qu'il y a quelque chose en elles ? Ou faisons-nous seulement semblant ? Sommes-nous comme le sel qui a perdu sa saveur, qui désormais n'est bon à rien, sinon à être jeté dehors et foulé aux pieds des hommes. Mon ami poursuit :

« Voilà, je t'ai donné ma propre et sincère pensée. Le fait que je n'aie pas une telle conviction est démontré par le fait que je suis agnostique sur de telles questions, comme le montrent mes propres actes. »

Si nous devons prendre cette norme — ce que montrent les actes — alors il y a des milliers de Saints des derniers jours qui sont des agnostiques. Et c'est là la norme de Jésus-Christ. C'est la seule norme par laquelle nous nous tiendrons debout ou tomberons.

« Néanmoins, je ne tente jamais de faire du prosélytisme en faveur de la non-croyance ; et la dernière chose que je ferais serait de troubler ceux qui croient à une théorie à laquelle je ne crois pas ; et je ne discuterai pas pour défendre mon propre manque de croyance.

« Je pense, Heber, avoir exprimé à peu près ces vues à ta mère il y a bien des années. »

Cet homme, comme je l'ai dit, est un ami à moi, et il a montré son amitié par ses actes — une amitié que je doute fort que j'aurais pu obtenir de beaucoup de Saints des derniers jours, s'ils avaient été mis à l'épreuve. Dans la panique de 1893, cet homme, apprenant ma détresse financière, m'écrivit une lettre m'annonçant qu'il était impossible d'emprunter de l'argent à San Francisco (où il se trouvait alors) sur des garanties ordinaires, mais que l'argent y était disponible en prêt sur biens immobiliers. Il dit qu'il n'avait aucun bien immobilier hormis sa demeure, mais que si l'argent d'une hypothèque placée sur sa demeure pouvait sauver ma vie financière, il fallait « télégraphier dès réception de cette lettre ; ne pas attendre pour écrire, car les délais sont dangereux, et l'argent te parviendra par le premier courrier. » Je ne pus retenir mes larmes en lisant cette lettre. Penser que Dieu m'avait donné suffisamment de son Esprit pour me permettre de vivre de telle sorte qu'un homme qui était agnostique, et qui n'avait aucun espoir au-delà de la tombe, avait été si impressionné par l'authenticité de mon caractère et de mon intégrité qu'il était disposé à risquer sa demeure pour sauver ma « vie financière ». Qu'est-ce qui avait suscité cette lettre ? Mon ami m'écrivit de Londres, s'enquérant de ma mère, de sa sœur, et de plusieurs autres personnes qu'il avait connues lorsqu'il était pensionnaire dans la maison de ma mère, et voulant savoir comment elles allaient. Entre autres, il s'enquit de mon cousin, Anthony W. Ivins ; et je lui écrivis et lui parlai des sacrifices qu'il avait faits, en vendant ses biens et en s'installant dans un pays étranger. À propos de ces sacrifices, je fis remarquer qu'il était parti à cause d'un appel qu'il avait reçu, sans aucun espoir terrestre de récompense, et je dis : « Vous voyez que nous, les Mormons, allons où nous sommes envoyés, sans égard aux profits qui pourraient nous en revenir. » C'est cela qui suscita la lettre que je vous ai lue. Cet homme, à ma connaissance, fut, il y a bien des années, l'instrument entre les mains de Dieu, en union avec un autre de mes amis, pour faire de ce peuple un ami d'un homme choisi pour gouverner ce Territoire, à savoir le gouverneur Axtell. Il m'écrivit qu'il était venu ici imprégné — « rempli », telle est l'expression dans la lettre — de ses idées sur les « Mormons ». Il dit : « C'est mon ami, et je sais quelle sorte de peuple vous êtes, et il vient là croyant comme je crois. »

Je soutiens qu'il est du devoir de chaque Saint des derniers jours d'ordonner sa vie de sorte que tout homme croie qu'il est honnête et sincère. J'étais à Phoenix, en Arizona, il y a quelques années, avec l'apôtre John Henry Smith. Nous prêchions, sur invitation, à l'opéra, et l'une des bonnes sœurs surprit le compliment suivant (bien que certains puissent le trouver fort douteux) qui me fut adressé pendant que je parlais. Un homme dit : « Eh bien, cet homme est un orateur assez ardent, et paraît bien sincère. » Bientôt après, il s'exclama : « Que je sois damné si ce type ne parle pas avec sincérité. » Peu de minutes s'écoulèrent, et il dit : « Que je sois damné si je ne crois pas que ce type croie ce qu'il dit. » Or, si nous pouvons convaincre chaque personne avec qui nous entrons en contact que nous sommes honnêtes, alors nous aurons fait quelque chose pour les convaincre de l'honnêteté de tout le peuple. Je tiens en grande estime une lettre que j'ai reçue d'un ami qui dirigeait une grande société lorsque je fus fait apôtre. Il dit : « Eh bien, j'ai toujours pensé que les dirigeants mormons étaient des imposteurs, mais maintenant qu'ils vous ont choisi, j'ai changé d'opinion ; car je sais que vous êtes honnête, et ils doivent l'être aussi, sinon ils n'auraient pas osé vous compter parmi leurs conseillers. »

Vous me pardonnerez, je l'espère, ces allusions personnelles. On dit que les traits personnels sont parfois plus propres à graver une leçon dans le cœur du peuple que tout autre genre d'enseignement. Je sais que Dieu vit. Je sais que Jésus est le Christ. Je sais que Joseph Smith était un prophète de Dieu. Je sais que nous sommes engagés dans l'œuvre de Dieu. Je sais qu'il y a une éternité de bonheur futur réservée à chaque Saint des derniers jours qui garde les commandements de Dieu. Le Sauveur a dit :

« Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui qui m'aime ; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père, je l'aimerai et je me ferai connaître à lui. »

Cette promesse ne nous est faite qu'à la condition de garder les commandements de Dieu. Le Sauveur a dit aussi :

« C'est pourquoi, quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc.

« La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont jetés contre cette maison : elle n'est pas tombée, parce qu'elle était fondée sur le roc.

« Mais quiconque entend ces paroles que je dis, et ne les met pas en pratique, sera semblable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable.

« La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et ont battu cette maison : elle est tombée, et sa ruine a été grande. »

Nous trouvons ici, dans la toute première section du livre de Doctrine et Alliances, des enseignements pour nous, Saints des derniers jours, et beaucoup d'entre nous ne s'en souviennent pas.

« Et le bras du Seigneur sera révélé, et le jour vient où ceux qui ne veulent pas écouter la voix du Seigneur, ni la voix de ses serviteurs, et qui ne prêtent pas attention aux paroles des prophètes et des apôtres seront retranchés du milieu du peuple ;

« car ils se sont écartés de mes ordonnances et ont rompu mon alliance éternelle ;

« ils ne recherchent pas le Seigneur pour établir sa justice ; mais chacun suit sa propre voie, et selon l'image de son propre dieu, dont l'image est à la ressemblance du monde et dont la substance est celle d'une idole qui vieillit et périra dans Babylone, oui, Babylone la grande, qui tombera. »

Cherchons-nous notre propre pensée et notre propre volonté ? Croyons-nous, comme l'a dit l'apôtre Taylor, que nous devrions soumettre notre pensée et notre volonté à la volonté de Dieu ? Rompons-nous l'alliance éternelle ? Dans cette même révélation, le Seigneur dit aussi :

« Et en vérité, je vous dis qu'à ceux qui vont porter ces nouvelles aux habitants de la terre, est donné pouvoir de sceller, tant sur la terre que dans les cieux, les incrédules et les rebelles ;

« oui, en vérité, de les sceller pour le jour où la colère de Dieu sera déversée sans mesure sur les méchants,

« pour le jour où le Seigneur viendra rétribuer chaque homme selon ses œuvres et mesurer chaque homme de la mesure dont il a mesuré son prochain. »

« Car moi, le Seigneur, je ne puis considérer le péché avec la moindre indulgence ;

« néanmoins, celui qui se repent et obéit aux commandements du Seigneur sera pardonné ;

« et à celui qui ne se repent pas, on ôtera même la lumière qu'il a reçue ; car mon Esprit ne luttera pas toujours avec l'homme, dit le Seigneur des armées. »

« Sondez ces commandements, car ils sont vrais et dignes de foi, et les prophéties et les promesses qu'ils contiennent s'accompliront toutes.

« Ce que moi, le Seigneur, ai dit, je l'ai dit, et je ne m'en excuse pas ; et même si les cieux et la terre passent, ma parole ne passera pas, mais s'accomplira entièrement, que ce soit par ma voix ou par la voix de mes serviteurs, c'est la même chose ;

« Car voici, le Seigneur est Dieu, et l'Esprit rend témoignage, et le témoignage est vrai, et la vérité demeure pour toujours et à jamais. »

En tant que Saints des derniers jours, il nous est dit de sonder ces commandements, car ils sont vrais et dignes de foi.

Mes amis, mes frères et mes sœurs, je vous laisse mon témoignage que Dieu vit, que Jésus est le Christ, que Joseph Smith était un prophète de Dieu. Je vous laisse mon témoignage que ce n'est qu'en gardant les commandements de Dieu que vous serez sauvés. Je vous dis : soyez honnêtes envers Dieu. Ne gagnez jamais un dollar dans le monde sans en payer la dîme. Observez la Parole de Sagesse. Gardez les commandements du Dieu Tout-Puissant, et vous serez sauvés. En vous disant au revoir pour partir vers un pays étranger prêcher l'Évangile, je désire partir avec votre foi. Je désire qu'on se souvienne de moi dans vos foyers, soir et matin. J'aime les Saints des derniers jours. J'aime travailler pour l'avancement du royaume de Dieu. Je sais qu'il vit. J'ai tendu la main et cueilli le fruit de l'Évangile, et je sais que l'arbre de l'Évangile est vivant et porte du fruit. Je me réjouis de travailler pour la diffusion de l'Évangile, et je remercie Dieu pour le privilège d'aller introduire l'Évangile à une nation qui a été dans les ténèbres. J'espère et je prie que, dans la providence de Dieu, il y a une grande œuvre à accomplir. Je prie avec humilité de pouvoir aller de l'avant avec la foi et les prières des Saints pour accomplir tout ce que Dieu désire que je fasse. Je laisse ma bénédiction aux Saints des derniers jours, et je le fais au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursHeber J. Grant, « Les actes, la meilleure preuve de sincérité », 1901 April General Conference, Second Day Morning Session (1901-04-06). Pulpit Vault, 1901-04-grant-actions-the-best-evidence-of-sincerity. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).