Pulpit

Je suis heureux, mes frères, d'être...

N. Eldon Tanner

1968 October General Conference·General Priesthood Meeting·1968-10-05

Mes frères, je suis heureux d'être avec vous ce soir, d'entendre ces beaux messages donnés par les jeunes garçons, ces détenteurs de la Prêtrise d'Aaron, et par ceux qui détiennent la Prêtrise de Melchisédek qui ont été choisis par Dieu pour nous diriger, nous guider et nous orienter en ces derniers jours ; et d'entendre le chant de cet excellent chœur d'hommes, qui est une source d'inspiration pour quiconque.

Tandis que j'étais assis à écouter les choses qui ont été dites ici ce soir, je me demandais si certains des jeunes gens pensaient qu'on leur confiait une tâche difficile. J'ai raconté cette semaine aux représentants régionaux une petite expérience que j'ai vécue et j'espère qu'ils ne verront pas d'inconvénient à ce que je la répète devant ce groupe et devant ceux qui sont dispersés dans toute l'Église dans les différents bâtiments et qui nous écoutent ce soir.

L'Église apporte la joie

Un homme est venu me trouver et m'a dit : « Président Tanner, cette Église exige tout simplement trop de nous. C'est vraiment difficile de respecter les principes de cette Église. »

Et j'ai dit : « Mon frère, je ne peux être d'accord avec vous sur aucune de ces deux affirmations. Cette Église n'exige rien de personne. Tout ce qu'elle fait, c'est de leur offrir un meilleur mode de vie. Elle leur offre les choses qui leur apporteront joie et bonheur pendant qu'ils sont jeunes, à mesure qu'ils vieillissent, et lorsqu'ils se préparent à passer dans l'au-delà pour rencontrer leur Père céleste. Pas une seule chose offerte par cette Église n'est un frein ou n'entravera vos progrès, votre joie, votre succès et votre bonheur dans toute entreprise qui en vaille la peine. »

Il a répété : « Eh bien, c'est sûrement difficile d'y être fidèle quand même. »

J'ai dit : « Eh bien, mon frère, je ne vois pas pourquoi. Je ne suis pas d'accord avec vous. » (Je vais abréger ma discussion avec lui.) « Pouvez-vous penser à une chose que vous aimeriez faire et qui soit mauvaise ? » J'en ai nommé plusieurs pendant que je lui parlais, comme fumer un cigare ou boire un verre ou cambrioler une banque, et ainsi de suite.

Et il a dit : « Allons, ne soyez pas ridicule. »

J'ai dit : « Très bien, dites-moi une chose mauvaise que vous aimeriez faire. »

Il n'a eu aucune réponse.

Je racontais cela à un groupe où il y avait six adultes et trois enfants. Je m'adressais aux adultes et leur racontais cette expérience. J'ai dit : « Vous savez, je ne peux pas penser à une mauvaise chose que quiconque aimerait vraiment faire. » Et une petite fille de dix ans dont je ne savais pas qu'elle écoutait est intervenue et a dit : « Président Tanner, il y a une mauvaise chose que j'aimerais faire. » C'était un dimanche après-midi.

J'ai dit : « Qu'est-ce que c'est, ma chérie ? »

Elle a dit : « Eh bien, j'aimerais faire une promenade à cheval aujourd'hui. »

J'ai dit : « Eh bien, pourquoi ne le fais-tu pas ? »

Elle a dit : « Eh bien, je n'en ai pas envie. »

Être en position de résister à la tentation

Mes frères, lorsque nous pouvons nous mettre dans une position où il pourrait y avoir des choses que nous aimerions faire et qui nous tenteraient si nous les laissions faire, puis que nous pouvons être si sûrs que nous ne voulons pas

les faire que nous ne les ferons pas, nous aurons très peu de soucis à nous faire.

Je ne vois pas pourquoi nous voudrions faire le mal. Tout ce qui vous a été dit ce soir, si vous le suivez, apporterait joie et bonheur, contentement, succès, respect et amour dans votre vie.

Que voulez-vous de plus ? En outre, cela vous assurerait une place dans le royaume céleste.

Aucun jeune garçon qui enfreint la Parole de Sagesse n'y prend plaisir. C'est difficile d'apprendre à fumer. C'est difficile d'apprendre à boire.

On me dit que personne n'aime la première cigarette ni la première gorgée. Il faut y travailler pour en développer le goût.

J'aimerais vous dire que j'aime les jeunes gens. J'aime la jeunesse. J'ai été impressionné par la manière dont ces jeunes gens ont parlé ici ce soir, et par ces garçons ici dans l'assemblée, assis et attentifs à ce qui se passe.

Vous, et le reste du monde

J'aimerais vous raconter une ou deux expériences que j'ai eues dans ma vie.

Vous savez, quand j'étais jeune homme, mon père m'a montré du doigt et m'a dit : « Mon garçon, je veux que tu te rendes compte que ce monde est divisé en deux grands groupes — toi, et le reste du monde. » Il était très sérieux, et il m'a fait prendre la chose au sérieux avant que nous ayons fini de parler. Il a dit : « Peu importe ce que fait le reste du monde, cela ne peut pas te sauver ; et peu importe ce que fait le monde, cela ne peut pas te détruire. C'est ce que tu fais toi-même qui détermine ce qui va arriver, si tu vas être aimé, respecté, heureux et couronné de succès pendant que tu vis ici-bas, et si oui ou non tu vas rencontrer ton Père céleste de la manière dont tu aimerais le rencontrer. »

Lorsque j'étais président de la branche d'Edmonton [Alberta, Canada], nous avions là un jeune homme qui était le seul membre de l'Église dans l'équipe de basket-ball de son lycée. Ce jeune homme et moi étions des amis très proches, bien qu'il ne fût qu'un garçon de 16 ans.

Il m'a dit : « Vous savez, je ne sais pas comment je vais tenir le coup. »

J'ai dit : « Écoute, tu as quelque chose que ces garçons n'ont pas. Ils ne savent rien de notre Parole de Sagesse. Ils ignorent plusieurs choses que nous avons dans l'Église.

Ils ne savent pas qu'ils sont des enfants d'esprit de Dieu. Si j'étais toi, je parlerais simplement à ces garçons de la Parole de Sagesse, de la manière dont ces choses peuvent détruire leur corps, de leur nocivité, et de la façon dont elles nuiront à leur jeu, et ainsi de suite. »

Vous savez, il a entrepris de le faire, et il est devenu plus ou moins un héros auprès de ces garçons. Avant la fin de cette année-là, il n'y avait plus un seul garçon qui faisait usage de tabac. Or, comme il aurait été facile pour lui de suivre ces garçons et d'être comme eux. Vous savez, il est facile pour quiconque d'être un suiveur, et on ne gagne pas grand-chose à le faire, à moins de suivre les justes.

Il est un peu difficile d'être un dirigeant, de prendre position. Nous avons une responsabilité individuelle. Le monde est divisé en deux grands groupes, et rappelez-vous que vous êtes l'un d'eux. L'individu est l'un d'eux, et son succès dépend de sa position personnelle.

L'influence d'un missionnaire fort

Je veux vous raconter deux expériences. L'une s'est déroulée pendant que je présidais la mission d'Europe de l'Ouest. J'ai raconté cela dans plusieurs endroits de l'Église. Un jeune homme est arrivé dans le champ de la mission dans un seul but : apprendre ce qu'il pouvait sur le monde et faire ce qui, selon lui, lui procurerait du bon temps. Il a dit à certains des autres missionnaires : « Pourquoi voulez-vous perdre votre temps à essayer d'instruire ces gens ici en France ? Ils ne veulent pas entendre l'Évangile. Ces catholiques pensent qu'ils en savent plus que quiconque. Pourquoi perdre votre temps ?

Pourquoi être idiot ? Sortons et allons voir la vie nocturne et voyons ce que nous pouvons.

C'est peut-être la seule fois où nous serons dans ce pays. »

Il a réussi à influencer trois autres missionnaires pour qu'ils le suivent. Puis un autre jeune homme est arrivé dans le champ de la mission, et les quatre se sont emparés de lui dès son arrivée.

Ils lui ont tenu le même genre de discours : « Ne sois pas bête. Ne perds pas ton temps. Amusons-nous pendant que nous sommes ici. Nous ne reviendrons peut-être jamais ici. »

Ce jeune homme s'est levé et a dit : « Les gars, je suis ici comme missionnaire pour l'Église, un ambassadeur du Seigneur. Mes parents font des sacrifices pour me maintenir dans le champ de la mission, et j'ai l'intention de faire mon travail missionnaire. Maintenant, ne vous offensez pas. Faites ce que vous voulez faire. » En d'autres termes, choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir, mais quant à moi, je servirai le Seigneur. (Voir Josué 24:15.) Deux de ces garçons se sont immédiatement rangés à ses côtés et ont dit : « Nous sommes avec toi. » Et il n'a fallu que quelques mois pour que le troisième commence à faire son travail missionnaire ; et avant que cet autre garçon, le meneur, n'ait terminé son temps dans le champ de la mission, lui aussi s'efforçait de faire une œuvre missionnaire.

Maintenant, je me demande ce qui se serait passé si ce jeune homme avait suivi ces quatre camarades. Au lieu de cela, il a sauvé son âme et il a aidé à sauver l'âme des autres.

Le courage d'une jeune convertie

Une jeune fille et sa famille étaient instruites dans l'Évangile ici même, dans cette ville, par un ancien missionnaire qui servait comme missionnaire de pieu. Après que la famille eut entendu les deux premières leçons, le père déclara : « Nous ne voulons plus rien avoir à faire avec cela. »

Mais cette jeune fille, qui avait environ 18 ans, croyait ce qu'elle entendait et désirait se faire baptiser. Son père lui dit : « Tu ne peux pas te faire baptiser. Si tu veux te faire baptiser, il te faudra attendre ta majorité. »

Elle parlait à son petit ami de l'Évangile et de ce que cela représentait pour elle.

Il s'est lassé de l'écouter. Un soir, il a dit : « Tu vas devoir choisir entre moi et l'Église. »

Cela l'a profondément blessée. Elle aimait ce jeune homme, mais alors qu'ils en discutaient et qu'elle versait quelques larmes, elle dit : « Je vais rester avec l'Église.

Je sais qu'elle est vraie. »

Elle est rentrée chez elle très bouleversée. Son père s'est aperçu qu'elle était troublée et lui a demandé ce qui n'allait pas.

Elle a répondu : « Oh, rien, papa. »

Il a dit : « Ma chérie, je sais que quelque chose ne va pas. Qu'est-ce que c'est ? »

Elle lui a raconté ce qui s'était passé.

Il a dit : « Si l'Église compte tellement pour toi, tu peux te faire baptiser. »

Trois semaines plus tard, elle était baptisée.

Et qui croyez-vous qui était là pour assister au baptême ? Son père, sa mère et son petit ami ; et trois semaines plus tard, ils se faisaient baptiser.

Je me demande ce qui serait arrivé à cette jeune fille, je me demande ce qui serait arrivé à ce jeune homme, je me demande ce qui serait arrivé au père et à la mère, si elle n'avait pas eu le courage de prendre position, sachant que l'Évangile était vrai. Aujourd'hui, ils sont tous membres de l'Église, reconnaissants de ce que l'Évangile signifie.

Défendre ce qui est juste

Puissions-nous, en tant qu'individus, avoir la détermination, le courage et la capacité de nous lever et de faire ce que nous savons être juste, réalisant que nous sommes les enfants d'esprit de Dieu, avec le potentiel permettant de devenir semblables à lui si nous suivons ses enseignements et gardons ses commandements.

Et pendant que nous le ferons, nous serons plus heureux, plus prospères, plus respectés et plus aimés que si nous faisions quoi que ce soit d'autre, car ceci est l'œuvre du Seigneur. Vous détenez la prêtrise, qui est le pouvoir de Dieu délégué à l'homme pour agir en son nom dans l'office que vous détenez.

Nous n'aimons pas traiter avec des gens sur lesquels nous ne pouvons pas compter. Je me demande parfois ce que le Seigneur ressent à notre égard lorsque nous faisons des alliances avec lui et manquons de les respecter. Je suis heureux qu'il nous ait dit : « Si vous vous repentez, je vous pardonnerai. » Avançons ensemble et accomplissons ces choses qui nous apporteront la vie éternelle. Que tel soit notre heureux partage, puissions-nous être un exemple pour le monde, je prie au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursN. Eldon Tanner, « Je suis heureux, mes frères, d'être... », 1968 October General Conference, General Priesthood Meeting (1968-10-05). Pulpit Vault, 1968-10-tanner-do-them-that-we-wont-do-them. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).