Il y a quelques années, j’ai lu...
John H. Vandenberg
Bishop John H. Vandenberg Évêque président de l’Église ¶
Il y a quelques années, j’ai lu l’histoire d’une mère qui courait et jouait avec sa fille de trois ans. La mère disait à sa fille que lorsqu’elle était petite fille, sa propre mère jouait avec elle de la même manière. ¶
En entendant cela, la petite fille leva les yeux, interrogative, et demanda : « Maman, où étais-je quand tu étais une petite fille ? » ¶
De la bouche de cette petite fille sort une question qui dépasse l’entendement de la plupart des hommes. Cela touche aux questions : « Qui sommes-nous ? » et « Que faisons-nous ici ? » ¶
William Wordsworth nous offre son inspiration dans cet extrait de son poème, « Intimations of Immortality » : ¶
« Notre naissance n’est qu’un sommeil et un oubli : L’âme qui se lève avec nous, l’étoile de notre vie, a eu ailleurs son couchant, et vient de loin : non pas dans un oubli complet, ni dans un dénuement absolu, mais traînant des nuages de gloire nous venons de Dieu qui est notre foyer : le ciel nous entoure dans notre enfance ! » ¶
Préexistence de l’homme
Ces pensées réitèrent ce que les prophètes nous ont dit dans les Écritures. Le Seigneur a dit à Jérémie : « Avant que je t’eusse formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais, et avant que tu fusses sorti de son sein, je t’avais consacré, je t’avais établi prophète des nations. » (Jér. 1:5.) ¶
Le témoignage d’Abraham jette une lumière supplémentaire sur les questions : « Qui sommes-nous ? » et « Que faisons-nous ici ? » Il a dit : ¶
« Or, le Seigneur m’avait montré à moi, Abraham, les intelligences qui furent organisées avant que le monde fût ; et parmi toutes celles-ci, il y en avait beaucoup de nobles et de grandes ; ¶
« et Dieu vit que ces âmes étaient bonnes, et il se tint au milieu d’elles et dit : De ceux-ci je ferai mes dirigeants ; car il se tint parmi ceux qui étaient des esprits, et il vit qu’ils étaient bons ; et il me dit : Abraham, tu es l’un d’eux ; tu fus choisi avant d’être né. ¶
« Et il y en avait un parmi eux qui était semblable à Dieu, et il dit à ceux qui étaient avec lui : Nous irons là-bas, car il y a de l’espace, nous prendrons de ces matériaux et nous ferons une terre sur laquelle ceux-ci pourront habiter. » (Abr. 3:22-24.) ¶
Cette révélation du Seigneur donne un sens et un but profonds à la vie. La vie n’est donc pas seulement une période isolée entre la naissance et la mort. Le Seigneur a en outre révélé à Abraham : ¶
« Et nous les mettrons ainsi à l’épreuve, pour voir s’ils feront tout ce que le Seigneur, leur Dieu, leur commandera ; ¶
« ... et ceux qui gardent leur second état recevront un surcroît de gloire sur leur tête pour toujours et à jamais. » (Abr. 3:25-26.) ¶
Le dessein divin de la vie
Pour ceux qui n’ont pas conscience de ce dessein divin, la vie peut sembler un voyage mystérieux avec peu de points de repère et sans véritables objectifs. Ils ne recherchent peut-être que ce que leurs yeux peuvent voir. Leur unique objectif peut être la richesse matérielle et la recherche des plaisirs du monde. Les principes moraux ne sont appliqués que lorsque cela convient. En un sens, ils adorent et divinisent les choses matérielles, quelles qu’elles soient. ¶
Ce sont les prophètes qui ont la lourde responsabilité de détourner le cœur du peuple de l’adoration des faux dieux. Dans la sagesse de Dieu, il a pourvu ses enfants d’une direction spirituelle pour garder le dessein véritable et réel de la vie au premier plan de leur esprit et de leur cœur, faute de quoi le peuple sombre rapidement dans l’incrédulité et une vie sans but. « Quand il n’y a point de révélation, le peuple est sans frein. » (Prov. 29:18.) ¶
L’inutilité des fausses idoles
Le prophète Élie trouva ses compatriotes dans un tel état, plaçant leur foi dans divers dieux idolâtres, ou Baal. Ils avaient leurs faux prêtres, et chaque localité avait son idole particulière. De telles idoles étaient adorées par des holocaustes, des fêtes, des sacrifices humains et une grossière sensualité. ¶
En découvrant cette situation parmi le peuple, Élie passa à l’action. Il persuada Achab de rassembler tout le peuple, y compris les prêtres de Baal, sur le mont Carmel, puis Élie dit à cette assemblée : « Jusqu’à quand boiterez-vous des deux côtés ? Si l’Éternel est Dieu, suivez-le ; si c’est Baal, suivez-le !... » (1 Rois 18:21.) ¶
L’échec des prêtres de Baal, alors qu’Élie les amena à mettre leurs dieux à l’épreuve, constitue un exemple classique de l’inutilité de suivre ou de rechercher de fausses idoles. Mais l’exhortation lancée par Élie au peuple, « Si l’Éternel est Dieu, suivez-le », a perduré. Jamais dans l’histoire elle n’a manqué à l’humanité. Elle subsiste aujourd’hui encore. ¶
On pourrait demander : « Si le Seigneur est Dieu, pourquoi devrions-nous le suivre ? » La réponse la plus frappante à cette interrogation se trouve dans la vie de ceux qui l’ont « suivi ». ¶
Les disciples du Christ
Le Christ, le Seigneur, dit à Pierre : « Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Pierre « aussitôt laissa les filets, et le suivit. » (Matthieu 4:19-20.) Que se passa-t-il ? De simple pêcheur, Pierre fut transformé en un dirigeant courageux. En une occasion, il fut appelé devant les dirigeants juifs et averti de ne pas « enseigner au nom de Jésus ». Avec un grand courage, Pierre brava cet ordre et réprimanda les chefs, disant : « Jugez s’il est juste, devant Dieu, de vous obéir plutôt qu’à Dieu ; car nous ne pouvons pas ne pas parler de ce que nous avons vu et entendu. » (Actes 4:18-20.) ¶
À la femme que les scribes et les pharisiens avaient surprise en train de pécher, le Christ ouvrit une vie entièrement nouvelle en lui recommandant de suivre ses conseils. Il lui dit : « Va, et ne pèche plus. » Sa conscience ne serait plus accablée par la poursuite d’une vie de péché. Elle pouvait aborder la vie d’une manière nouvelle — avec un dessein. Sa vie entière pouvait désormais être recentrée sur ce qui est noble et édifiant. Tout cela pouvait lui appartenir en « le suivant ». ¶
Le Christ a dit : « Si quelqu’un me sert, qu’il me suive ; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur... » (Jean 12:26.) Le suivre est un cheminement au jour le jour. Cela doit être l’objectif conscient de chaque heure. Aujourd’hui encore, ceux qui servent le Maître et suivent les instructions de son Prophète peuvent goûter à la joie du service. ¶
Reconnaissance envers l’instructeur au foyer
Pas plus tard que l’autre jour, j’ai reçu le témoignage écrit d’une mère exprimant sa gratitude envers un serviteur du Seigneur. Ce serviteur, un instructeur au foyer, accomplissait simplement la mission donnée par le Seigneur de « veiller toujours sur l’Église, être avec les membres et les fortifier ». (D&A 20:53.) Elle écrit : ¶
« Mon mari avait emmené des scouts au rassemblement des insignes de mérite à l’université Brigham Young. C’était un trajet de trois cents kilomètres, alors ils étaient partis à 4 heures du matin. À mon réveil, mon principal souci concernait leur sécurité, car il neigeait et ventait fort. Mon fils de huit ans s’était déjà réveillé et était parti à bicyclette vers le corral, à environ un kilomètre et demi, pour faire les corvées. Tout à coup, le voilà dans la chambre avec une grosse larme à chaque œil. ¶
« “Maman, nous avons deux petits agneaux dehors à la ferme, ils sont mouillés et tremblent, et j’ai essayé de t’appeler depuis la station-service mais il fallait une pièce de dix cents, alors j’ai simplement enroulé mon manteau autour d’eux et j’ai pédalé jusqu’à la maison aussi vite que j’ai pu.” Mon mari n’avait fait l’acquisition d’un petit troupeau de brebis que l’automne dernier dans le cadre d’un projet père-fils, mais mon fils et moi n’avions aucune expérience de la mise bas des brebis. Je savais que nous devions obtenir de l’aide de quelqu’un. Qui pouvions-nous appeler ? Je ne me rappelle pas lequel de nous deux y a pensé en premier, mais tout à coup nous avons su tous les deux que ce serait notre instructeur au foyer. ¶
« Moins de vingt minutes plus tard, il était au corral avec son garçon de huit ans et le mien. Il est resté pendant trois heures, travaillant avec les agneaux chaque minute. ¶
Les brebis n’avaient pas été tondues, car la date prévue pour l’agnelage était encore dans un mois, mais il a compris et a fait ce qui devait être fait. Un agneau paraissait assez fort, mais il y avait peu d’espoir pour le second. Juste avant le dîner, il est retourné à la maison avec l’un des agneaux dans une boîte. Pourrais-je essayer de le réchauffer ? ¶
Il emmenait l’autre chez lui pour s’en occuper. Il reviendrait dans les deux heures pour les ramener tous les deux à leur mère afin qu’elle les allaite. ¶
« Je suis certaine qu’il a passé plus de six heures ce samedi-là à notre ferme, s’occupant de nos moutons et de notre garçon. Grâce à cela, nous avons maintenant deux agneaux en bonne santé et un instructeur au foyer encore plus aimé. Je ne saurais vous dire à quel point notre garçon de huit ans estime cet instructeur au foyer qui a travaillé à ses côtés tout au long d’une journée entière, enseignant par l’exemple l’amour qui est notre Évangile. » ¶
Suivre le Seigneur
On ne saurait donner de meilleur exemple de ce que signifie suivre le Seigneur, car Dieu a commandé : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée » et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». (Matthieu 22:37, 39.) William George Jordan a dit : « L’homme a deux créateurs, son Dieu et lui-même. ¶
Le premier créateur lui fournit les matières premières de sa vie — les lois et la conformité avec lesquelles il peut faire de cette vie ce qu’il veut. Le second créateur — lui-même — possède de merveilleux pouvoirs dont il prend rarement conscience. C’est ce qu’un homme fait de lui-même qui compte. » ¶
À ceux qui demandent : « Où étais-je quand... ? », la réponse est : « Avec Dieu — attendant de venir sur la terre pour faire tes preuves. » Le Seigneur est Dieu ; suivons-le. J’en témoigne au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶