L'heure approche maintenant...
David O. McKay
L'heure approche maintenant de sa fin où cette grande conférence annuelle de l'Église sera bientôt devenue un événement du passé. Les sessions elles-mêmes appartiendront à l'histoire, mais nous prions pour que les messages donnés demeurent à jamais gravés sur les tablettes de notre mémoire et deviennent des forces agissantes dans notre vie quotidienne. ¶
Tout ce qui a été dit et fait, tous les témoignages rendus ont directement ou indirectement conduit à cette divine exhortation : « ... Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus. » (Matth. 6:33.) ¶
Le centre de notre vie
Faisons de Dieu le centre de notre vie. C'était l'une des premières exhortations données lorsque l'Évangile a été prêché pour la première fois à l'homme. Avoir communion avec Dieu, par son Saint-Esprit, est l'une des aspirations les plus nobles de la vie. C'est lorsque la paix et l'amour de Dieu sont entrés dans l'âme, lorsque le servir devient le facteur motivant de notre vie et de notre existence, que nous pouvons toucher la vie des autres, la vivifiant et l'inspirant, même sans qu'aucune parole ne soit prononcée. Il est à l'œuvre dans le monde une force spirituelle aussi active et aussi réelle que les ondes qui ont porté les messages de cette conférence sur un vaste réseau de stations de télévision et de radio. ¶
Pour favoriser le bonheur, maîtriser le moi
Puissions-nous réaliser comme jamais auparavant que la maîtrise de nos inclinations personnelles est le cœur de la religion chrétienne et de toutes les religions. Par nature, l'individu est égoïste et enclin à suivre ses impulsions immédiates. Il faut la religion, ou quelque chose de supérieur à un individu ou même à une société d'individus, pour vaincre les impulsions égoïstes de l'homme naturel, ce qui le conduira à une vie plus accomplie et plus pleine. La maîtrise de soi s'acquiert par le renoncement à de petites choses. Le Christ a dit en ces termes singuliers : « ... celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera. » (Matth. 16:25.) Chaque fois que vous vous oubliez vous-même et vous efforcez d'améliorer le sort d'autrui, et d'atteindre quelque chose de plus grand et de meilleur, vous vous élevez au plan spirituel. Si, au moment d'une dispute, au moment de la tentation de critiquer autrui, nous savons renoncer à notre moi égocentrique pour le bien de l'Église dont nous sommes membres, pour le bien de la collectivité, et particulièrement pour la progression de l'Évangile de Jésus-Christ, nous serons spirituellement bénis, et le bonheur sera notre récompense. ¶
« Qu'importe si je triomphe de mes ennemis et amasse trésors et richesses ! Je ne suis qu'un bien piètre conquérant tant que je ne me suis pas vaincu moi-même. » (Auteur inconnu) ¶
« Cherchez premièrement le royaume de Dieu »
« ... Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus. » (Matth. 6:33.) Chercher premièrement le royaume de Dieu, faire de lui le centre de notre vie, est une partie essentielle et fondamentale de la religion ; en vérité, on ne peut concevoir la religion sans cela. La foi en Dieu en tant qu'Être suprême est le principe fondamental de la religion. ¶
Lorsque Dieu devient le centre de notre être, nous prenons conscience d'un but nouveau dans la vie — l'accomplissement spirituel. Les biens matériels ne sont plus le but principal de l'existence. Se complaire dans le corps, le nourrir et lui faire plaisir comme n'importe quel animal peut le faire n'est plus la fin suprême de l'existence mortelle. Dieu n'est pas envisagé du point de vue de ce que nous pouvons obtenir de lui, mais plutôt de ce que nous pouvons lui donner. ¶
C'est seulement dans l'abandon complet de notre vie intérieure que nous pouvons nous élever au-dessus de l'attrait égoïste et sordide de la nature. Ce que l'esprit est au corps, Dieu l'est à l'esprit. Quand l'esprit quitte le corps, celui-ci est sans vie, et quand nous éliminons Dieu de notre vie, la spiritualité dépérit. ¶
Nous reconnaissons Dieu comme étant véritablement notre Père. Le Christ nous a enseigné à nous adresser à lui en disant : « Notre Père qui es aux cieux ! » (Matth. 6:9.) Pour nous, il est si réel que nous considérons son apparition dans cette dispensation comme une expression de son amour pour ses enfants. Dieu n'est pas seulement une force, bien qu'il le soit. Il n'est pas seulement un être lointain, hors de notre portée, mais il est aussi proche que votre père l'est de vous et que mon père l'était de moi. J'aime penser, lorsque j'ai une tâche à accomplir, que je peux dire en secret : « Père, guide-moi aujourd'hui », et ressentir que j'aurai une force supplémentaire pour accomplir cette tâche. Je ne réussis peut-être pas toujours. Mes propres inhibitions et faiblesses peuvent m'en empêcher, mais il y a une force dans l'assurance que je peux aller à lui et lui demander de l'aide et des conseils. C'est ce que vous pouvez faire. ¶
Le Christ a déclaré : « ... je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu'elles soient dans l'abondance. » (Jean 10:10.) En lui, nous avons notre vie, notre guide. Son nom est le seul par lequel l'humanité trouvera la paix, la sécurité, le réconfort et le salut. Quiconque veut avoir la vie abondante doit le suivre. ¶
Tandis que nous nous séparons maintenant pour regagner nos foyers respectifs, donnons réalité aux bons sentiments qui se sont éveillés dans notre âme tout au long de cette conférence. Ne laissons pas s'évaporer de notre esprit et de nos sentiments les bonnes résolutions que nous avons prises. Premièrement, prenons la résolution qu'à partir de maintenant nous serons des hommes et des femmes d'un caractère plus noble et plus intègre, plus conscients de nos faiblesses, plus bienveillants et charitables envers les faiblesses d'autrui. Prenons la résolution de faire preuve de plus de maîtrise de nous-mêmes dans nos foyers ; de maîtriser notre tempérament, nos sentiments et notre langue afin qu'ils ne s'égarent pas au-delà des limites de la droiture et de la pureté ; de chercher davantage à développer le côté spirituel de notre vie, et de réaliser combien nous dépendons de Dieu pour réussir dans cette vie, et particulièrement pour réussir dans les fonctions que nous occupons dans l'Église. ¶
Face à la prévalence dans le monde et autour de nous d'idées pernicieuses et d'enseignements subversifs qui corrompent l'esprit des personnes instables et mal informées, et qui, comme cela a été relevé au cours des réunions de cette conférence, détournent certains de nos jeunes des principes de l'Église, puissent les parents, les présidences de pieu, les épiscopats, les collèges de la prêtrise et les dirigeants des organisations auxiliaires comprendre qu'ils ont une responsabilité plus grande que jamais de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour contrecarrer ces influences empoisonnées. ¶
Témoignons à la jeunesse que Dieu est notre Père ; que l'esprit qui est en nous est tout aussi éternel que lui. Ce corps est physique. Il n'est qu'une maison, tout aussi physique que ce bâtiment qui, s'il est laissé seul, est sans vie, peu importe combien il est beau ou solide, et ne remplira pas son dessein s'il reste inoccupé. ¶
Vivre comme la postérité de la Divinité
Notre corps ne remplira pas son but — il ne le peut pas — sans cette entité vivifiante intérieure qui est la postérité de la Divinité, aussi éternelle que le Père. Quand la mort survient, son pouvoir s'arrête avec le silence du cœur physique. Elle ne touche pas, elle ne peut pas toucher cette partie éternelle de l'homme, pas plus qu'elle n'a touché l'esprit du Christ pendant que son corps reposait dans un tombeau d'emprunt. Lui-même vivait, se mouvait et avait son être. Il est également vrai que la mort ne peut pas toucher cet esprit qui est en nous. Cet esprit intérieur, jeune homme, jeune fille, c'est le vous réel. Ce que vous faites de vous-même dépend de vous en tant qu'individu. Vous êtes dans ce monde pour choisir le bien ou le mal, pour accepter le bien ou céder à la tentation. De ce choix dépendra le développement de la partie spirituelle de votre être. C'est fondamental dans l'Évangile de Jésus-Christ. ¶
Puissent les parents particulièrement réaliser que l'influence la plus puissante dans la vie d'un enfant est le foyer, et que le Seigneur a directement confié aux parents la responsabilité d'instruire leurs enfants. Je souhaiterais que le paragraphe suivant, donné par révélation au prophète Joseph Smith, puisse être écrit et affiché au mur de chaque foyer de l'Église : ¶
« ... si des parents ont des enfants en Sion ou dans l'un de ses pieux organisés, et ne leur enseignent pas à comprendre la doctrine du repentir, de la foi au Christ, le Fils du Dieu vivant, du baptême et du don du Saint-Esprit par l'imposition des mains, à l'âge de huit ans, le péché sera sur la tête des parents. » (D&A 68:25.) ¶
Le foyer pour former les enfants
Le caractère d'un enfant se forme en grande partie durant les douze premières années de sa vie. Il passe seize fois plus d'heures éveillé au foyer qu'à l'école, et cent vingt-six fois plus d'heures au foyer qu'à l'église. Chaque enfant est, dans une grande mesure, ce qu'il est en raison de l'influence constante du milieu familial et de l'éducation attentive ou négligente des parents. Le foyer est le meilleur endroit pour que l'enfant apprenne la maîtrise de soi, pour apprendre qu'il doit s'effacer pour le bien d'un autre. C'est le meilleur endroit pour développer l'obéissance, que la nature et la société exigeront plus tard. ¶
Les foyers sont plus durables grâce à l'amour. Oh, alors, que l'amour abonde ! Même si vous manquez de certaines choses matérielles, étudiez, travaillez et priez pour conserver l'amour de vos enfants. Établissez et préservez toujours vos moments familiaux. Restez proches de vos enfants. Priez, jouez, travaillez et adorez ensemble. C'est là le conseil de l'Église. Voulez-vous avoir une nation forte et vigoureuse ? — alors gardez vos foyers purs. Voulez-vous réduire la délinquance et la criminalité ? — alors diminuez le nombre de foyers brisés. Il est temps que les peuples civilisés comprennent que le foyer détermine en grande partie si les enfants seront de noble ou de vil caractère. L'édification du foyer devrait donc être l'objectif primordial des parents et de la nation. ¶
De tout mon cœur, je dis : que Dieu vous bénisse, frères et sœurs, vous, parents, vous, hommes de la prêtrise, vous, dirigeants de nos pieux, de nos paroisses et de nos missions, vous, présidents de temple, vous, missionnaires. Que Dieu bénisse et protège les vaillants jeunes gens qui sont dans les forces armées de notre pays. ¶
Je prie pour que l'esprit de cette grande conférence demeure dans tous nos cœurs et soit ressenti jusqu'aux extrémités de la terre, partout où il y a une mission ou une branche dans le monde entier ; pour que cet esprit soit un pouvoir unificateur qui fortifie le témoignage de la divinité de cette œuvre ; pour qu'il grandisse dans son influence pour le bien dans l'établissement de la paix et de la fraternité à travers le monde. ¶
Je vous rends mon témoignage que le chef de cette Église est notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ. Je sais la réalité de son existence ; sa volonté de guider et de diriger tous ceux qui le servent. Je sais que dans cette dispensation, il a rétabli avec son Père, par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith, l'Évangile de Jésus-Christ dans sa plénitude. ¶
Puissions-nous recevoir un surcroît de pouvoir pour être fidèles aux responsabilités que le Seigneur a placées sur nous en tant qu'Autorités générales, et sur vous, mes frères et sœurs, je le prie au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶