Pulpit

Ce matin, je parlerai de celui...

Alvin R. Dyer

1966 April General Conference·Third Day Morning Meeting·1966-04-10

Ce matin, je parlerai de celui que nous honorons en ce jour [de Pâques] et toujours, Jésus-Christ, le Fils de Dieu, connu de ses contemporains comme Jésus de Nazareth et le fils du charpentier. Il a enseigné le véritable sens et le but de la vie, ce qui a conduit Paul à déclarer :

« Si c'est dans cette vie seulement que nous espérons en Christ, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes. » (1 Cor. 15:19.) Jésus-Christ, objet de controverse Le récit de la naissance et de la vie de Jésus de Nazareth est aujourd'hui accepté presque universellement par toute l'humanité. Mais la puissance et l'efficacité de son existence terrestre ainsi que son but font l'objet de controverses, tout aussi universelles. Même au sein du monde chrétien, il existe un fossé d'incompréhension quant à son identité, au but de sa mission et au sens de la vie qu'il a proclamé.

Aux yeux de beaucoup de ses contemporains, il était un agitateur, un instigateur de divisions politiques. Nous tenons ceci du pandit Nehru, le dirigeant indien, et je le cite :

« Jésus parlait un étrange langage de révolte contre les conditions existantes et l'ordre social. En particulier, il s'opposait aux riches et aux hypocrites qui réduisaient la religion à de simples observances et cérémonies. Au lieu de promettre la richesse et la gloire, il demandait aux gens de renoncer même à ce qu'ils possédaient pour un Royaume des cieux vague et mythique. Il parlait par histoires et par paraboles, mais il est clair qu'il était un rebelle-né qui ne pouvait tolérer les conditions existantes et entendait les changer. Ce n'était pas là ce que voulaient les Juifs, et la plupart d'entre eux se sont donc retournés contre lui et l'ont livré aux autorités romaines. »

(Glimpses of World History [New York: The John Day Company, 1942], p. 85.) Mais pour les humbles et les sincères qui crurent en son message, il était adoré et aimé.

Nous qui sommes ici aujourd'hui avons la ferme conviction du véritable but de sa mission et de sa vie.

Sur le chemin d'Emmaüs Dans notre cœur, nous éprouvons des sentiments très semblables à ceux des deux disciples qui marchaient à leur insu avec le Christ ressuscité, Cléopas et un autre, qui, se rendant à Emmaüs à l'époque de la résurrection, parlaient de Jésus tout au long de leur trajet. Le Maître s'est approché d'eux et leur a ouvert les Écritures. Émus, ils lui demandèrent de demeurer avec eux alors qu'ils s'arrêtaient pour prendre du repos.

Ne sachant pas qu'il était le Christ ressuscité, ils lui posèrent d'autres questions mais ne comprenaient pas ses réponses. Mais ils discutèrent ensemble des événements des jours passés qui avaient profondément troublé toute la région environnante. Le Christ leur posa également des questions, et, alarmé par ses interrogations, Cléopas lui dit :

« Es-tu le seul qui, séjournant à Jérusalem, ne sache pas ce qui y est arrivé ces jours-ci ?

Et [Jésus] leur dit : Quoi ? Et ils lui répondirent : Ce qui est arrivé au sujet de Jésus de Nazareth, qui était un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple »

(Luc 24:18-19.) Alors ils déclarèrent : Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait notre peuple, mais maintenant il n'est plus, ayant été livré aux principaux sacrificateurs.

Et pourtant, disaient-ils, voilà trois jours que cela s'est passé, et nous sommes perplexes. De plus, quelques femmes d'entre nous ont été au tombeau, et son corps n'y est plus. D'autres d'entre nous sont aussi allés au sépulcre, et ils ne l'ont point trouvé.

Que signifie tout cela ?

Jésus leur dit alors : « Ô hommes sans intelligence, et dont le cœur est lent à croire... »

Plus tard, leurs yeux s'ouvrirent et ils le reconnurent, mais il disparut de devant eux. Ils se dirent : « Notre cœur ne brûlait-il pas au-dedans de nous, lorsqu'il nous parlait en chemin... ? » (Luc 24:25, 32.) Lorsque nous contemplons sa vie et sa mission, notre cœur brûle au-dedans de nous, car nous savons qu'il vit.

Il est le Rédempteur de l'humanité Il est le Christ le Seigneur, le Rédempteur de l'humanité, qui, conformément au dessein divin, a accompli l'expiation, laquelle a rendu possible la rédemption de l'âme dans toutes ses dimensions glorieuses. Nous croyons et savons qu'il est divin, le Fils de Dieu, notre Père céleste, et que, étant lui-même un personnage distinct et séparé, il est également un Dieu. Ceci est abondamment attesté dans les saintes Écritures et par une manifestation directe et divine au prophète Joseph Smith.

Nombreux sont ceux qui nient sa divinité et ne lui accordent que le rang d'enseignant et peut-être de prophète. Nombreux sont ses disciples déclarés qui, s'exprimant du haut de chaires portant son nom, se détournent lorsqu'on les interroge sur la réalité de sa divinité.

Ses disciples l'honorent Les tendances à l'affaiblissement de la foi au Christ aujourd'hui sont les mêmes qu'à l'époque de l'épreuve où il œuvrait parmi les hommes sur la terre. Il les a instruits sur les collines de Judée et sur les rives de la Galilée ; il les a comblés de miracles et les a nourris de pains et de poissons. La multitude le suivait partout où il allait, mais quand vint pour lui le moment de leur parler de sa mission divine et de leur révéler qu'il était le Fils de Dieu, ils se détournèrent de lui et ne marchèrent plus avec lui. L'accepter comme un instructeur et un pourvoyeur de nourriture tant physique que spirituelle ? Oui !

Le reconnaître comme le Fils de Dieu et comme un être divin ? Non, cela ils ne pouvaient le faire, et ils se sont détournés de lui.

D'autres le critiquent Qu'en est-il du Christ aujourd'hui ? Près de deux mille ans se sont écoulés depuis sa glorification. Les hommes ignorent le but et le sens de l'existence pour lesquels il a donné sa vie, et pourtant ils accordent crédit aux doctrines exhumées du fou Nietzsche et de l'immoraliste Platon, qui prétendaient que Dieu est mort et que l'homme dérive dans un néant infini, que l'humanité en général n'a aucun contact spirituel avec Dieu le Père et son Fils glorifié. Ceux-là vivent dans les ombres de la confusion, sans repère ni raison d'être. Voici les cris du cœur de certains de ces hommes :

« Tant qu'un homme n'a pas élucidé le piège et cherché... le fondement ultime de l'être », médite l'un d'eux, « il n'a absolument aucune raison d'exister. Vide, fini, il sait seulement qu'il mourra bientôt.

Puisque cette vie n'a pas de sens et qu'il n'entrevoit aucune vie future, il n'est pas véritablement une personne, mais la victime de sa propre disparition. »

Un autre s'est exclamé : « Combien de temps l'homme peut-il supporter le vide ? » Un autre encore : « Voici ce qui m'effraie :

Voir le sens de la vie se dissiper. Voir disparaître notre raison d'exister.

C'est cela qui est intolérable. Les hommes ne peuvent vivre sans signification. » (Look, 27 juillet 1963, p. 19.) Et d'un autre encore : « Quand je considère la courte durée de ma vie, absorbée dans l'éternité précédente et suivante, le petit espace que je remplis et même que je vois, abîmé dans l'infinie immensité des espaces que j'ignore et qui m'ignorent, je m'effraye et m'étonne de me voir ici plutôt que là, pourquoi à présent plutôt que lors. » Questions universelles L'immensité de l'univers et la relation de l'homme au temps et à l'éternité l'amènent à se demander sans cesse :

Qui suis-je ? D'où viens-je ?

Quelle est ma destinée ? Pourquoi l'homme devrait-il entrer dans l'existence mortelle pour ensuite s'éteindre et mourir ?

Le chemin vers la vie éternelle La réponse à cela est que le chemin vers la vie éternelle réside dans la connaissance de Dieu et de Jésus-Christ qu'il a envoyé. N'écoutant pas cette vérité éternelle, les hommes errent à tâtons dans les ténèbres. Le moyen de sortir de l'ombre pour entrer dans la lumière se trouve dans la sagesse révélée de l'Évangile de Jésus-Christ communiquée à l'esprit de l'homme. Mais il doit répondre à cette vérité indéniable de la vie éternelle par la force innée qui réside en lui.

Exposé à la vérité de cette manière, il verra et sentira sa vie harmonisée avec l'existence éternelle et sera ainsi sur le chemin de la joie et de la perfection ; en cela réside la véritable signification de la résurrection du Christ, qui, en tant que modèle pour tous les hommes, a proclamé : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » (Jean 14:6.) Nécessité de la révélation Concernant la plénitude de joie obtenue par la résurrection, le Seigneur a révélé cette pensée à Joseph Smith : « Car l'homme est esprit. Les éléments sont éternels [c'est-à-dire le corps physique], et l'esprit et l'élément, inséparablement unis [comme dans la résurrection], reçoivent une plénitude de joie. » (D&A 93:33.) Mais il est impossible à l'homme, en tant qu'homme, privé de la révélation de Dieu, de comprendre le plan de vie et de salut.

Jacob, fils fidèle du prophète Léhi, a déclaré : « ... grandes et merveilleuses sont les œuvres du Seigneur. Combien sont insondables les profondeurs de ses mystères ! Et il est impossible que l'homme découvre toutes ses voies.

Et nul ne connaît ses voies, à moins que cela ne lui soit révélé... » (Jac.

4:8.) Sans communication divine, l'homme demeure confus quant à sa propre existence. Il est confronté à de multiples conceptions contradictoires du sens de la vie et de sa destinée, ou à une absence totale de sens et de destinée ! Pour trouver le chemin qui conduit à la compréhension de lui-même, l'homme doit, pour commencer, s'appuyer sur ses instincts innés naturels. Cette force intérieure est personnelle, elle est instinctive. Mais il doit être pleinement conscient de ce que ce pouvoir peut accomplir pour lui lorsqu'il répond aux forces du bien et aux enseignements de la vérité pour lesquels le Christ a sacrifié sa vie.

Le grand philosophe et penseur français Du Noüy s'est exprimé avec inspiration lorsqu'il a dit que la voie la plus efficace qui puisse finalement mener à la compréhension de l'homme est la révélation. Cette « route directe », dit-il, « ... est fermée à un très grand nombre de gens et indépendante de la pensée rationnelle. Ceux qui peuvent s'en servir sont bienheureux. »

(Human Destiny [New York: Longmans, Green and Co., 1947], p. 3.) Mais s'en servir, il le doit impérativement s'il veut trouver Dieu et le sens de la vie.

La pensée scientifique, religieuse et pédagogique qui s'applique à réviser et soi-disant enrichir le savoir humain, et qui n'entretient pas le concept fondamental de la nature éternelle de Dieu et de son Fils bien-aimé ainsi que de leur relation avec l'homme dans l'éternité, n'engendre que des concepts profanes et de pures rationalisations. Une telle doctrine impose une fausse direction, retardant la réponse naturelle de l'homme à la vérité.

Le Saint-Esprit Mais l'homme peut parvenir à la connaissance des vérités éternelles de la rédemption, rendue effective par le sacrifice expiatoire du Fils de Dieu.

À ce propos, l'apôtre Paul a déclaré :

« Mais, comme il est écrit, ce sont des choses que l'œil n'a point vues, que l'oreille n'a point entendues, et qui ne sont point montées au cœur de l'homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l'aiment.

Dieu nous les a révélées par l'Esprit. Car l'Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu.

Lequel des hommes, en effet, connaît les choses de l'homme, si ce n'est l'esprit de l'homme qui est en lui ? De même, personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n'est l'Esprit de Dieu.

Or nous, nous n'avons pas reçu l'esprit du monde, mais l'Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa grâce.

Et nous en parlons, non avec des discours qu'enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu'enseigne l'Esprit, employant un langage spirituel pour les choses spirituelles.

Mais l'homme naturel ne reçoit pas les choses de l'Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c'est spirituellement qu'on en juge. » (1 Cor. 2:9-14.) En conclusion, en ces temps d'épreuve, une révélation donnée au prophète Joseph Smith pourrait fort bien être rappelée avec un sens profond :

« Écoutez, ô vous, peuple de mon Église, à qui le royaume a été donné ; écoutez et prêtez l'oreille à celui qui a posé les fondations de la terre, qui a fait les cieux et toutes leurs armées, et par qui ont été faites toutes les choses qui vivent, bougent et ont l'existence.

Et de nouveau je dis : Écoutez ma voix, de peur que la mort ne vous surprenne à une heure où vous n'y pensez pas, que l'été ne soit passé, la moisson terminée et vos âmes non sauvées.

Écoutez celui qui est l'avocat auprès du Père, qui plaide votre cause devant lui. » (D&A 45:1-3.) J'ai la conviction sincère que Dieu a littéralement parlé à un prophète à cette époque cruciale de l'histoire du monde.

La vérité a été rétablie. Chacun devra porter le fardeau de sa propre faute s'il ne tire pas profit de la connaissance révélée concernant Dieu et son Fils Jésus-Christ, qui est l'auteur du plan de salut qui donne à l'humanité le but et le sens de la vie ainsi que la destinée éternelle de l'homme. Les hérauts de la vérité représentant l'Église et le royaume de Dieu rétablis sur la terre sont en ce jour parmi les nations de l'humanité à travers le monde pour proclamer ce message. De cela, je témoigne au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursAlvin R. Dyer, « Ce matin, je parlerai de celui... », 1966 April General Conference, Third Day Morning Meeting (1966-04-10). Pulpit Vault, 1966-04-dyer-this-morning-i-shall-speak-of-him. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).