Mes chers frères et sœurs, c'est...
Gordon B. Hinckley
Mes chers frères et sœurs : C'est un privilège si grand et une responsabilité si solennelle que de s'exprimer depuis cette tribune que je recherche ardemment l'inspiration du Saint-Esprit. ¶
Splendeur universitaire et jeunesse L'autre jour, je me promenais sur le campus de l'une de nos grandes universités. ¶
J'ai été impressionné par la splendeur des bâtiments, les laboratoires impeccables, les amphithéâtres d'enseignement, la magnifique bibliothèque, les résidences universitaires, les gymnases. Mais j'ai été encore plus impressionné par les étudiants. Ils étaient quelque 17 000 — de beaux jeunes gens et de magnifiques jeunes filles, sérieux, attentifs et appliqués. ¶
Ce ne sont là que quelques-uns des centaines de milliers de jeunes qui ont repris le chemin de l'université cet automne. Je suis émerveillé par les grandes forces de savoir qu'ils représentent. Jamais auparavant autant de personnes n'avaient été instruites dans le savoir du monde. ¶
Abondance de connaissances Quelle chose merveilleuse que cette instruction intensive d'un large pourcentage de la jeunesse du pays, qui se réunit quotidiennement aux pieds d'instructeurs compétents pour recueillir la connaissance accumulée à travers tous les âges de l'homme ! L'étendue de cette connaissance donne le vertige. Elle englobe les étoiles de l'univers, la géologie de la terre, l'histoire des nations, la culture des peuples, les langues qu'ils parlent, le fonctionnement des gouvernements, les lois du commerce, le comportement de l'atome, les fonctions du corps et les merveilles de l'esprit. ¶
Avec tant de connaissances accessibles, on pourrait penser que le monde est sans doute proche d'un état de perfection. Et pourtant, nous prenons constamment conscience de l'autre côté de la médaille — de la maladie de notre société, des querelles et des tourments qui apportent la misère dans la vie de millions de personnes. ¶
La vie est plus qu'un savoir profane Chaque jour, nous prenons davantage conscience du fait que la vie est plus que la science et les mathématiques, plus que l'histoire et la littérature. Il est besoin d'une autre éducation, sans laquelle la substance de notre savoir profane ne peut que conduire à notre destruction. Je fais référence à l'éducation du cœur, de la conscience, du caractère, de l'esprit — ces aspects indéfinissables de notre personnalité qui déterminent avec tant de certitude ce que nous sommes et ce que nous faisons dans nos relations les uns avec les autres. ¶
Et ainsi, j'aimerais m'entretenir brièvement avec nos jeunes, ceux qui sont dans l'Église et ceux qui sont en dehors de l'Église — avec la jeunesse d'Amérique et d'autres nobles contrées. ¶
« Acquiers l'intelligence » ¶
Il y a trente ans, alors que je vivais en Angleterre, j'appartenais au YMCA central de Londres. Je suppose que ce vieux bâtiment a disparu depuis longtemps, mais je ne pourrai jamais oublier les mots gravés face à nous dans le hall d'entrée chaque fois que nous y pénétrions. C'étaient les paroles de Salomon : « ...avec tout ce que tu possèdes acquiers l'intelligence. » (Prov. 4:7.) Je vous les recommande. ¶
L'intelligence de quoi ? L'intelligence de nous-mêmes, des desseins de la vie, de notre relation avec Dieu qui est notre Père, des grands principes d'origine divine qui, pendant des siècles, ont constitué le nerf du véritable progrès de l'homme ! ¶
Les pierres angulaires de la connaissance profane Je ne puis les examiner tous, mais j'aimerais en proposer trois. Je ne les offre pas dans un esprit de sermon, mais dans un esprit d'invitation. Qu'ils s'ajoutent à votre vaste réserve de connaissances profanes pour devenir les pierres angulaires sur lesquelles vous bâtirez des vies fécondes, productives et heureuses. ¶
La gratitude, un principe divin Le premier que je mentionne est la gratitude, le deuxième est la vertu, le troisième est la foi. ¶
On pourrait en nommer d'autres, mais je crois que ceux-ci sont fondamentaux pour le plein épanouissement de chaque enfant de Dieu. ¶
La gratitude est un principe divin. Le Seigneur a déclaré par révélation : ¶
« Tu remercieras le Seigneur, ton Dieu, en toutes choses... Et en rien l'homme n'offense Dieu, ou contre nul sa colère n'est allumée, si ce n'est contre ceux qui ne confessent pas sa main en toutes choses... » (D&A 59:7, 21.) Notre société est affligée par un esprit d'arrogance irréfléchie indigne de personnes qui ont été si magnifiquement bénies. ¶
Combien nous devrions être reconnaissants pour les bienfaits dont nous jouissons ! L'absence de gratitude est la marque d'un esprit étroit et inculte. Elle dénote un manque de savoir et l'ignorance de la suffisance. Elle s'exprime dans un vil égoïsme et fréquemment dans des dégradations gratuites. Nous avons récemment vu nos plages, nos parcs, nos forêts souillés de déchets hideux par de jeunes hommes — beaucoup d'entre eux universitaires — qui n'ont manifestement aucune appréciation de leur beauté. ¶
Pas plus tard que l'autre jour, j'ai traversé des milliers d'acres de terres noircies dévastées par un incendie visiblement allumé par un fumeur imprudent dont le seul souci avait été le plaisir égoïste tiré d'une cigarette. ¶
Là où il y a de l'appréciation, il y a de la courtoisie, il y a du respect pour les droits et les biens d'autrui. Sans elle, il n'y a qu'arrogance et méchanceté. ¶
Là où règne la gratitude, il y a de l'humilité, par opposition à l'orgueil. ¶
Combien nous sommes magnifiquement bénis ! ¶
Combien nous devrions être reconnaissants ! Un récent bulletin de la Banque Royale du Canada traitait des populations défavorisées du monde. Il disait notamment : ¶
« Il est difficile pour les Nord-Américains de comprendre la détresse des habitants des pays sous-développés, parce que nous n'avons jamais connu la faim. Personne ne meurt ici de faim. Ailleurs, plus de 1 500 millions de personnes se couchent la faim au ventre chaque soir... Le fait est que pas plus d'une personne sur cent dans les pays sous-développés n'aura jamais, dans toute sa vie, ce qu'une famille nord-américaine considérerait comme un bon repas consistant. » ¶
Méditez là-dessus, mes chers jeunes amis, puis mettez-vous à genoux et remerciez le Seigneur pour ses bontés. ¶
Cultivez un esprit de reconnaissance pour la bénédiction de la vie et pour les dons et privilèges merveilleux dont vous jouissez. Le Seigneur a dit : « Les débonnaires hériteront la terre. » (voir Matthieu 5:5.) Je ne puis échapper à l'interprétation selon laquelle la douceur implique un esprit de gratitude par opposition à une attitude d'autosuffisance, la reconnaissance d'un pouvoir supérieur au-delà de soi-même, la reconnaissance de Dieu et l'acceptation de ses commandements. C'est là le commencement de la sagesse. ¶
« Sois humble, et le Seigneur, ton Dieu, te conduira par la main et te donnera la réponse à tes prières. » ¶
(D&A 112:10.) Marchez avec gratitude devant celui qui est le dispensateur de la vie et de tout don parfait. ¶
La vertu Associée à la gratitude se trouve la vertu. ¶
Je pense qu'elles sont liées parce que celui qui est disposé à fuir la vertu manque d'appréciation pour la vie, pour ses desseins, ainsi que pour le bonheur et le bien-être d'autrui. ¶
L'un de nos grands magazines nationaux déclarait récemment ce qui suit : « Nous assistons à la mort de l'ancienne morale. Les repères moraux établis ont été arrachés de nos mains... ¶
Nous sommes laissés à nous débattre dans une société motivée par l'argent, obsédée par le sexe et dominée par les grandes métropoles. Nous devons trouver par nous-mêmes comment appliquer les principes moraux traditionnels aux problèmes de notre époque. Beaucoup trouvent ce fardeau trop lourd. » (Look Magazine, sept. 1963, p. 74.) Si lourd soit-il, il existe un moyen d'appliquer les principes moraux traditionnels à notre époque. Pour une raison inconnue, apparaît constamment la fausse justification selon laquelle, autrefois, la vertu était facile et que maintenant elle est difficile. J'aimerais vous rappeler qu'il n'y a jamais eu d'époque depuis la création où les mêmes forces n'étaient pas à l'œuvre comme elles le sont aujourd'hui. Les avances faites par la femme de Potiphar à Joseph en Égypte ne diffèrent pas fondamentalement de celles auxquelles sont confrontés maints jeunes hommes et jeunes filles de nos jours. ¶
Les influences d'aujourd'hui sont peut-être plus apparentes et plus séduisantes, mais elles ne sont pas plus contraignantes. Vous ne pouvez pas être entièrement protégés de ces influences. ¶
Elles sont tout autour de nous. Notre culture en est saturée. Mais le même genre de maîtrise de soi exercé par Joseph produira le même résultat salutaire. Nonobstant la soi-disant « nouvelle morale », nonobstant les changements tant discutés de nos normes morales, il n'y a aucun substitut valable à la vertu. L'ancienne norme est contestée sur chaque campus d'Amérique comme elle l'est en Europe. Mais Dieu n'a pas abrogé ses commandements. ¶
La violation de ces commandements à notre époque, comme à toute autre époque, n'apporte que regret, chagrin, perte du respect de soi et, dans bien des cas, la tragédie. ¶
Les faux-fuyants et les équivoques n'effaceront pas la cicatrice rongeuse qui flétrit le respect de soi d'un jeune homme qui prend cette vertu qu'il ne pourra jamais remplacer. L'autojustification ne guérira jamais le cœur d'une jeune femme qui a glissé vers la tragédie morale. ¶
En avril 1942, la Première Présidence de l'Église a publié un message qui a été lu depuis cette tribune. Il a la résonance d'une écriture sainte. Je vous le recommande : ¶
« À la jeunesse de l'Église... par-dessus tout, nous vous supplions de vivre dans la pureté, car la vie impure ne conduit qu'à la souffrance, à la misère et au malheur physique — et spirituellement, c'est le chemin de la destruction. ¶
Combien glorieuse et proche des anges est la jeunesse qui est pure ; cette jeunesse jouit ici-bas d'une joie ineffable et d'un bonheur éternel dans l'au-delà. » (The Improvement Era, 45:273.) J'y ai pensé en observant ces milliers de beaux jeunes hommes et de magnifiques jeunes femmes sur le campus universitaire l'autre jour. Et j'ai pensé à une sage parole de l'Écriture : « ...le précepte est une lampe, et l'enseignement une lumière... » (Prov. ¶
6:23.) Vous qui êtes porteurs d'admirables promesses, vous, jeunes gens et jeunes filles aux grandes capacités, ne vous moquez pas de Dieu. Ne bravez pas sa loi. Que la vertu soit la pierre angulaire sur laquelle vous bâtirez votre vie. ¶
La foi Je me tourne ensuite vers la foi. Je ne l'entends pas dans un sens abstrait. Je l'entends comme une force vivante, vitale, reconnaissant Dieu comme notre Père et Jésus-Christ comme notre Sauveur. Lorsque nous acceptons cette prémisse fondamentale, il s'ensuit une acceptation de leurs enseignements et une obéissance qui apporteront la paix et la joie dans cette vie ainsi que l'exaltation dans la vie à venir. ¶
Je ne considère pas cela comme un truisme théologique. Je le considère comme une réalité de la vie. ¶
Cela peut devenir la source même d'une existence guidée par un but noble. Pouvez-vous imaginer une motivation plus forte pour un effort digne d'intérêt que la certitude d'être un enfant de Dieu, le Créateur de l'univers, notre Père céleste infiniment sage qui attend de vous que vous fassiez quelque chose de votre vie et qui vous viendra en aide quand son aide est sollicitée ? ¶
Ces merveilleuses années d'études supérieures sont des années d'apprentissage. Jésus a dit : « ... ¶
recevez mes instructions... ¶
« Car mon joug est doux, et mon fardeau léger. » (Matthieu 11:29-30.) J'aimerais vous suggérer de suivre cette injonction donnée par le Fils de Dieu. Avec tout votre savoir, apprenez de lui. Avec toutes vos études, cherchez la connaissance du Maître. Cette connaissance complétera d'une façon merveilleuse la formation profane que vous recevez et donnera à votre vie et à votre caractère une plénitude qui ne peut venir d'aucune autre manière. ¶
Nous étions à bord d'un avion il y a quelques années, volant entre Honolulu et Los Angeles. C'était à l'époque où seuls des avions à hélices étaient disponibles. Vers le milieu de notre voyage, l'un des moteurs s'est arrêté. Il y eut une baisse de vitesse, une diminution d'altitude et une certaine nervosité parmi les passagers à bord. Le simple fait est qu'une grande partie de la puissance manquait et que les dangers s'étaient accrus en conséquence. Sans cette puissance, nous ne pouvions voler haut, vite et en toute sécurité. ¶
Il en va de même de notre vie lorsque nous dédaignons le besoin de foi et méprisons la connaissance du Seigneur. ¶
Une acceptation passive ne suffit pas. ¶
Un témoignage vibrant naît d'une recherche fervente. La force provient d'un service actif dans la cause du Maître. « ...recevez mes instructions... » (ibid., 11:29), était l'injonction de Jésus. Il a déclaré en outre que celui qui fait la volonté du Père « ...connaîtra si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de moi-même. » (Jean 7:17.) Et ainsi, pendant que vous étudiez les mathématiques, la physique et la chimie, lisez également les Évangiles du Nouveau Testament. Et lisez le témoignage du Nouveau Monde, le Livre de Mormon, qui a été révélé par la puissance de Dieu « ...pour convaincre le Juif et le Gentil que Jésus est le Christ. » ¶
J'aimerais vous transmettre les paroles d'un vieil homme sage qui avait beaucoup voyagé, beaucoup souffert et mûri en sagesse. Je parle de celui dont frère Hunter a parlé avec tant d'éloquence aujourd'hui. Ces mots ont été écrits par Paul à Timothée alors que Paul était prisonnier de Néron à Rome. À son jeune ami bien-aimé, il disait : « ... ¶
ce n'est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d'amour et de sagesse. ¶
« N'aie donc point honte du témoignage à rendre à notre Seigneur... » (2 Tim. 1:7-8.) À chaque jeune homme et jeune fille, je recommande cette injonction vibrante. C'est là l'esprit qui réformera le monde. ¶
J'ai été impressionné par une déclaration de Charles Malik, ancien président de l'Assemblée générale des Nations Unies. Il disait ceci : ¶
« En cette époque angoissante, il ne suffit pas d'être heureux, prospères et en sécurité vous-mêmes ; il ne suffit pas de dire aux autres : regardez-nous, comme nous sommes heureux ; copiez simplement notre système, notre savoir-faire, et vous serez heureux vous aussi. En cette époque angoissante, vous devez transcender votre système ; vous devez avoir un message à proclamer aux autres ; vous devez représenter quelque chose en matière d'idées, d'attitudes et de vision fondamentale de la vie ; et ce quelque chose doit résonner avec pertinence pour toutes les conditions humaines. » ¶
(Successful Leadership, p. 5.) À chaque jeune homme et jeune fille qui entend ma voix, j'aimerais dire : prenez sur vous le nom du Seigneur, puis, avec foi, allez de l'avant pour enseigner avec pertinence ce qui influencera la vie des hommes et apportera la paix et la joie au monde. Le besoin du monde est une génération d'hommes instruits et influents qui peuvent et veulent se lever et, en toute sincérité et sans équivoque, déclarer que Dieu vit et que Jésus est le Christ. ¶
Et ainsi, mes chers jeunes amis, je vous suggère de tout cœur qu'en poursuivant vos études profanes, vous ajoutiez une autre dimension à votre vie, la culture de l'esprit. Que Dieu vous bénisse en vous accordant cette paix qui vient de lui seul, et cette progression qui naît du partage avec autrui de ce qui est le plus précieux, votre foi, je prie en vous rendant mon témoignage de la divinité de cette œuvre, au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶