Il me semble qu'il y a eu...
S. Dilworth Young
Il me semble qu'il y a eu deux thèmes dans cette conférence. L'un est notre amour, notre dévouement et notre détermination à servir le Seigneur Jésus-Christ. ¶
L'autre est une grande préoccupation pour nos enfants. Puis-je parler brièvement de ce second thème ? Puis-je vous citer brièvement un passage d'Écriture ? ¶
« ... si des parents ont des enfants en Sion ... qui ne leur enseignent pas à comprendre la doctrine du repentir, de la foi au Christ, le Fils du Dieu vivant, du baptême et du don du Saint-Esprit par l'imposition des mains, à l'âge de huit ans, le péché sera sur la tête des parents. » (D&C 68:25.) Ce passage a été cité deux fois plus tôt dans cette conférence. J'aimerais ajouter que nous devrions aussi enseigner aux enfants à vivre de façon éthique. Je crois que la tendance de l'époque et les forces du mal qui nous entourent sont si grandes qu'à moins de nous unir sur nos objectifs, et de nous doter d'un programme auquel nous puissions exposer nos enfants et les amener à s'unir à nous, nous pouvons facilement échouer dans cette grande entreprise qui consiste à garder nos enfants dans l'Église. L'unité des idéaux et des buts est difficile à réaliser. Puis-je illustrer mon propos ? ¶
Il y a de nombreuses années, j'ai été invité dans un lycée pour parler à un groupe de parents qui étaient présents dans le cadre d'une « semaine de direction » ¶
qui se tenait sur cette base. Elle n'était pas rattachée à l'Université Brigham Young, mais était une initiative locale. Il avait été invité à m'accompagner, et à prendre part à cette discussion, un psychologue de l'une de nos universités. Nous y sommes allés tous les deux, et j'ai été le premier orateur. Je me souviens de la peine que je me suis donnée pour convaincre ces parents que, s'ils voulaient que leurs enfants obéissent, ils devraient eux-mêmes obéir aux principes qu'ils défendaient. ¶
L'un des sujets qu'ils ont abordés était celui de conduire des voitures avant l'âge. Tout le monde sait que la loi de l'État est claire à cet égard — seize ans est la limite légale en dessous de laquelle un enfant ne devrait pas conduire. De nombreux pères avaient été harcelés de demandes insistantes de la part de leurs enfants. De nombreux pères et mères avaient permis à leurs enfants de conduire, même en dessous de l'âge légal. ¶
Je me suis exprimé avec beaucoup de véhémence sur le sujet et j'ai dit que je pensais qu'il était vraiment mal pour un parent de donner l'exemple de la transgression de la loi ou de permettre à un enfant de l'enfreindre — non pas parce que cette loi en particulier serait bonne ou mauvaise, — mais parce que la tendance à enfreindre la loi serait implantée chez cet enfant, et peut-être qu'un jour il choisirait de mépriser une loi plus grave et plus importante. ¶
Mon compagnon m'a suivi, et voici la solution qu'il a proposée. Il a dit : « Je vais vous dire comment j'ai résolu ce problème dans ma famille. Mon garçon a quatorze ans et demi. Je l'ai emmené au bureau où l'on délivre les permis, j'ai dit aux gens qu'il avait seize ans, et je lui ai obtenu un permis de conduire afin qu'il puisse conduire légalement sur la route. » ¶
Un autre passage d'Écriture (celui-ci vient de Paul) : ¶
« Enfants, obéissez à vos parents selon le Seigneur, car cela est juste. ¶
« Honore ton père et ta mère (c'est le premier commandement avec une promesse), afin que tu sois heureux et que tu vives longtemps sur la terre. ¶
« Et vous, pères, n'irritez pas vos enfants, mais élevez-les en les éduquant et en les instruisant selon le Seigneur. » (Éph. 6:1-4.) Je pense que nous ferions aussi bien de reconnaître le fait que, tandis que nous, parents, sommes « dans un mauvais pas », pour ainsi dire, si je puis employer une expression familière, si nous n'instruisons pas nos enfants, je pense que les enfants sont également responsables de faire un peu pour eux-mêmes afin d'avoir du respect pour leurs parents et d'apprendre à obéir à leurs parents. C'est une chose à double sens. Si les parents doivent instruire les enfants, les enfants devraient aussi apprendre qu'ils doivent être obéissants envers leurs parents. ¶
J'ai un autre exemple. Un certain homme qui habitait dans ma ville avait un fils. Le fils fut invité à rejoindre un club de lycée. Ce club de lycée était l'un parmi plusieurs. Il voulait avoir un peu de vie sociale avec les autres garçons, je suppose, et après en avoir parlé à son père, il décida de s'y joindre. Au bout d'un certain temps, il devait y avoir une initiation. ¶
Il alla voir son père et dit : « Père, j'ai besoin d'un conseil. J'ai entendu dire, de façon détournée, qu'ils vous font des choses lors de ces initiations. ¶
Quel serait votre conseil quant à ce que je devrais faire ? » ¶
Le père lui dit : « Ne les laisse rien te faire qui porte atteinte à ta dignité de fils ou d'homme. Ne les laisse pas te compromettre dans ta prêtrise, dans ta famille ou dans ton bon nom. » ¶
Alors il y alla. L'histoire me parvient ainsi : c'était par une froide nuit d'hiver, et les garçons du club, sans chaperon, avaient loué une cabane dans le canyon près de notre ville, et là ils se préparaient à initier leurs amis. Je suppose que le père a eu un moment ou deux d'inquiétude en restant assis pendant la soirée, se demandant ce qui allait se passer. Le garçon le quitta et emporta son sac de couchage et son matériel de couchage, car cela devait être une affaire de toute la nuit. Le thermomètre indiquait zéro pendant la nuit. ¶
Vers deux heures du matin, le père dit avoir entendu la porte d'entrée s'ouvrir. Il se leva pour voir qui entrait dans la maison sans permission, et là se tenait son garçon, le sac de couchage jeté sur le dos, le manteau sur lui. Il dit : « Qu'y a-t-il, mon fils ? » ¶
Le garçon dit : « Ils ont essayé, papa, et je les ai repoussés et je suis rentré. » ¶
Il avait marché neuf milles par ce temps glacial. Après s'être réchauffé, le garçon alla se coucher. Le père monta à l'étage, se tint au pied du lit de son fils et dit : « Tu as bien fait. Je suis content que tu sois un fils obéissant. » ¶
Maintenant, les pères doivent prendre des décisions. ¶
Les mères doivent prendre des décisions. Mais les fils et les filles le doivent aussi. Si les fils et les filles ne prennent pas de bonnes décisions, ils sont plus en faute que leurs pères et mères, si leurs parents leur ont enseigné ce qui est juste. Un but très important de cette Église est d'élever les enfants dans la justice et de garder aussi les parents justes. ¶
Je rends mon témoignage que le président McKay est un prophète du Dieu vivant, et je témoigne aussi que sa grande préoccupation, si je puis me permettre de l'interpréter, est pour la jeunesse de Sion, afin qu'elle grandisse dans la justice et porte le flambeau de cette Église jusqu'à ce qu'elle remplisse la terre. ¶
Je prie humblement que nous trouvions le bon chemin et la manière d'y parvenir. Au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶