Mes chers frères et sœurs, mon témoignage...
Albert Theodore Tuttle
Mes chers frères et sœurs, mon témoignage ce matin est que le message qui remue l'âme que nous avons entendu vient du Seigneur ; que celui qui l'a prononcé était le serviteur officiellement choisi pour parler au monde aujourd'hui, le président David O. ¶
McKay. Historiquement, telle a toujours été la mission d'un prophète — non pas tant prédire qu'annoncer. J'espère que beaucoup, en dehors du groupe présent dans cette assemblée, auront porté gravé dans leur âme le même témoignage, que ce message vient du Seigneur par l'intermédiaire du serviteur du Seigneur. ¶
Au cours de la semaine écoulée, nous avons vécu chez nous une expérience qui m'a amené à réfléchir sérieusement. Nous avons été bénis d'un sixième enfant — une gentille petite fille. Dimanche dernier au matin, j'ai été appelé à l'hôpital vers 4 heures. En m'y rendant en voiture, j'ai remarqué que dans ma hâte j'avais oublié mon portefeuille. J'ai pensé un instant que je devrais retourner le chercher, puis j'ai pensé : « Je n'ai pas le temps. » Plus tard, je me suis tenu près du lit de ma compagne et j'ai observé les processus normaux et naturels de l'accouchement. Lorsque, dans un moment d'angoisse, un cri de douleur poignant s'est échappé de ses lèvres, ce portefeuille ne m'a plus paru très important. ¶
Maintenant, je ne cherche pas à déprécier un portefeuille, ni la sécurité temporelle qu'il symbolise, car je pense qu'elle est nécessaire, et que le Seigneur veut, par prudence, que nous ayons suffisamment des biens de ce monde. Cependant, je pense qu'il entre dans le cœur d'un père quelque chose de purifiant lorsqu'il se tient aux côtés de sa femme pendant les processus de l'accouchement, et j'ai pensé aux vraies valeurs de la vie. Ce qui a pris le plus de signification, c'était la vie elle-même et son but. ¶
Le portefeuille n'était pas ce qui avait le plus de valeur. ¶
La vie et la vie d'un être aimé, si. ¶
La famille et ses relations choisies ont pris leur juste importance. L'amour qui existe entre un mari et une femme, comme il est devenu précieux ! Et puis, par-dessus tout, la chose de première importance était la connaissance d'un plan du salut de l'Évangile qui donne sens et but, direction et valeur à la vie — un plan de l'Évangile qui élève l'accouchement d'une chose purement physique à une association avec notre Père qui est dans les cieux pour garder son premier commandement, et pour amener ses enfants spirituels à venir demeurer dans des corps temporels. ¶
Je suis reconnaissant de savoir que nos liens familiaux, scellés par la sainte Prêtrise du Seigneur et fondés sur l'obéissance, dans la justice, à ses commandements, se poursuivront pendant toute l'éternité. Je suis reconnaissant de savoir que l'amour, comme l'a mentionné le président McKay, durera à jamais, et que les choses qui comptent le plus survivront et auront un sens non seulement dans cette sphère, mais aussi dans d'autres. ¶
Maintenant, en rendant hommage à ma merveilleuse épouse, je rends hommage à un autre groupe de femmes de cette Église. J'ai regardé leurs visages en venant à la chaire ce matin. Ce sont les épouses des Autorités générales. Je pense que nous savons tous qu'au moins une fois par semaine elles partagent leurs maris avec toute l'Église — toujours deux jours, parfois trois, souvent plus. Pour les épouses, il n'y a pas de compliment sur un excellent discours après la conférence, pas de remerciement pour une question à laquelle on a répondu, pour une aide qu'on a apportée, souvent pas même une pensée. Pourtant, peu de ces frères pourraient servir aussi bien sans la force tranquille, soutenante, invisible mais réelle, qui vient de la compagnie d'une bonne épouse. Le travail des femmes est au foyer avec leurs enfants ou petits-enfants, à soutenir leurs compagnons, à servir dans l'Église et dans la collectivité, et à partager leurs maris avec le reste de l'Église. Bien que leur travail ait un caractère quotidien, il exige autant de service et de dévouement que d'autres sortes de travail. ¶
Puis, lorsque je vais dans les paroisses et les pieux, je trouve littéralement des milliers d'épouses qui font la même chose, qui rendent service, voire font des sacrifices, en permettant à leurs maris détenteurs de la prêtrise d'assister à d'innombrables réunions et de donner des milliers d'heures de service à leurs semblables. ¶
Milton devait sûrement penser à de telles femmes lorsqu'il écrivit ces mots dans le sonnet sur sa cécité : ¶
« Ils servent aussi, ceux qui se tiennent seulement debout et attendent. » Je suis pénétré d'humilité par le grand service rendu dans cette Église par ces femmes, dont ce grand Chœur des Mères chantantes n'est que le symbole. ¶
Je voudrais aussi rendre hommage à un autre groupe de l'Église — ceux qu'on ne célèbre pas et qu'on ne proclame pas. Sans leurs efforts, l'œuvre de cette Église s'arrêterait net. Ce sont le personnel de bureau, les secrétaires, les chefs de bureau, les gardiens, les chefs de service, les greffiers, les sténographes, les opérateurs — tous ceux qui donnent si généreusement de leur temps et de leur service dans le bâtiment des bureaux de l'Église, et ailleurs, à cause de leur esprit de dévouement et d'attachement à cette œuvre. ¶
Je prie humblement que le Seigneur bénisse ses enfants qui le servent. Je suis reconnaissant au-delà de toute expression pour une Église organisée par le Seigneur Jésus-Christ, qui permet, voire oblige, ses enfants à servir sa cause, une Église dans laquelle les membres laïcs non seulement participent, mais dirigent, une Église dans laquelle chacun de nous peut trouver l'expression de ses talents et la croissance de son caractère tandis qu'il s'efforce de mériter son salut et de servir ses semblables. ¶
Je sais que Dieu vit, que Jésus-Christ est son Fils ; qu'il vit, qu'il dirige cette Église et ses prophètes ici sur cette terre. Je suis reconnaissant pour l'organisation de l'Église, qui nous donne un moyen de servir l'humanité et de progresser nous-mêmes. Puisse chacun de nous, dans sa propre contribution, trouver la satisfaction et la joie dans le service de ses semblables et de notre Seigneur, je le demande humblement au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶