Président Clark, président McKay, mes autres frères bien-aimés...
Thorpe B. Isaacson
Président Clark, président McKay, mes autres frères bien-aimés des Autorités générales, et mes chers frères de la prêtrise, vraiment, c’est presque à couper le souffle, et je me sens très humble en me tenant ici ce soir. Je suis sûr que nous ne nous attendions pas à cela ce soir, et je serai reconnaissant si je puis avoir part à votre foi et à vos prières. ¶
Oui, c’est là une expérience qui inspire beaucoup d’humilité. Je voudrais que vous tous puissiez avoir l’expérience que j’ai en ce moment, celle de parcourir du regard cette vaste assemblée. J’ai prié le Seigneur pour que, lorsque je serais appelé à occuper cette position, il ne m’abandonne pas. Je l’ai prié d’abord parce que je crois en la prière et, ensuite, parce que je sais que j’ai besoin des bénédictions du Seigneur. Je vous avoue que sans ces bénédictions et son soutien et son influence, je ne suis rien. ¶
Les prophètes de Dieu
Assurément, on sent son témoignage se fortifier lorsqu’on vient ici et qu’on écoute les frères, qu’on écoute les paroles du Seigneur qui nous sont données par ses serviteurs, oui, par des prophètes, des voyants et des révélateurs de Dieu, notre Père éternel. Nous les entendons souvent désignés comme des prophètes, mais je me demande, membres de l’Église et particulièrement détenteurs de la prêtrise, si nous réfléchissons sérieusement à la pleine signification de ce terme. Je les reconnais comme des prophètes de Dieu, je sais que vous aussi, mais il y a des moments, peut-être, où nous passons légèrement sur cette pensée. Éprouvez-vous envers ces frères, prophètes du Seigneur, ce que vous éprouveriez si vous aviez connu les prophètes d’autrefois ? Je veux vous rendre mon témoignage que je sais qu’ils sont les prophètes du Dieu vivant, je sais qu’ils sont inspirés de notre Père céleste dans leur appel. J’espère que vous aurez le même sentiment qui brûle dans votre cœur et que vous accepterez leurs enseignements, parce qu’ils sont inspirés de notre Père céleste. Si, en tant que membres de l’Église et particulièrement de la Prêtrise, nous pouvions seulement avoir la foi, l’assurance et la conviction que ces frères sont des prophètes, des voyants et des révélateurs, je crois que nous prêterions plus d’attention à ce qu’ils nous disent. Oui, la spiritualité est aussi essentielle à l’âme d’un homme que les vitamines le sont à son corps. ¶
Membres adultes de la Prêtrise d'Aaron
En regardant ce soir cette grande assemblée, j’ai pensé aux membres adultes de la Prêtrise d'Aaron, dont beaucoup ne sont jamais entrés dans ce bâtiment. Si nous pouvions déplacer ce groupe d’hommes hors de ce bâtiment, vers le nord, puis le remplir encore et encore de membres adultes de la Prêtrise d'Aaron de l’Église, nous pourrions remplir ce bâtiment aussi complètement qu’il l’est maintenant, sept ou huit fois. Vous savez, je suis de ceux qui croient que le Seigneur aime ces hommes. Je crois que leurs épouses les aiment tout autant que nos épouses nous aiment, et que leurs enfants les aiment autant que nos enfants nous aiment. Si vous aviez un fils égaré, l’aimeriez-vous ? ¶
Eh bien, je n’ai qu’un seul fils, et je l’aime beaucoup, et s’il était un fils égaré, je crois que je l’aimerais tout autant. Qu’est-ce qui vous fait penser que le Seigneur n’aime pas ses fils égarés ? ¶
Le besoin de guidance
Beaucoup de ces hommes n’ont pas la force de revenir à l’activité dans l’Église par leurs propres moyens. C’est pourquoi ils ont besoin de votre guidance, de vos encouragements et de votre patience ; oui, je dirais qu’ils ont besoin de vous. Ils ont besoin de quelqu’un qui leur rende visite, de quelqu’un qui vienne les voir, de quelqu’un qui les encourage et les aide à abandonner ce qui les tient éloignés de l’Église. Le Seigneur nous a demandé de nous repentir, il nous a demandé à tous de nous repentir, et puis il a dit : Si vous vous repentez véritablement et venez à moi, et abandonnez ce que vous faites, ou ce que vous avez fait et que vous n’auriez pas dû faire, je vous pardonnerai et je ne m’en souviendrai plus. Mais il veut que nous nous repentions véritablement. Je crois que ces hommes aimeraient ce privilège. Eh bien, direz-vous, ils ont ce privilège. Pourquoi ne le saisissent-ils pas ? Eh bien, ils n’en ont pas encore la force ; jusqu’à ce qu’ils puissent absorber certains des enseignements de l’Église et de l’Évangile de Jésus-Christ, qu’ils n’ont pas eus depuis longtemps. Ils sont peut-être devenus spirituellement faibles, à cause d’habitudes qui les ont tenus éloignés de l’activité de l’Église ou pour d’autres raisons. Ils ne sont pas encore assez forts pour mettre ces choses de côté. Et puis il faut vous souvenir que beaucoup de ces garçons et de ces hommes n’ont pas été instruits dans leur foyer. Comme l’évêque Wirthlin nous l’a dit, on ne leur a pas enseigné leurs nombreux devoirs quand ils étaient jeunes. ¶
Je crois qu’il y a aujourd’hui dans l’Église de nombreux pères qui, bien que je pense qu’ils n’y soient pas justifiés, laissent entièrement à vous, frères, l’enseignement de leurs fils. Si vous échouez, où recevront-ils cet enseignement ? Beaucoup de membres adultes de la Prêtrise d'Aaron, après être revenus à l’activité, sont si ravis et si désireux qu’ils mettent beaucoup d’enthousiasme dans leur travail. ¶
J’ai parlé à un frère qui est maintenant évêque mais qui était membre adulte de la Prêtrise d'Aaron il y a cinq ou six ans. Je n’ai pu m’empêcher de remarquer la joie et le bonheur qui sont entrés dans l’âme de cet homme. J’ai parlé à son épouse. Elle n’avait ni la capacité ni les mots pour me dire combien ils étaient reconnaissants. Oui, je pense parfois qu’ils sont peut-être plus reconnaissants que certains d’entre nous, après que l’esprit a touché leur âme et qu’ils l’ont accepté. ¶
Des ouvriers sont nécessaires
Quelqu’un a dit : « Celui qui connaît les livres en sait beaucoup, celui qui connaît la nature en sait davantage, mais celui qui connaît Dieu a atteint le but de la sagesse humaine. » Beaucoup de ces hommes sont des hommes brillants, à leur propre mérite, des hommes qui réussissent dans leurs propres affaires, et ils connaissent les livres, mais ils ont peut-être négligé leur connaissance de Dieu. En tant que dirigeants, j’espère que vous ferez la connaissance de ces milliers de membres adultes. C’est un fardeau trop lourd pour seulement deux ou trois dans chaque paroisse, ou une douzaine environ dans chaque pieu. Il y a beaucoup de pieux dans l’Église qui comptent quatre, cinq ou six cents de ces hommes, et certains pieux en comptent même sept ou huit cents, membres adultes de la Prêtrise d'Aaron. Savez-vous combien d’hommes pourraient être appelés à travailler avec un groupe comme celui-là, un groupe de cinq ou six cents hommes ? Vous ne pouvez pas prêcher à ces hommes dans les réunions de sainte-cène, parce qu’ils n’y sont pas. Vous ne les faites pas venir à vos réunions de collège de la prêtrise parce qu’ils ne sortent pas. Nous devons donc abandonner la méthode du fusil de chasse. Nous devons maintenant avoir des contacts individuels et employer la méthode de la carabine, où nous pouvons aller les voir et enseigner à ces hommes les principes de l’Évangile, les enseignements que vous et moi avons eu la chance et la bénédiction d’avoir dans notre vie, mais dont beaucoup d’entre eux, sans que ce soit de leur faute, ont été privés. ¶
Oh, j’espère que vous vous organiserez d’une manière ou d’une autre pour pouvoir toucher au moins un homme. Le Seigneur nous a dit : « Et si vous travaillez toute votre vie à appeler ce peuple au repentir et que vous m’amenez ne fût-ce qu’une seule âme, comme votre joie sera grande avec elle dans le royaume de mon Père ! ¶
Or, si votre joie est grande avec cette seule âme que vous m’aurez amenée dans le royaume de mon Père, comme elle sera grande si vous m’en amenez beaucoup ! » ¶
Pères et fils
Maintenant, pères, à quel point restez-vous proches de vos propres fils, afin que le groupe des membres adultes n’augmente pas ? Vous, pères, avez-vous une relation étroite avec vos propres fils ? Vos fils peuvent-ils venir à vous et vous parler de tous leurs problèmes ? Oh, j’ai de la peine pour un garçon qui ne peut pas aller vers son père et lui parler de toutes ses erreurs, de toutes ses peines et de tous ses problèmes. Je pense que ce genre de relation, dans laquelle on ne peut devenir proche d’un père, ne peut que tendre à rendre ce garçon, peut-être, plus délinquant que jamais. ¶
Je sais que les garçons feront des erreurs, mais oh, je sens que s’ils peuvent aller vers leur père et parler de ces erreurs avec lui, ces garçons seront plus forts et ne répéteront pas leurs erreurs trop souvent, s’ils peuvent venir à leur père. Osez-vous vous coucher le soir sans savoir où sont vos fils ? Savez-vous avec qui ils sont, ou où ils sont, ou savez-vous quand ils rentrent ? ¶
Il y a quelque temps, j’étais un soir à un dîner, et vers onze heures ou onze heures et demie, le téléphone a sonné et l’un des hommes a été appelé au téléphone. Nous ne pouvions pas entendre la conversation des deux côtés, mais nous pouvions entendre ce qu’il disait. Quand il s’est rassis, sa femme lui a dit : « Qui était-ce ? » Il a dit : « Eh bien, c’était notre fils John. Il a simplement appelé pour nous dire qu’il ne rentrerait pas à minuit. » Il disait à son père qu’il allait à un dîner de gaufres après le cinéma ou le bal, je ne me rappelle plus lequel, mais il a appelé pour dire à son père qu’il ne rentrerait pas avant minuit et demi ou une heure. Je me suis tourné vers cet homme et j’ai dit : « Quel âge a votre garçon ? » ¶
Je pensais que c’était un gamin qui téléphonait. Il a dit : « Il a vingt-trois ans. » J’ai pensé : quelle relation merveilleuse, quelle chose merveilleuse que ce garçon prenne le temps et fasse l’effort d’appeler son père pendant une réception pour lui dire qu’il serait un peu plus tard que d’habitude. ¶
Seul ce père a dit : « Nous pouvons rentrer à la maison maintenant, ce soir, et nous n’avons pas besoin de nous inquiéter pour nos enfants. Ils seront à la maison à une certaine heure, ou ils nous appelleront. » Eh bien, il n’y a rien de mal à ce genre de discipline. Ce n’est pas parce que c’est une discipline stricte, c’est parce qu’il y a une entente entre père et fils. ¶
Une relation étroite
Et puis, pères, vos garçons, le soir, quand ils rentrent, viennent-ils dans votre chambre vous embrasser pour vous souhaiter bonne nuit ? Nous avons parfois encouragé nos filles à le faire avec nos épouses, leurs mères, mais nous, pères, n’avons peut-être pas pratiqué cela avec nos propres fils. Qu’y a-t-il de mal à ce qu’un fils entre le soir dans la chambre de son père, s’assoie sur le bord de son lit et lui raconte comment il a aimé sa petite amie, ou comment était la soirée, ou comment cela s’est passé ce soir-là ? ¶
Ne pensez-vous pas que, si un garçon fait cela, il ira dans sa propre chambre, s’agenouillera et dira sa prière après avoir dit bonne nuit à son père ? Ne pensez-vous pas que, s’il est aussi proche de son père, il peut vous ouvrir son cœur après avoir parfois trébuché ou commis une erreur ? Je n’aime pas voir un garçon, ni d’ailleurs un homme, vivre avec ses erreurs, parce que je pense que cela ronge ce qu’il y a de meilleur en lui. Oh, j’espère qu’il pourra aller vers son père et lui parler de ses problèmes, de ses erreurs et de ses peines. Il n’y a aucune raison, pères, pour que nous ne puissions pas être aussi proches de nos fils. Votre garçon vous embrasse-t-il pour vous souhaiter bonne nuit ? Votre garçon vous embrasse-t-il quand vous partez dans la journée, ou quand vous partez en voyage ? Ou avons-nous laissé cela à nos épouses et à nos filles ? J’avoue que j’en ai été coupable pendant des années, mais je suis heureux, tellement heureux d’avoir d’une manière ou d’une autre changé cela dans ma propre vie. Je suis heureux de pouvoir embrasser mon garçon quand il s’approche de moi. Je suis heureux de pouvoir l’embrasser quand je pars ; je suis heureux de pouvoir l’embrasser quand je reviens. Je ne veux pas être privé de cette belle bénédiction. Je vous recommande, pères, de commencer à vivre un peu plus près de vos fils, de les aimer, de n’être pas si stricts avec eux qu’ils ne puissent venir à vous avec quoi que ce soit. ¶
Eh bien, frères, je n’avais pas l’intention de vous dire ces choses. Que le Seigneur vous bénisse afin que vous essayiez de rester proches de vos fils, je le prie au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶