Discours de conférence
Eldred G. Smith
Il y a un avantage à être appelé à parler tôt. Je puis vous assurer que je goûterai cette conférence plus que toute autre que j'aie appréciée auparavant, et j'espère avoir votre foi et vos prières pendant que je me tiens devant vous, car je vous assure que j'en ai besoin. ¶
C'est un spectacle très inspirant que de parcourir du regard cette assemblée, et c'est aussi un sentiment effrayant que de voir tous ces gens, de les sentir me regarder, de ressentir cette responsabilité et d'utiliser votre temps, mais aussi d'y ajouter toutes les personnes qui écoutent, comme le président Smith l'a annoncé, par les systèmes de radiodiffusion et par la télévision. Personne ne sait combien de milliers il y en a — je vous assure que je ressens la responsabilité du temps que j'utilise ici et j'espère avoir votre foi et vos prières en ma faveur pour m'aider à dire ce qui sera profitable. ¶
Le but de la perfection ¶
Le but de tous ceux qui s'efforcent de faire la volonté du Seigneur a été d'accomplir la demande du Sauveur dans son Sermon sur la montagne : ¶
Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. (Matthieu 5:48.) ¶
C'est une exigence plutôt considérable, n'est-ce pas ? Il paraîtrait presque impossible de l'atteindre. Nous ne sommes que des hommes. Et certes, l'erreur est humaine. Les forces contraires du bien et du mal dans le monde, et notre libre arbitre de choisir la voie que nous voulons, rendent très difficile de faire ce qui est juste en tout temps. ¶
La loi du repentir ¶
Dieu nous a donné des commandements et des instructions et nous a montré la voie, et c'est à nous de la suivre. Il sait que nous nous écarterons parfois, c'est pourquoi il nous a donné la loi du repentir. Le repentir n'est pas seulement de la tristesse pour nos péchés, mais aussi le fait de nous détourner et de faire tout notre possible pour réparer. ¶
Il y a quatre sortes de gens dans le monde. Il y a ceux qui ne savent pas quand les choses vont mal, et ceux qui savent quand les choses vont mal mais s'en moquent. Il y a ceux qui savent quand les choses vont mal et s'en soucient, mais pas assez pour les redresser. Et il y a la quatrième sorte, ceux qui savent quand les choses vont mal et s'efforcent intelligemment de les redresser et de les maintenir en ordre. Ce sont là les gens qui savent progresser. ¶
Nous devons être conscients de nos péchés et nous repentir chaque jour de notre vie si nous voulons tendre à la perfection. Le repentir n'est pas seulement pour quelque grand péché ou pour nos péchés passés avant d'être baptisés — c'est aussi regretter chaque faux pas que nous faisons et s'efforcer honnêtement de faire mieux. ¶
Le Seigneur, dans sa sagesse, a divisé notre temps en jour et en obscurité. Avec l'aube de chaque nouveau jour vient une nouvelle occasion de remédier aux erreurs d'hier. Invoquons le Seigneur pour obtenir de l'aide. Chaque matin et tout au long de la journée, nous devrions prier pour avoir la force de faire sa volonté. Nous en avons besoin, car ce sont les petites épreuves quotidiennes, insignifiantes, qui sont les plus difficiles à supporter avec sérénité. Ce sont les péchés en apparence petits, que nous reconnaissons à peine, qui sont les plus difficiles à surmonter. Prions donc constamment pour avoir la force d'être bons, honnêtes, charitables ; et chaque soir, prions pour obtenir le pardon des péchés que nous avons commis, repentons-nous et efforçons-nous davantage le lendemain de faire mieux. ¶
Vaincre le mal ¶
Il y a un vieux dicton : « Il n'y a rien de noble à être supérieur à un autre homme. La vraie noblesse consiste à être supérieur à ce que l'on était auparavant. » Sans opposition, il n'y aurait pas de progrès, car ce n'est qu'en surmontant que nous développons la force. ¶
De même que l'acier qui est chauffé puis trempé devient beaucoup plus solide et plus précieux par suite de cette trempe, nous devenons nous aussi plus forts et plus précieux à mesure que nous surmontons nos péchés, grands ou petits. Chacun a ses épreuves à traverser, et elles semblent toutes différentes. Dans ce processus de trempe de l'âme de l'homme, nous apprenons un grand principe parmi bien d'autres : la nécessité du repentir. C'est cet esprit de repentir que le Seigneur demande comme condition préalable au baptême, afin que, par l'acte du repentir, l'homme puisse s'engager sur la route de la perfection et recevoir le baptême et le Saint-Esprit. Mais le repentir ne s'arrête pas là. C'est le commencement du progrès ; et dès que le repentir cesse, le progrès cesse. ¶
Si nous devons devenir parfaits, nous devons constamment vaincre les puissances du mal. Nous trouvons les puissances du mal de tous côtés, chaque jour. Nous apprenons à les combattre dès la plus tendre enfance. Nos parents nous enseignent à faire le bien et à éviter le mal. On nous enseigne à distinguer dans une certaine mesure entre le bien et le mal. On nous enseigne la loi du repentir en corrigeant ce qui est mal. Ces enseignements de la mère et du père sont les plus durables, et beaucoup de grands hommes attribuent leur réussite à ces premiers enseignements. ¶
Parents, voilà le défi qui nous est lancé. Pouvons-nous donner à nos enfants le bon départ dans la vie ? Il y a aussi le défi pour tous les autres. Pouvons-nous vivre de façon à rester vrais et fidèles aux enseignements de justice que nos parents nous ont donnés ? Pouvons-nous ressembler davantage au « pin solitaire » que l'on voit si souvent sur les sommets les plus élevés de nos belles montagnes — ce pin qui se tient seul, courbé et balancé par le vent ? Ces vaillants arbres sont connus des naturalistes sous le nom de « pin flexible », ainsi nommé à cause de leur élasticité, qui leur permet de traverser les violentes tempêtes qui se déchaînent parfois autour d'eux. On peut nouer leurs branches sans en rompre l'écorce. Une fois dénouées, les branches reprennent d'un coup leur position initiale. ¶
Il faut de la souplesse ¶
Nous voyons, dans leur survie, non pas seulement la force, mais la victoire dans leur capacité de se redresser d'un bond après s'être courbés sous la furie de la bourrasque. L'élasticité est un facteur important dans le but de la perfection. Les vents de la vie peuvent nous courber, mais si nous avons de l'élasticité d'esprit, ils ne peuvent pas nous briser. Se redresser courageusement après avoir eu la tête inclinée dans la défaite, la déception et la souffrance est l'épreuve suprême du caractère. Ces gens-là vivent sur les sommets de la vie et sont sur la route de la perfection. ¶
Il y en a beaucoup qui ont plié devant la déception ou la critique, ou pour quelque autre raison semblable, et ont interrompu leur progrès dans la prêtrise, et qui ont manqué de l'élasticité nécessaire pour se relever à la hauteur des circonstances et, malgré l'opposition, continuer à progresser. Pouvez-vous reconnaître vos erreurs et essayer intelligemment de les corriger ? Pouvez-vous aussi tenir compte des faiblesses des autres et leur donner la possibilité de réparer ? ¶
La procrastination ¶
Il y a une chose importante dont il faut se souvenir. À mesure que l'on remet à plus tard le moment du repentir, la capacité de se repentir s'affaiblit. La négligence d'une occasion dans les choses saintes entraîne la perte de la chance. ¶
Nous lisons dans le Livre de Mormon, dans le livre d'Alma : ¶
Vous ne pouvez pas dire, lorsque vous êtes amenés à cette crise affreuse : Je vais me repentir, je vais retourner à mon Dieu. Non, vous ne pouvez pas le dire ; car ce même esprit qui possède votre corps au moment où vous quittez cette vie, ce même esprit aura le pouvoir de posséder votre corps dans le monde éternel. ¶
Car voici, si vous avez différé le jour de votre repentir jusqu’à la mort, voici, vous vous êtes assujettis à l’esprit du diable, et il vous scelle comme siens ; c’est pourquoi, l’Esprit du Seigneur s’est retiré de vous et n’a pas de place en vous, et le diable a tout pouvoir sur vous ; et c’est là l’état final des méchants. (Alma 34:34-35.) ¶
Les enseignements de la conférence ¶
Que le Seigneur nous bénisse afin que nous puissions toujours garder ses commandements du mieux que nous le pouvons. Et je vous bénis, mes frères et mes sœurs, d'une force de mémoire suffisante pour emporter chez vous l'esprit et les enseignements de cette conférence, afin que vous n'oubliiez pas les grains de vérité et de lumière, et que vous ne soyez pas si accablés par les nombreux enseignements de cette conférence que vous en perdiez de vue les choses importantes, mais que vous vous en souveniez, les mettiez en pratique et les enseigniez aux nombreuses centaines de nos membres qui ne peuvent pas assister à cette conférence. ¶
Je vous bénis, mes frères et mes sœurs, afin que vous soyez des saints en vérité, par votre fidélité et votre dévouement aux enseignements qui sont donnés dans cette conférence, et que Dieu soit avec nous tous, afin que nous puissions toujours l'honorer et le glorifier. Que Dieu soit toujours honoré et glorifié pour ses multiples miséricordes envers nous, ses enfants, je le demande par Jésus-Christ. Amen. ¶