Discours de conférence
Ernest C. Rossiter
Mes chers frères et sœurs, c'est avec crainte et tremblement que je me tiens devant vous en ce moment, le cœur rempli de beaucoup de gratitude et de reconnaissance pour les bénédictions qui me sont venues de mon effort pour servir le Seigneur à divers titres tout au long de ma vie. C'est ma troisième apparition à cette tribune : j'y ai fait un rapport une fois comme président de la mission de France, et deux fois comme président de la mission de Tahiti. Étant rentré depuis peu de la mission de Tahiti, je vais maintenant faire le rapport de cette mission. ¶
J'ai été très heureux d'entendre les paroles de frère Spencer Kimball, car il a parlé du peuple parmi lequel j'ai travaillé pendant quelque neuf ans, c'est-à-dire le peuple lamanite des mers du Sud, dans les îles de la Société, à Tahiti et dans les diverses îles de cet archipel. De tous les peuples du monde, je crois qu'il n'en est aucun qui ait plus de foi, plus de confiance en Dieu, que les habitants des mers du Sud qui, croyons-nous, sont des descendants directs des Lamanites et des Néphites. ¶
J'ai souvent dit à ces gens que mon amour et ma compassion pour eux étaient si grands que, si le Seigneur le permettait de l'autre côté, après avoir traversé la mort, ce serait pour moi un grand plaisir d'être missionnaire auprès de ceux de cette race qui n'auraient pas eu le privilège d'entendre l'Évangile et de l'accepter dans cette vie. ¶
J'aime ces gens. C'est un peuple qui craint Dieu. C'est un peuple juste et Dieu l'aime. J'en suis sûr, car parmi eux se produisent de nombreux miracles merveilleux et de nombreuses manifestations de l'Esprit du Seigneur. En fait, de toutes mes expériences missionnaires, j'ai vu accomplir plus de choses merveilleuses par l'Esprit du Seigneur parmi les habitants des mers du Sud, au pays de Tahiti, qu'en tout autre lieu où j'ai travaillé. ¶
Il n'est pas difficile à l'Esprit du Seigneur de se manifester parmi ces gens, car ils ont une foi absolue. Chez eux, c'est oui ou c'est non. Ils n'ont pas de médecins parmi eux. Ils n'en ont pas besoin. Ils ont les missionnaires et la prêtrise. Si l'un d'eux tombe malade, sa foi est si forte que, par le pouvoir du Seigneur, beaucoup d'entre eux sont guéris de maladies de toutes sortes. Des plus graves aux plus simples, pourrait-on dire, des miracles se sont ainsi accomplis parmi ces ¶
gens. Les yeux des aveugles ont été ouverts ; les oreilles des sourds ont été rendues capables d'entendre ; et ceux qui avaient pris le chemin de l'autre monde ont été rappelés à la vie. J'ai été témoin de ces choses parmi ces gens et je puis témoigner qu'elles sont vraies. ¶
J'ai été heureux d'apprendre que l'Église porte depuis peu un très vif intérêt au peuple tahitien, puisqu'elle y construit maintenant une très belle maison de mission et un tabernacle pour ces gens, ce qui, j'en suis sûr, fera beaucoup de bien à la population de là-bas ; et, en conséquence, de nombreux convertis se feront, non pas à cause du bâtiment de l'Église, non pas à cause de la nouvelle maison de mission, mais à cause du profond intérêt que l'Église porte aux habitants des mers du Sud. ¶
Dans les diverses parties des mers du Sud, on voit de nouvelles écoles, des collèges et ainsi de suite en construction, et maintenant, avec le profond intérêt que l'Église porte aux Indiens d'Amérique, le temps approche rapidement, je crois, où la prophétie s'accomplira dans sa plus grande mesure. ¶
Je suis heureux de faire le rapport de mes expériences missionnaires dans les mers du Sud. Quand j'ai quitté les gens de là-bas, ils étaient en bonne condition. Ils allaient bien. Ils étaient fidèles dans l'Église. Cependant, il n'y avait pas d'autres missionnaires que ma femme et moi qui travaillaient dans les îles de l'archipel de la Société, et cela au moment de la récente guerre. Il était assez difficile de se déplacer, mais la plus grande partie du temps s'est passée entre Tahiti et les diverses îles, sur des distances de 1 600 à 2 000 milles à bord de petits bateaux. ¶
Tout cela était intéressant. La nourriture, bien sûr, n'était pas abondante, mais malgré tout, quand on a l'Esprit du Seigneur, rien n'a d'importance, sinon que l'on s'efforce d'aider les gens qui s'intéressent à l'Évangile de Jésus-Christ. C'est pourquoi ma mission à Tahiti a valu la peine pour moi et, je crois, pour les habitants des mers du Sud. ¶
J'ai un solide témoignage de l'Évangile de Jésus-Christ. Je sais que Joseph Smith était un prophète de Dieu. Je sais que George Albert Smith, ses conseillers et le Collège des douze apôtres sont les autorités actuellement constituées de l'Église, qu'ils sont des hommes inspirés de Dieu, et j'aime les servir. J'aime obéir à leurs commandements, et j'espère que Dieu me donnera la force et la puissance de leur obéir et de recevoir, quand j'aurai quitté cette sphère d'action, une exaltation en la présence de Dieu. ¶
Comme les autres frères ont parlé de leurs épouses, permettez-moi de prendre environ deux minutes pour faire l'éloge de ma bien-aimée épouse. Je crois qu'aucun président de mission n'a été béni d'une épouse plus fidèle que la mienne. ¶
Lorsque nous avons été appelés à Tahiti, le président McKay nous a demandé si nous voulions bien y aller, et, sans consulter sœur Rossiter, j'ai répondu : « Oui. » Quand je suis rentré à la maison, j'ai parlé de cela à sœur Rossiter, et elle a dit : « As-tu mentionné que j'ai de l'asthme et qu'il m'est tout à fait impossible d'y aller ? » ¶
J'ai dit : « J'avais oublié. » J'ai dit : « Dois-je retourner lui dire qu'il sera impossible d'y aller ? » ¶
Elle a dit : « Non. Tu as reçu un appel et je te suivrai. » ¶
Eh bien, frères et sœurs, mon cœur a saigné pour elle depuis notre départ jusqu'à notre retour. Elle a eu de l'asthme presque constamment. Nous sommes arrivés à San Francisco et nous y avons attendu le retour du président de la mission de Californie, notre regretté gouverneur Blood. Il a donné une bénédiction à ma femme. Il était en larmes en la lui donnant et a dit : « Sœur Rossiter, vous n'êtes pas en état de partir en mission. Retournez chez vous et dites-le aux frères. » ¶
Elle a dit : « Je vais partir en mission. J'ai été appelée et j'irai, même si c'est la dernière chose que je fais. » ¶
Nous sommes arrivés aux îles Hawaï, et le médecin du bateau a dit : « Vous ne pouvez pas aller plus loin. » Il a dit : « Je n'en prendrai pas la responsabilité. Vous devez descendre ici et être hospitalisée. » ¶
Ma femme a dit : « Je n'en ferai rien. Je resterai sur le bateau et j'irai jusqu'à ma destination. » ¶
Nous sommes arrivés aux Samoa et la même chose s'est produite. J'ai parlé avec elle et je l'ai conseillée. Elle a dit : « Rien ne me dissuadera d'aller accomplir cette mission. J'y vais et je vais en revenir saine et sauve. » ¶
Nous sommes arrivés à Tahiti. Elle a souffert de l'asthme. Si certains d'entre vous en ont été atteints, vous savez ce que c'est, et moi aussi, de même, j'ai souffert avec elle. Elle m'a soutenu dans toutes mes entreprises et, sans elle, ma mission aurait été impossible. Je crois qu'elle a plus de foi que quiconque de ma connaissance, et je remercie Dieu, notre Père éternel, de me l'avoir donnée pour compagne tout au long de cette vie. ¶
Je vous rends ce témoignage et je le fais au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶