Pulpit

Une nouvelle reconnaissance venue des militaires

Harold B. Lee

1945 October General Conference·Friday Afternoon Session·1945-10-05

Je désire rendre témoignage cet après-midi, mes frères et sœurs, de la grande œuvre à laquelle nous prenons part, qu'elle est l'œuvre de notre Père, et que ceux qui président en tant que Présidence de l'Église sont des prophètes, voyants et révélateurs, au sujet desquels le Seigneur a dit qu'il ne ferait rien sans révéler ses secrets. En ce jour, un jour où peut-être la jeunesse de l'Église a été confrontée aux plus grands problèmes que la jeunesse d'aucune époque ait jamais connus, particulièrement en cette dispensation, ce n'est pas une simple coïncidence qu'il vienne à la Présidence de l'Église un homme qui, de nos jours, a eu plus à faire avec la présidence des organisations de jeunesse qu'aucun autre homme. Il apporte une richesse d'expérience qui, pour moi, augure un programme de soin et d'attention aux problèmes de la jeunesse, tel que nous en avons grandement besoin en ce jour.

Une nouvelle reconnaissance venue des militaires

Il nous est parvenu récemment une résolution adoptée par un groupe de nos militaires qui se trouvaient sur le théâtre européen de la guerre. Ils intitulèrent ce document, qu'ils avaient préparé et sur lequel ils s'étaient mis d'accord, « Une nouvelle reconnaissance », et voici, en partie, ce qu'il disait :

D'un monde de chaos et de confusion, des profondeurs sans espoir d'une catastrophe universelle, naissent de nouvelles convictions, une nouvelle reconnaissance pour les vertus les plus fines de la vie. Nous avons quitté un monde où certaines vérités fondamentales étaient acceptées à la légère, où nos pensées et nos actions se caractérisaient par une tendance à être trop fiers et un peu arrogants. Nous nous sommes rendus coupables d'évaluer les qualités désirables d'une jeune fille selon les critères établis par un juge dans un concours de beauté hollywoodien. Certains d'entre nous ont peut-être été plus coupables que d'autres, mais nous l'avons tous été. Dimanche dernier, dans une réunion, nous avons ouvertement confessé cette erreur regrettable ; nous avons demandé pardon pour tout ce que nous avons pu négliger par cette totale méprise. Nous pensons pouvoir parler au nom de la grande majorité des militaires saints des derniers jours à travers le monde en disant que, par ce nouveau canal, Dieu nous a donné la véritable lumière de la beauté réelle. Une jeune fille est belle lorsque sa vertu ne peut être mise en doute, lorsque sa stabilité et sa foi dans l'Église sont inébranlables. Une jeune fille est belle lorsqu'elle est sincère et humble, lorsqu'elle regarde un enfant avec affection, ou une personne souffrante avec compassion. Elle est belle parce qu'elle a un sourire et un mot joyeux pour ses compagnes. La beauté ne réside pas dans le seul visage, mais se mesure plutôt au caractère et à la douceur de son tempérament, comme nous nous attendons à ce qu'elle le soit. Mais vous pouvez être sûrs d'une chose : ceux d'entre nous qui sont encore célibataires et qui désirent la compagnie d'une belle jeune fille iront la chercher à l'Association d'amélioration mutuelle. Nous avons voyagé dans bien des régions du monde, et un tel voyage n'a fait que nous convaincre plus fermement que jamais que notre plus grand espoir d'un bonheur complet réside en Sion. Là, nous pouvons être assurés que les jeunes filles sont belles. (Voir Improvement Era, août 1945, p. 435.)

En lisant ce sentiment élevé, venu d'un monde où l'on trouve tout le contraire de tous côtés, j'ai remercié mon Père céleste que ces fils de Sion élèvent devant le monde un étendard et une bannière de pureté morale. Si les filles fidèles de Sion étaient interrogées, elles feraient écho à ce sentiment envers ces fils, et diraient que si les jeunes gens de l'Église doivent être à la hauteur des critères de ces jeunes filles, ils doivent rentrer chez eux et apporter à l'autel du mariage des esprits et des corps aussi propres et purs que ceux que les militaires attendent de leurs compagnes. Pour les vraies filles saintes des derniers jours, bien plus désirable que la richesse et un beau visage est un jeune homme vertueux, honnête, doté d'intégrité et fidèle aux enseignements de l'Évangile.

En pensant à nos jeunes gens s'exprimant ainsi, je me rends compte qu'ils obéissent aux paroles de notre Père, qui nous a donné une injonction divine en ces termes :

En vérité, je vous le dis à tous : [c'est-à-dire à chaque membre de l'Église] Levez-vous, brillez, afin que votre lumière soit une bannière pour les nations. (D. et A. 115:5.)

La responsabilité du choix

Il était clairement dans l'intention de notre Père céleste que ce jour, le nôtre, soit un jour de démonstration du pouvoir et de l'efficacité de l'Évangile de Jésus-Christ dans la vie de tous ceux qui devaient être membres de son Église. Cela a également, selon les Écritures, été manifestement son dessein à l'égard de son peuple élu dans chaque dispensation. Aux esprits qui n'étaient pas encore incarnés, ainsi que le rapportent les Écritures, le Seigneur dit :

... Nous descendrons,... et nous prendrons de ces matériaux, et nous ferons une terre sur laquelle ceux-là pourront habiter ; nous les mettrons ainsi à l'épreuve, pour voir s'ils feront tout ce que le Seigneur, leur Dieu, leur commandera. (Abraham 3:24-25.)

Père Léhi expliqua à son fils que, pour accomplir ce dessein éternel, il devait y avoir opposition en toutes choses, et qu'à chaque individu sur la terre devait être donné le droit du libre arbitre, et aussi qu'il devait exister dans le monde le pouvoir d'inciter au mal et le pouvoir d'inciter au bien.

Dans le monde des esprits, il y en eut qui furent vaillants — plus vaillants que d'autres — à choisir de faire le bien, et ils devinrent ainsi les nobles et grands, au sujet desquels le Seigneur dit : « De ceux-ci je ferai mes dirigeants » (Abraham 3:23), et ainsi, sur cette terre, venant par une lignée choisie, ces nobles et grands sont appelés, en tant que membres de l'Église et du royaume de Dieu, en chaque époque, à être les dirigeants du monde de péché et de méchanceté.

C'est de cette même responsabilité que parla le Maître à ses disciples lorsqu'il dit :

Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée ; et on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes afin qu'ils voient vos bonnes œuvres, et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. (Matt. 5:14-17.)

En effet, il déclara que ses enfants choisis seraient reconnus à leurs œuvres :

Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons ? Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits... C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. (Matt. 7:16-17, 20.)

L'Église du Christ doit être une lumière pour le monde

À Noé, le Seigneur déclara que, parce que toute chair avait corrompu sa voie sur la terre, il se proposait de détruire l'homme de la face de la terre. Ainsi, à un moindre degré, en chaque dispensation, le Seigneur a commandé que si des membres de son Église, ayant pris sur eux son nom, péchaient gravement et refusaient de se repentir, ils devaient être retranchés du milieu de son peuple, de peur qu'ils ne deviennent une pierre d'achoppement pour le monde. Maintenir tous de tels membres dans l'Église reviendrait à jeter le discrédit et le déshonneur sur l'œuvre de notre Père céleste.

Le Seigneur nous a dit que son but, en nous envoyant, en cette dispensation, l'alliance éternelle, était qu'elle

... soit une lumière pour le monde, et une bannière pour mon peuple, pour que les Gentils la recherchent et pour qu'elle soit une messagère devant ma face, pour préparer le chemin devant moi. (D. et A. 45:9.)

Il y a des centaines d'années, le prophète Ésaïe vit notre jour et le prophétisa :

... la montagne de la maison de l'Éternel sera fondée sur le sommet des montagnes, et s'élèvera par-dessus les collines ; et toutes les nations y afflueront. Des peuples s'y rendront en foule et diront : Venez, et montons à la montagne de l'Éternel, à la maison du Dieu de Jacob ; afin qu'il nous enseigne ses voies, et que nous marchions dans ses sentiers. (Ésaïe 2:2-3.)

Cette prophétie se rapportait manifestement aux enfants de l'alliance du Seigneur en cette dispensation, qui devaient être comme un levain pour le monde, pour les conduire à ce jour glorieux de paix où les hommes « forgeraient leurs épées en socs de charrue et leurs lances en serpes », et où les nations n'apprendraient plus la guerre.

Paroles d'avertissement et de bénédiction

Le Seigneur parla de ce jour de conflit terrible, le nôtre, comme d'un jour où le monde entier semblerait être en commotion, mais il conseilla à son peuple :

C'est pourquoi, tenez-vous en des lieux saints, et ne vous laissez pas ébranler jusqu'à ce que le jour du Seigneur vienne ; car voici, il vient rapidement, dit le Seigneur. (D. et A. 87:8.)

Et puis il réconforta son peuple par ces paroles :

Et la gloire du Seigneur y sera, et la terreur du Seigneur y sera aussi, de telle sorte que les méchants n'y viendront pas, et on l'appellera Sion. (D. et A. 45:67.)

Et de nouveau, il a dit, concernant la bénédiction qui viendrait aux fidèles en son jour :

Mon indignation va bientôt se déverser sans mesure sur toutes les nations ; et cela, je le ferai lorsque la coupe de leur iniquité sera pleine. Et ce jour-là, tous ceux qui seront trouvés sur la tour de garde, ou, en d'autres termes, tout mon Israël, seront sauvés... C'est pourquoi, que votre cœur soit consolé au sujet de Sion, car toute chair est entre mes mains ; soyez calmes et sachez que je suis Dieu. (D. et A. 101:11-12, 16.)

Contre les tentations quotidiennes qui viennent nous inciter à vivre en dessous des principes que nous professons et enseignons, le Seigneur nous admoneste d'abord par une bénédiction, comme il l'a dit à ses disciples :

Heureux serez-vous, lorsqu'on vous insultera, qu'on vous persécutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi.... car c'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous. (Matt. 5:11-12.)

Et puis il nous avertit :

Malheur, lorsque tous les hommes diront du bien de vous, car c'est ainsi qu'agissaient leurs pères à l'égard des faux prophètes ! (Luc 6:26.)

Bien qu'il nous convienne de rechercher la bienveillance des hommes et des femmes droits partout, il est bon pour nous de nous souvenir que lorsque les hommes lascifs, immoraux et corrompus se mettent à nous complimenter et à rechercher nos bonnes grâces, nous ferions mieux de commencer à nous examiner nous-mêmes pour voir si nous accomplissons pleinement notre devoir. L'apôtre Pierre dit aux saints de son temps :

Vous, au contraire, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. (1 Pierre 2:9.)

Notre échec à être un peuple « particulier », maintenant nos principes malgré les railleries et les critiques de la foule, sera notre échec à être choisis pour cet appel auquel nous sommes appelés.

Le Seigneur nous a dit :

Voici, il y a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus. (D. et A. 121:34.)

Et il indique ensuite, dans la même révélation, deux raisons pour lesquelles les hommes manquent leurs bénédictions. La première raison qu'il donne, c'est que leur cœur est tellement fixé sur les choses de ce monde ; et la seconde, c'est qu'ils aspirent tant aux honneurs des hommes. Ainsi donc, en tant que membres de l'Église, veillons à ne pas fixer notre cœur sur les choses de ce monde et à ne pas aspirer tant aux honneurs des hommes que nous compromettions nos principes. Si nous le faisons, nous serons retranchés au jour du jugement et nous perdrons nos bénédictions. Notre récompense, pour avoir osé vivre l'Évangile malgré les oppositions du monde extérieur, sera de voir des bénédictions ajoutées sur nos têtes à jamais et à jamais.

L'Évangile enseigné par l'exemple

Comme le Seigneur nous exhorte, en ce jour, à être attentifs aux principes que nous devrions maintenir devant le monde, je me suis souvenu des nombreux incidents qui ont été racontés et qui indiquent que les yeux du monde sont fixés sur cette Église et sur sa jeunesse, garçons et filles. Dans presque chaque incident où un jeune homme s'est converti à l'Église grâce à nos garçons en service militaire, il nous a dit avoir été attiré vers l'Église à cause de la vie pure et propre de quelque jeune saint des derniers jours avec lequel il était associé. C'est un jour de démonstration où nous, saints des derniers jours, prêcherons davantage l'Évangile de vérité par notre vie que par toutes les paroles que nous pourrions imaginer. Le Seigneur nous a dit :

Car Sion doit croître en beauté, et en sainteté ; ses frontières doivent être élargies, ses pieux doivent être fortifiés ; oui, en vérité, je vous le dis : Sion doit se lever et revêtir ses habits d'apparat. (D. et A. 82:14.)

Que le Seigneur nous bénisse de la force de le faire, et que quiconque a pris son nom soit fidèle à ce nom et vive les alliances qu'il a contractées en tant que membre de l'Église, et que la jeunesse partout fasse écho aux sentiments que ces jeunes gens remarquables nous ont rapportés, et se souvienne que la vertu, la pureté et l'intégrité sont les choses qui les marquent comme vivant au-dessus des choses du monde. Que le Seigneur nous bénisse tous de la puissance et de la force de maintenir les principes que notre Père nous a donnés dans son alliance éternelle, je le prie humblement, au nom du Seigneur Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursHarold B. Lee, « Une nouvelle reconnaissance venue des militaires », 1945 October General Conference, Friday Afternoon Session (1945-10-05). Pulpit Vault, 1945-10-harold-b-lee-a-new-appreciation-from-service-men. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).