Pulpit

La nécessité d'un rétablissement de la vérité

Joseph Fielding Smith

1944 October General Conference·Third Day Afternoon Session·1944-10-08

Mes frères, je m'en remets à votre foi et à vos prières, ainsi qu'à la conduite de l'Esprit du Seigneur, pour ce que je pourrai être amené à dire cet après-midi.

La nécessité d'un rétablissement de la vérité

Il y a cent quatorze ans, le Seigneur a rétabli l'Évangile et réorganisé son Église sur la terre. La raison de cette organisation et de ce rétablissement tient au fait que, pendant des siècles, le monde avait été dans les ténèbres spirituelles, sans l'autorité et sans la compréhension ; il ne savait pas comment adorer le Dieu vivant.

Le Seigneur a dit, au commencement de cette œuvre :

C'est pourquoi, moi, le Seigneur, connaissant la calamité qui s'abattra sur les habitants de la terre, j'ai fait appel à mon serviteur Joseph Smith, fils, lui ai parlé du haut des cieux et lui ai donné des commandements. Et j'ai aussi donné à d'autres le commandement de proclamer toutes ces choses au monde, afin que s'accomplisse ce qui a été écrit par les prophètes : Les choses faibles du monde s'avanceront pour abattre les puissantes et les fortes, afin que l'homme ne conseille pas son semblable et ne place pas sa confiance dans le bras de la chair, mais afin que chacun parle au nom de Dieu, le Seigneur, le Sauveur du monde, afin que la foi grandisse sur la terre, afin que mon alliance éternelle soit établie, afin que la plénitude de mon Évangile soit proclamée par les faibles et les simples jusqu'aux extrémités du monde et devant les rois et les gouverneurs. (D. & A. 1:17-23.)

L'alliance éternelle avait été rompue ; la juste compréhension des principes de l'Évangile avait disparu par l'apostasie ; le droit d'officier dans les ordonnances de l'Évangile avait cessé parmi les hommes. Il devenait nécessaire que tout cela soit rétabli, et que la foi grandisse parmi le peuple par l'ouverture des cieux et un rétablissement de l'Évangile.

Ainsi, le Seigneur envoya ses messagers de sa présence, avec la plénitude de l'Évangile, et avec le pouvoir et l'autorité de la prêtrise à conférer aux hommes, et il leur donna des commandements, comme il est indiqué dans ce commandement — car le Seigneur connaissait les calamités qui devaient s'abattre sur le monde, et telle était sa volonté qu'un avertissement en bonne et due forme, ainsi que l'occasion de recevoir l'Évangile, soient donnés aux hommes afin qu'ils se repentent, se détournent de leurs mauvaises voies et servent le Seigneur.

Il envoya ses messagers dans toutes les parties de la terre pour prêcher cet Évangile, en accomplissement de la promesse faite par notre Seigneur, telle qu'elle est consignée au vingt-quatrième chapitre de Matthieu, non pas donnée correctement dans la Bible, cependant, mais donnée correctement au prophète Joseph Smith. Lorsque le Seigneur parlait à ses disciples, il leur dit : « Et de plus, cet Évangile du royaume sera prêché dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin. » Telle est la juste compréhension de ses paroles.

Et de nouveau, cet Évangile s'est répandu dans le monde, et...

... la voix d'avertissement s'adressera à tous les peuples, par la bouche des disciples que je me suis choisis en ces derniers jours. Et ils iront, et nul ne les arrêtera, car c'est moi, le Seigneur, qui le leur ai commandé. Voici, ceci est mon autorité, et l'autorité de mes serviteurs, et ma préface au livre de mes commandements, que je leur ai donné à publier pour vous, ô habitants de la terre. Craignez donc et tremblez, ô peuples, car ce que moi, le Seigneur, j'y ai décrété s'accomplira. (D. & A. 1:4-7.)

Et ainsi ses serviteurs sont allés de l'avant ; ils vont de l'avant depuis plus de cent ans, proclamant la vérité, criant repentance, appelant les peuples à se détourner de leur mauvaise voie pour l'adoration du Dieu vivant.

Le message des premiers missionnaires de l'Église

J'ai été très heureux tout au long de cette conférence, car elle a été un cri de repentance. Le Seigneur a dit à certains de ces premiers missionnaires qui sont allés de l'avant, lorsqu'ils demandaient information et direction, qu'ils ne devaient prêcher que la repentance et la rémission des péchés. Il a dit qu'il les envoyait dans un monde pervers, au cou roide et méchant.

Permettez-moi de vous lire un ou deux de ces passages. En mars, avant l'organisation de l'Église, le Seigneur a dit :

Oh, quelle génération incrédule et au cou roide que celle-ci ! Ma colère est allumée contre elle ! (D. & A. 5:8.)

Et en envoyant ces missionnaires avec le message de vérité, il a dit encore :

Et je vous donne, à vous qui êtes les premiers ouvriers dans ce dernier royaume, le commandement de vous assembler, de vous organiser, de vous préparer et de vous sanctifier ; oui, purifiez-vous le cœur et lavez-vous les mains et les pieds devant moi, afin que je vous rende purs ; afin que je témoigne à votre Père, votre Dieu et mon Dieu, que vous êtes purs du sang de cette génération méchante, afin que j'accomplisse, lorsque je le voudrai, cette promesse, cette grande et dernière promesse que je vous ai faite. (D. & A. 88:74-75.)

Et de nouveau, lorsque ces missionnaires furent appelés à partir, le Seigneur leur donna cette instruction :

Voici, ils ont été envoyés prêcher mon Évangile parmi les assemblées des méchants ; c'est pourquoi je leur donne le commandement suivant : tu ne gaspilleras pas ton temps à ne rien faire et tu n'enterreras pas ton talent pour qu'il ne soit pas connu. (D. & A. 60:13.)

Tel fut le conseil donné à ces missionnaires. Ils allèrent donc dans un monde pervers, rencontrant l'opposition, la haine et la condamnation des hommes, rassemblant, comme le Seigneur avait dit qu'ils le feraient, deux d'une famille et un d'une ville — expression plutôt étrange — mais ils les rassemblèrent, et je regarde en ce moment même les visages des fils des parents qui entendirent le message de vérité, le reçurent avec joie, et furent rassemblés.

L'avertissement donné au monde

Mais le monde a refusé d'entendre le message, et tout au long de ces cent quatorze années durant lesquelles cet Évangile a été prêché parmi les nations de la terre, le monde a refusé d'entendre. Ils ont rejeté les paroles des prophètes ; ils ont ridiculisé les missionnaires qui leur ont porté le message. Tout ce que Satan pouvait faire pour accomplir ses desseins et détruire cette œuvre éternelle qui est venue, pour ne plus jamais être détruite ni ôtée de la terre, tout ce qu'il pouvait faire fut fait, et l'esprit des gens fut généralement aveuglé ; mais çà et là, ceux qui étaient de la maison d'Israël, qui pouvaient reconnaître la voix du Berger, furent rassemblés.

Or, quelques-uns de mes bons frères qui ont parlé ont exprimé certaines des pensées que j'espérais dire, aussi vais-je peut-être me répéter un peu.

Une fois encore, le Seigneur dit à ses missionnaires :

Écoutez, car voici, le grand jour du Seigneur est tout proche. Car le jour vient où le Seigneur fera retentir sa voix du ciel. Les cieux seront ébranlés, et la terre tremblera, et la trompette de Dieu sonnera longtemps et avec force, et dira aux nations endormies : Saints, levez-vous et vivez ; pécheurs, demeurez et dormez, jusqu'à ce que j'appelle de nouveau. C'est pourquoi, ceignez-vous les reins, de peur de vous trouver parmi les méchants. Élevez la voix et ne vous ménagez pas. Appelez les nations au repentir, jeunes et vieux, esclaves et libres, disant : Préparez-vous pour le grand jour du Seigneur. Car si moi, qui suis un homme, j'élève la voix et appelle au repentir, et que vous me haïssez, que direz-vous quand le jour viendra où les tonnerres feront entendre leur voix des extrémités de la terre, parlant aux oreilles de tous ceux qui vivent, en disant : Repentez-vous et préparez-vous pour le grand jour du Seigneur ? Oui, et encore, lorsque les éclairs sillonneront le ciel d'est en ouest, feront retentir leur voix aux oreilles de tous ceux qui vivent et feront tinter les oreilles de tous ceux qui entendent, disant ces paroles : Repentez-vous, car le grand jour du Seigneur est arrivé ? Et de plus, le Seigneur fera retentir sa voix du ciel, disant : Écoutez, ô nations de la terre, et entendez les paroles de ce Dieu qui vous a faites. Ô nations de la terre, combien de fois vous aurais-je rassemblées comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, mais vous ne l'avez pas voulu ! Combien de fois ne vous ai-je pas appelées par la bouche de mes serviteurs, par le ministère d'anges, par ma propre voix, par la voix des tonnerres, par la voix des éclairs, par la voix des tempêtes, par la voix des tremblements de terre et des grandes tempêtes de grêle, par la voix des famines, des pestes de toutes sortes, par le grand son d'une trompette, par la voix du jugement, par la voix de la miséricorde tout le jour, par la voix de la gloire, de l'honneur et des richesses de la vie éternelle, et je vous aurais sauvées dans un salut éternel, mais vous ne l'avez pas voulu ! Voici, le jour est venu où la coupe de la colère de mon indignation est pleine. Voici, en vérité, je vous dis que ce sont là les paroles du Seigneur, votre Dieu. (D. & A. 43:17-27.)

Voilà un avertissement qui fut lancé au monde. Il n'en a pas tenu compte. Revenant maintenant à ce que le Seigneur a dit dans la préface de ce livre de commandements, je vais en lire davantage :

Et en vérité, je vous dis qu'à ceux qui vont porter ces nouvelles aux habitants de la terre, est donné pouvoir de sceller, tant sur la terre que dans les cieux, les incrédules et les rebelles ; oui, en vérité, de les sceller pour le jour où la colère de Dieu sera déversée sans mesure sur les méchants, pour le jour où le Seigneur viendra rétribuer chaque homme selon ses œuvres et mesurer chaque homme de la mesure dont il a mesuré son prochain. C'est pourquoi, la voix du Seigneur s'adresse aux extrémités de la terre, afin que tous ceux qui veulent entendre entendent. Préparez-vous, préparez-vous pour ce qui va arriver, car le Seigneur est proche ; et la colère du Seigneur est allumée, et son épée s'est enivrée dans les cieux, et elle tombera sur les habitants de la terre. (D. & A. 1:8-13.)

Il y a un grand nombre de paroles prophétiques qui furent données au prophète Joseph Smith, et consignées dans ce livre de Doctrine et Alliances, dans lesquelles le Seigneur avertissait ce monde des calamités et de la destruction, des guerres et des pestes qui s'abattraient sur lui s'il refusait d'écouter le témoignage de ces humbles anciens d'Israël.

Il dit encore :

Moi, le Seigneur, je suis en colère contre les méchants ; je refuse mon Esprit aux habitants de la terre. Dans ma colère, j'ai juré et décrété des guerres à la surface de la terre ; les méchants tueront les méchants, et la crainte s'abattra sur tous les hommes. (D. & A. 63:32, 33.)

Or, ce fut là une calamité qui s'abattit sur le monde, lorsque le Seigneur décréta qu'il retiendrait son esprit aux habitants de la terre. Il ne faisait pas référence au Saint-Esprit, car ils n'avaient jamais eu le don du Saint-Esprit, mais il faisait référence à la lumière de la vérité, ou Esprit du Christ, qui les aurait conduits à la vérité, s'ils en avaient tenu compte. Cet esprit, il le leur retirait à cause de leur méchanceté, et le retrait de son esprit devait leur apporter ces calamités — les pestes, les fléaux, et tout le reste qui est mentionné ici, y compris l'effusion de sang et la guerre.

La méchanceté qui domine dans le monde

Aujourd'hui, nous trouvons ce monde déchiré ; la méchanceté domine dans le cœur des gens, la détresse règne parmi les nations, l'effusion de sang est telle que le monde n'en a jamais vu de pareille. Je vais avoir l'audace de dire que tout cela aurait pu être évité ; cela aurait été inutile, si les habitants du monde avaient écouté la voix des anciens d'Israël qui leur furent envoyés avec ce message de salut, et qu'ils refusèrent de recevoir.

De plus, nous crions vers la paix ; on nous appelle à prier pour la paix, et nous prions pour la paix. Je n'ai jamais eu grande confiance dans la proclamation ou la requête qui fut faite demandant au peuple de ce pays de prier pour la paix, pour la bonne raison qu'elle n'était pas sincère. Nous ne pouvons pas prier le Seigneur et dire : « Écoute notre cause, apporte-nous la victoire, fais ce que nous voulons que tu fasses, mais ne nous demande pas de faire ce que toi tu veux que nous fassions. »

Nous avons entendu bon nombre de ceux qui ont parlé dans cette conférence de la méchanceté qui règne dans le monde entier, de la méchanceté parmi les garçons qui sont partis dans les forces armées du pays, de la méchanceté de ceux qui ne sont pas dans ces forces. Nous savons tous que ces choses sont vraies, que l'immoralité est répandue, que l'ivrognerie et l'usage immonde du tabac affaiblissent la constitution de ceux qui partent combattre, et que ces maux se retrouvent également parmi ceux qui ne sont pas dans les forces armées. Le monde est plein de mal.

L'évêque Richards a attiré l'attention sur une déclaration tirée d'une lettre de l'un de ses garçons en service. J'ai reçu une communication semblable de l'un des miens. Il n'avait que dix-huit ans lorsqu'il fut envoyé au loin, et il ne connaissait rien du monde.

Je tiens à vous dire que ce fut pour moi un grand regret qu'il ait dû partir apprendre quelque chose des voies du monde, et je regrette que vos garçons aient dû partir l'apprendre, de telles choses qu'ils ont été forcés d'apprendre. Ce garçon a écrit à la maison il y a plusieurs mois, et a dit, après avoir fait référence à certaines des choses dont il avait été témoin : « J'ai perdu foi en l'humanité. »

L'observance des commandements de Dieu, nécessaire pour apporter la paix

Ainsi, nous crions vers la paix, on nous demande de prier pour la paix, mais qui est disposé à garder les commandements du Seigneur pour que nous ayons la paix ? Or, demandez-vous, vous, frères : dans vos prières, êtes-vous sincères ? En demandant la paix, êtes-vous disposés à garder les commandements du Seigneur ? Sanctifiez-vous le jour du sabbat ? Payez-vous honnêtement votre dîme ? Vous acquittez-vous de ces autres devoirs qui ont été mentionnés ici tant de fois ?

Quand je pense au peuple de ce pays, ou de tout autre pays, demandant l'aide du Seigneur, tout en ignorant chacun des commandements qu'il leur a donnés, je me demande comment nous pouvons même espérer la paix. Nous aurions pu avoir la paix depuis longtemps, et des milliers de vies auraient pu être épargnées, si le peuple s'était humilié et avait été disposé à garder les commandements du Seigneur afin qu'il combatte pour lui. Mais cela, il n'a pas été disposé à le faire.

Or, je vais répéter ce que l'un de ces frères qui a parlé avant moi a dit. Le Seigneur dit aux membres de cette Église, en des jours anciens, que c'était à cause de leurs transgressions que le malheur s'était abattu sur eux, et je cite :

Ils étaient lents à écouter la voix du Seigneur, leur Dieu ; c'est pourquoi le Seigneur, leur Dieu, est lent à écouter leurs prières, à leur répondre le jour de leurs ennuis.... Le jour de leur paix, ils ont pris mes instructions à la légère, mais le jour de leurs difficultés, par nécessité, ils me cherchent. (D. & A. 101:7-8.)

Eh bien, le peuple de cette nation aurait pu chercher le Seigneur ; nous aurions pu nous présenter devant lui et lui exposer nos requêtes. Et il aurait entendu nos prières. Si nous avions fait cela dans un esprit de foi et d'humilité, avec la détermination, dans nos cœurs, de garder ses commandements, alors, je le répète, il aurait entendu nos prières, et de nombreuses vies auraient été épargnées ; j'en suis certain, car il serait venu à notre aide et aurait combattu pour nous.

Encore un passage. Il est tiré de la même section — la section 101 — de la Doctrine et Alliances :

Mon indignation va bientôt se déverser sans mesure sur toutes les nations ; et cela, je le ferai lorsque la coupe de leur iniquité sera pleine. (D. & A. 101:11.)

Puissions-nous nous humilier, mettre de l'ordre dans nos maisons et dans nos vies en harmonie avec la vérité, afin que nous puissions recevoir les bénédictions du Seigneur, je le prie humblement, au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursJoseph Fielding Smith, « La nécessité d'un rétablissement de la vérité », 1944 October General Conference, Third Day Afternoon Session (1944-10-08). Pulpit Vault, 1944-10-joseph-fielding-smith-the-necessity-for-a-restoration-of-the-truth. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, catalog.churchofjesuschrist.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).