Un plaidoyer pour le désintéressement
Charles A. Callis
Je ne dois pas empiéter sur le temps de la Première Présidence en cette importante réunion. Me permettez-vous de lire une histoire publiée dans le Reader's Digest d'avril 1944 : ¶
« Voilà l'esprit qu'il faut » ¶
Le bombardier avait été presque déchiqueté par le canon allemand. Le mitrailleur de la tourelle ventrale était grièvement blessé et coincé dans la bulle sous le fuselage. Les membres de l'équipage s'efforçaient frénétiquement de le dégager, mais il n'y avait rien à faire. Ils commencèrent à sauter. ¶
Le garçon, terrifié, hurla de peur en voyant ce qui se passait. Le dernier homme à sauter entendit le mitrailleur qui restait lui dire : « Ne t'en fais pas, petit, on fera ce trajet ensemble. » ¶
Et ils firent ensemble ce trajet de la mort ; et ensemble ils se tinrent devant les portes de Dieu, ce même Dieu qui mourut pour tous les hommes. ¶
Un plaidoyer pour le désintéressement
Frères, en cette heure d'épreuve, nous devons tous faire le trajet ensemble, en écartant tout égoïsme et tout avantage personnel. Vous demandez un programme d'après-guerre. Le Seigneur nous l'a donné. Le voici : ¶
Malheur à vous, riches, qui ne voulez pas donner de vos biens aux pauvres, car votre richesse vous corrompra l'âme ; et voici comment vous vous lamenterez le jour du châtiment, du jugement et de l'indignation : la moisson est passée, l'été est fini, et mon âme n'est pas sauvée ! ¶
Malheur à vous, pauvres dont le cœur n'est pas brisé, dont l'esprit n'est pas contrit, dont le ventre n'est pas satisfait, dont les mains ne s'arrêtent pas de se saisir des biens des autres, dont les yeux sont remplis de cupidité et qui ne voulez pas travailler de vos mains ! (D. & A. 56:16-17.) ¶
Le sang des fils des riches et le sang des fils des pauvres se mêlent en cette heure même sur les champs de bataille sanglants, dans un vaillant effort pour préserver inviolable le temple de la liberté et perpétuer ces principes de liberté pour lesquels nos pères ont versé leur sang et sont morts. ¶
N'est-il pas possible que le riche, le capitaliste et l'ouvrier se rencontrent autour d'une table ronde et règlent tous ces différends économiques ? S'ils se réunissent dans l'esprit du Christ, ces choses seront réglées à la satisfaction de tous les intéressés. ¶
Que Dieu nous envoie ce jour dont jouit le peuple néphite, cette ère dorée de deux siècles où, dans leur vie industrielle et sociale, toutes choses étaient en commun ; ils vivaient dans la prospérité du Christ ; il n'y avait ni riches ni pauvres. Bannissez l'égoïsme du monde, et cette condition bénie se réaliserait. ¶
Nous sommes au milieu de temps troublés. La raison est invitée à céder la place à l'esprit de parti ; mais nous ne devons pas nous aveugler sur le bien de tout le peuple des États-Unis. Prions avec le poète : ¶
Dieu, donne-nous des hommes. Une époque comme celle-ci exige Des esprits forts, de grands cœurs, une foi vraie et des mains prêtes ! Des hommes que la soif des honneurs ne tue pas ; Des hommes que les dépouilles du pouvoir ne peuvent acheter : Des hommes qui possèdent des opinions et une volonté ; Des hommes qui ont de l'honneur, des hommes qui ne mentiront pas : Des hommes qui peuvent se tenir devant un démagogue Et flétrir ses flatteries perfides sans ciller ; ¶
Des hommes de haute taille, couronnés de soleil, qui vivent au-dessus du brouillard Dans le devoir public et dans la pensée privée ; Car tandis que la populace, avec ses credos usés, Ses grandes professions et ses petites actions, Se mêle dans un orgueil égoïste, voici que la Liberté pleure, Le Mal gouverne le pays, et la Justice qui attend sommeille. ¶
-J. G. Holland ¶
Que Dieu nous donne la raison. Puissions-nous, dans la prière, nous approcher de lui pour obtenir sa direction dans les choses temporelles comme dans les choses spirituelles, et que le désintéressement règne sur le pays et règne dans le cœur des hommes, afin que ces différends économiques puissent être réglés dans un esprit de tranquillité, de raison et de justice divine, et que nous puissions tous faire ensemble le trajet économique, je le prie humblement au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶