La foi en la jeunesse
Oscar A. Kirkham
Je prie humblement de pouvoir jouir de l'Esprit du Seigneur. Je vous rends témoignage, en toute la sincérité de ma vie, que ceci est l'œuvre du Seigneur. ¶
Souvenirs de scoutisme ¶
Ce matin, j'avais reçu la mission de rencontrer plusieurs d'entre vous, frères, à la porte sud. Pendant que j'y étais, une double colonne de jeunes gens défila de l'autre côté de la rue pour aller s'enrôler dans l'armée. Bien que j'aie deux fils qui ont défilé dans une colonne semblable il y a peu de temps, et deux autres qui pourraient y aller dans les mois à venir, je dois vous avouer que l'esprit de cette occasion m'a fait voir d'autres jeunes gens. J'ai vu des garçons à Vienne, en Autriche, rendant leur témoignage avec une telle ferveur devant un groupe de Saints là-bas que j'en fus transporté. J'ai vu un garçon de Hongrie, sous une tente, avec des représentants de dix-sept nations présents — tous des garçons Saints des Derniers Jours — et je l'ai entendu dire : « Quand je rentrerai et que je dirai à ma mère et à mon père que j'ai été ici, à une réunion avec des garçons de dix-sept nations différentes, et qu'ils ont tous rendu témoignage de la véracité de la mission divine du prophète Joseph Smith, il n'y aura qu'une seule réponse de leur part — ils seront en larmes. » ¶
Et j'ai vu un millier de garçons allemands que j'ai rencontrés dans, oh, tant et tant de villages à travers le pays, et j'ai reçu, il y a quelques mois à peine, une carte d'un garçon de France, qui disait : « Eh bien, je vais bientôt monter au front. Je ne vous reverrai peut-être jamais, mais nous ne nous oublierons jamais l'un l'autre. » Eh bien, à cette tragédie, il n'y a qu'une seule réponse. ¶
Appel à la foi en la jeunesse ¶
Le docteur Kim, un grand ministre missionnaire à Tokyo, s'y trouvait en 1923 lorsque survint le grand tremblement de terre. Le peuple, inquiet pour son sort, se mit à lui envoyer des câblogrammes, jusqu'à ce qu'enfin ce message revienne du docteur Kim : « Tout est perdu, sauf la foi en Dieu. » ¶
Ce sont de grands jours. Mille neuf cent quarante-trois ne reviendra jamais. Regardez les grands titres de ce seul jour et rendez-vous compte de ce qui s'est passé. Mais c'est un grand jour, et je veux le regarder avec foi et espérance. Je veux joindre mon esprit, en toute sincérité, à celui de ces millions de jeunes gens dont l'inspiration, l'audace et la puissance sont peut-être sans égal dans toute l'histoire. Ce sont les heures de la destinée — ce sont les heures de la grandeur. ¶
J'étais dans une réunion de la M.I.A. il y a quelques semaines à peine, où un jeune homme chanta un hymne international. Je veux vous en lire les paroles — c'était la dernière strophe. ¶
Aussi sûr que le soleil rencontre le matin, Et que les rivières descendent vers la mer, Un jour nouveau se lève pour l'humanité, Nos enfants vivront fiers et libres. ¶
Je veux me joindre à cet esprit. Je ne veux pas sentir que ceci n'est qu'une guerre de plus et que la chose se répétera encore et encore. Je veux prêter ma foi à la jeunesse de ce jour, pour que cette tâche soit affrontée, et affrontée comme il faut. Et je vous en appelle à vous, frères, pour que vous vous joigniez à cette foi. Donnez-leur cet élan. Donnez-leur ce véritable espoir, comme je le ressens sincèrement, car il y aura un jour nouveau. Le jeune homme qui écrivit la musique de ce chant, sur les paroles que je viens de lire, écrivit cette célèbre Septième symphonie, la plus grande œuvre de musique réaliste jamais écrite, selon les critiques du monde entier, et elle naquit et fut écrite au siège de Léningrad. Et cela n'est vrai que dans un seul domaine. Si vous osez vous tourner vers la science, oui, vers bien d'autres domaines, vous verriez un grand monde en train de se faire. ¶
Que Dieu nous aide à donner cette foi à la jeunesse. ¶
La responsabilité de prêcher l'Évangile ¶
Permettez-moi de vous lire ces lignes de Will Durant, l'un de nos vigoureux philosophes américains. ¶
Nous entrons dans une ère d'épuisement spirituel et de découragement, semblable à celle qui aspirait à la naissance du Christ. La plus grande question de notre temps n'est pas le communisme contre l'individualisme — ni l'Europe contre l'Amérique — ni même l'Orient contre l'Occident. C'est de savoir si l'homme peut supporter de vivre sans Dieu. ¶
Maintenant, des paroles du prophète Amos : Voici, les jours viennent, dit le Seigneur, l'Éternel, Où j'enverrai la famine dans le pays, Non pas la disette du pain et la soif de l'eau, Mais la faim et la soif d'entendre les paroles de l'Éternel. (Amos 8:11.) ¶
Une grande confiance est placée en ce corps de la Prêtrise. Nous qui sommes ici ce soir, plus que tout autre groupe dans le monde entier, nous devons répondre à cette faim. Nous devons accomplir cette parole du Seigneur. ¶
Que Dieu nous aide, dès cette heure, à fortifier chaque mission de pieu ; oui, à doubler leur nombre. L'œuvre est là pour être accomplie, et quelle plus grande œuvre y a-t-il à accomplir, et puis-je suggérer que nous commencions à prier pour que ce fils qui combat maintenant puisse vivre assez longtemps pour porter la parole de paix au monde. Ô Dieu, aide-le afin que, tandis qu'il use de l'épée, il use aussi de la Parole de Dieu, je le prie humblement au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶