Pulpit

Le mariage et le gouvernement divin

Sylvester Q. Cannon

Conférence générale d'octobre 1940·Session du samedi après-midi·1940-10-05

Du Collège des douze apôtres

C'est pour moi une grande joie, mes frères et sœurs et amis, de me trouver avec vous dans les sessions de cette Conférence et de participer à l'esprit de ces réunions. Je me réjouis grandement de la présence parmi nous aujourd'hui du président Heber J. Grant, avec la mesure de santé et de force dont il jouit. Je prie avec vous pour qu'il continue à jouir de vigueur et de vie, et à accomplir la mission qu'il a devant lui, dans une large mesure, aussi longtemps qu'il le désirera. Je prie pour que les bénédictions du Seigneur accompagnent ses conseillers. Je les soutiens pleinement et entièrement, et je soutiens toutes les autorités générales et toutes les autorités locales ; toutes les présidences de pieu et les épiscopats de paroisse et les présidents de mission ; et tous ceux qui prennent part à cette œuvre. Je me rends compte à quel point cette œuvre est grande et responsable, et quelle joie il y a dans l'accomplissement d'actes justes. Je prie pour que le Seigneur me bénisse dans ce que j'aurai à dire cet après-midi.

De nombreux messages importants nous ont été présentés aujourd'hui et hier. Je ressens tout ce qui a été dit comme étant d'une grande importance et d'un grand bienfait pour nous, et je désire assumer à tous égards les responsabilités qui reposent sur moi, en commun avec vous, pour être à la hauteur de tout devoir et travailler dans toute la mesure du possible. Je n'ai dans le cœur que grande joie dans l'œuvre à laquelle je suis attaché avec vous, et je désire me qualifier pleinement pour toute entreprise, responsabilité et bénédiction que le Seigneur m'a données. Je me rends compte que les bénédictions du Seigneur sont avec nous. Je me rends compte que son désir est notre progrès, notre salut et notre exaltation à tous égards, dans la mesure où nous accomplirons chacun des commandements qu'il nous a donnés. Aussi, je dis que je suis prêt, et que je désire être à la hauteur de toute responsabilité que le Seigneur m'a donnée. J'ai une grande joie et une grande satisfaction en considérant la bonté que m'ont témoignée mes frères, et vous tous, mes frères et sœurs.

Mon esprit s'est arrêté dans une certaine mesure sur les responsabilités de la prêtrise, mais ce sujet a été abordé par certains de ceux qui ont pris la parole, aussi ai-je décidé de parler d'autre chose.

Gouvernement humain et gouvernement divin

Il y a de nombreux principes révélés et de nombreuses alliances faites par le Seigneur avec ses enfants qui ont pris sur eux son nom pour le servir. Il y a d'autres accords ou conventions passés par les hommes entre eux, qui concernent les affaires civiles et qui sont destinés à être observés honorablement. Nous appelons cela des accords ou des conventions. Les accords ou promesses faits à l'humanité par le Seigneur sont de la nature d'alliances divines, ou d'ententes divines, et ce sont celles-là que le Seigneur a faites à ses enfants, par l'intermédiaire de ses fidèles serviteurs. Dans la mesure où l'humanité a rempli les conditions, elle a reçu les bénédictions et les promesses que le Seigneur a faites.

Je pourrais relater un certain nombre de ces choses. Vous les connaissez dans l'histoire du monde et dans les interventions du Seigneur auprès de ses enfants. Il fit à Adam la promesse qu'il aurait domination sur tout ce qui vit. Adam fut fidèle à ses alliances et remplit sa part. Il en fut de même pour Hénoc et pour Noé. Lorsque Noé reçut le commandement du Seigneur, il remplit fidèlement cette alliance et reçut une bénédiction. Il en fut de même pour Moïse et les autres prophètes anciens. En descendant à travers les diverses dispensations, nous constatons que Jean-Baptiste reçut l'autorité et suivit les instructions du Seigneur pour prêcher l'Évangile. Il lui fut donné autorité pour accomplir l'ordonnance du baptême sur ceux qui manifestaient le repentir ; qui avaient d'abord foi en Dieu, et qui avaient grandi dans l'esprit de repentir et le désir d'être pardonnés de leurs transgressions ou de leurs manquements. Jean-Baptiste reçut les clefs de cette autorité et les détint durant tous les siècles depuis l'époque du Sauveur jusqu'au dix-neuvième siècle. Et le Sauveur lui-même fit à l'humanité la promesse que, par la foi en Dieu et par le repentir, elle pourrait être baptisée et recevoir le don du Saint-Esprit, par quoi elle recevrait la confirmation du baptême par le feu et le Saint-Esprit.

Les alliances de cette dispensation

Dans cette dispensation, le Seigneur révéla au prophète Joseph beaucoup de choses et lui donna des instructions, et parmi les autres instructions données et les bénédictions qu'il reçut figurait le rétablissement de la sainte-cène du Seigneur ; et de même l'alliance éternelle du mariage — l'une des plus grandes promesses faites aux hommes aux jours anciens, qui a été rétablie de nouveau en ces jours.

Combien il est sacré et important que les hommes et les femmes se qualifient — ceux qui ont accepté les vérités de cet Évangile de Jésus-Christ, et ont reçu l'autorité de la sainte prêtrise par rétablissement divin — pour participer à l'esprit de cette responsabilité et de cette alliance, et pour entrer dans cette promesse et cette bénédiction. Nous et nos enfants avons droit de recevoir ces bénédictions si nous vivons pour elles, et si nous les observons de tout notre cœur, dans l'amour et la bonté, dans la justice et la droiture.

L'alliance du mariage éternel

Or, mes frères et sœurs, je considère ceci comme fort important. J'ai senti que je voudrais parler brièvement de cette alliance particulière que le Seigneur a donnée. Aux jours anciens, dans l'histoire ancienne de l'humanité, il nous est dit que c'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Nous sommes des êtres intelligents. Nous sommes des êtres éternels, et pour autant que nous cherchions à faire la volonté du Seigneur et à garder ses commandements, il nous bénira et accomplira ses promesses envers nous. Aussi, en ce dernier jour, il a donné cette alliance par l'autorité de la sainte prêtrise, rétablie de nouveau en ces jours, par laquelle ses fils et ses filles qui ont observé de faire sa volonté, et ont reçu l'autorité et rempli les alliances, auront droit d'aller de l'avant et d'être unis pour le temps et pour l'éternité, et cette alliance devra les lier dans la mesure où ils vivront pour elle tout au long du temps. C'est une chose remarquable à considérer, que de se rendre compte de ce que signifie l'éternité. Cela rend considérablement pensif que de songer à conclure une alliance de cette nature, non seulement pour cette vie, mais pour la vie à venir. Cela justifie une très grande considération de la part de ceux qui la concluent. L'homme et la femme devraient être dignes ; ils devraient illustrer dans leur vie tous les principes de l'Évangile du mieux qu'ils le peuvent, et ils devraient s'efforcer de croître en patience et en bonté, en bienveillance et en amour l'un envers l'autre, et particulièrement s'efforcer d'illustrer les principes les plus beaux et les plus élevés de l'Évangile et de la prêtrise qu'ils ont reçue.

Un principe avec promesse

Le prophète Joseph Smith reçut de nombreuses instructions dans cette dernière dispensation de la plénitude des temps, et parmi elles figuraient d'autres commandements et d'autres instructions données par le Seigneur, dont l'un était le principe de la dîme, qui est la loi du Seigneur, donnée à l'humanité afin que, par son observance fidèle de ce principe, elle croisse en droiture et en vérité, et prospère. C'est un principe avec une promesse, et tous les saints des derniers jours qui ont entrepris d'observer ce principe sont bénis, bénis particulièrement spirituellement, mais aussi prospérés temporellement, de sorte qu'ils sont en mesure de faire face à leurs obligations. J'atteste la vérité de cela, car je sais que le Seigneur est un Père aimant. Il nous a donné de grandes bénédictions dans l'observance de celui-ci comme de tout autre commandement.

Le mariage et le divorce

En ce qui concerne la question du mariage et du divorce, non seulement dans cette nation, mais dans toutes les nations du monde, je voudrais dire que des conditions scandaleuses prévalent dans une large mesure. Les gens ont négligé le mariage éternel ; ils ont supprimé l'alliance éternelle et lui ont substitué des conventions civiles qui ne durent que jusqu'à la mort.

Les conditions à travers les nations dont il est question sont loin d'être ce qu'elles devraient être. Au lieu que le mariage soit reconnu comme une alliance sacrée, telle que le Seigneur l'a donnée à l'humanité, il est trop souvent un lien temporaire entre l'homme et la femme, sujet au divorce. De telles conditions, je le dis, sont trop répandues dans le monde. Les hommes et les femmes sont trop mal placés pour percevoir le sérieux, la vitalité, l'importance et la droiture de l'alliance éternelle.

Les causes du divorce

En passant en revue certaines des causes de divorce dans cette nation, je constate qu'il y en a trois principales : la première est la cruauté. D'une manière générale, cela se rencontre plus souvent chez la femme, qui estime être injustement traitée par son mari. Trente-deux pour cent des cas de divorce sont pour cause de cruauté ; vingt-huit pour cent pour cause d'abandon ; et sept et demi pour cent pour adultère, ce qui est une accusation fort grave. Ce sont là quelques-unes des causes qui amènent les divorces obtenus par les femmes, ce qui indiquerait que les femmes sont plus mal traitées par leurs maris que les maris par leurs femmes.

Il y a plus de causes légales de divorce du côté de l'épouse que du mari. Un tiers des divorces surviennent après quatre ans ou moins de mariage. Un tiers des divorces se situent entre cinq et neuf ans ; et un tiers des divorces surviennent après plus de dix ans. Cela indique quelque chose des conditions relatives à ce principe.

Le Ladies Home Journal, il y a environ un an ou deux, fit une enquête sur les causes de divorce. Ils constatèrent que soixante-neuf pour cent des femmes croient au divorce. L'argent, disent-ils, est la principale cause de friction. Les jeunes gens, concluent-ils, devraient être davantage instruits sur les questions sexuelles avant de se marier. L'instruction en ces matières, disent-ils, devrait être donnée par leurs parents.

Or, telles sont quelques-unes des conditions qui prévalent dans le monde. Les saints des derniers jours croient généralement de tout cœur, entièrement, loyalement, véritablement et éternellement, au principe du mariage éternel — le mariage pour l'éternité aussi bien que pour le temps — et pourtant il y a beaucoup de jeunes gens dans l'Église qui ne souscrivent pas à cette condition — cette alliance éternelle. Ils manquent une grande occasion. Trop de mariages précipités sont bien souvent l'occasion de divorces précipités. Mais ceux qui concluent l'alliance du mariage éternel sont, à mon avis, ceux qui considèrent soigneusement ce qu'ils font, s'efforçant sagement, dans la prière, et sincèrement d'être conduits et guidés vers la droiture, de sorte qu'ils résistent au mariage précipité et à toute influence qui n'est pas en harmonie avec l'Esprit du Seigneur.

Comme exemple de ce qu'ont accompli les saints des derniers jours pour surmonter cette situation de mariages et de divorces précipités, et la tendance à négliger les alliances contractées, je veux attirer votre attention sur les registres, car l'Église tient depuis des années un registre de ces statistiques qui nous concernent. Elles ont été tenues aussi exactement qu'il a été possible de les obtenir.

Comparaisons statistiques

Je voudrais vous renvoyer à certains résultats qui indiquent quelques-unes des comparaisons entre le mariage et le divorce dans la nation des États-Unis et ceux des saints des derniers jours. La dernière année dont nous avons les registres était 1938. Le taux de mariage des États-Unis dans leur ensemble était de 10,41 pour mille habitants, comparé à 17,5 pour mille habitants chez les saints des derniers jours, ce qui est supérieur de 70 pour cent. Le taux de divorce était de 1,71 pour mille habitants, contre 1,04 pour les saints des derniers jours. C'était environ 40 pour cent de moins. Mais ce résultat provenait du registre des mariages civils, et non de ceux célébrés dans les temples du Seigneur. Dans les temples des saints des derniers jours, où de telles ordonnances sont accomplies, le résultat, pour ceux qui contractèrent le mariage pour l'éternité, était de 0,28 pour mille habitants, soit environ 83 pour cent de moins. Cela indique quelque chose de la différence là où les gens observent cette alliance que le Seigneur nous a donnée pour notre bien-être éternel.

C'est une chose d'une grande importance pour chaque saint des derniers jours. Les parents dignes sentent l'importance d'enseigner ce principe éternel à leurs enfants. Les présidences de pieu, les épiscopats et tous les officiers de l'Église se rendent compte qu'en enseignant ce principe divin, ils instruisent de dignes jeunes gens dans la juste observance d'un principe éternel de grande promesse et de bénédiction pour tous ceux qui l'observent avec droiture.

C'est là l'une des grandes choses à méditer, que les alliances qu'ils contractent dans cette vie dureront pour l'éternité, s'ils vivent en harmonie avec elles. Les bénédictions de Dieu accompagneront ces liens s'ils sont observés dignement. On en conclut que ceux qui font ces choses, par leur bonne volonté et leur désir droit d'observer ces commandements, croissent en vertu et respectent le caractère sacré des alliances, et sont généralement plus fidèles, plus sûrs et plus dignes que ceux qui se marient pour le temps seulement.

Ce que d'autres disent de nous

Or, je voudrais dire encore un mot. Il y a quelque temps, j'ai remarqué un article de journal venu de la Côte, concernant l'eugénisme et les conditions matrimoniales parmi les peuples chrétiens de cette nation. Cela déclare brièvement que le Dr Paul Poponoe, expert social et directeur de l'Institute of Family Relations, s'adressant à la section californienne de l'American Eugenics Society, se référa à une enquête menée par le Dr Ellsworth Huntington de l'université Yale, en ces termes : « Le Dr Ellsworth Huntington, de l'université Yale, a calculé le nombre d'arrière-petits-enfants susceptibles de représenter les dirigeants actuels des États-Unis. Ceci est fondé sur une étude de personnes répertoriées dans le « Who's Who », et ne représente donc que la fécondité des personnes éminentes, non celle de la masse. Il constate que les mormons ont un avantage prévisible de plus de 400 pour cent sur leurs plus proches concurrents. Les juifs se trouvent presque au bas de la liste.

« D'après l'échantillon du « Who's Who », 1 000 principaux adhérents de la foi mormone d'aujourd'hui seront représentés par 10 200 arrière-petits-enfants.

« Mille luthériens n'auront que 1 950 arrière-petits-enfants ; les baptistes 1 560 ; les méthodistes 1 458 ; les catholiques romains 1 310 ; les congrégationalistes 1 125 ; les unitariens 1 025 ; les épiscopaliens 910 ; les juifs 755 ; et les universalistes 500.

« Le faible taux de natalité du juif moderne est presque universel. »

Or, c'est là un défi pour l'humanité, quant à ce que représentent, en comparaison de l'humanité en général, les saints des derniers jours qui sont fidèles dans l'observance de cette alliance éternelle. Les personnes éminentes d'autres Églises, parce qu'elles n'ont pas observé de faire ces choses qui produisent une plus grande stabilité, un plus grand amour, une plus grande patience, une plus grande considération et toute autre qualité, ne parviennent pas à égaler les mêmes normes que les saints des derniers jours ont atteintes.

Que le Seigneur nous bénisse et aide chacun de nous à s'efforcer d'harmoniser nos désirs avec ceux de nos familles selon ces belles normes auxquelles nous avons fait allusion, que le Seigneur a établies. Il bénit l'humanité dans la mesure où nous vivons et gardons ses commandements, et je vous atteste que ces principes sont vrais. Le Seigneur est bienveillant envers son peuple. Puissent ses bénédictions nous accompagner continuellement. Je vous atteste que ceci est son œuvre, le rétablissement de l'Évangile en ces jours. Ces frères qui président sur nous sont des hommes qui sont guidés par l'inspiration et la puissance du Seigneur. Je prie pour que nous désirions vivre de telle sorte que nous soyons dignes de la confiance qui nous est faite, au nom de Jésus-Christ, Amen.

Citer ce discoursSylvester Q. Cannon, « Le mariage et le gouvernement divin », Conférence générale d'octobre 1940, Session du samedi après-midi (1940-10-05). Pulpit Vault, 1940-10-sylvester-q-cannon-marriage-and-divine-government. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).