Le besoin d'une véritable direction
Richard L. Evans
Du Premier Conseil des soixante-dix ¶
J'avais caressé, avec une certaine tiédeur, l'idée que l'émission de demain matin serait acceptée comme ma contribution à cette Conférence. Ce fut presque le cas il y a six mois, mais cinq minutes à la toute fin de la session de clôture m'ont épargné, je suis désolé de le dire, l'établissement d'un tel précédent. ¶
D'ordinaire, quand j'occupe cette position, ce qui arrive au moins une fois par semaine et souvent deux ou trois fois par semaine, j'ai l'avantage d'avoir devant moi un texte radiophonique. C'est beaucoup plus confortable, mais bien moins spontané. Je demande en ce moment que, si le Seigneur a un message qu'il désire que je prononce, il me l'inspire. Je me sens bien faible en m'adressant à cette assemblée. ¶
Le besoin ressenti d'une véritable direction
Dans la conduite de l'émission du chœur du Tabernacle sur le réseau national Columbia chaque dimanche matin, ainsi que sur les stations nationales de la Commission canadienne de la radio, et aussi par ondes courtes et par transcription électrique à travers les mers et vers d'autres continents, nous recevons du courrier affranchi de presque toutes les régions du globe, et littéralement de tous les coins et recoins de l'Amérique. ¶
Ce courrier révèle que les gens ont faim de direction, qu'ils cherchent sérieusement un fondement sur lequel poser les pieds, une destination fixe vers laquelle tendre, et qu'ils sont excédés de la confusion et de la contradiction qu'ils voient autour d'eux. Cette faim de direction est, en un sens, une chose très heureuse, et, en un autre sens, elle peut être fort dangereuse. Quand les gens sont dans cet état d'esprit, il devient beaucoup plus facile pour un faux dirigeant de gagner leur adhésion. ¶
Je suis frappé du fait que notre responsabilité dans cette Église est une responsabilité de direction, et que nous devons l'assumer, quel qu'en soit le prix, car le Seigneur nous a dit que nous avons été envoyés pour être une lumière pour le monde et des sauveurs pour les hommes ; et si nous n'assumons pas cette direction, d'autres s'en empareront, au malheur de l'humanité et à notre propre condamnation. Je suis certain que cette direction doit s'étendre à toutes les activités de la vie. ¶
Le président Clark a mentionné ici, hier matin, le fait que nos pères et grands-pères avaient prié sur la terre, sur l'eau et sur l'air, et sur tous les éléments matériels de production, à leur grand crédit et pour leur grande bénédiction. Je suis certain que nous devons prier sur bien d'autres choses encore, y compris notre érudition, nos activités académiques, nos activités politiques, nos activités sociales. Je suis sûr que nous devons prier sur chaque aspect de la pensée et de la vie. ¶
Il est très difficile de prendre la direction en ce jour — on découvre tant de choses ; tant de choses se produisent ; les questions sont si confuses, je pense qu'on peut affirmer sans crainte de contradiction que, sur le plan public, nous ne pouvons être sûrs de grand-chose de ce que nous entendons, de ce que nous voyons ou de ce que nous lisons ; que l'expression « hommes méchants et rusés » a une application bien plus large que le sens restreint dans lequel nous l'employons à propos de la Parole de Sagesse. Ce qui est imprimé et prononcé pour façonner notre pensée, dans tous les domaines de la communication et du contact humain, est en grande partie conçu, coloré, altéré et modifié pour amener les hommes à adopter la ligne de pensée d'autres hommes, souvent sans égard pour les faits ou la vérité de la question en cause. Il est très difficile de savoir, et je pense que l'homme, livré à lui-même, sans quelque Aide supérieure, ne peut savoir ce qu'il doit croire et ce qu'il ne doit pas croire, dans le dédale de ce qui passe chaque jour devant ses yeux et à portée de son ouïe. ¶
La recherche de la vérité
Un ami cher, dont la vie a suivi la mienne pendant de nombreuses années, jusqu'à ce qu'il y a quelques années nos chemins se séparent, se trouve maintenant dans l'une des plus grandes institutions d'enseignement d'Amérique, et a acquis une renommée internationale dans son domaine scientifique. Il y a quelques semaines, il m'a écrit et m'a dit : « Je mène des recherches dans de nombreux domaines, et je commence tout juste à découvrir le prix élevé qu'il faut payer pour découvrir la vérité sur quoi que ce soit. » ¶
Et il poursuivit : « Le problème est si complexe que tout ce que nous pouvons faire, c'est parvenir à des demi-vérités et à de premières approximations. » ¶
Je lui répondis en ces termes : « Ce doit être un grand réconfort pour toi, dans ton travail, de savoir que tu es membre d'une Église qui acceptera tout élément de vérité que tu découvriras jamais dans tes recherches, quel que soit le domaine de pensée ou d'activité, et tout ce que nous te demandons, c'est de les poursuivre au-delà de ce stade de demi-vérité et de première approximation dont tu as parlé, et de les conduire jusqu'à leur terme, là où il n'y aura plus aucun doute quant à leur vérité éternelle — jusqu'à ce point où les générations à venir n'auront pas nécessairement à les répudier. » ¶
J'ai le sentiment profond que nos jeunes gens qui entrent dans nos universités et collèges devraient garder constamment devant eux la promesse de Moroni, que « par le pouvoir du Saint-Esprit, vous pouvez connaître la vérité de toutes choses », qui est répétée en substance dans les Doctrine et Alliances, à l'effet que « le Saint-Esprit... montre toutes les choses et enseigne les choses paisibles du royaume ». Je ne me souviens pas m'être jamais présenté à un examen de quelque importance dans ma vie sans en faire l'objet d'une prière. Je sais que le jeune homme ou la jeune femme qui aborde un problème, dans le domaine académique ou tout autre domaine, aurait un grand avantage à garder pour compagnon constant l'Esprit de notre Père céleste, qui lui donnerait un sentiment actif et chaleureux d'assurance lorsqu'il serait en présence de la vérité, et un sentiment contraire lorsqu'il ne le serait pas. Cela ne lui donnerait pas la connaissance sans l'étude, ni la découverte sans la recherche, ni la vérité sans l'effort, mais, à condition qu'il poursuive son travail avec intelligence et diligence, il aurait un grand avantage dans toutes ses découvertes et ses entreprises, sur le plan académique comme ailleurs, s'il faisait de l'esprit de toute vérité son guide constant. ¶
La force vient par la prière
C'est là ce que possèdent les Saints des Derniers Jours et qui les aide à assumer la direction, malgré la confusion et la contradiction qui nous entourent. Je sais que, chez moi, ma mère veuve était constamment dans une attitude de prière. Mon souvenir le plus vif d'elle — et je le chéris tendrement — est celui de la voir à genoux, suppliant le Seigneur, son Père céleste, de lui donner une solution aux nombreux problèmes et difficultés qui assaillaient sa vie. Je suppose qu'à l'âge de quatorze ans, j'avais reçu autant d'instruction formelle, en nombre de jours passés à l'école, qu'elle en avait reçu toute sa vie, et pourtant, après avoir eu le privilège d'obtenir des diplômes universitaires, je pouvais encore aller la voir quand j'étais troublé, et trouver auprès d'elle le bon conseil et les bonnes réponses à ce qui me confrontait ; et je suis reconnaissant d'avoir eu une telle mère et un tel foyer, et d'avoir eu la preuve de l'efficacité de cette approche, de cette promesse qui, par la prière, par la diligence et en marchant dans les voies de notre Père, rend possible aux Saints des Derniers Jours d'assumer la direction ; et nous ne pouvons le faire d'aucune autre manière qu'en restant constamment en contact avec l'Esprit de notre Père céleste, par lequel nous pouvons connaître la vérité de toutes choses. ¶