Discours des présidents de mission
Joseph Jacobs
Ancien président de la Mission palestino-syrienne ¶
Mes chers frères et sœurs, je vous apporte les salutations des saints de la Mission palestino-syrienne. Ce fut mon privilège et ma bénédiction d'être appelé à présider cette Mission historique et intéressante en 1937. Bien que peu nombreux, les saints de cette Mission sont un grand peuple par leur foi et leurs œuvres. Pendant mon séjour là-bas, et depuis mon retour, leurs rapports montrent que plus de quatre-vingt-dix pour cent de ceux qui devraient payer la dîme le font. Pour le paiement des offrandes de jeûne, l'assiduité à leurs réunions et les autres activités de l'Église, ils se comparent favorablement au groupe le plus assidu de l'Église. ¶
Il y a environ trois semaines, j'ai reçu un rapport de ce champ de mission sur l'état des saints. Le rapport indique qu'ils sont tous fermes dans la foi, qu'ils continuent leurs réunions, que la dîme est payée régulièrement, et qu'une famille entière a demandé le baptême. ¶
Soit dit en passant, ce rapport avait été posté à la fin du mois de mai, mais il vient tout juste d'arriver ici. ¶
Se trouvant littéralement au carrefour du monde, cette région a connu, depuis des temps immémoriaux, de nombreuses guerres. Et à cause de sa position géographique, il est dangereux d'y demeurer chaque fois qu'une guerre éclate dans l'une des nations voisines. À cause de ces conditions, cette Mission a été fermée quatre fois depuis son ouverture en 1890. Les périodes de fermeture ont duré de deux à treize ans. Mais chaque fois que la Mission a rouvert, le nouveau président de mission a pu retrouver bon nombre des saints et a découvert, à sa surprise, qu'ils étaient demeurés fidèles et avaient continué leur œuvre. ¶
Je me réjouis du privilège et de l'occasion qui m'ont été donnés de proclamer l'Évangile dans ce pays — dans le pays où le Sauveur du monde a accompli son œuvre missionnaire pendant qu'il était sur la terre. Il y a plus de vingt-cinq ans, un patriarche m'a promis que j'aurais le privilège et la bénédiction de prêcher l'Évangile à ceux de la maison de Juda. Cette promesse s'est accomplie. ¶
Le Seigneur a été avec nous dans nos labeurs. Il nous a bénis, de sorte que notre voie fut toujours ouverte. Ni dans ma famille, ni parmi nos missionnaires, personne n'a été gravement malade. Nous n'avons pas été persécutés comme l'avaient été les anciens missionnaires dans ce pays par le passé. Nos efforts ont été bénis de quelques baptêmes et de nombreux amis. ¶
Pour que vous puissiez apprécier nos difficultés, je mentionnerai un seul détail. Nous utilisions cinq langues différentes et distinctes dans notre champ de mission, chacune avec son propre alphabet, sa grammaire et sa syntaxe. ¶
Une fois, je donnais une conférence illustrée à un groupe de professeurs de l'Université de Beyrouth. Lorsque je leur montrai le film des pistes des pionniers et que je vantai les réalisations des pionniers et la façon dont ils avaient fait fleurir le désert comme la rose, cela leur parut comme si j'exagérais les accomplissements des pionniers et les beautés de l'Utah. À la fin de la conférence, un docteur se leva et demanda à dire quelques mots. Il dit qu'il voulait confirmer ce que j'avais dit. « Non seulement cela, mais, dit-il, le révérend Jacobs n'a pas dit la moitié de la beauté de l'Utah. J'ai été en Utah. Chaque ville et chaque village que j'ai traversés étaient propres et bien ordonnés. J'ai parcouru les jardins du Tabernacle et je veux vous témoigner que chaque parole prononcée par le révérend Jacobs est vraie, et même en deçà de la réalité. » ¶
Un jour, j'expliquais nos croyances à un pasteur. Je lui lus notre premier article de foi. Lorsque j'eus fini de le lire, il dit : « Eh bien, cela n'a rien de nouveau — je crois en tout cela. D'ailleurs, dit-il, j'ai fait une étude spéciale de Dieu, je sais tout de lui. J'ai même écrit ma thèse sur Dieu pour obtenir mon diplôme universitaire. » Lorsque je mentionnai que notre Dieu est un Dieu personnel, comme nous croyons que la Bible l'enseigne, nous fûmes en désaccord. « Nous n'avons pas besoin d'un Dieu à notre époque, dit-il, nous sommes trop civilisés pour croire à de telles fantaisies. » Combien j'étais reconnaissant que Dieu nous ait bénis, en notre temps, d'un prophète vivant pour révéler les vérités éternelles ! ¶
Je désire remercier mon Père céleste pour le privilège de vivre dans ce pays de promesse — dans ce pays qui est choisi entre tous les autres pays — dans ce pays de Sion. Et par-dessus tout, je désire le remercier pour mon appartenance à cette Église. ¶
Que notre Père céleste bénisse les dirigeants de cette nation, afin que nous soyons maintenus dans les voies de la paix. Qu'il bénisse notre prophète et président et ses associés, afin qu'ils puissent conduire, guider et diriger cette Église vers sa glorieuse destinée. Et par-dessus tout, qu'il nous bénisse tous de l'esprit d'humilité et d'obéissance, afin que nous puissions suivre nos dirigeants et vivre de manière à être dignes de toutes les bénédictions qu'il a jugé bon de nous accorder et qu'il pourra encore nous accorder, je le prie humblement au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶