Discours de conférence
Franklin J. Murdock
Je me réjouis avec vous, frères et sœurs, d'être ici présent à cette grande conférence de notre Église. J'ai trouvé du réconfort dans ces paroles : ¶
Si nous travaillons le marbre, il périra ; ¶
si nous travaillons l'airain, le temps l'effacera ; ¶
si nous élevons des temples, ils tomberont en poussière ; ¶
mais si nous travaillons sur des âmes immortelles, ¶
si nous les imprégnons de principes, d'une juste crainte du Créateur, ¶
d'un amour du prochain, ¶
nous gravons sur ces tablettes quelque chose qui illuminera toute l'éternité. ¶
Cela me semble être l'idéal de notre grand système missionnaire, et pendant les deux dernières années et demie, j'ai eu le privilège et le plaisir de travailler comme missionnaire en Hollande. C'est un beau petit pays, à peine un septième de la superficie de l'État de l'Utah, et dont la population est seize fois supérieure à la nôtre ici. Nous avons environ trois mille membres de l'Église en Hollande. Toutes nos branches sont dirigées par des dirigeants locaux capables. Nos comités d'organisations auxiliaires sont organisés, et l'œuvre de notre Père céleste y progresse bien. ¶
Le matériel des leçons fut préparé un an à l'avance. Ils préparent maintenant leurs conférences de printemps, et d'après une lettre que j'ai reçue la semaine dernière, j'apprends qu'au cours du mois de mars, ils ont baptisé dix nouveaux convertis dans l'Église. Leurs offrandes de jeûne et leurs dîmes montrent une légère augmentation. Je n'ai aucune crainte que l'Évangile et les membres de l'Église ne progressent ensemble au pays des digues et des moulins à vent. ¶
Je n'oublierai jamais les paroles du président McKay lorsqu'il nous mit à part pour notre mission. Il dit : « Président Murdock, votre premier souci, ce sont vos missionnaires. » Et combien cela était vrai ! ¶
Je veux profiter de cette occasion, mes frères et sœurs, pour vous remercier personnellement des jeunes gens et des jeunes filles que vous avez envoyés à la Mission néerlandaise. Ils sont même meilleurs que ceux des autres missions dont nous avons entendu parler. (Rires.) Voir ces jeunes gens venir de tous les milieux, de la ferme, de la mine, de l'usine, des banques et des écoles, inexpérimentés, ne connaissant pas un mot de cette langue étrangère ; les voir entrer pour la première fois au bureau de la mission, leur assigner un poste, faire leur connaissance, et après une courte période, un mois peut-être, aller assister avec eux à une réunion de témoignages ; dormir avec eux, prier avec eux, jeûner avec eux, et voir le développement qu'ils reçoivent sous la direction de notre Père céleste, fut pour moi une merveille. Cela m'a donné un témoignage de la vérité et de la divinité de cette œuvre. Des jeunes gens ne s'éloignent pas de sept mille milles de leurs êtres chers ; ils ne supportent pas toutes sortes de sacrifices nécessaires à l'accomplissement du travail missionnaire ; ils ne rencontrent pas toutes sortes d'épreuves, à moins que ce ne soit dans l'œuvre de Dieu. ¶
Je pense que ce qu'il y a de remarquable dans notre système missionnaire, c'est que tous ces jeunes gens et jeunes filles, venus de partout dans l'Église, se rencontrent, apprennent à se connaître et à s'aimer, et travaillent comme une grande unité, prêchant l'Évangile. Ces jeunes gens voyagent toute la journée, arrivent au terme de leur voyage le soir, puis se glissent dans un lit avec un garçon qu'ils n'ont jamais rencontré de leur vie, se réveillent le matin et s'appellent frères l'un l'autre, et sont disposés à endurer toutes sortes d'épreuves. Ces choses me donnent l'assurance que c'est l'œuvre de Dieu et non celle de l'homme. ¶
Je n'oublierai jamais une expérience. L'un de nos jeunes gens fut conduit à l'hôpital. Il fallut l'opérer d'une appendicite, et tandis que le grand chirurgien se lavait les mains, faisant tous les préparatifs de l'opération, il m'appela à part et dit : « Président Murdock, qu'ont donc ces jeunes gens ? Je n'ai jamais vu de ma vie un sang aussi pur, une chair aussi pure que chez ce jeune homme que vous avez ici. » Et puis, en quelques minutes, mes frères et sœurs, j'eus le rare privilège de présenter à ce grand et célèbre chirurgien les principes de l'Évangile. ¶
Dans les derniers jours de la clôture de la mission, il vint à mon bureau et dit : « Il y a quelque chose de divin dans le mormonisme, et je suis prêt à l'examiner, car vous avez quelque chose que je n'ai trouvé chez aucun autre groupe de gens dans le monde entier. » ¶
Garder purs les jeunes gens et les jeunes filles de notre Église est la plus grande œuvre à laquelle nous puissions nous consacrer. C'est ainsi que nous pouvons illuminer toute l'éternité. ¶
Je veux rendre témoignage de la grande et merveilleuse œuvre accomplie par notre bien-aimé président Grant lors de sa visite parmi nous ; de la grande direction du président Richard R. Lyman et de sa femme ; et, dans la crise qui nous frappa l'automne dernier, des mains directrices de l'apôtre Joseph Fielding Smith et de sa femme. Avoir eu ces dirigeants dans notre mission fut un grand stimulant pour l'œuvre. Je n'oublierai jamais les scènes finales de notre vie missionnaire. Tandis que notre navire prenait le large, ces gens humbles, rassemblés sur le rivage, chantèrent à l'unisson : ¶
Nous te remercions d'avoir envoyé l'Évangile ¶
pour illuminer nos esprits de ses rayons. ¶
Et le visage baigné de larmes, tandis qu'ils quittaient le rivage et que notre navire descendait le port, je pouvais encore entendre les accents de : ¶
Venez, venez, ô saints, ¶
ne craignez ni peine ni labeur, ¶
mais poursuivez votre chemin avec joie. ¶
Ce grand et courageux peuple, le peuple hollandais, est un peuple merveilleux, et il poursuivra son œuvre ; je n'en doute pas. ¶
En revenant chez nous, je réalise plus que jamais la valeur de ce grand pays et de l'Évangile que nous avons accepté, et comme dernière pensée, laissez-moi vous laisser ceci : ¶
Apprécier notre héritage, ¶
la volonté et le pouvoir de façonner notre destinée, ¶
chercher, choisir, chérir et œuvrer, ¶
le droit d'adorer comme et où bon nous semble, ¶
Dieu nous a donné cela. Ne nous dérobons pas à la tâche, à la joie ¶
de transmettre ce credo ¶
à ceux dont la force ¶
devra servir les besoins de demain. ¶
Afin que nous puissions toujours être missionnaires où que nous soyons, je le prie humblement au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶