Pulpit

Émission nationale

John A. Widtsoe

Conférence générale d'octobre 1939·Émission Church of the Air·1939-10-08

Les fondements de la paix

Un livre récent et remarquable présente les philosophies de vie de vingt et une personnalités vivantes de renommée internationale. Chaque contributeur interprète différemment le sens de la vie. Les essais ressemblent aux extrémités effilochées et flottantes d'une corde ; chacun un brin de vérité, mais de peu de force et sans organisation. Le tableau qui en résulte est celui d'une confusion totale ; un reflet du chaos actuel du monde en matière de conduite humaine et de bonheur qui s'ensuit.

L'un des auteurs accepte Dieu ; les autres ignorent ou nient l'existence d'une puissance intelligente supérieure à l'homme. Plusieurs laissent entendre que, comme moyen de conquérir le bonheur humain, le christianisme a échoué. De telles opinions légères, aujourd'hui courantes, expliquent notre monde désorienté.

L'Évangile, vécu, bénit l'humanité

Le christianisme n'a pas échoué. L'histoire humaine, depuis les jours d'Adam, révèle que, ne serait-ce qu'un seul principe de l'Évangile mis en pratique, sous quelque nom que ce soit, bénit et fait prospérer l'humanité. La paix et la prospérité de l'homme ont augmenté ou décliné selon son degré d'obéissance aux vérités de l'Évangile.

L'échec du monde chrétien à atteindre le désir de son cœur incombe aux chrétiens, non au christianisme. Comme simple ornement, le christianisme ne mérite aucune considération particulière ; il ne s'épanouit en valeur humaine que lorsqu'il est mis en pratique. L'homme a échoué à accepter les vérités vivifiantes de l'Évangile. Voilà son échec. C'est là que tient toute l'histoire de la misère humaine. Ce serait une bienfaisante expérience que de voir la chrétienté mettre en pratique les vérités de l'Évangile de Jésus-Christ.

Le choix des hommes apporte le bien ou le mal

Dans le monde moral, le combat toujours constant se livre entre le bien et le mal. L'homme est un agent libre. Chaque fois qu'il a choisi le bien, il s'est approché de la joie ; lorsqu'il a suivi le mal, les maux du monde l'ont rattrapé. Le chaos actuel sur la terre, celui de la guerre et des horreurs qui l'accompagnent, sont l'œuvre de l'homme lui-même. Il a choisi de se laisser gouverner par le mal ; et il doit en payer le prix de sa folie.

L'étude de la vie humaine négligée

La première et la plus fondamentale des erreurs a été que, dans sa puissante quête des vérités de l'univers, quête qui a bâti notre civilisation, l'homme s'est presque entièrement confiné au monde matériel. Les hommes sont victorieusement certains des lois physiques — là, ils font face à la lumière ; mais devant les lois spirituelles, ils se tiennent dans une incertitude craintive — face aux ténèbres.

C'est pourquoi les hommes ont tâtonné dans l'obscurité, sans parvenir à trouver la route qu'ils voudraient suivre. Dans la peur, ils se sont retrouvés en état de combat perpétuel. « Dent pour dent, œil pour œil » est devenu leur devise, si soigneusement enrobée de mots doucereux qu'elle soit — et la guerre et la discorde, la famine et la peste, le sang et l'horreur, ont rempli la terre.

Les exemples de notre savoir unilatéral sont nombreux. L'étoile géante Bételgeuse, à des millions d'années-lumière dans l'espace, a été pesée et mesurée ; mais la domination intelligente de l'univers demeure un sujet de controverse. La loi de la gravité, par laquelle toutes choses sont maintenues ensemble et réduites à un mouvement ordonné, est un lieu commun pour un écolier ; mais que l'homme soit sur la terre selon un plan intelligent est tenu pour non prouvé. L'assemblage des électrons en atomes, et des atomes en molécules, pour former le monde connu de nos sens, est comme un tableau clairement peint ; mais l'origine et la destinée de l'homme demeurent, pour la plupart des hommes, parmi les mystères de la vie. Le but de la coloration adaptative de l'aile d'un papillon est compris ; mais la vie humaine est souvent tenue pour dépourvue de but. Une fourmilière ou une ruche révèle des lois de relation pour le bien commun ; mais la conduite humaine ne se mesure qu'à l'opportunité personnelle, toujours changeante, jamais fixe ni certaine. La science ne donne aucune indication quant à savoir si la dynamite servira à détruire une ville sans défense, ou si l'acier sera forgé en épées ou en charrues.

Il n'est pas étonnant qu'il en résulte que l'éthique de notre époque soit l'éthique de la préservation de soi — dure, volontaire, matérielle — l'éthique de toute guerre ; et que l'histoire des temps civilisés se déroule le long d'une trace écarlate de sang.

La connaissance spirituelle s'obtient par une recherche juste

Il ne peut y avoir d'espoir de paix durable ou de véritable prospérité sur la terre tant que les hommes ne tourneront pas leur pensée et leur énergie vers l'élucidation des problèmes et des enjeux spirituels de la vie. L'homme intelligent a le pouvoir de découvrir les lois spirituelles aussi bien que les lois physiques. « Frappez, et l'on vous ouvrira ; cherchez, et vous trouverez. » Si l'on consacrait à rechercher le véritable fondement de la conduite humaine autant de temps et d'énergie qu'on en donne à n'importe quel sujet dans nos écoles, ou dans nos activités sociales et politiques, les fondements de la foi seraient solidement posés. Alors, l'existence de Dieu, par exemple, serait connue avec la même assurance que le fait que le soleil brille.

Une cause tout aussi fondamentale de la confusion du monde est l'absence d'accord concernant les vérités spirituelles que possède l'humanité. Dans le monde des phénomènes physiques, les hommes voient généralement de la même manière ; mais dans l'étude du domaine spirituel, on laisse entrer les opinions personnelles et les abstractions philosophiques. Il y a une chicane constante sur les définitions. Dieu, le premier des soucis spirituels de l'homme, est pour un groupe, bien que d'une majesté infinie, un Être personnel de l'ordre de l'homme ; pour un autre, un Être personnel d'un ordre entièrement différent de celui de l'homme ; pour un autre encore, une puissance bienfaisante et impersonnelle remplissant l'univers ; et pour un autre, seulement l'une des nombreuses forces de la nature. La discorde et la guerre naissent de définitions ou de descriptions divergentes des croyances. L'unité de croyance doit précéder la pleine paix sur la terre. Cela peut se faire, si les hommes veulent bien se dépouiller de leurs opinions préconçues et faire de la vérité le seul objectif de leur recherche. Les critères simples de la vérité s'appliquent aussi bien dans le monde spirituel que dans le monde physique.

Pour convertir les champs de bataille du monde en champs de maïs ; la discorde en paix ; et la peur en foi et en confiance, les hommes doivent sincèrement rechercher et parvenir à un accord sur trois fondements : le vrai Dieu ; la relation de l'homme avec Dieu et avec ses semblables ; et le but de l'existence humaine. Ce n'est qu'en parvenant à la certitude sur ces points que l'humanité peut espérer se libérer du règne de la terreur sur la terre.

La connaissance de Dieu, nécessaire au bien-être de l'homme

Premièrement, les hommes doivent trouver Dieu, si la paix doit régner. Pour des millions de personnes, il n'est qu'un nom, sans conséquence réelle. Les dirigeants d'une grande nation ont sérieusement proposé un retour aux dieux païens faits de main d'homme. Le vrai Dieu peut être trouvé. Ce n'est pas difficile. Des multitudes d'hommes et de femmes sincères l'ont trouvé, et savent que l'univers est dirigé par un Être dominant, mais compréhensible, intelligent, créateur, aimant, qui, en tant qu'Être personnel, peut parler et parle en effet à ses enfants sur la terre.

Quiconque trouve ce Dieu gagne la certitude ; et vainc la peur, cet ancien ennemi de l'homme, l'essence même de l'incertitude. Un sentiment de puissance et de justice vient à celui qui apprend qu'il n'y a pas de hasard dans l'univers, mais que les lois de la nature sont les lois de Dieu, et que l'humanité vit sous un système gouverné par une intelligence. Trouver Dieu est le premier besoin de l'humanité. Combien d'entre vous, dans cette vaste assemblée, vus et non vus, ont appris à le connaître ?

Tous les hommes sont frères

Deuxièmement, bien des douleurs de l'homme viennent d'une fausse conception de la relation de l'homme avec le Seigneur et avec son prochain. Il ne saurait y avoir grand respect pour le bien-être ou la vie humaine si l'homme n'est qu'un animal supérieur, un intrus accidentel sur la terre, ou une créature de Dieu faite à son gré, comme des enfants façonnent des pâtés de boue. L'homme est un véritable fils de Dieu, engendré de Dieu ; il était avec le Père au commencement. Parce qu'il est d'une lignée divine, avec une étincelle de divinité en lui, il s'élève incommensurablement dans le monde des choses.

Alors, la fraternité des hommes, dont on parle si légèrement, souvent avec un sourire méprisant, acquiert un sens profond. Tous les hommes sont enfants de Dieu ; frères de fait ; de la même lignée divine ; avec la même haute destinée ; sous la même conduite aimante du Père des esprits des hommes. Alors, chaque homme doit assumer une part de la responsabilité même de Dieu en prenant soin des enfants des hommes. Une personne ne peut laisser ses propres frères souffrir de la faim, aller sans vêtements, sans abri, ou courbés sous le chagrin. Il ne peut se montrer cruel envers

eux, et rester fidèle à son ascendance royale. Si cette véritable relation entre les hommes avait été fermement établie dans les esprits humains, moins de bombes seraient tombées sur l'Europe. Encore une fois, nous, de ce vaste auditoire, vus et non vus, regardons-nous nos semblables comme nos propres frères, et nous efforçons-nous de leur donner une aide fraternelle ?

Un but dans la vie, nécessaire au bonheur

Troisièmement, il faut comprendre le véritable but de la vie. Lorsqu'on chasse l'idée du hasard dans l'univers, le but s'installe en toutes choses. La vie de l'homme sur la terre a un but. La vie mortelle fait partie d'un programme divin pour le progrès éternel de l'homme. La terre est conçue pour le progrès de l'homme ; et les efforts de l'homme doivent être en harmonie avec ce but. Il n'y aurait pas de guerre si ce but était compris et tenu pour inviolable parmi l'humanité. Puis-je vous demander, à chacun de vous : votre vie est-elle ordonnée en vue du progrès ?

Voici les vérités que le monde a besoin de connaître et d'accepter : l'existence de Dieu ; la fraternité réelle des hommes ; et un but intelligent dans la vie. Sur ces fondements, la paix, l'abondance et la prospérité, ainsi que tous les dons de notre terre généreuse, seraient accessibles à tous les hommes. Alors, l'homme ne dériverait plus sur l'océan de l'incertitude. Le cap de son voyage lui serait tracé d'avance. Son voyage à travers la vie, guidé par le savoir et l'action, la foi et les œuvres, le conduirait à la demeure du bonheur.

Une autre question se pose : comment ces hautes vérités, une fois trouvées et acceptées, s'expriment-elles dans la vie humaine ? Comment reconnaître ceux qui apporteront la paix sur la terre ? Quelle qualité résume la vie chrétienne ?

Il existe une marque sûre et infaillible des véritables disciples de Jésus, le Christ. Cette marque est le pouvoir de s'oublier soi-même devant les besoins d'autrui — nous appelons cela le désintéressement, la plus haute réalisation de l'homme. C'est le seul moyen par lequel les épées seront transformées en socs de charrue et la terre deviendra comme un Paradis.

Qu'en est-il de nous-mêmes ?

Ne devrions-nous pas, en ce jour d'épreuve, sonder notre propre cœur ? Nous n'avons pas besoin d'aller plus loin.

Sommes-nous prêts à donner de notre surplus, à nous donner nous-mêmes, à ceux qui sont dans le besoin ? Est-ce pour nous une joie de donner au Seigneur ce qu'il nous demande ?

Y a-t-il du désintéressement dans nos foyers ? La bonté y règne-t-elle ? Un amour désintéressé dirige-t-il notre vie de famille ? Alors nous avons fait le premier pas vers la conquête de la paix pour le monde.

Qu'en est-il de notre prochain ? Sommes-nous soucieux de son bien-être ? Regardons-nous ses faiblesses avec charité ? Reconnaissons-nous ses vertus sans jalousie ? Essayons-nous de l'aimer ?

Dans nos affaires, refusons-nous de tirer même un avantage licite de notre prochain ? Sommes-nous disposés à partager avec lui les profits possibles ?

Vous, bergers, dignitaires de l'Église, êtes-vous de véritables pères pour le troupeau, donnant amour et toujours plus d'amour aux frères confiés à votre charge ? Voilà les critères simples et infaillibles.

Si cette assemblée, en tant que disciples du Prince de la Paix, voulait ordonner sa vie autour du désintéressement, un commencement notable serait fait vers la paix mondiale. D'autres, voyant les résultats bienfaisants, suivraient notre exemple, et l'esprit de bonne volonté se répandrait parmi les hommes. N'essaierons-nous pas résolument de le faire ?

Le désintéressement guérirait les maux du monde

Une élévation de l'âme est la suite naturelle des événements lorsque le désintéressement s'élève dans le cœur humain ; lorsque la fraternité réelle des hommes est acceptée, lorsqu'il y a un abandon au programme divin ! La charité et la miséricorde découlent bientôt de l'homme désintéressé. Il regarde avec une compassion indulgente les faiblesses d'autrui. Il cherche à secourir tous ceux qui sont dans le besoin. Un tel service engendre l'amour, le principe moteur de l'action divine. La paix est l'enfant de l'amour — la paix de l'âme qui libère l'homme pour qu'il progresse vers la ressemblance de Dieu. Ainsi se déroule l'heureuse séquence ascendante : désintéressement, charité, amour, paix. Toute la création plaide, prie et pleure pour que le désintéressement s'établisse parmi les hommes.

L'égoïsme, cause du mal dans le monde

En revanche, comme l'égoïsme est répugnant ! Dans son monde impie du hasard incertain, les hommes ne sont frères que par courtoisie ; ils sont plutôt ennemis dès la naissance. « Chacun pour soi » est la devise. Le mal en l'homme s'épanouit en cruauté — au foyer, en affaires, même dans ses amours imaginaires. Le premier-né de l'égoïsme est la cupidité, la bouche dégoulinante, un appétit jamais rassasié de possessions matérielles, quels que soient les moyens de les acquérir. « Toujours plus », tel est le cri de la cupidité. L'histoire politique du monde est principalement celle de la cupidité apaisée de l'homme. Une fois vaincue, comme elle doit nécessairement l'être dans un monde cupide, la cupidité se transmue en haine envers tous ceux qui se dressent sur son chemin ou réussissent mieux dans un monde avide, une haine aigre de la vie elle-même. Alors, comme la nuit suit le jour, vient la guerre, enfant difforme de la haine elle-même, guerre sans fin, cachée dans le cœur des hommes, ou jaillissant en famine et en peste sur des champs de bataille détrempés, jusqu'à ce que le cœur des hommes soit figé de terreur, de désespoir, de défaite et de tous les autres démons qui mènent à la mort.

Telle est l'impie séquence descendante, l'ennemi du monde, depuis que Caïn ôta la vie d'Abel : l'égoïsme, la cupidité, la haine et la guerre — répandant le chagrin sur la terre.

C'est folie que de bâtir de grands armements d'acier, pour la défense ou l'attaque, sans bâtir les armes plus puissantes qui procèdent de l'obéissance à l'Évangile de Jésus-Christ, l'Évangile de la Paix. Navires de guerre, aéronefs ou diplomatie pourront mettre fin à une guerre, mais la guerre entre les nations, ou entre chefs d'entreprise, ou entre voisins, ou dans les familles, ne cessera pas tant que les hommes n'obéiront pas à sa parole et ne chercheront pas, avec désintéressement et avec force, à s'aimer les uns les autres.

La paix, une responsabilité individuelle

Que l'on n'oublie pas que la conquête de la paix pour le monde est une responsabilité personnelle. Je dois ordonner ma vie pour la paix, comme vous devez ordonner la vôtre. Les unités d'une nation sont les citoyens individuels ; en fin de compte, la nation deviendra ce qu'ils seront. Pour chacun d'entre nous, le message est le même : je suis l'artisan de la paix.

Certains diront que l'homme est incapable de découvrir la vérité spirituelle et d'accomplir une action suffisamment désintéressée pour apporter la paix sur la terre. Ce n'est là qu'un airain qui résonne, le défi de l'incrédulité.

Il existe en chaque homme une profonde réserve de puissance qui, une fois sollicitée, rend les hommes capables des plus hautes entreprises et leur donne plus que la force humaine ordinaire. C'est du monde invisible que cette source se renouvelle ; elle ne tarit jamais. C'est le malheur du monde que si peu s'en servent, car elle donne non seulement le pouvoir d'obéir et d'agir, mais aussi le courage, l'espérance, l'intelligence, la foi, l'amour et tous les autres dons et vertus du ciel. L'homme, de lignée divine, peut accomplir des œuvres dignes d'être approuvées de Dieu lorsque, dans la prière à Dieu, il puise dans le puits de force intérieure dont chaque homme est doté. La paix viendra sur la terre à mesure que les enfants de la terre useront de cette puissance divinement donnée en eux, selon les exigences de l'Évangile de Jésus-Christ, qui offre la seule approche pratique de la paix et du bonheur sur la terre. Ce sont là toutes de vieilles vérités, mais il est bon d'en parler en un jour où elles semblent avoir été oubliées.

L'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, dépositaire de la connaissance et de l'autorité divines, suit humblement les traces de son Maître, l'Homme de Galilée, et implore ses membres et tous les hommes de se tourner vers la vérité et la droiture, afin que la paix descende sur la terre.

Citer ce discoursJohn A. Widtsoe, « Émission nationale », Conférence générale d'octobre 1939, Émission Church of the Air (1939-10-08). Pulpit Vault, 1939-10-john-a-widtsoe-national-broadcast. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).