Rapport sur la Mission de Nouvelle-Angleterre
Carl F. Eyring
Mes bien-aimés frères et sœurs : je désire d'abord saisir l'occasion d'exprimer à mes frères ma reconnaissance pour les occasions qui me furent données alors que je présidais la Mission de Nouvelle-Angleterre pendant deux ans. Cet appel au service s'est avéré être l'une des plus belles expériences de ma vie -- et je considère avoir eu de nombreuses et diverses expériences dans cette grande Église. ¶
Sœur Eyring et moi désirons exprimer une reconnaissance particulière pour le service rendu à la mission, d'abord par frère Widtsoe et sœur Widtsoe, puis par le président et sœur Clawson, et enfin par frère Ballard et sœur Ballard. Nous chérirons toujours comme l'un de nos plus beaux souvenirs ces deux dernières semaines que nous avons eu le privilège de passer avec frère Ballard. Il apporta à notre mission un grand message. Nos missionnaires n'oublieront pas les puissants discours qu'il nous donna, particulièrement au lieu de naissance du prophète Joseph. Son souvenir demeure encore avec nous ; nous ressentons encore sa force dans l'Église. Nous louons Dieu de ce que sa grande Église puisse produire des hommes tels que frère Ballard. ¶
En parcourant la Nouvelle-Angleterre, j'en suis venu à comprendre pourquoi il fut possible aux dirigeants de l'Église et à leurs disciples d'établir des communautés dans ces terres de l'Ouest. Il suffit de se rendre compte que le sol est très mince en Nouvelle-Angleterre, qu'il y a de nombreuses forêts à défricher, et que, pendant deux cents ans, les habitants de la Nouvelle-Angleterre ont fait œuvre de pionniers dans leur pays « difficile », pour comprendre que leurs fils et leurs filles, forts de cet héritage, seraient capables de faire œuvre de pionniers dans ce pays « désolé » de l'Ouest, et d'y réussir fort bien. Dans la grande vallée de la rivière Connecticut sont nés quatre des présidents de notre Église. Il y a cent ans, les habitants de la Nouvelle-Angleterre quittaient soit leurs fermes pour l'Ouest, soit se rendaient dans les villes industrielles. Beaucoup de ceux qui tournèrent leur visage vers l'Ouest se joignirent à l'Église et vinrent dans les vallées des montagnes. Et ici, dans l'Ouest, nous avons créé une autre Nouvelle-Angleterre -- du moins, nous chérissons ici une grande partie de ce qui fut créé et bâti en Nouvelle-Angleterre. ¶
Je suis reconnaissant d'avoir maintenant le privilège de rentrer chez moi, à mon poste à la Brigham Young University. Depuis mon enfance, j'ai grandi dans le système scolaire de l'Église. Je voudrais rendre témoignage que ce système a beaucoup fait pour la jeunesse et les dirigeants de cette Église. Je suis reconnaissant d'être considéré comme digne de faire partie de la Brigham Young University. J'espère et je prie que le Seigneur me donnera l'inspiration nécessaire afin que je puisse enseigner à mes étudiants que l'Évangile a véritablement été rétabli ; qu'il n'existe sur la terre aucune idéologie qui puisse sauver les hommes, si ce n'est l'Évangile de Jésus-Christ. ¶
Je crois véritablement aux premiers principes de l'Évangile. Il faut avoir plus qu'une simple foi abstraite. Il faut avoir foi en quelque chose. Beaucoup de gens ont foi dans le principe selon lequel la force fait le droit. Mais nous prétendons avoir foi dans le Seigneur Jésus-Christ. Nous prétendons que, par un repentir continuel, nos pauvres façons de vivre peuvent être transformées en une vie nouvelle et meilleure. Par la rédemption, le Seigneur et Maître a rendu possible, pour nous tous, d'atteindre le ciel. Ce n'est pas là notre message particulier au monde -- notre message, comme frère Ballard nous l'a si vigoureusement enseigné, est la déclaration des exigences nécessaires pour atteindre le royaume céleste de notre Père. Nous, qui avons entrepris ce voyage en acceptant ces exigences, ne devons pas nous dire, comme le fit le peuple du temps de Jésus : « Ne sommes-nous pas les enfants d'Abraham ? » Nous devons comprendre qu'il faut plus que la foi « initiale » en Jésus, le repentir « initial », le baptême « initial » et l'imposition « initiale » des mains pour le don du Saint-Esprit. Pour vivre à la hauteur de nos possibilités, nous devons avoir une foi durable en Jésus et en sa façon de vivre ; une foi constante en ce qu'il a apporté au monde l'idéologie qui apportera la paix ; une confiance inébranlable que nous pouvons créer, sur son modèle, une vie nouvelle par le repentir quotidien ; un courage et une foi dynamiques qui, lorsque nous serons entrés dans les eaux du baptême et aurons ainsi montré à nos semblables que nous nous proposons de devenir des membres idéaux de cette Église, nous obligeront à vivre, jour après jour, de sorte que nous puissions espérer la compagnie du Saint-Esprit -- le privilège de ceux qui sont véritablement candidats au royaume céleste de notre Père. ¶
Bénis ce peuple, notre Père, et guide les jeunes gens afin qu'ils demeurent fidèles à la foi, telle est ma prière. Amen. ¶