Le succès de l'œuvre missionnaire
Elias S. Woodruff
C'est un rare privilège dont je jouis en ce moment. Je suis reconnaissant pour mon témoignage que l'Évangile est vrai, pour les relations qui sont les miennes, tant dans la mission qu'au foyer, et pour les bénédictions qui reposent sur les Saints des derniers jours. Je pense que le peuple des Saints des derniers jours jouit si régulièrement des bénédictions du Seigneur que nous en venons à les accepter comme allant de soi. ¶
Je suis tout à fait certain que nous n'apprécions pas pleinement les privilèges et les bénédictions qui sont les nôtres en ce moment, ni la valeur de l'héritage qui nous est venu de nos parents. ¶
La fabrication de chaussures en Amérique a largement commencé dans les États de la Nouvelle-Angleterre ; il y avait peu de bons cordonniers ailleurs. Lorsque le Missouri et le centre-ouest se sont mis à fabriquer des chaussures le long des rives des fleuves Mississippi et Missouri, ils ont importé leurs ouvriers qualifiés de la région de la Nouvelle-Angleterre. Plusieurs générations se sont écoulées depuis que l'on a commencé à fabriquer des chaussures en ces lieux, et il s'y est développé une génération de cordonniers nés avec ce talent. Les garçons et les filles, dès qu'ils sont en âge de travailler, entrent dans les usines de chaussures et y trouvent de l'emploi. Il semble y avoir une habileté qui se transmet de leurs pères et peut-être de leurs mères — car les femmes travaillaient elles aussi dans les usines. Les fabricants n'ont plus besoin de faire venir leur main-d'œuvre qualifiée d'ailleurs. ¶
J'ai utilisé cette pensée en relation avec l'Église. Dans la promotion des magazines de l'Église, j'ai fréquemment dit qu'il n'y a pas au monde de peuple qui puisse écrire comme le nôtre sur des sujets religieux ou sociaux, et qu'il n'y a pas de magazines qui égalent les magazines de l'Église. ¶
La même chose est vraie en ce qui concerne la direction de l'Église. Le Seigneur a dit que nous devons être comme un peu de levain qui fait lever toute la pâte. J'ai observé que, parfois, dans une communauté, arrive un homme et sa famille possédant cette qualité, et qu'à la suite de leur venue, une organisation se bâtit autour d'une ou deux familles. Sans eux, l'organisation ne pourrait pas réussir. Si l'un d'eux venait à déménager, nous aurions du mal à maintenir le petit groupe. ¶
Que dire alors de la valeur des enseignements qui nous parviennent, et que nous acceptons presque inconsciemment, dans les écoles du dimanche et les autres organisations de l'Église chez nous ? Les jeunes gens et les jeunes filles arrivent sur le champ de mission en pensant qu'ils sont presque entièrement mal préparés. Ils ne se rendent pas compte de la force qui réside naturellement en eux, ni de la rapidité avec laquelle ils acquerront l'habileté et parviendront à un stade où ils sont capables de faire lever toute la pâte et de la remuer partout où ils vont. Il devient vite évident qu'il existe parmi eux une aptitude à diriger peu commune. ¶
Il y a un autre trait de notre peuple qui étonne le monde, c'est la pureté de la vie des missionnaires. Cela m'a été mis en évidence de façon frappante par le sanatorium d'Independence, dans le Missouri. Nous avons pour coutume d'y amener nos missionnaires « blessés ». Le médecin qui les soigne s'est émerveillé des corps sains et purs des garçons venus à l'hôpital pour des opérations, et du merveilleux esprit des jeunes filles qui s'y sont rendues. Les infirmières de ce sanatorium l'ont fait remarquer au médecin, qui m'a dit un jour : « Frère Woodruff, je sais que vous serez très heureux d'entendre ce compliment adressé à votre peuple. Nos infirmières nous disent qu'il n'existe aucun autre peuple comme le vôtre parmi ceux qui viennent à l'intérieur de cet établissement, qu'il n'y en a aucun qui réponde si vite aux soins guérisseurs de la médecine et à un bon traitement, aucun qui soit d'un caractère si doux à servir, et qui laisse derrière lui une influence aussi belle et aussi charmante. » ¶
Voilà l'influence qui vient de vies pures et d'une formation appropriée reçue au foyer. Je suis amené à apprécier de plus en plus la valeur de ce que fait l'Église. ¶
Je sais que nous sommes conscients de nos faiblesses ; je sais que nous savons que nous avons nos limites, mais je dis ceci, si cela peut être de quelque valeur, en guise d'encouragement à ceux qui travaillent au foyer avec la jeunesse de Sion. Les gens nous disent : « Où donc trouvez-vous de si beaux jeunes gens et de si belles jeunes filles, et en si grand nombre ? » ¶
Je réponds toujours : « Eh bien, les bois en regorgent, là-bas à l'ouest. Nous n'avons qu'à tendre la main et à prendre ce dont nous avons besoin, et ils sont tous bons. » ¶
Eh bien, c'est une œuvre merveilleuse et un prodige, et le Seigneur est magnifié, et nos témoignages grandissent. L'Église grandit en force et en puissance, et je prie qu'elle continue ainsi, et que nous puissions tous prendre part à ses bénédictions. Je le demande au nom de Jésus. Amen. ¶