Jésus se déplaçant parmi les hommes
Charles A. Callis
Cette conférence est un festin spirituel, un festin de mets savoureux préparé pour les justes. Juste avant la fin de la réunion de ce matin, ces paroles me sont venues à l'esprit : « Quelques Grecs vinrent trouver Philippe, disant : Seigneur, nous voudrions voir Jésus. » ¶
Jésus se déplaçant parmi les hommes
Dans les corps célestes, dans les cieux, on peut voir Dieu se déplacer dans sa majesté et sa gloire. Les étoiles, ces orbes arrondis de lumière, le soleil, la lune et les cieux proclament la gloire de Dieu, mais ils ne proclament pas sa volonté. Je voudrais voir Jésus se déplacer parmi les hommes, apportant un élan spirituel à ceux qui sont affligés dans l'esprit et dans le corps. ¶
Un ami demanda un jour à Tennyson : « Que représente pour vous personnellement Jésus-Christ ? » ¶
Le grand poète répondit : « Le Christ est pour moi ce que le soleil est pour le rosier. » ¶
Je suis reconnaissant que la philosophie de notre religion me donne le réconfort d'un Dieu personnel, qui entend le cri plaintif de la veuve, « qui envoie la paix à la conscience qui peine, et accorde au prisonnier un doux soulagement. » Je crois que c'est Victor Hugo qui a dit que, de tous les noms de la Divinité, la compassion était le plus beau, et Dieu est un être compatissant. « Si près est la grandeur de notre poussière, si près est Dieu de l'homme. » ¶
Le chemin du ciel
Nous lisons dans le Livre de Mormon que le grand Créateur a souffert et versé son sang sur la croix, qu'il est mort pour tous les hommes, afin que tous les hommes puissent lui être assujettis. Jésus s'est assujetti à l'homme dans la chair. Il fut le serviteur souffrant, la personnification du service. Le service fut le chemin que foulèrent ses pieds sanctifiés et célestes, et dans toute la philosophie du monde, oui, dans la philosophie de la religion, le seul chemin vers le ciel est le chemin du service. Cela brille comme un joyau. ¶
Qu'est-ce qui glorifie une mère ? Elle s'assujettit à ses enfants et les sert, usant sa splendide vie à prendre soin d'eux. Mes frères et sœurs, si nos enfants échouent, nous échouons nous aussi, dans une certaine mesure du moins. Dans ce grand mouvement d'entraide de l'Église, je vois l'esprit du Christ se déplacer dans la compassion, dans la grandeur, dans la miséricorde et dans la pitié parmi les enfants malheureux des hommes qui ne sont pas bénis de beaucoup des biens de ce monde. ¶
Voulez-vous goûter au ciel ? Voulez-vous sentir la présence du Christ ? Alors accompagnez les anciens qui ont ces projets de bienfaisance en main. Assistez les nécessiteux, portez secours aux pauvres méritants, enseignez aux gens à travailler, à devenir indépendants. La plénitude et la majesté de la virilité reposent sur celui qui est disposé et désireux de peiner, et qui a l'occasion de travailler. Ce que les gens obtiennent gratuitement, ils ne l'apprécient pas toujours. De même que Dieu s'est assujetti à l'homme dans la chair, de même, en prêchant cet Évangile, en allant de par le monde comme Jésus le fit, en faisant le bien, nous servons, nous savons que le Christ vit, et qu'il n'est pas loin de nous. Je le répète, si nous voulons avoir un avant-goût du ciel, si nous ne voulons pas attendre le millénium avant de marcher dans le jardin d'Éden, donnons libéralement de nos biens aux pauvres. ¶
Le Christ, auteur de tout don bon et parfait
Le Christ est la source de toute lumière. Je ne crois pas qu'il y ait jamais eu un architecte, un érudit, un chirurgien, un peintre, un bâtisseur, qui ait accompli ces choses merveilleuses sans l'esprit du Seigneur Jésus-Christ. Nous pouvons refuser de le reconnaître, mais cela n'en est pas moins vrai, car le Christ est l'auteur de tout don bon et parfait qui vient d'en haut. ¶
Notre système éducatif de l'Église, la Brigham Young University, ainsi que tous nos instituts et séminaires présidés par des hommes dévoués et de nobles érudits, accomplissent, j'en suis pleinement persuadé, une grande œuvre en préparant les jeunes gens et les jeunes filles à prêcher l'Évangile, et en les rendant aptes à affronter les problèmes de la vie. ¶
Jésus a dit : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde donne », mais la paix qui fait le contentement pieux. Et frères et sœurs, ce monde ne connaîtra jamais de paix véritable et durable tant que la justice ne précédera pas la paix, car il ne peut y avoir de paix durable sans la justice. La justice élève une nation, mais le péché est la honte des peuples. ¶
Le Seigneur ressuscité
Autre promesse : « Car je vis et vous vivrez aussi. » Oh, le doux réconfort que donne cette promesse ! Je sais que mon Rédempteur vit. Et parce qu'il vit, je vivrai, ma personnalité survivra. J'aime penser au Christ immortel et ressuscité dans la gloire. J'aime penser à lui tel qu'il se déplaçait parmi les hommes sur la terre. Je ne crois pas que nous changions beaucoup notre manière de servir lorsque nous passons dans l'autre monde. Jésus, après sa résurrection, utilisa les mains qui avaient fait le monde pour préparer de la nourriture pour ses disciples, et lorsque le Seigneur ressuscité vint dans ce glorieux hémisphère occidental, il fit appeler les boiteux et les aveugles, les estropiés, les sourds, les malades, et de ces mains célestes il toucha leurs infirmités (qu'il avait portées dans la condition mortelle), et il les guérit. ¶
Je les vois se presser autour de lui, ces beaux enfants, sans crainte devant le Tout-Puissant, les petites filles lui souriant au visage, les garçons s'approchant de lui sans peur. Et il posa les mains sur eux et les bénit, et voici, tandis qu'il s'agenouillait sur le sol, il « gémit en lui-même », car il était « troublé à cause de la méchanceté du peuple de la maison d'Israël ». ¶
Or, je ne pense pas que, lorsque nous arriverons dans l'autre monde, les larmes cesseront de couler ni le trouble d'entrer dans nos cœurs, car le prophète Joseph a dit que nos bien-aimés ne sont pas loin de nous, qu'ils ont connaissance de ce que nous faisons, et que certaines de nos actions les affligent. Je vois le Sauveur priant, compatissant à la multitude comme il le fit dans la condition mortelle. Il nourrit les affamés, il écouta les plaintes des pauvres. Souvenez-vous qu'il dit au peuple : « Vous avez toujours les pauvres avec vous. » ¶
L'esprit du Christ est dans ce mouvement d'entraide. Il va nous conduire vers des hauteurs spirituelles toujours plus élevées, car Jésus en est l'inspirateur. « Saint es-tu, Seigneur Dieu Tout-Puissant. » Amen. ¶