Pulpit

Rapport de la Mission canadienne

Abel S. Rich

Conférence générale d'avril 1937·Session du matin du troisième jour·1937-04-06

C'est vraiment un plaisir de me joindre de nouveau aux Saints des derniers jours en cette grande Conférence. J'ai été inspiré par la belle musique et par la clarté avec laquelle les principes de l'Évangile nous ont été présentés par notre président et par les autorités générales de l'Église.

Je suis heureux de constater le sentiment d'amitié et de fraternité sociale qui existe parmi nos Saints des derniers jours. Je pense que son égal ne se trouve dans aucun autre groupe au monde. Il repose sur ce que Jésus appelait la marque d'un véritable disciple, lorsque, s'adressant à ses apôtres, il dit :

À ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres.

Vous, fidèles Saints des derniers jours des pieux de Sion, prêchez magnifiquement l'Évangile au monde. Les émissions diffusées depuis ce bâtiment historique et son orgue, les belles courtes homélies de frère Evans, votre œuvre au titre du Programme de sécurité sociale, ont touché le cœur de gens de l'est du Canada qui n'avaient jamais auparavant trouvé d'intérêt pour l'Évangile de Jésus-Christ.

Cette lettre m'est parvenue ce matin. Elle avait été adressée à l'enceinte du Temple ici, et frère Peery me l'a transmise. Elle donne une idée de ce que certaines de ces choses accomplissent dans le monde. Cette lettre vient d'une jeune étudiante qui obtient ce printemps sa licence à la Farmington Normal State School, dans le Maine, et elle dit, en partie :

J'ai vu l'autre soir le March of Time, qui racontait comment vous avez fait face là-bas aux difficultés économiques. J'en ai été fascinée. Vivant ici, dans l'est, je n'ai jamais eu accès à de véritables informations historiques concernant les mormons, et j'aimerais maintenant beaucoup connaître quelque chose de leur histoire.

Lors de ma récente tournée de la mission, en arrivant à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, une ville où nous n'avions pu établir que peu de contacts ni obtenir beaucoup d'articles favorables dans la presse, un journaliste m'a appelé et m'a demandé si j'avais quelque chose qui pourrait intéresser les gens de Saint-Jean, après m'avoir demandé quelle était ma mission. Je lui ai dit que je pensais avoir effectivement quelque chose qui intéresserait les gens de Saint-Jean, et que je serais heureux de le lui donner s'il voulait bien venir dans ma chambre. Il est venu, et je lui ai donné quelques faits sur le Programme de sécurité sociale, sur la façon dont il avait fonctionné. Il m'a alors dit : « On dirait un conte de

fées. » Quand je lui ai assuré que c'était la vérité, il a dit : « C'est merveilleux. Je n'ai jamais rien entendu de tel. Mais, a-t-il dit, comment faites-vous pour que vos gens fassent de telles choses ? » J'ai eu plaisir à lui dire que le secret de cette réponse tenait au fait que les membres de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours considèrent leur président comme un prophète de Dieu, qui déclare à son peuple la volonté de Dieu.

Ce même esprit d'amitié et d'amour, si manifeste dans ce rassemblement des Saints des derniers jours, se retrouve dans les branches de l'Église à travers le monde, ce qui indique que le secret ne réside pas dans les personnes ni dans leur lieu de résidence, mais dans les principes de l'Évangile rétabli. Cette connaissance donne du zèle à l'œuvre missionnaire : comprendre pleinement que le message de l'Évangile donne un but à la vie, ainsi que de l'enthousiasme pour vivre, un intérêt pour le bien-être d'autrui, ce qui se traduit par la croissance et le bonheur de l'individu, donne au missionnaire le courage de persévérer même dans un découragement fréquent.

Les missionnaires de toute notre mission se portent bien et forment un groupe heureux, prenant pleinement plaisir à leur œuvre. Ils sont de beaux exemples de ce que l'Évangile accomplit pour les gens. Leur bonheur débordant, leur courage et leur bienveillant intérêt pour le bien-être des gens enseignent bien les fruits du mormonisme. Vous, parents, méritez d'être félicités pour l'éducation familiale que vous avez donnée à ces excellents jeunes hommes et jeunes femmes.

Je suis d'avis qu'aucune de nos excellentes institutions ne peut remplacer le foyer pour former les jeunes gens et façonner en eux des idéaux et des attitudes justes. Si les missionnaires arrivent sur le terrain avec la bonne attitude et les bons idéaux, s'ils ont appris la valeur du service désintéressé, et s'ils ont grandi dans un foyer où l'on a montré de la révérence pour l'Évangile et où ses principes ont été pratiqués, ils possèdent ce qui fait le succès d'un missionnaire.

S'ils peuvent ajouter à ces belles qualités essentielles une connaissance précise des principes de l'Évangile, ils sont bien mieux équipés pour leur œuvre. Beaucoup viennent à nous en ne connaissant que peu l'Évangile, et peu l'art d'aborder les gens. Je me suis parfois demandé si, dans nos foyers, en tant que Saints des derniers jours, nous ne pourrions pas faire davantage pour enseigner l'Évangile à ces jeunes gens, afin qu'ils abordent cette œuvre importante un peu mieux préparés.

Les missionnaires qui ont reçu une certaine formation en musique, en art oratoire et en lecture ont l'occasion de rencontrer des clubs et des groupes sociaux, ce qui les aide beaucoup à faire connaître notre message aux gens d'une manière qui les incite à écouter.

En arrivant sur le champ de la mission, le missionnaire est largement livré à ses propres ressources et à sa propre initiative. Cela l'amène à étudier avec un but précis, et fait naître en lui une humilité et une dépendance envers Dieu, qui expliquent en grande partie la croissance merveilleuse qu'il connaît pendant la période de sa mission.

Ces vers d'Ella Wheeler Wilcox décrivent bien, je pense, la vie du missionnaire, lorsqu'elle dit :

Appuie-toi sur toi-même jusqu'à ce que ta force soit éprouvée, puis demande l'aide de Dieu, elle ne te sera pas refusée. Use de ta propre vue pour voir le chemin à suivre ; quand l'obscurité tombe, demande à Dieu de te montrer la voie. Pense par toi-même et raisonne ton propre plan ; Dieu a son œuvre, et tu as la tienne. Exerce ta volonté et use de maîtrise de toi-même ; Dieu t'a donné juridiction sur ton âme. Mets en jeu toutes tes puissances immortelles ; pense, agis, lutte, lève les yeux et prie.

Quelle que soit notre condition dans la vie, les bénédictions de l'Évangile dépendent de notre réponse individuelle à celui-ci. Ses bénédictions, ses promesses et ses exigences sont demeurées à peu près les mêmes à travers les âges, et la joie et le bonheur fondés sur ses principes n'ont été connus que par ceux qui ont fait de l'Évangile une partie vivante et active de leur vie quotidienne.

S'exprimant par la plume de l'auteur du livre de l'Apocalypse, le Maître félicita les saints pour la bonté de leur vie en bien des points, puis il fit ces promesses aux sept Églises, et je crois qu'elles ont une valeur éternelle :

À celui qui vaincra je donnerai à manger de l'arbre de vie, qui est dans le paradis de Dieu, et . . . Il n'aura pas à souffrir la seconde mort.

Et à celui qui vaincra, et qui gardera jusqu'à la fin mes œuvres, je donnerai autorité sur les nations, et il les gouvernera. . . .

Celui qui vaincra sera revêtu ainsi de vêtements blancs ; je n'effacerai point son nom du livre de vie, et je confesserai son nom devant mon Père et devant ses anges

Celui qui vaincra, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu,

et puis il conclut enfin en disant :

je te conseille d'acheter de moi de l'or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu . . . et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies.

L'état actuel du monde montre que les Saints des derniers jours devraient voir la nécessité de posséder cet or éprouvé par le feu, et ce collyre pour oindre nos yeux. Dans les principes de l'Évangile se trouve l'or éprouvé par le feu, et dans l'inspiration de nos dirigeants, dans l'autorité de la prêtrise et dans les bénédictions du Saint-Esprit se trouve ce collyre pour oindre nos yeux, afin que nous puissions voir, et, voyant, trouver le chemin de la paix, de la sécurité et du bonheur.

Je suis heureux dans l'Évangile de Jésus-Christ. Mon témoignage et mon amour pour lui grandissent à mesure que j'en vois l'influence sur les gens.

Que le Seigneur bénisse nos dirigeants et nous-mêmes, afin que chacun de nous accomplisse pleinement sa part de cette grande œuvre, je le prie humblement, au nom de Jésus-Christ. Amen.

Les Mères chanteuses et l'assemblée chantèrent l'hymne « La prière est le sincère désir de l'âme ».

Citer ce discoursAbel S. Rich, « Rapport de la Mission canadienne », Conférence générale d'avril 1937, Session du matin du troisième jour (1937-04-06). Pulpit Vault, 1937-04-abel-s-rich-canadian-mission-report. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).