Le Plan de sécurité de l'Église
David O. McKay
Le Seigneur a dit : « Car mon âme met ses délices dans le chant du cœur ; oui, le chant des justes est une prière pour moi, et il sera exaucé par une bénédiction sur leur tête. » ¶
Votre unisson dans le chant, lors de la diffusion nationale de ce matin, m'a profondément impressionné — les vôtres étaient vraiment des chants du cœur. Je prie qu'ils soient visités de bénédictions sur vos têtes, et que ce chœur, en rendant un si merveilleux service à l'Église, à l'État et à la Nation, reçoive des bénédictions supplémentaires. Je voudrais que cette même unité, cette même harmonie manifestées dans ce chant de la congrégation caractérisent ¶
chaque entreprise juste de l'Église. Que Dieu bénisse ceux qui ont cette musique en main, et qu'il bénisse aussi celui qui a organisé la continuité et l'a menée à bien avec tant de succès. ¶
LE PLAN DE SÉCURITÉ DE L'ÉGLISE ¶
Tout au long de cette conférence, il a été fait fréquemment référence, et à juste titre, au plan inauguré par les autorités générales de l'Église pour venir en aide aux chômeurs. C'est actuellement l'une des plus grandes, et l'une des plus importantes préoccupations de l'Église. Pendant les quelques minutes qui me sont allouées, je désire attirer l'attention sur la valeur spirituelle de cette entreprise importante et d'une grande portée. ¶
Dans la 29e section de la Doctrine et Alliances, il nous est dit : « C'est pourquoi, en vérité, je vous dis que pour moi toutes les choses sont spirituelles, et je ne vous ai jamais donné, en aucun temps, de loi qui fût temporelle, ni à aucun homme, ni aux enfants des hommes, ni à Adam, votre père, que j'ai créé. ¶
« Voici, je lui ai accordé d'agir par lui-même, et je lui ai donné un commandement, mais je ne lui ai pas donné de commandement temporel, car mes commandements sont spirituels ; ils ne sont ni naturels, ni temporels, ni charnels, ni sensuels. » ¶
Le développement de notre nature spirituelle devrait nous préoccuper avant tout. La spiritualité est la plus haute acquisition de l'âme, le divin en l'homme ; « le don suprême et couronnant qui fait de lui le roi de toute la création. » C'est la conscience de la victoire sur soi-même et de la communion avec l'infini. C'est la spiritualité seule qui donne réellement à l'homme le meilleur de la vie. ¶
C'est déjà quelque chose que de vêtir ceux qui sont peu vêtus, de fournir une nourriture abondante à ceux dont la table est bien maigre, de donner une activité à ceux qui luttent désespérément contre le désespoir qu'engendre l'oisiveté forcée ; mais, tout bien considéré, les plus grandes bénédictions qui découleront du Plan de sécurité de l'Église sont spirituelles. En apparence, chaque acte semble dirigé vers le matériel : refaire des robes et des costumes, mettre en conserve des fruits et des légumes, stocker des denrées, choisir des champs fertiles pour l'établissement — tout cela semble strictement temporel, mais ce qui pénètre tous ces actes, les inspire et les sanctifie, c'est l'élément de spiritualité. ¶
LA SPIRITUALITÉ MÊME DANS L'ADVERSITÉ ¶
Il en est qui ont connu le désastre, qui a presque l'apparence de la défaite, et qui en ont éprouvé une certaine aigreur de caractère ; mais s'ils s'arrêtent pour y réfléchir, même l'adversité qui les a atteints peut se révéler un moyen d'élévation spirituelle. L'adversité elle-même peut conduire vers Dieu et vers l'illumination spirituelle, et non en éloigner ; et la privation peut se révéler une source de force si nous savons seulement garder la douceur de l'esprit et du cœur. « Douces sont les vertus de l'adversité, » disait Shakespeare, « qui, tel le crapaud, laid et venimeux, porte pourtant à la tête un précieux joyau. » ¶
Job posséda autrefois une richesse abondante. Il comptait ses brebis, ses chameaux et ses bœufs par milliers. Ses fils et ses filles étaient prospères, et Job était heureux et juste dans sa prospérité. Il était le plus grand de tous les hommes de l'Orient. Puis vint le désastre. Les Sabéens ¶
lui dérobèrent son bétail et tuèrent ses serviteurs ; le feu consuma ses brebis et les hommes qui les gardaient ; les Chaldéens emmenèrent ses chameaux ; ses fils et ses filles périrent dans un cyclone. Puis lui-même fut frappé d'une répugnante maladie de peau. Au plus profond de son affliction, sa femme vint à lui et dit : « Tu demeures ferme dans ton intégrité ! Maudis Dieu et meurs ! » Pourtant, du fond de la ruine financière, de la souffrance physique et des accusations poignantes de ceux qui se disaient ses amis, Job s'éleva jusqu'aux sommets mêmes de l'exultation spirituelle lorsqu'il déclara : ¶
Mais je sais que mon Rédempteur est vivant, et qu'il se lèvera le dernier sur la terre : ¶
Quand ma peau sera détruite, quand je n'aurai plus de chair, je verrai Dieu. ¶
« Supporter l'adversité avec une humble soumission à la volonté de Dieu, paraître joyeux au milieu des ténèbres environnantes, plein d'espérance au sein de circonstances désespérées, heureux en Dieu quand rien d'autre ne peut rendre heureux ; celui qui fait cela a vraiment fait un grand progrès dans la vie divine. » ¶
LA CONTEMPLATION DU PLAN DONNE UNE ÉLÉVATION SPIRITUELLE ¶
Il y a de la spiritualité jusque dans la conception même du plan qui va apporter un soulagement à ceux qui souffrent et un réconfort aux opprimés et aux pauvres. Une clarté intellectuelle, si ce n'est une bénédiction spirituelle, vient même de la contemplation de telles choses. Nul ne peut considérer, même superficiellement, ses motifs et ses objectifs sans comparer dans son esprit la lutte et l'égoïsme tels qu'exemplifiés dans la loi de la nature, qui est une loi de la survie du plus apte, avec la loi spirituelle exprimée par Jésus lorsqu'il dit : « Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera. » Et, associée à cette pensée, celle-ci : « Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous les avez faites. » ¶
Vous voyez de toutes parts la lutte qui se déroule dans la nature. Les oiseaux tuent les oiseaux, les animaux tuent les animaux ; les hommes aussi, au plus haut degré de l'existence, luttent et tirent avantage les uns des autres. « L'envie, l'ivrognerie, les excès de table, et les choses semblables », manifestations des « œuvres de la chair », sont répandus partout ; « et ceux qui commettent de telles choses n'hériteront pas le royaume de Dieu » ; ils ne sont pas conformes à la loi du Seigneur, ni à la loi du bonheur. ¶
Dieu merci, nous pouvons également voir des indices de tendances au renoncement à soi-même pour le bien d'autrui. Les preuves s'accumulent chaque jour du fait que l'homme aspire à des choses plus élevées que le simple égoïsme et la bassesse. « La race humaine périrait, » dit Sir Walter Scott, « si elle cessait de s'entraider. Nous ne pouvons exister sans une aide mutuelle. Que tous ceux qui ont besoin d'aide la reçoivent donc de leurs semblables, et que nul, ayant le pouvoir de l'accorder, ne puisse la refuser sans se rendre coupable. » ¶
LA SPIRITUALITÉ EXPRIMÉE DANS LE DON ¶
Il y a plus de spiritualité exprimée dans le fait de donner que dans celui de recevoir. La plus grande bénédiction spirituelle vient de l'aide apportée à autrui. Si vous voulez être malheureux, il suffit de nourrir de la haine envers un frère, et si vous voulez haïr, il suffit de ¶
faire du tort à votre frère. Mais si vous voulez être heureux, rendez un service bienveillant, faites le bonheur de quelqu'un d'autre. Le poète avait raison lorsqu'il exprima cette vérité dans ces vers : ¶
Si tu t'assieds au coucher du soleil ¶
Et comptes les actes que tu as accomplis, ¶
Et, en les comptant, trouves ¶
Un acte de renoncement à toi-même, une parole ¶
Qui allégea le cœur de celui qui l'entendit — ¶
Un regard des plus bienveillants, ¶
Qui tomba comme un rayon de soleil là où il porta — ¶
Alors tu peux compter ce jour comme bien employé. ¶
Mais si, tout au long de cette longue journée, tu n'as réjoui aucun cœur, ni par oui ni par non, si, à travers tout cela, ¶
tu n'as rien fait dont tu puisses te souvenir qui ait apporté le rayon de soleil sur un seul visage — pas le moindre petit acte ¶
qui ait aidé quelque âme et n'ait rien coûté — alors compte ce jour comme pire que perdu. ¶
Il y a cependant une autre pensée qui, je crois, reflète cette spiritualité, et c'est la prise de conscience, la conscience que nous nous approchons, du moins en désir, des deux grands commandements : « Aime le Seigneur ton Dieu de toute ta force, de tout ton esprit et de toute ta puissance, et ton prochain comme toi-même. » Tous ceux qui ont pris part aux réalisations rapportées le 1er octobre par les présidences de pieu ont ressenti ce sentiment. Des dizaines de milliers de personnes qui ont œuvré en coopération pour faire de ce plan un succès ont été motivées par le désir de faire de l'Église une force vivante pour le bien. L'Église du Christ est sa vigne, dans laquelle il invite chacun à travailler. La réponse presque universelle semble indiquer que les Saints des derniers jours, à travers tout le pays, se rendent compte qu'une église paresseuse « tend vers l'incrédulité ; et qu'une église sérieuse et active, aux prises directement avec le péché et la misère, se fortifie dans la foi. » ¶
Associée à cette pensée se trouve la prise de conscience que nous faisons quelque chose pour rendre le monde meilleur. Le célèbre statisticien, M. Babson, dit : ¶
Les gens devraient comprendre qu'avant que la prospérité puisse revenir, il faut un regain d'intérêt pour la vie spirituelle, tant chez les individus que chez les nations. Les nations devraient se rendre compte que le monde a toujours possédé des matières premières et de la main-d'œuvre, mais qu'il n'a été prospère que lorsque les peuples ont été animés d'une foi religieuse les portant à utiliser ces ressources pour le progrès dans le service. C'est la loi de la vie, et c'est maintenant le moment où elle devrait être enseignée dans les églises, les écoles et les collèges. ¶
L'Église est un moyen de rendre, dans l'ordre et la sagesse, un service mutuel. Jésus-Christ en est l'auteur et le chef divin. Lui-même, durant sa vie mortelle, fut la personnification et l'exemple même de la fraternité et de la spiritualité, et c'est lui qui dit à vous et à tout le monde : « Apprends de moi et écoute mes paroles ; marche dans l'humilité de mon Esprit, et tu auras la paix en moi. » ¶
Que Dieu nous aide à obtenir cette paix par l'entraide mutuelle, c'est ce que je prie au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶
L'assemblée et le Chœur du Tabernacle chantèrent le cantique « Venez, recommençons ». ¶