La nécessité des enseignements du Maître
Reed Smoot
Mes frères et sœurs, je désire ardemment, en ce moment, une part de l'Esprit du Seigneur, afin que ce que je pourrai dire soit dans le même esprit, et que le même esprit se manifeste que dans la première session de cette conférence. ¶
La nécessité des enseignements du Maître
J'ai été quelque peu inquiet au sujet des conditions qui existent aujourd'hui dans le monde, et particulièrement dans notre propre pays. Je suis tout à fait certain que le même sentiment habite le cœur de beaucoup des hommes dirigeants de ce pays, et je ne veux pas que les personnes ici présentes pensent que ce que je dis, ou même ce que je laisse entendre, est inspiré par une autre pensée que celle de l'espoir que les conditions se redresseront, non seulement dans notre propre pays, mais dans le monde entier. Lorsque j'y pense, je prie mon Père céleste chaque jour de ma vie pour que les enseignements du Maître pénètrent dans le cœur des peuples du monde, et que, par l'esprit du Maître, ils puissent concevoir et comprendre la direction que prend le monde, et que les nations du monde s'arrêtent et reviennent aux premiers principes. Puissent-elles comprendre que Dieu vit, que Jésus est le Christ, et prendre pour fondement de la pensée et des actions des nations du monde les paroles que le Maître donna au monde lorsqu'il était ici-bas sur la terre. ¶
Le crime de l'indifférence
À ce sujet, je veux attirer l'attention sur une courte déclaration faite dans un discours de Chauncey M. Depew, et voici ce qu'il dit à l'occasion à laquelle je fais référence : ¶
L'un des grands crimes qui abrègent la vie est l'indifférence. À mesure que l'on perd son intérêt pour son église, pour son parti politique, pour son club, pour ses amis, pour ses connaissances, on se dessèche, et la tombe réclame celui que personne ne voulait voir disparaître. Les deux phrases les plus fatales et les plus courantes sont : « À quoi bon ? » et « Pourquoi le ferais-je ? » Et lorsque nous-mêmes, ou quiconque, qu'il s'agisse d'un individu, d'un État ou d'un pays, en arrivons à cette position, nous sommes en danger. ¶
Le manque de foi
Et pourtant, je pense parfois qu'il ne pourrait en être autrement, car vous pouvez aller dans n'importe quel pays aujourd'hui, y compris le nôtre, et vous y trouverez un grand manque de foi dans le Dieu vrai et vivant ; en fait, une majorité, j'allais dire une grande majorité, des habitants de notre pays ont cessé d'adresser des supplications à notre Père céleste. Bien peu assistent aux offices, et j'allais dire que la moitié de ceux qui y assistent le font non pas particulièrement parce qu'ils croient en l'église, mais à cause de leur femme ou de leurs relations. ¶
L'analphabétisme en Amérique
L'autre soir, j'ai pris l'American Scrap Book, et j'ai ouvert à la page 107, et voici ce que j'y ai lu — ceci en Amérique : ¶
Vivent à moins de quatre cents milles de notre capitale nationale plus de quatre millions d'hommes, de femmes et d'enfants, de souche américaine antérieure à la Révolution, dont la grande majorité ne peuvent nommer le président des États-Unis et n'ont jamais entendu parler de Theodore Roosevelt, de Woodrow Wilson, d'Henry Ford, de John D. Rockefeller, du général Pershing, ni même de Charlie Chaplin. Dix-neuf montagnards du Cumberland sur cent sont analphabètes, tout aussi ignorants du chemin de fer que de l'automobile. ¶
Voilà ce qu'en dit un observateur après avoir fait un long voyage à travers la région montagneuse du pays, et, mes frères et sœurs, je ne sais si cela est exagéré, mais je sais que cela mérite bien que le peuple américain y prête quelque attention. ¶
Le libre arbitre de l'homme
J'ai reçu hier matin le Millennial Star du 19 mars, et j'y ai lu, sous le titre « La tâche de la Grande-Bretagne », ce qui suit : ¶
Mais si Dieu vit et que nous sommes ses enfants, pourquoi permet-il la guerre ? Cette question est souvent posée. La réponse est que Dieu a donné à l'homme son libre arbitre ; il peut donc faire comme il l'entend — choisir de servir Dieu et de suivre son plan, ou se laisser assujettir au pouvoir du mal, c'est-à-dire à Satan, être spirituel employé à conduire les hommes à leur perte. C'est lui qui est le champion de la guerre et de tous les autres moyens qui apportent aux hommes la haine, la misère et la souffrance. Mais avec l'aide de Dieu, l'homme, s'il le veut, peut triompher de Satan. Ainsi, les problèmes de guerre et de paix sont créés par l'homme lui-même et doivent être résolus par lui, avec l'aide de Dieu ou celle de Satan, selon l'influence qu'il choisit de laisser le gouverner. ¶
Cela est vrai. Et lorsque je regarde ce vaste auditoire, je ne peux m'empêcher de sentir qu'il y a, chez ceux qui sont réunis en ce moment dans cette maison sainte, une puissance qui, si elle se manifestait dans notre vie quotidienne, non d'une manière dictatoriale, mais dans l'esprit du Maître, améliorerait les conditions dans cet État, et prêcherait l'Évangile comme peut-être aucune parole ne le pourrait. ¶
L'Amérique, terre d'opportunités
Je me souviens d'un discours prononcé un jour par le président Herbert Hoover, et je pense que plusieurs d'entre vous l'ont peut-être entendu. Il dit alors ceci : ¶
Mon pays ne me doit rien. Il m'a donné, comme il donne à chaque garçon et à chaque fille, une chance. Il m'a donné l'instruction, l'indépendance d'action, l'occasion de servir et l'honneur. Dans aucun autre pays un garçon venu d'un village de campagne, sans héritage ni amis influents, n'aurait pu envisager l'avenir avec un espoir sans bornes. Toute ma vie m'a appris ce que signifie l'Amérique. Je suis redevable à mon pays au-delà de ce que ma force humaine pourrait jamais lui rendre. Elle m'a confié la mission d'administrer la réponse de l'Amérique à l'appel des nations affligées pendant la guerre. Elle m'a appelé dans les cabinets de deux présidents. Par ces expériences, j'ai pu observer les fardeaux et les responsabilités de la plus haute charge du monde. Cette charge touche au bonheur de chaque foyer. Elle traite de la paix des nations. Nul homme ne pourrait y penser autrement qu'en termes de solennelle consécration. ¶
Loyauté envers la nation et envers l'Église
Mes frères et sœurs, cela est vrai en ce qui concerne notre pays, et je ne crois pas qu'il existe sur la terre un peuple plus fidèle à ses lois que les mormons. Nous croyons que la Constitution des États- ¶
Unis fut un instrument inspiré de Dieu. Nous l'avons déclaré ainsi, et bien que la persécution soit venue, nous n'avons jamais pensé un seul instant à en imputer la faute aux lois fondamentales, aux principes contenus dans ce grand instrument. ¶
J'espère et je prie sincèrement que nous serons toujours loyaux et fidèles à notre pays, dévoués et sincères envers notre Église et envers notre Dieu. Je vous témoigne, mes frères et sœurs, en ce jour, que je sais que ceci est l'œuvre de Dieu. Je sais que la Présidence de l'Église est composée d'hommes que Dieu, dans sa sagesse, a choisis, si je puis dire, pour diriger son Église en ce temps. Je les soutiens de tout mon cœur. Sachant, comme je le sais, que l'Évangile est vrai, je veux consacrer le reste de ma vie, qu'elle soit courte ou longue, à l'avancement de l'Église de Dieu, et je pense que les hommes détenteurs de la prêtrise, ainsi que les jeunes gens et les jeunes filles de l'Église, donnent aujourd'hui au monde un exemple de loyauté envers les lois de Dieu, et qu'ils sont tout aussi loyaux envers cette nation qui est la nôtre. ¶
Que les bénédictions de Dieu soient avec nous, qu'elles dirigent ce que nous disons et nous protègent partout où nous allons, et puissions-nous ne jamais l'oublier comme celui qui donne la vie et tout ce qui a de la valeur dans ce monde, je le prie au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶