Pulpit

Le mystère et le but de la vie

Rudger Clawson

Conférence générale d'avril 1935·Session du matin du second jour·1935-04-06

Mes frères et sœurs, j'ai été enthousiasmé par le déroulement de cette conférence. Que le Seigneur bénisse le président Grant et les frères qui ont déjà parlé, pour les bonnes choses qu'ils nous ont dites ; et que le Seigneur bénisse ceux qui parleront ensuite, pour les bonnes choses qu'ils nous diront, car nous savons que, s'ils parlent, ce sera la vérité.

Que le Seigneur bénisse le chœur de Manti pour le très beau chant qu'il a apporté à cette conférence générale. C'est digne de louange et tout à fait approprié.

Que le Seigneur bénisse le petit groupe de Hawaïens qui ont parcouru une longue distance pour se joindre à nous, et qui écoutent attentivement ce qui est dit. Que le Seigneur les bénisse aussi pour leur doux chant.

Que le Seigneur bénisse les Mères chantantes qui ont si bien chanté pour nous. Par moments, on pourrait facilement les confondre avec le Chœur du Tabernacle. Que le Seigneur les bénisse, car elles ne sont pas seulement de bonnes chanteuses, mais des « mères chantantes ». Que le Seigneur bénisse les autres mères, ne serait-ce que parce qu'elles sont mères. Et que le Seigneur bénisse les « pères chantants », si l'on peut en trouver. Je suis sûr qu'il y en a beaucoup parmi les Saints des derniers jours.

L'IMPORTANCE DE LA MATERNITÉ ET DE LA PATERNITÉ

Les femmes de notre foi accomplissent une œuvre merveilleuse dans la Société de secours et dans l'organisation des Jeunes Filles. Ce qu'elles réalisent est admirable, mais laissez-moi vous dire que la plus grande réussite, l'une des plus grandes du moins, sinon la plus grande réussite qui puisse jamais échoir à une femme dans cette vie, est de devenir mère en Israël. C'est là une réussite noble, très sacrée et grande. Et aucune œuvre plus grande n'échoit jamais à un père que de devenir père en Israël. On raconte qu'une mère dénigrait quelque peu son mari devant leur fils Willie. Willie dit à sa mère : « Mère, si tu me donnes dix cents, je serai sage », et la mère répondit : « Voyons, Willie, pourquoi ne peux-tu pas être comme ton père. Il ne vaut pas dix cents. Il ne vaut rien du tout. » Quant aux pères, eh bien, ils feraient mieux de rester dans les parages, car s'il n'y avait pas de pères il n'y aurait pas de mères, et s'il n'y avait pas de mères il n'y aurait pas de pères. Le Seigneur au ciel a ainsi arrangé les choses.

LE MYSTÈRE ET LE BUT DE LA VIE

Nous avons entendu à cette conférence des allusions significatives au mystère de la vie, et il y a certainement un mystère et un but dans la vie. Mais laissez-moi vous dire que les grands scientifiques du monde, les grands philosophes du monde et les plus grands maîtres du monde n'ont pas encore découvert le mystère de la vie. Ils tendent la main vers lui, mais ils ne l'ont pas encore trouvé.

Or, on pourrait penser que je fais preuve d'une certaine présomption si je disais que les Saints des derniers jours ont réellement découvert le but même de la vie, mais je le dis, et mon affirmation est vraie. « Eh bien, dira-t-on, comment cela a-t-il pu être possible ? Quel est le but de la vie ? » Laissez-moi vous l'indiquer brièvement, mais avant de le faire, je voudrais vous lire quelques mots d'un écrivain réputé pour être quelque peu philosophe. Il se nomme Anatole France, et cet extrait est tiré d'un ouvrage intitulé : « Conversations avec Anatole France », un écrivain français.

OPINIONS D'UN ÉCRIVAIN FRANÇAIS

« Et que dire des joies de l'intelligence ? » dis-je. « Ah, l'intelligence, toujours l'intelligence. Mais c'est justement elle — l'intelligence, l'esprit — qui nous donne la mesure de la nullité des autres, et de la nôtre. Quelle joie avez-vous en tête ? La pensée réconfortante que nous ne savons ni d'où nous venons ni où nous allons, que la vie, qui est un état d'esclavage, une énigme insoluble, est aussi la plus pitoyable, la plus instable et la plus éphémère de toutes les choses dont nous avons connaissance ? La pensée déconcertante que nous habitons une minuscule goutte dans le grand courant de la Voie lactée, laquelle n'est certainement qu'un insignifiant ruisseau du Cosmos, que nous disparaîtrons dans un instant, et toute la race humaine avec nous, suivis des autres cortèges planétaires et stellaires qui, s'ils subsistent un peu plus longtemps, périront inévitablement à leur tour ? »

QUAND LE TOUT-PUISSANT PARLE

Mes frères et sœurs, vous ne pouvez tirer aucun mot de réconfort de ces paroles. C'est un tableau de la vie des plus décourageants et des plus sombres. Mais, d'autre part, nous connaissons quelque chose du but de la vie ; c'est d'autant plus vrai lorsque le Père Tout-Puissant parle par les Écritures et par révélation et nous donne sa parole. Les grands hommes de la terre, s'ils voulaient seulement se tourner vers les Écritures, ouvrir leur cœur et exercer la foi dans un esprit d'humilité, et demander au Seigneur quel est le but de la vie, il le leur dirait, comme il l'a dit aux Saints des derniers jours.

Nous avons appris que, dans la vie de l'homme, il y a trois états, et que le premier fut notre état préexistant, entièrement spirituel ; que le deuxième état est le spirituel et le temporel, ou mortel, combinés ; et que le troisième état est la glorification du spirituel et du temporel par la résurrection. Voilà, brièvement, de quoi il s'agit. Un examen attentif de ces trois états permettra de découvrir le secret de la vie qui a déconcerté l'humanité au long des siècles passés.

LE PREMIER ÉTAT

Dans l'état préexistant, nous avons vécu et beaucoup appris, sans doute, et avons donc été dotés d'une grande intelligence, mais il semble qu'il manquait quelque chose, et cette chose était un corps mortel. Ce corps ne pouvait être obtenu que par ceux qui passaient dans le second état, lequel est décrit de façon assez claire, en termes généraux, dans les Écritures et les révélations de Dieu aux hommes. Dans la Perle de Grand Prix se trouvent ces paroles significatives : (Livre d'Abraham, chapitre 3, versets 24 à 26 inclusivement.)

Et il y en avait un parmi eux qui était semblable à Dieu, et il dit à ceux qui étaient avec lui : Nous descendrons, car il y a de l'espace là-bas, nous prendrons de ces matériaux, et nous ferons une terre sur laquelle ceux-là pourront habiter ;

nous les mettrons ainsi à l'épreuve, pour voir s'ils feront tout ce que le Seigneur, leur Dieu, leur commandera ;

ceux qui gardent leur premier état recevront davantage ; ceux qui ne gardent pas leur premier état n'auront pas de gloire dans le même royaume que ceux qui gardent leur premier état ; et ceux qui gardent leur second état recevront plus de gloire sur leur tête pour toujours et à jamais.

DANS LE SECOND ÉTAT, UNE ÂME VIVANTE

Pour que l'homme fût dûment introduit dans ce second état de sa merveilleuse expérience, « Dieu dit : Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre et sur toutes les petites créatures qui se meuvent au ras du sol. » (Genèse, chapitre 1, verset 26.)

Dans le premier état, l'homme était un esprit vivant ; dans le second état, il devint une âme vivante, car un corps mortel s'ajouta à son esprit. Par l'union de l'esprit et du corps, ou en d'autres termes de l'esprit et de l'élément, l'homme peut parvenir à une plénitude de joie. Les termes exacts de la révélation se trouvent dans la Doctrine et Alliances, section 93, versets 33, 34 et 35, comme suit :

Car l'homme est esprit. Les éléments sont éternels, et l'esprit et l'élément, inséparablement liés, reçoivent une plénitude de joie ;

et lorsqu'ils sont séparés, l'homme ne peut recevoir de plénitude de joie. Les éléments sont le tabernacle de Dieu ; oui, l'homme est le tabernacle de Dieu, un temple ; et si un temple est souillé, Dieu détruira ce temple.

Il est évident que le second état est un temps de mise à l'épreuve de l'âme des hommes, où ceux qui vivent une vie droite, obéissant aux commandements de Dieu, recevront une plénitude de joie qui leur viendra lors de la résurrection d'entre les morts.

CEUX QUI N'ONT PAS GARDÉ LEUR PREMIER ÉTAT

« Et ceux qui ne gardent pas leur premier état n'auront pas de gloire dans le même royaume que ceux qui gardent leur premier état », c'est-à-dire n'auront pas de corps mortel.

Il y eut un grand nombre d'esprits de cette catégorie qui suivirent Lucifer dans la grande guerre de rébellion au ciel, décrite dans les Écritures, le livre de l'Apocalypse, chapitre 12, versets 7 à 9 inclusivement :

Et il y eut guerre dans le ciel. Michel et ses anges combattirent contre le dragon. Et le dragon et ses anges combattirent,

mais ils ne furent pas les plus forts, et leur place ne fut plus trouvée dans le ciel.

Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui séduit toute la terre, il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui.

Ces esprits méchants et rebelles furent précipités du ciel sur la terre et devinrent le diable et ses anges. Leur châtiment, nous l'apprenons des écrits du prophète Joseph Smith, fut qu'on leur refusa le privilège d'avoir un corps ; en d'autres termes, ils manquèrent de garder leur premier état et furent privés de la grande et importante bénédiction d'être ajoutés. Leur châtiment est grand ; leur déception a dû être cuisante.

LA MORTALITÉ, UN PRIVILÈGE BÉNI

Dans ce que j'ai déjà dit, nous commençons à voir le but de la vie. Sans la condition mortelle sur la terre, dans ce second état, nous aurions continué sous forme d'esprit, comme nous l'étions dans notre premier état. Mais maintenant, il nous est dit dans le livre de la Genèse que l'homme est à l'image de Dieu, fait à sa ressemblance, avec cette différence que Dieu est un être glorifié, un homme glorifié. Je sais qu'il y a dans le monde en général des gens qui pourraient considérer cette affirmation comme un blasphème, mais c'est néanmoins la vérité, et elle est publiée dans la Perle de Grand Prix, livre de Moïse, chapitre 6, verset 57 :

C'est pourquoi, enseigne-le à tes enfants, que tous les hommes de partout doivent se repentir, sinon ils ne pourront en aucune façon hériter le royaume de Dieu, car rien d'impur ne peut y demeurer, ou demeurer en sa présence ; car, dans la langue d'Adam, Homme de Sainteté est son nom, et le nom de son Fils unique est le Fils de l'Homme, Jésus-Christ, Juge intègre, qui viendra au midi du temps.

En raison de ces états que traverse la famille humaine, elle peut, par la droiture, parvenir à l'exaltation et à la gloire dans le royaume de Dieu.

L'IMPORTANCE DU MARIAGE

En rapport avec l'expérience acquise sur la terre dans la condition mortelle vient le glorieux principe du mariage, qui revêt la plus haute importance pour notre bien-être présent et futur. Il est hautement essentiel que tout jeune homme et toute jeune femme de l'Église examinent soigneusement cette question, dans un esprit de prière, avant d'assumer la responsabilité du mariage.

DEUX SORTES DE MARIAGE

Il y a deux sortes de mariage : le mariage civil et le mariage au temple. Le mariage civil est-il un bon mariage ? Oui, c'est un bon mariage, un mariage légal. Il est bon dans la mesure où il va. C'est cependant un lien qui n'a plus de force ni de valeur après la mort.

Le mariage au temple est différent. Lorsqu'un couple est uni par l'ordonnance de la maison de Dieu, ses membres sont mariés pour le temps et pour toute l'éternité, et ainsi se perpétue le grand principe de la paternité et de la maternité, déjà mentionné. Oh, combien cette question est importante ! Jeunes gens en Israël, soyez prudents ; jeunes filles, soyez prudentes. En recherchant cette bénédiction, veillez à obtenir ce qu'il y a de meilleur. Le meilleur est ce que Dieu offre, et non ce que donne l'homme.

Je vous témoigne, en toute humilité, que ceci est l'Église du Rédempteur, et que Joseph Smith fut son prophète ; que le Christ est mort pour les péchés du monde, afin que nous puissions nous relever de cette condition déchue dans laquelle nous nous trouvons ; afin que nous puissions être rachetés et ramenés en la présence de Dieu, et qu'ainsi nous aurons résolu le problème de la vie.

Que Dieu vous bénisse, au nom de Jésus-Christ, Amen.

Citer ce discoursRudger Clawson, « Le mystère et le but de la vie », Conférence générale d'avril 1935, Session du matin du second jour (1935-04-06). Pulpit Vault, 1935-04-rudger-clawson-the-mystery-and-purpose-of-life. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).