Mes frères et sœurs et amis
Benjamin Goddard
Mes frères et sœurs et amis ; ceci, bien sûr, comme l'ont remarqué les autres orateurs, est un spectacle très inspirant ; et il m'est venu à l'esprit, pendant que j'étais assis ici, que si nous pouvions nous souvenir de la moitié de ce que nous avons entendu, et mettre en pratique ne serait-ce qu'une dîme des conseils et des instructions donnés, nous aurions été amplement récompensés d'avoir assisté à cette conférence. Je me réjouis de la bonne œuvre. Je me réjouis avec vous, qui ne faites qu'un avec moi dans la même foi, des instructions que nous avons reçues. Et pourtant, il me vient à l'esprit que, dans cette vaste assemblée, il pourrait y avoir des personnes étrangères à nos enseignements, qui ne comprennent pas les doctrines telles que nous les enseignons, qui n'ont pas reçu dans leur cœur les témoignages rendus par nos anciens. ¶
C'est mon rôle d'être ici chaque jour, rencontrant des étrangers qui ne sont pas de notre foi. Je pense souvent que, quelle que soit la taille de l'assemblée, il y a parmi nous des personnes de cette sorte ; et il se peut qu'il y en ait justement ici. Nous leur distribuons très librement notre littérature. Nous distribuons nos tracts, nous leur vendons le Livre de Mormon, les Doctrine et Alliances, la Perle de Grand Prix. Quel effet cela a sur eux, nous le savons peu. Nous jetons notre pain sur les eaux, et nous avons la plus grande confiance en la vérité qu'on le retrouvera après bien des jours. ¶
Il y a quelques jours, cependant, j'ai reçu une lettre venant du Nord-Ouest, que je transmets à mon ami, le président Ballard, qui y retourne. Certains de nos amis venus ici ont répandu la littérature au loin, et je vais donc me permettre de vous lire cette lettre pour montrer l'effet qu'elle peut avoir sur certains. Après avoir dit que la lettre venait de telle personne, et donné l'adresse — le numéro, la rue et la ville — la lettre commence ainsi : « Nous ne voulons plus de vos tracts. Le Saint-Esprit habite dans ce foyer, et nous n'avons pas de place pour la doctrine des hommes et des démons. Nous croyons en une communion réelle avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Loué soit le Seigneur ! » ¶
Or, je suppose que, pour les Saints des derniers jours ici présents, cela paraît bien insensé. Je veux cependant en appeler, saint et pécheur, à tous ceux qui ont été ici cet après-midi : avez-vous entendu, dans cette réunion, la doctrine des hommes et des démons ? J'en appelle à ceux qui ont eu notre littérature, qui ont lu nos tracts, qui ont cherché à comprendre pourquoi nous croyons en Dieu le Père éternel et en son Fils Jésus-Christ et au Saint-Esprit, vous qui avez su que les « mormons » croient en la foi, la repentance, le baptême par immersion pour la rémission des péchés, le don du Saint-Esprit par l'imposition des mains, la prêtrise qui existe parmi nous, des hommes ayant reçu l'autorité de servir dans les choses de Dieu, détenant la prêtrise d'Aaron ou de Melchisédek, imposant les mains aux malades afin qu'ils guérissent, envoyant leurs fils et leurs filles dans toutes les parties du monde prêcher l'évangile du Seigneur Jésus-Christ — dans tout cela, avez-vous décelé quoi que ce soit des doctrines des hommes et des démons ? ¶
Mais j'en appelle à vous concernant une affirmation de cette lettre à laquelle j'ai fait référence : « Nous croyons en la communion réelle avec Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit. » Je déclare ici, et tout Saint des derniers jours peut dire amen à cela, que nulle part sur la face de la terre de Dieu il n'existe de peuple ayant eu davantage de communion avec le Père, avec le Fils, avec le Saint-Esprit, que les Saints des derniers jours. Que veut donc cet homme ? Que veut le monde de plus que ce qu'il a déjà reçu ? Nous déclarons en toute gravité qu'en ce jour Dieu nous a donné un prophète, Joseph Smith. Nous déclarons que, alors qu'il n'était qu'un garçon, il alla dans les bois pour prier, et qu'il reçut une révélation de Dieu. Le Père lui apparut, Jésus-Christ lui apparut, ils lui parlèrent. Quel homme peut avoir une communion plus réelle avec Dieu que celle-là ? Nous croyons que Dieu s'est manifesté à son prophète, que par ce prophète il nous a donné l'autorité, et que par ses travaux nous avons reçu l'Église de Dieu. ¶
Or donc, dans cette conférence, depuis le début, vendredi matin, jusqu'à maintenant, avez-vous reçu quoi que ce soit qui soit propre à vous inspirer à poursuivre l'œuvre de Dieu ? J'ai senti le sang même dans mes veines frémir en écoutant les prophètes de Dieu. J'ai fait le vœu, plus fervent encore, devant Dieu, de vivre plus près de lui, de m'efforcer de garder ses commandements, que ma vie soit un témoignage de l'évangile du Seigneur Jésus-Christ. Voilà les sentiments que nous avons eus dans nos réunions, vous les avez eus vous aussi. Maintenant, qu'allons-nous faire ? Cette conférence touche à sa fin. Vous allez retourner dans les divers pieux et paroisses de Sion, et en y allant, je vous exhorte, mes frères, à soutenir les frères qui vous ont donné ces instructions, que vos mains se lèvent, que vos cœurs élèvent des prières, afin que Dieu bénisse tout Israël. Je pense que nous avons un splendide exemple dans les saintes Écritures. Permettez-moi d'y faire référence. ¶
Il fut un temps, aux jours de l'ancien Israël, où l'on connaissait des luttes tout comme celles que nous connaissons aujourd'hui. Il fut un temps où tout Israël devait aller combattre. Vous connaissez sans doute les pérégrinations d'Israël vers la terre promise. J'attire votre attention sur une seule histoire. Au milieu de leur affliction, alors qu'ils étaient assaillis par leurs ennemis, alors qu'ils traversaient les terres des païens, Moïse, le chef d'Israël, dit à son commandant en chef, qui allait au combat : « Josué, choisis des hommes, va combattre les Amalécites. Demain je me tiendrai au sommet de la colline, la verge de Dieu à la main. » Et Josué alla combattre, et Moïse monta sur la colline, et il arriva que, comme les mains de Moïse se fatiguaient et commençaient à s'abaisser, à cause de son âge et de la durée, les Amalécites l'emportèrent sur Israël ; mais Aaron et Hur vinrent à ses côtés. Ils placèrent une pierre pour qu'il s'y assît, et se tinrent l'un d'un côté, l'autre de l'autre, soutenant ses bras, et tant que ces bras demeurèrent étendus vers le ciel, Israël l'emporta, les païens furent détruits, et ces mains furent maintenues levées jusqu'au coucher du soleil, et la victoire vint à eux. ¶
Je n'ai qu'une seule pensée à retenir de cela — lorsque vous rentrerez chez vous, lorsque nous rentrerons tous chez nous, mettons-nous à genoux. « Non pas à vos tentes, ô Israël : à vos genoux, ô Israël ! » D'une seule voix, levez les mains vers les cieux et priez pour que Dieu soutienne le président de cette Église, les apôtres qui sont avec lui, tous ceux qui travaillent à édifier Sion, et sentons, d'un même cœur et d'un même esprit, que nous les maintenons dans leur position de prophètes, voyants et révélateurs. Rentrons chez nous, oui, et prions pour que Dieu bénisse le président de cette nation, son cabinet, tous ceux qui s'efforcent de soutenir cette lutte pour la liberté ! Chez nous, oui, et à genoux, prions pour que Dieu bénisse nos garçons, qu'il les guide dans leurs luttes, et les ramène à la maison ! ¶
Que Dieu vous bénisse. Amen. ¶