Les nombreuses manières du témoignage
Orson F. Whitney
Il y a un vieux dicton selon lequel il faut de tout pour faire un monde, et il nous a été rappelé aujourd'hui que l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ s'applique aux conditions de tous les hommes. J'espère que vos âmes ont été nourries par la grande variété d'instructions que nous avons entendues. La mienne l'a été ; j'ai tiré des propos de chaque orateur des enseignements adaptés à ma condition, et j'ai profité de tout ce qui a été dit. ¶
J'apprécie la simplicité et la clarté de l'Évangile. « Mon âme met ses délices à être claire, » disait Néphi d'autrefois. Je fais pleinement mienne cette pensée. J'aime parler de manière à être compris. Je ne me soucie guère de l'éloquence si elle est obscure. Le premier devoir d'un orateur est de se faire comprendre, de parler avec clarté, et il doit aussi être sincère, dire ce qu'il pense et penser ce qu'il dit, sinon il ne pourra jamais toucher le cœur de ceux qui l'écoutent. S'il est sincère, sérieux et clair dans ses instructions, l'éloquence viendra d'elle-même. Un homme n'est jamais éloquent lorsqu'il essaie de l'être. L'éloquence vient de la sincérité, du désir que nous portons dans le cœur de bénir le peuple et de le nourrir du pain de vie. C'est mon désir, durant les quelques instants où je me tiendrai devant vous, de parler avec clarté, de me faire comprendre, et de toucher vos cœurs par le pouvoir de l'Esprit de Dieu. ¶
C'est l'un des signes de la divinité de l'Évangile, qu'il soit clair et adaptable à toutes les conditions. S'il ne pouvait être compris que par quelques-uns, s'il ne s'adaptait qu'à la condition d'une classe, sa divinité pourrait bien être mise en doute. C'est là l'un des signes d'une fausse doctrine, d'un credo fait de main d'homme. Mais l'Évangile sonde tous les cœurs, et s'interprète lui-même pour toutes les classes et toutes les conditions. Pas toujours de la même manière, ni au même degré, mais d'une façon ou d'une autre, il se fait comprendre de tous. ¶
L'Évangile du Christ, la puissance de Dieu pour le salut, était destiné à sauver tous les hommes. Lorsque le Sauveur chargea ses apôtres d'aller prêcher l'Évangile, il ne dit pas : Allez à cette classe, ou à cette nation, ou à cet homme, ou à ce peuple. Il dit : « Allez dans le monde entier, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. » Et cet Évangile, avec la même clarté, est maintenant prêché dans le monde entier, en vue de sauver chaque fils et chaque fille de Dieu. Il ne cherche à condamner personne, mais à sauver tous, et sa parole est donc compréhensible pour tous. Ce n'est que lorsque chaque homme aura eu la possibilité d'être sauvé, et que tous les moyens de salut auront été épuisés, que l'Évangile aura achevé son œuvre, et que le mormonisme aura accompli sa mission. ¶
J'ai le témoignage que ceci est la vérité de Dieu, et je présume que je l'ai reçu d'une manière différente de celle par laquelle beaucoup d'entre vous ont reçu leurs témoignages. Qu'importe ? Importe-t-il en quel jour le Christ est né ? Le fait essentiel qui le concerne, c'est qu'il est né et qu'il est mort afin que nous puissions vivre ; que, par la foi en lui et l'obéissance à lui, tous les hommes puissent être sauvés. C'est là l'essentiel. Et l'essentiel de notre témoignage, c'est que nous l'avons reçu et que nous le possédons encore. Peu importe comment il nous est venu. Je n'ai jamais vu d'ange. Aucune voix audible ne m'a jamais dit : « Ainsi dit le Seigneur. » Mais Dieu m'a donné la conviction que ceci est sa vérité. Elle m'est venue de cette façon : j'étais à Kirtland, dans l'Ohio, où je travaillais comme missionnaire, et je gravissais une colline en direction du temple un soir, lorsque soudain mon esprit fut illuminé et se dilata au point qu'il me semblait pouvoir embrasser toute l'étendue de l'histoire humaine depuis le commencement, depuis les jours d'Adam jusqu'à la fin des temps. Je vis pourquoi Adam avait existé, et Hénoc, et Noé, et Abraham, et le Christ, et les apôtres, et Joseph Smith, et Brigham Young, et l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Je vis aussi l'avenir, les événements auxquels cette grande œuvre prépare ; et tout le plan de rédemption s'ouvrit devant la vision de mon esprit. Je ne vis rien de mes yeux naturels, mais dès cet instant je reconnus ma place dans l'histoire ; je vis ce que Dieu exigeait de moi. Je sus d'où je venais, pourquoi j'étais ici, et où j'allais. Et cette conviction ne m'a jamais quitté ; c'est la plus grande chose que le Seigneur m'ait jamais donnée. J'ai eu des rêves. J'ai guéri des malades par le pouvoir de Dieu. J'ai moi-même été guéri, j'ai été béni de bien des manières, j'ai eu mes prières exaucées maintes et maintes fois ; mais rien ne m'est jamais venu d'aussi grand que cette illumination mentale ou spirituelle qui me révéla mon devoir et ma place dans le grand dessein de Dieu. Voilà ce que j'appelle mon témoignage. ¶
Il n'est pas donné à tout homme de contempler la face de Dieu comme le firent Moïse et Joseph Smith. Il faut être spécialement préparé pour voir ce que vit Joseph. Que lisons-nous à son sujet dans le Livre de Mormon ? Il y est désigné prophétiquement, non par son nom, mais comme « un voyant de choix ». Qu'est-ce qu'un voyant ? Celui qui peut voir. Joseph Smith devait être un voyant de choix pour voir le Père et le Fils. J'avais coutume de penser que si un bon garçon allait dans les bois et priait, le Seigneur lui parlerait et se manifesterait à lui en personne, tout comme il l'avait fait à Joseph. Et il fut un temps, peut-être, où j'aurais pensé que s'il ne l'avait pas fait, il aurait fait preuve de partialité. Mais j'en suis revenu. C'était une vue puérile. Je ne m'attends pas à ce que le Seigneur se manifeste à moi de la même manière qu'il l'a fait à Joseph le prophète. Je m'attends à ce qu'il communique avec moi par les dons dont il m'a doté, et non par ceux dont il a doté mon frère ou ma sœur, à moins qu'ils n'aient le droit de recevoir pour moi un message de sa part. Lorsque le Seigneur me parlera, à moi ou à vous, ce sera d'une manière et selon une méthode justifiées par notre préparation, nos dons, nos pouvoirs ; car nous avons tous été dotés dans une certaine mesure. Le prophète Joseph avait été préparé dès la fondation du monde pour accomplir l'œuvre qu'il accomplit. C'était l'œuvre d'un voyant, d'un prophète, d'un révélateur ; et la vérité lui fut révélée d'une manière, peut-être, qui ne pouvait pas nous être révélée à nous, à cause d'une différence dans les dons. ¶
L'Esprit du Seigneur est la source de tous les dons spirituels, mais il « les distribue à chacun en particulier comme il veut ». Dieu peut révéler la vérité en songe, et il l'a fait en de nombreuses occasions. Lorsque mon grand-père, Heber C. Kimball, avec Orson Hyde, Willard Richards et d'autres, se rendit en Angleterre en 1837 pour y introduire l'Évangile, ils trouvèrent beaucoup de gens préparés à les recevoir. Des villages entiers furent convertis. Le Seigneur avait préparé la voie devant eux. Et comment l'avait-il fait ? Il avait donné à certaines de ces personnes des songes dans lesquels elles avaient vu ces mêmes hommes débarquer sur les côtes de l'Angleterre, et lorsque ceux-ci vinrent à eux avec le message de l'Évangile, ces humbles ouvriers d'usine ou de ferme surent qu'ils étaient des serviteurs de Dieu, car ils les avaient vus en songe. Ce fut leur privilège de recevoir le message de cette manière. ¶
Je crois que mon témoignage m'est venu par l'esprit de révélation, qui illumine l'esprit et manifeste les choses de Dieu. Un autre peut être converti en voyant des malades guéris, ou en contemplant une vision. Cela est parfaitement juste si le Seigneur choisit de se manifester ainsi. Tout cela est révélation. Tout cela descend du Père des lumières. ¶
C'est la mission du Saint-Esprit de manifester les choses de Dieu. « Je ne vous laisserai pas orphelins, » a dit le Sauveur, « je vous enverrai un autre consolateur, l'esprit de vérité, qui procède du Père, et qui rendra témoignage de moi. » Voilà le secret de tout cela. Aucun de nous ne pourrait comprendre ni apprécier cette œuvre, si le Seigneur n'avait d'abord préparé la voie en plaçant en nous une portion de l'Esprit qui comprend les choses de Dieu. « Il vous rappellera les choses passées ; il vous montrera les choses à venir ; il prendra des choses de Dieu et vous les révélera. » Il y a aujourd'hui ici des centaines, peut-être des milliers de personnes qui, si on le leur demandait, pourraient témoigner que le Saint-Esprit, par l'une ou l'autre des nombreuses manières dont il agit, leur a révélé la vérité de cette œuvre. Cela leur a été manifesté non par un homme, mais par le Saint-Esprit. Nous savons que ceci est l'œuvre de Dieu. Il nous a donné un témoignage à cet effet, et ce témoignage restera avec nous, mes frères et sœurs, aussi longtemps que nous vivrons pour lui et que nous nous montrerons dignes. Que Dieu nous accorde de le faire, au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶