Garder les enfants près du foyer
Frank Y. Taylor
Je prie, mes frères et sœurs, de pouvoir jouir du bon esprit qui a animé frère David H. Cannon dans ses remarques de cet après-midi. ¶
J'ai été très intéressé, ce matin, par le thème et les remarques du président Smith, lors de notre réunion matinale de conférence au Tabernacle, et j'en sens toute l'importance. Non seulement parce que nous serons bénis en dollars et en cents, avec de meilleurs logements, plus de confort dans nos foyers, en observant ses recommandations, mais aussi parce que nous nous rapprocherons un peu plus de nos garçons et de nos filles, et leur inculquerons les principes de la foi. J'ai toujours été frappé par certaines des méthodes des patriarches d'autrefois pour garder leur maisonnée et leur famille autour d'eux. Il me semble que nous, Saints des derniers jours, devrions être soucieux, particulièrement, de l'emploi de nos propres familles. Ainsi, dans le thème d'une culture plus intensive de nos fermes, de meilleures dispositions concernant nos intérêts horticoles, etc., ces choses sont d'une importance vitale. Je crois qu'il y a peu de fermes dans ce pays intermontagnard qui ne produiraient pas un pourcentage bien plus élevé de céréales, et d'autres cultures auxquelles elles sont adaptées, si nous voulions seulement y appliquer énergie, intelligence et soin dans leur exploitation, de sorte qu'au lieu que nos garçons aillent dans d'autres pays et d'autres lieux chercher un emploi, ou obtenir de nouvelles fermes, ils puissent rester et être employés parmi nous. J'ai toujours senti qu'il y a peu de grandes fermes dans ce pays qui, si elles étaient morcelées, et si nos garçons allaient dans quelques-uns de nos collèges agricoles pour se familiariser avec une meilleure culture du sol, ne nous permettraient de trouver amplement de place sur nos fermes pour accueillir les garçons sans qu'ils aient à aller ailleurs. C'est le devoir d'un père en Israël de veiller à l'emploi de ses garçons, et aussi de ses filles, afin qu'ils n'aient pas besoin de quitter leur propre foyer et leurs relations familiales pour trouver un emploi. C'est une excellente idée pour les pères de partager leurs fermes avec leurs garçons, de les aider à obtenir un foyer sur leurs propres terres, et à s'appliquer à une culture plus intensive du sol ; ainsi occuper leurs garçons et les garder près d'eux, au lieu de les laisser se disperser à travers le pays. Ce serait aussi profitable pour eux de le faire. ¶
J'ai pensé récemment à ces questions en rapport avec notre communauté, à la façon dont nous pourrions mieux employer nos jeunes gens et les garder chez eux, et en m'informant j'ai découvert que nous avons des hommes qui réussissent admirablement bien sur le plan financier sur de petites parcelles de terre, cultivant intensément et intelligemment le sol comme jardins maraîchers, et ils deviennent aisés, donnant de l'emploi non seulement à leur propre famille mais aussi à d'autres personnes de leur voisinage qui en ont besoin. Je constate aussi que nous avons des gens qui cultivent intelligemment le sol selon les meilleures méthodes de nos intérêts horticoles, développant leurs propriétés de manière que leurs propres enfants n'aient pas à aller ailleurs pour trouver un emploi. Ils bâtissent d'autres foyers autour du vieux domaine familial, et gardent ainsi leurs garçons et leurs filles près d'eux. Il est juste que nous les gardions avec nous, et que nous donnions de l'emploi, non seulement aux nôtres, mais, si nous en avons les moyens et la capacité, que nous procurions de l'emploi à autant de nos voisins que possible, afin qu'eux aussi n'aient pas à se rendre ailleurs pour trouver du travail. Ce fut toujours pour moi un sujet de regret de penser que, dans ce pays agricole, où nous avons les meilleures régions fruitières des États-Unis, tant de nos garçons doivent aller dans les villes de fonderies et de mines, et dans d'autres lieux, pour trouver de l'emploi, alors qu'il y a tant d'occasions à notre propre porte. ¶
Je m'entretenais récemment avec un homme qui avait loué des terres, en fait certaines qui m'appartenaient. Il n'avait aucune expérience de l'agriculture avant de venir dans ce pays, mais il vit qu'il y avait là une occasion de bien réussir dans ce domaine, et maintenant il cultive le sol intelligemment et intensément, avec pour résultat qu'il est l'un des plus gros payeurs de dîme de la paroisse où il vit, et cela alors qu'il n'est dans ce pays que depuis peu de temps. Non seulement il donne de l'emploi à tous les membres de sa propre famille, mais aussi à un certain nombre d'autres personnes. Il m'a dit l'autre jour qu'il pourrait employer des centaines de jeunes gens s'ils suivaient seulement cette voie. Ils pourraient avoir un emploi profitable où ils resteraient près de chez eux, et n'auraient pas à chercher un emploi ailleurs, pourvu qu'ils suivent ses conseils et cultivent le sol là où ils vivent. Je pense que nous devrions tirer parti de cette idée. Là où une partie de nos terres est adaptée à une certaine culture, nous devrions y consacrer cette portion ; nous devrions ainsi cultiver chaque partie de nos fermes en l'appliquant à ce pour quoi elle est le mieux adaptée. Si elle est mieux adaptée aux fruits, plantons des arbres fruitiers ; si elle est meilleure pour le jardinage maraîcher, employons notre terre à cette fin ; si c'est pour le blé, cultivons le blé ; quoi qu'il en soit, nous devrions le cultiver de la meilleure manière possible, afin de le faire produire abondamment et de donner de l'emploi à notre propre peuple près de nos propres foyers. ¶
Il est mal, aux yeux de Dieu, que nos garçons ou nos filles aillent ici et là et partout pour trouver de l'emploi. Nous devrions les garder sous notre propre toit, ou près de notre propre foyer, où nous pouvons leur enseigner les principes de l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ. Non seulement cela serait, comme l'a suggéré le président Smith ce matin, une grande bénédiction pour nous sur le plan temporel, mais ce serait aussi une merveilleuse bénédiction pour nous sur le plan spirituel. L'une des choses où nous péchons, en tant que Saints des derniers jours, c'est que nous ne nous rapprochons pas assez de nos garçons. Il n'y a pas assez de pères qui travaillent côte à côte avec leurs garçons. Ils n'en savent pas assez sur leur foi, leurs habitudes et leur conduite. Ils leur font trop confiance, et les laissent aller ici et là et partout au lieu de les garder auprès d'eux. ¶
L'un des devoirs importants des Saints des derniers jours est d'enseigner eux-mêmes à leurs enfants les principes de l'Évangile de Jésus-Christ. Je regrette de dire que trop d'entre nous laissent aux collèges de la prêtrise, et aux organisations auxiliaires, le soin d'enseigner à nos garçons les principes de l'Évangile éternel, alors qu'en tant que pères et mères nous devrions les garder auprès de nous, et les enseigner nous-mêmes. Je crois que la responsabilité, la grande responsabilité, d'un père et d'une mère, est d'élever leurs garçons et leurs filles dans l'amour du Seigneur notre Dieu, et avec une compréhension de l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ, et nous devrions passer plus de temps avec eux. Je crois qu'en tant que pères, nous devrions être des compagnons pour nos garçons, et nous rapprocher d'eux. Il devrait exister l'amitié la plus étroite et la plus tendre, l'amour et la camaraderie entre le père et le fils, la mère et la fille, et entre le père et la fille, la mère et le fils. L'une des façons d'y parvenir, et de nous rapprocher d'eux, est de rassembler nos garçons et nos filles autour de l'âtre, et de leur enseigner les principes de l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ ; de les enseigner à partir des ouvrages canoniques de l'Église et d'autres bons livres, et d'être des instructeurs pour nos garçons et nos filles avec un amour pur, selon le lien qui nous unit à eux, et ainsi ils pourront être pour nous un grand trésor et une grande bénédiction, et nous pourrons sentir que nous accomplissons notre devoir envers eux, et que nous mettons en pratique ce que l'Évangile nous enseigne. Je vous le dis, c'est une chose extrêmement agréable que de savoir que nos garçons ont foi en cet Évangile, de sentir avec assurance que nos filles ont aussi foi en l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ, et qu'ils sont purs, doux et chastes. La principale responsabilité de ce qu'ils deviennent ainsi repose sur les pères et les mères. Lorsque nous négligeons cela, nous ne faisons pas notre part. Nous n'avons pas le droit de compter sur l'évêque pour s'occuper de nos garçons ou de nos filles, ni sur la prêtrise, ni sur les organisations auxiliaires. Ils font leur part, et la font splendidement, noblement et bien ; mais la grande responsabilité de tout repose sur nous, celle de les prendre en main et de les élever dans la crainte du Seigneur, afin qu'ils gardent ses commandements et fassent ce qui est juste, de sorte que, lorsque nous vieillirons, nous puissions les regarder tous et dire qu'ils sont bons, purs et chastes, et qu'ils aiment le Seigneur et gardent ses commandements. Sans cette condition il ne peut y avoir beaucoup de bonheur dans aucun foyer. Peu m'importe votre environnement ; peu m'importe combien somptueuse peut être votre demeure, ou combien ample votre compte en banque, ou quel peut être votre rang social ; je vous le dis, vous ne pouvez avoir beaucoup de bonheur en ce monde si l'un de vos garçons ou de vos filles s'égare. Je préférerais une cabane de rondins avec tous mes petits autour de moi, aimant le Seigneur et gardant ses commandements, que d'être dans un palais avec l'un d'eux absent. Je le répète, je pense que les remarques du président Smith, ce matin, sur le fait de ne pas aller ici et là et partout, sont très pertinentes pour nous, Saints des derniers jours ; et si nous voulons garder nos garçons et nos filles avec nous, nous devrions partager la ferme si nécessaire ; partager nos affaires, si nécessaire. Gardons nos garçons et nos filles sous notre propre aile. ¶
Je sens qu'il ne serait pas convenable de ma part de prolonger mes remarques. Je suis ravi de l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ. Il m'apporte la paix. Je sais qu'il est vrai. Je sais que Joseph Smith était un prophète de Dieu, et je désire vivre une vie qui me permette de toujours garder ce témoignage avec moi. J'espère que chacun des miens continuera à aimer le Seigneur et à garder ses commandements. Que le Seigneur demeure avec vous dans vos foyers, et bénisse tout ce qui vous appartient ; je le demande au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶