Les clefs rétablies dans le temple de Kirtland
Anthon H. Lund
Je tiens à approuver, de tout mon cœur, ce que le président a dit au sujet de frère Winder ; tout cela était mérité par cet homme de bien. Je ressens la même perte que le président a exprimée, et je sais qu'il en est de même pour vous, mes frères et sœurs. J'espère, pour moi-même et pour vous, que lorsque nous serons appelés à partir, de telles bonnes paroles pourront être dites en toute vérité à notre sujet. ¶
J'ai suivi avec un grand intérêt les remarques de notre président, et je crois que nous sentons tous qu'elles étaient opportunes et que les saints des derniers jours devraient y prêter attention. Je suis heureux de voir cette large assemblée qui est réunie ici ce matin, malgré le temps. Cela montre l'amour des saints pour venir à la maison du Seigneur et participer à son culte. ¶
L'année qui vient de s'écouler a été une année prospère pour les saints et pour l'Église en général. Nos missions à l'étranger ont prospéré. En Europe, la Grande-Bretagne arrive en tête, avec le plus grand nombre de baptêmes, et l'Allemagne suit de près la mission britannique à cet égard ; et dans toutes les missions, on rapporte des progrès. Nos missionnaires ont travaillé avec assiduité pour apporter l'Évangile à leurs semblables. Ils sont appelés à quitter leur foyer sans qu'on leur fournisse de moyens, hormis ceux qu'ils possèdent eux-mêmes, et par conséquent, en acceptant cet appel, ils montrent leur amour de l'Évangile. Ils œuvrent sans égoïsme pour faire connaître à d'autres ce qu'ils ont reçu, et bien qu'ils ne soient pas toujours accueillis avec plaisir et bienvenue, ils se réjouissent d'avoir l'occasion de travailler à la diffusion du véritable Évangile révélé de nos jours. Je désire demander au Seigneur de bénir nos frères les missionnaires, afin qu'ils réussissent dans leurs efforts pour prouver aux hommes que Jésus est le Christ, celui qui nous a rachetés, — comme notre frère A. C. Crawford l'a si bellement chanté à l'instant, — et que Joseph était un prophète du Seigneur, et qu'il a été employé comme instrument pour rapporter l'Évangile aux hommes. Je prie qu'ils réussissent à rendre leur témoignage aux hommes, afin que les bons et les honnêtes de cœur entendent ces bonnes nouvelles qu'ils ont à présenter. ¶
Nous faisons construire ou nous achetons des bâtiments de l'Église dans un bon nombre de missions, des lieux convenables où les anciens peuvent inviter hommes et femmes à venir écouter notre culte et les témoignages rendus, et cela a tendance à attirer les gens vers nous. ¶
Chez nous, nos différentes organisations prospèrent. Le mouvement de la prêtrise parmi les collèges est un succès, bien qu'il pourrait y avoir de meilleures heures fixées pour leurs réunions ; mais il faut tenir compte de tout, et nous croyons que c'est le mieux ainsi pour le moment. Rien n'empêche la prêtrise de se réunir le soir qui a été proposé, ni les collèges de réussir à développer nos jeunes gens et tous les membres des collèges dans la connaissance de leurs devoirs et de la vérité. Je crois que ce mouvement aura une grande influence pour le bien parmi le peuple de Sion. Nos organisations auxiliaires accomplissent une bonne œuvre. Certaines d'entre elles ont vu leur nombre augmenter, — quelques-unes ne l'ont pas fait ; j'en ignore la cause. Les rapports de ce qu'elles accomplissent procurent une grande satisfaction. Les Primaires ont considérablement augmenté en nombre. Les classes de religion font également beaucoup de bien, et nos frères et sœurs qui œuvrent dans ces classes sont à féliciter pour le travail qu'ils accomplissent. Nous nous efforçons, dans ces classes, d'appliquer le commandement du Seigneur voulant que les parents de Sion enseignent à leurs enfants à prier et à marcher avec droiture devant le Seigneur. Graver ce commandement dans le cœur des enfants est le but des classes de religion ; il s'agit de leur faire comprendre que la religion signifie l'accomplissement de la volonté du Seigneur ; et nous nous efforçons d'enseigner aux enfants qui fréquentent ces classes à faire et à accomplir des actes inspirés par notre sainte religion. J'espère que ceux qui se consacrent à cette œuvre — les surintendants, leurs aides et assistants, ainsi que les instructeurs — continueront à s'intéresser à ces classes. Beaucoup d'entre eux doivent quitter leurs affaires en semaine pour se consacrer au travail des classes de religion, et cela exige un sacrifice de leur part. Je crois cependant qu'ils s'en porteront mieux, et qu'en accomplissant leurs devoirs à cet égard, ils connaîtront plus de joie qu'ils ne peuvent l'estimer. ¶
Notre peuple a montré une grande promptitude à faire don de ses moyens pour l'édification d'institutions publiques. Des bâtiments de l'Église ont été et sont en cours de construction, et notre peuple accomplit beaucoup pour cette œuvre. L'administrateur des biens en fiducie a affecté de l'argent à ces entreprises dans toute la mesure où il a osé le faire. Cette œuvre devrait être encouragée. Notre peuple prend conscience de la valeur qu'il y a à posséder des bâtiments de l'Église où les enfants de l'École du Dimanche peuvent être répartis et envoyés dans différentes salles de classe, de manière à ne pas se déranger les uns les autres dans les grandes salles. C'est une chose remarquable de voir tout ce que le peuple a pu accomplir dans cette direction. ¶
Le Seigneur a prospéré son peuple, tant temporellement que spirituellement, et bien que le peuple ait dépensé tant de moyens pour construire des bâtiments de l'Église et ainsi de suite, il a néanmoins augmenté sa dîme d'un pourcentage assez important par rapport à l'an dernier. C'est une marque distinctive de la foi vivante du peuple lorsqu'il paie sa dîme. Ceux qui le font se sentiront fortifiés et bénis, et sentiront qu'ils peuvent s'approcher de notre Père céleste avec une plus grande foi lorsqu'ils s'agenouillent à l'autel familial ou dans leur chambre secrète pour demander les choses qu'ils désirent. Que le Seigneur bénisse les saints pour l'accomplissement de ce devoir, ainsi que des nombreux autres devoirs qui leur incombent. ¶
Quant aux pauvres, je suis heureux de pouvoir dire que les saints ont montré qu'ils ne les oublient pas, — qu'une grande quantité de moyens a été dépensée dans cette direction. Nos offrandes de jeûne ont considérablement augmenté. Ceci, frères et sœurs, est un devoir qui nous incombe — veiller sur les pauvres, afin qu'ils ne souffrent pas du besoin. Le Seigneur aime celui qui donne avec largesse. Lorsque Jésus était sur la terre, il constata qu'il y avait une disposition à s'enrichir, à amasser des biens et à oublier les pauvres. Aussi ses leçons étaient-elles souvent données pour graver dans l'esprit du peuple qu'il devait se souvenir de son prochain, et il donna le beau commandement d'aimer Dieu par-dessus toutes choses, et notre prochain comme nous-mêmes. Si nous nous mettions à la place de nos pauvres frères et sœurs, puis demandions : « Que voudrais-tu qu'il fasse, si sa condition et la tienne étaient inversées ? » et agissions ensuite selon la réponse, nous ne négligerions pas notre devoir à cet égard. ¶
Que le cri de la veuve et de l'orphelin, du pauvre et de l'opprimé, ne monte pas jusqu'aux oreilles du Seigneur des armées. Veillez sur eux. Tant l'Épiscopat président que les évêques des différentes paroisses sont à féliciter pour l'œuvre qu'ils accomplissent dans cette direction. ¶
Je me rappelle qu'aujourd'hui cela fait soixante-quatorze ans que le prophète Joseph et Oliver Cowdery reçurent une glorieuse vision dans le temple de Kirtland, et que c'était également un dimanche. Nous ne construisions pas de bâtiments de l'Église en ce temps-là. Ceci est une dispensation de construction de temples, et dès les débuts de l'Église, le peuple ressentait dans son cœur qu'il devait bâtir un temple au Seigneur. Dans leur pauvreté, ils contribuèrent de leurs moyens et bâtirent un temple à Kirtland, et le Seigneur fut satisfait de leurs travaux. Dans ce temple, Jésus apparut à Joseph et Oliver ; ils le virent ; ils reçurent des instructions de lui et écoutèrent ses paroles bénies. Entre autres choses, il leur dit que la renommée de cette maison se répandrait dans toutes les nations. Cela même était une grande prophétie. Qui, en regardant cette petite poignée de gens dans un village reculé, aurait cru que la renommée de cette maison se répandrait dans d'autres nations ? En effet, peu de gens en savaient quelque chose alors, mais cela s'est accompli. Ce qui se passa là ce jour-là a été raconté dans la plupart des régions de la terre, et hommes et femmes se sont réjouis en lisant cette section du livre de Doctrine et Alliances, la section 110, qui rapporte ce qui s'y passa. Jésus leur dit : ¶
« Oui, j'apparaîtrai à mes serviteurs et je leur parlerai de ma propre voix, si mon peuple garde mes commandements et ne souille pas cette sainte maison. ¶
« Oui, le cœur de milliers et de dizaines de milliers sera dans une grande allégresse à cause des bénédictions qui seront déversées et de la dotation que mes serviteurs ont reçue dans cette maison ; et la renommée de cette maison se répandra dans les pays étrangers, et c'est là le commencement de la bénédiction qui sera déversée sur la tête de mon peuple. J'ai dit. Amen. » ¶
Voilà ce que Jésus dit à ces serviteurs, et ces paroles se sont accomplies littéralement, bien que, d'un point de vue humain, il y avait peu de chances que cela puisse s'accomplir. Je poursuis ma lecture : « Lorsque cette vision se fut refermée, les cieux s'ouvrirent de nouveau à nous. Moïse apparut devant nous et nous remit les clefs pour rassembler Israël des quatre coins de la terre et pour ramener les dix tribus du pays du nord. » ¶
Ces clefs furent remises ce jour-là, il y a soixante-quatorze ans, les clefs du rassemblement. Moïse, le grand rassembleur d'Israël, qui les fit sortir d'Égypte pour les conduire au pays de Canaan, détenait cette charge du Seigneur, et il vint vers ces hommes dans ce temple et la remit à Joseph et Oliver. Cela renferme également une prophétie. Il n'y avait pas eu de rassemblement en provenance de pays étrangers. L'Évangile n'avait pas encore été envoyé à l'étranger ; il n'avait été prêché qu'en peu d'endroits, mais selon la révélation qui leur fut donnée, Israël devait être rassemblé de toutes les parties de la terre. Nous avons vécu pour voir cela se réaliser. Il fallut quelques années avant qu'on ne commençât à rassembler depuis l'étranger, mais depuis que ce rassemblement a commencé, il s'est poursuivi sans cesse. Pourquoi nous sommes-nous rassemblés ici ? Mes frères et sœurs, pourquoi avez-vous quitté vos foyers et tout ce qui vous était cher ? ¶
C'était pour faire comme Ésaïe le dit : « Monter à la maison du Seigneur, pour connaître mieux ses voies. » C'est pour cette raison que nous nous sommes rassemblés, et j'espère que vous vous souviendrez tous des enseignements de notre président ce matin : ne pas nous disperser, ne pas partir vers d'autres pays. Voici l'endroit où les saints doivent se rassembler, où ils peuvent se réunir et entrer dans les temples du Seigneur pour mieux connaître ses voies et accomplir l'œuvre pour ceux qui comptent sur eux pour que leur œuvre soit faite, car nous lisons dans cette vision : « Élie, le prophète qui fut enlevé au ciel sans goûter la mort, se tint devant nous et dit — Voici, le temps est pleinement arrivé, ce temps dont il a été parlé par la bouche de Malachie, lorsqu'il a témoigné qu'il [Élie] serait envoyé avant la venue du jour du Seigneur, jour grand et redoutable, pour tourner le cœur des pères vers les enfants, et les enfants vers les pères, de peur que la terre entière ne soit frappée de malédiction. » ¶
C'est ainsi que Malachie prophétisa, et c'est à cela qu'Élie, l'accomplisseur de sa prophétie, fait allusion ici, et il remit à Joseph les clefs de cette œuvre, pour tourner le cœur des enfants vers les pères, et le cœur des pères vers les enfants. Depuis que ces clefs ont été remises, quelle grande œuvre a été accomplie dans cette direction ! Des sociétés sur des sociétés ont vu le jour pour rechercher les pères, pour retracer leurs généalogies, et celles-ci ont été imprimées dans des livres par milliers et sont accessibles aux enfants, afin qu'ils puissent retracer leur vie et accomplir l'œuvre pour eux. ¶
Je veux dire ici que nous avons une société généalogique parmi nous. Nous avons un grand nombre de livres que nous avons rassemblés sur ce sujet, et ceux-ci sont ouverts au peuple. Toutefois, afin que nous puissions disposer de moyens pour continuer à accroître notre bibliothèque, un droit d'adhésion a été exigé. L'argent qui est reçu n'est pas utilisé pour des salaires ou des gages, ni pour payer qui que ce soit, hormis celui qui prend soin des livres et de la salle. Tout le reste du travail est accompli par pur amour de la cause ; ainsi, lorsqu'on vous demande de payer le droit d'adhésion, on vous demande simplement d'aider à accroître notre bibliothèque, afin que nous puissions accomplir davantage de bon travail dans cette direction. On imprime un magazine en faveur de la généalogie, et nous aimerions voir le peuple le soutenir, car je pense qu'il sera le moyen de faire beaucoup de bien à ceux qui recherchent leurs pères. ¶
Frères et sœurs, cette belle section de Doctrine et Alliances mérite d'être étudiée. Elle porte en elle les marques de la divinité. Nous savons que le prophète vit ce qu'il dit avoir vu, car les paroles mêmes qu'il entendit se sont accomplies. Nous savons que le Seigneur accepta cette maison, — que les manifestations qui y furent données étaient si remarquables que ceux qui étaient présents ne les oublièrent jamais. Combien j'ai été heureux de m'entretenir avec des membres qui étaient présents. Ils étaient ravis de parler de ce qu'ils avaient vu et entendu. Le Seigneur accepta cette maison, et il a accepté les autres maisons bâties pour son culte. ¶
Bien qu'ils n'aient pas construit de bâtiments de l'Église en ces premiers temps, la nécessité de posséder de telles maisons a été ressentie par les saints, et nous nous réjouissons aujourd'hui que, dans presque chaque ville, bourgade et hameau à travers Sion, se trouvent des maisons de culte, et que le peuple a tenu à rendre ces maisons aussi belles que toute autre dans la localité, montrant ainsi la révérence qu'il porte à celui qu'il adore. ¶
Je vois que le temps est écoulé. Je désire graver en nous tous le souvenir de ce que le président nous a dit : vivre la vie de véritables saints des derniers jours, en nous abstenant de ce qui est mauvais pour le corps, car le corps ne peut être blessé sans que l'esprit ne le soit également. Un corps sain est nécessaire à un esprit sain. Afin que l'Esprit du Seigneur puisse faire le plus grand bien à une personne, celle-ci doit se garder pure et propre en esprit et s'abstenir de ce qui mine sa santé — et toutes les choses interdites par la Parole de Sagesse tendent à miner la santé. Les hommes de science l'admettent, et les médecins l'admettront aussi, bien que beaucoup d'entre eux ne l'observent pas. La Parole de Sagesse est, en vérité, une bénédiction du Seigneur pour son peuple, une bénédiction qui n'ôtera rien à ses plaisirs, mais qui lui donnera plus de joie et rendra la vie plus agréable pour lui. Observons-la ; accomplissons nos devoirs en toute direction, et je dis à quiconque agit ainsi qu'il a choisi le chemin du bonheur. Que Dieu vous bénisse tous. Amen. ¶