Désir d'être guidé par l'Esprit
Rulon S. Wells
Mes frères et sœurs : Être conduit par l'Esprit du Seigneur est le sincère désir de mon cœur en ce moment. Je ressens la grande responsabilité de me tenir devant cette vaste assemblée, et, à moins que mon Père céleste ne vienne à mon aide, je sens que je ne pourrai pas vous parler de façon satisfaisante. ¶
Il a été fait mention aujourd'hui, par l'un des orateurs, du grand péché d'indifférence. Je souhaite faire écho à ma conviction que ce péché est l'un de ceux qui prévalent dans le monde. J'apprécie le fait que cette assemblée ne puisse être accusée de ce mal ; sa présence ici est la preuve qu'elle éprouve un certain intérêt pour le bien-être de Sion, et qu'elle n'est pas totalement indifférente à la parole du Seigneur. J'apprécie le fait qu'elle soit montée ici pour être nourrie du pain de vie. Je me réjouis des paroles qui ont été prononcées. Mon âme a été amenée à sentir que j'ai été nourri du pain de vie, et je crois que les saints des derniers jours rassemblés ici aujourd'hui ont ce même sentiment dans leur cœur, et qu'ils se réjouissent des vérités de l'Évangile éternel. Ils se réjouissent de l'influence du Saint-Esprit de Dieu qui s'est manifestée au milieu de nous. Néanmoins, il y en a, parmi les nôtres, beaucoup qui sont indifférents à l'égard de la religion qui a été révélée en ce jour et en cette époque où nous vivons. Le grand ennemi de la religion, c'est cet esprit d'indifférence. Les hommes sont enclins à abuser du libre arbitre que notre Père céleste, dans sa sagesse infinie, a donné à chaque âme, et, en abusant de ce don, ils ont mal appliqué ce libre arbitre, en faisant un mauvais usage des talents et des capacités dont notre Père les a dotés. ¶
Il y a deux choses qui sont très précieuses pour toute âme humaine. Il y en a d'autres, mais je souhaite souligner ces deux-là et le mauvais usage qui en est fait. Elles nous ont été données dans un but tout sage, et, avec l'octroi de ces dons, est venue la responsabilité d'en faire un usage convenable. Les deux choses auxquelles je fais allusion sont le temps et l'argent. Quelqu'un a dit que « le temps, c'est de l'argent ». Nous conviendrons tous que ces deux choses sont considérées par les enfants des hommes comme figurant parmi les choses les plus précieuses. Si elles sont précieuses pour nous en tant qu'individus, posons-nous la question : ne sont-elles pas également précieuses pour l'accomplissement des desseins de Dieu parmi les enfants des hommes ? Que faisons-nous de notre temps et de notre argent ? Consacrons-nous ces grands dons de Dieu à nos propres fins égoïstes, ou sont-ils consacrés au service de Dieu qui nous a créés ? Il y en a qui sont assez insensés pour penser que, s'ils consacrent quelques heures de leur temps au service du Seigneur, c'est tout ce qu'il exige d'eux. Ils font valoir que, s'ils vont à l'église le jour du sabbat, s'ils assistent à la Mutual Improvement Association, ou s'ils accomplissent quelque autre devoir particulier qui leur incombe, en raison d'un appel qu'ils ont reçu, ils pensent que tout le reste de leur temps leur appartient, et qu'ils peuvent en faire ce que bon leur semble. Mes frères et sœurs, si certains ont adopté ce point de vue, ils ne comprennent pas la responsabilité que le Seigneur a placée sur nous en nous donnant la vie que nous devons passer sur cette terre. ¶
Le Seigneur attend de nous que nous lui consacrions tout notre temps à le servir. Certains pourraient considérer cela comme une expression exagérée, mais, si vous vous arrêtez pour l'analyser, vous constaterez que le Seigneur n'attend pas moins de vous. On peut dire la même chose de l'argent, de l'accumulation de richesses. Beaucoup soutiennent : si je paie mes dîmes et mes offrandes au Seigneur, tout le reste de mon argent m'appartient, et j'en ferai ce que je veux. C'est là encore une fausse conception de ce que Dieu attend de chacun de ses enfants. Comme pour le temps, il en va de même pour notre richesse : le Seigneur attend de nous que nous la lui consacrions tout entière, à son service, et à l'accomplissement de ses grands desseins sur cette terre. Cela pourra de nouveau vous surprendre, mais, si vous vous arrêtez pour l'analyser, vous constaterez qu'il n'attend pas moins de chacun de nous. Mais ne puis-je pas employer une partie de mon temps à gagner ma vie pour ma famille ? Oui, certainement. Mais ne pouvez-vous pas, en même temps, servir Dieu ? N'est-ce pas un service rendu à Dieu que de subvenir aux besoins des nôtres ? Ne nous a-t-il pas été enjoint par des hommes inspirés de subvenir aux besoins de nos familles ? et n'est-il pas écrit que « celui qui ne pourvoit pas aux besoins des siens a renié la foi, et est pire qu'un infidèle » ? Cela fait une grande différence, la manière dont nous subvenons aux besoins des nôtres, selon que nous employons notre temps de façon convenable et avec une intention honnête, ou que nous gaspillons ce temps ou en faisons un usage inconvenant. De même pour la richesse : ne puis-je pas utiliser une partie des moyens dont Dieu m'a béni pour donner à ma famille les choses nécessaires à la vie ? Ne puis-je pas en laisser une part pour le bien-être et le bénéfice de ma famille ? Oui, très certainement ; cette responsabilité nous est également enjointe. Ce n'est pas seulement dans le paiement de la dîme que nous avons l'occasion de servir Dieu, mais nous avons aussi l'occasion de le servir dans l'usage de chaque autre dollar que nous dépensons, et nous devrions veiller à dépenser notre propre argent de façon convenable, et d'une manière qui soit en harmonie avec la volonté de Dieu. Si nous devions employer nos moyens à satisfaire les convoitises de la chair, dans une vie de dérèglement, cela serait-il considéré comme un service rendu à Dieu ? Certainement pas. Si nous laissons d'immenses fortunes à nos familles sans leur donner la sagesse nécessaire pour employer cet argent au service de Dieu, mais que nous les laissons le gaspiller dans la méchanceté et le péché, de sorte qu'ils apostasient de la vérité, appelleriez-vous cela un service rendu à Dieu ? Non, très certainement pas. C'est pourquoi ceux à qui de grandes fortunes sont confiées devraient réfléchir à la manière dont leurs moyens seront employés pour faire avancer les desseins de Dieu. Une chose qu'il me semble bon d'encourager parmi les saints des derniers jours aisés, c'est d'employer leurs moyens de telle sorte que chaque dollar puisse finalement servir à bâtir le royaume de Dieu sur cette terre ; et, s'ils peuvent l'empêcher, qu'aucun dollar de leur argent ne soit utilisé contre les desseins de notre Père céleste. C'est cette indifférence à l'égard de l'emploi de notre temps et de notre argent, cette manière indifférente dont nous considérons ces dons précieux, qui nous entraîne souvent dans les voies du mal et de l'erreur. L'emploi convenable de notre temps et de notre argent développera la croissance spirituelle ; il développera cette ferveur religieuse qui devrait abonder parmi les saints des derniers jours, et qui, dans bien des cas, fait cruellement défaut. Il me semble que si nous pouvons entourer nos familles d'influences salutaires, par un usage convenable de ces dons que notre Père nous a donnés, si nous créons un amour de la vérité, de sorte que toute énergie, tout don, tout notre temps et tous nos moyens puissent être consacrés au service de Dieu, une influence plus salutaire régnerait dans les familles des saints des derniers jours. Certaines personnes pensent qu'elles ne sont pas religieuses, qu'il n'est pas nécessaire qu'elles soient aussi dévouées à Dieu. Il me semble qu'un manque de religion, un manque de ferveur religieuse, un manque de spiritualité, est une difformité mentale, plus hideuse que toute difformité physique que nous connaissions. J'aimerais mieux que mes enfants soient estropiés ; j'aimerais mieux qu'ils soient privés d'un œil, d'un membre, d'un bras, ou de quelque autre membre important, et ainsi difformes toute leur vie naturelle, plutôt que d'avoir cette difformité mentale, ce manque de vraie religion, faute de quoi nous nous formons une fausse conception de l'usage qui devrait être fait des choses que Dieu nous a données. Il me semble que si nous aimons la vérité, et que nous aimons Dieu de toute notre âme et de tout notre cœur, nous ne pouvons nous former aucune autre conception de nos obligations envers lui. « Mon fils, donne-moi ton cœur », tel est le commandement de Dieu à toute âme, et cela signifie ceci : que nous devrions donner à Dieu notre vie, parce que le cœur est un organe de vie, l'organe vital qui fait circuler le fluide vital dans tout le corps, communiquant la vitalité à chaque partie. Ainsi, le Seigneur exige que nous lui donnions notre cœur, toute notre vie à son service, et cela signifie que tout ce que nous avons et tout ce que nous sommes, notre temps, nos talents, notre richesse, tout devrait être consacré au service de Dieu. ¶
Frères et sœurs, efforçons-nous, en tant que membres de l'Église du Christ, de développer cette conception de nos obligations envers notre Père céleste. Vous, ouvriers de Sion, posez-vous la question de savoir si les intérêts qui sont confiés à vos soins souffrent, parce que, peut-être, votre temps est consacré dans une autre direction. Certains des intérêts qui vous sont confiés languissent-ils parce que vous sentez que vous devez être dehors avec vos troupeaux de brebis, ou avec votre bétail sur mille collines ? Certains des intérêts de Sion souffrent-ils des mains de quelques-uns des anciens d'Israël, parce qu'ils rechignent à employer les moyens dont Dieu les a bénis ? ¶
Mes frères et sœurs, je vous témoigne que je sais que ceci est l'œuvre de Dieu ; je le sais par moi-même et non d'un autre. Je sais que Joseph Smith est un prophète envoyé de Dieu pour introduire cette grande et glorieuse dispensation, la dispensation de la plénitude des temps. Je sais que les hommes qui se tiennent aujourd'hui à la tête de cette Église sont inspirés de Dieu, et qu'ils y sont par sa nomination. Puissions-nous les soutenir et les appuyer ; puissions-nous prouver par nos bonnes œuvres que nous sommes dévoués à cette cause à laquelle ils consacrent les énergies de leur vie, leur temps et leurs moyens, en aidant à accomplir les saints desseins de Dieu ; que le Seigneur nous aide à faire ces choses, je le demande, au nom de Jésus. Amen. ¶