Humilité, union et vraie grandeur
Anthon H. Lund
Je suis heureux de voir tant de Saints présents en ce premier jour de notre conférence, et je me suis réjoui des instructions données par les frères qui nous ont adressé la parole. J'ai été très impressionné par les remarques du dernier orateur. Il a rendu témoignage que les frères dirigeants de l'Église sont des hommes humbles. Les apôtres viennent de conclure leur conférence trimestrielle, et l'un des sujets sur lesquels ils se sont attardés était ce principe de l'humilité. Il a été montré qu'il est absolument nécessaire de cultiver l'humilité, si nous voulons progresser dans le royaume de Dieu. Je peux aussi témoigner du fait que les douze apôtres sont un, et cherchent à être un avec la Présidence de l'Église. Lorsque frère Cowley a lu les paroles de la révélation où il nous est dit que les disciples d'autrefois avaient des sentiments les uns contre les autres, je me suis senti réjoui que l'on puisse dire des Douze aujourd'hui qu'ils forment une unité ; et il est souhaitable que cette unité de sentiment imprègne tout Israël. Nous savons qu'il nous est demandé d'être un. Si nous ne sommes pas un, Jésus ne nous reconnaîtra pas. Dans l'une des révélations, il fait cette déclaration : ¶
« Mais en vérité, je vous le dis, instruisez-vous les uns les autres, selon l'office auquel je vous ai désignés. ¶
« Et que chacun estime son frère comme lui-même et pratique la vertu et la sainteté devant moi. ¶
« Et je vous le dis encore, que chacun estime son frère comme lui-même. ¶
« Car qui d'entre vous, ayant douze fils, et ne faisant pas d'acception de personnes entre eux, s'ils le servent docilement, s'il dit à l'un : Revêts-toi de robes et assieds-toi ici, et à l'autre : Revêts-toi de haillons et assieds-toi là, pourra contempler ses fils et dire : Je suis juste ? ¶
« Voici, je vous ai donné cela comme parabole, et c'est ainsi que je suis. Je vous dis : Soyez un ; et si vous n'êtes pas un, vous n'êtes pas de moi. » (Doctrine et Alliances, section 38, versets 23-27.) ¶
Cette exigence n'est pas faite seulement aux Douze, mais à tous les Saints. Si nous voulons être reconnus par notre Maître, nous devons lui prouver que nous sommes un — non seulement un dans notre croyance, mais un dans nos actes, et un dans notre conduite et dans notre manière de nous traiter les uns les autres. Nous avons entendu lire que l'un ne devrait pas avoir plus que l'autre. Le Seigneur a toujours insisté sur l'unité. Dans les derniers enseignements de notre Sauveur à ses disciples, durant la semaine avant qu'il ne les quitte, comme ses paroles sur ce principe sont impressionnantes ! Il voulait qu'ils soient un, comme lui et le Père étaient un ; et il demanda dans sa prière que cela puisse être ainsi. L'unité est le trait distinctif des Saints à chaque époque. En tant que Saints des derniers jours, nous voulons nous efforcer d'être unis les uns avec les autres et avec la Présidence. Suivons les conseils qui nous viennent par leur intermédiaire, et ne nous sentons pas les uns au-dessus des autres. ¶
Si un homme acquiert davantage des biens de ce monde qu'un autre, que cela ne l'élève pas et ne lui fasse pas sentir que cela le rend meilleur que son frère. Souvenez-vous que le Seigneur résiste aux orgueilleux ; et l'orgueil de la bourse est, je pense, plus mesquin que tout autre orgueil. Et pourtant il nous est naturel. Il ne devrait pas y avoir de distinctions de classe parmi les Saints des derniers jours. Je ne crois pas qu'il y en ait beaucoup ; mais à certains moments il semble y en avoir un peu plus parmi nous qu'il ne devrait y en avoir. L'autre jour, j'ai eu le plaisir d'assister à une réception donnée en l'honneur de l'anniversaire de notre président par les ouvriers du temple. J'ai été heureux d'être présent et de sentir l'esprit qui y régnait. En parlant avec l'un de nos évêques, j'ai fait remarquer combien il était agréable de voir ceux qui n'avaient rien des biens de ce monde se mêler, comme frères et sœurs, à ceux qui en avaient, et il m'a dit : « J'ai entendu certains dire que nous avons des distinctions de classe parmi nous, et que les hommes qui ont des richesses sont accusés de se sentir au-dessus de leurs frères ; mais je n'ai jamais rien ressenti de tel. » Or, cet homme possède beaucoup des biens de ce monde, mais il n'a pas senti que la richesse l'élevait au-dessus de ses frères. Je crois qu'en général la possession de richesses tend à élever les hommes. Si le Seigneur nous bénit de richesses temporelles, elles ne devraient pas avoir cet effet sur nous. Ce n'est peut-être pas entièrement la faute de ceux qui ont des moyens s'il surgit parfois des lignes de distinction entre eux et leurs frères plus pauvres. Nous qui n'avons pas beaucoup des biens de ce monde ne sommes pas entièrement libres d'orgueil non plus ; si, par exemple, notre frère que nous connaissions bien, et qui a acquis plus de moyens que nous, arrive à passer près de nous sans nous remarquer, bien qu'il le fasse sans y penser, nous sommes portés à le juger sévèrement et à nous dire que, parce qu'il a un peu plus de moyens que nous, il ne nous remarquera plus maintenant. Il se peut qu'il soit entièrement innocent, mais nous entretenons ce sentiment, et nous devenons étrangers les uns aux autres. Cela ne devrait pas être. Nous devrions nous aimer les uns les autres, et être un. Vous ne voyez aucune distinction de classe entre ceux qui travaillent dans les temples. Le temple est un lieu où l'atmosphère est entièrement libre de tout sentiment de supériorité de l'un sur l'autre. Lorsque nos missionnaires partent prêcher l'Évangile, il arrive parfois qu'un jeune homme de parents riches soit associé au fils de parents pauvres, mais ils ne sentent aucune distinction entre eux. Ils vont faire du porte-à-porte et tenir des réunions ensemble, ils prient ensemble, et vivent ensemble comme des frères. La différence entre eux quant aux moyens du monde est oubliée, et ils s'efforcent d'être unis dans l'œuvre qu'ils ont en main. Or, tout comme les missionnaires le ressentent à l'étranger, comme vous le ressentez lorsque vous entrez dans les temples de Dieu, ainsi devriez-vous le ressentir dans votre vie de tous les jours. ¶
N'oublions pas les injonctions qui nous sont données au sujet de l'humilité. Ne pensez pas que l'humilité s'oppose à la grandeur. Au contraire, aucun homme n'est jamais devenu grand sans être humble. Dans l'histoire du monde, nous avons appelé grands des hommes qui ne méritaient pas ce titre. Pour qu'un homme soit grand, il doit y avoir en lui de l'originalité ; il doit être au-dessus du commun, et la différence entre lui et le commun doit être quelque chose qui profite aux hommes. C'est le bienfait qui découle de sa personnalité qui le rend grand — son influence pour le bien sur le monde. Prenez notre Sauveur, comme il en a été fait allusion si magnifiquement ce matin par notre président. Né à Bethléem, dans une mangeoire ! Il descendit au-dessous de toutes choses, tant en rang qu'en richesse. Il ne rechercha pas la richesse. Il était venu accomplir une mission. Il fut humble dans tous ses actes, et pourtant il fut le plus grand être qui ait jamais vécu sur la terre. L'humilité et la grandeur étaient combinées dans son caractère. Il en fut de même dans le caractère de notre prophète, Joseph Smith. C'était un homme sans affectation, un homme humble, un grand homme. De tous les hommes qui ont vécu au dix-neuvième siècle, je le considère comme le plus grand. Il y avait chez cet homme quelque chose au-delà du commun, qui aura une influence bienfaisante sur toute l'humanité. Les vérités qu'il a mises au jour par le pouvoir de Dieu seront étudiées par les hommes et leur valeur reconnue. Les hommes n'en créditeront pas la source, mais la vérité se frayera son chemin. C'était un grand homme, et en même temps un homme humble. Ses successeurs ont été les mêmes. Si nous voulons atteindre à la grandeur, nous ne devons pas oublier cette vertu de l'humilité. Peut-être que beaucoup de ceux qui se sentent si sûrs de leur propre justice trouveront que cultiver l'humilité est une tâche difficile ; pourtant, c'est nécessaire. Nous attendons l'exaltation, mais pour l'obtenir, nous devons passer par la vallée de l'humilité. Nous devons y descendre, et ensuite remonter, et devant nous se trouve une destinée si brillante que nous ne pouvons la concevoir. ¶
Frères et sœurs, cultivons ces vertus. Soyons un. Ne regardons pas les uns les autres selon la richesse et le rang ; mais estimons les hommes pour les bonnes œuvres qu'ils font, et pour leur humilité à vivre devant le Seigneur. Que ce soit là le rang que nous devrions tous rechercher. Les Douze reçurent l'appel du Seigneur, non pas en se sentant exaltés parce qu'ils devaient recevoir un siège plus élevé dans la synagogue, mais avec crainte et tremblement, espérant pouvoir accomplir leurs devoirs. En recevant cet appel, ils sentirent que cela faisait d'eux véritablement les serviteurs de leurs frères et sœurs, et ils s'efforcent de vivre de manière à pouvoir les servir, et à servir leur Père céleste. ¶
Je ne veux pas prendre davantage de votre temps, si ce n'est que je voudrais faire comprendre à tous la nécessité de l'unité ; avec elle nous serons forts et capables de livrer les batailles qui sont devant nous, et nous en sortirons victorieux. Mon témoignage est que ceci est le royaume de Dieu — la pierre que Daniel a vue. Or, si nous devons être cette pierre, et en avoir la force, nous devons être solides et unis. Nous ne voulons pas que les pierres soient un conglomérat qui, dans sa vitesse, se brisera en morceaux. Nous voulons être un peuple uni, qui puisse se tenir ensemble, et alors le Seigneur accomplira sa promesse — il donnera la domination à ses Saints. Que Dieu vous bénisse tous. Amen. ¶