Soutenir l'autorité et l'unité de l'Église
Matthias F. Cowley
Mes frères et sœurs : je suppose que je n'ai pas besoin de demander votre foi et vos prières. J'en ai toujours besoin, et je comprends qu'il est de notre devoir de nous considérer responsables, tout autant que l'orateur, de la mesure du Saint-Esprit dont nous jouissons. Il est aussi de notre devoir de prêter la plus stricte attention à tout ce qui est dit, et d'être imprégnés de la détermination de mettre en pratique les instructions qui nous sont données. ¶
Les Saints des derniers jours sont réputés être un peuple pratique. Paul disait des Saints d'autrefois que le Seigneur allait « se purifier un peuple particulier, zélé pour les bonnes œuvres ». J'ai lu récemment dans le journal une déclaration faite par un homme occupant une fonction législative, selon laquelle il désirait voir disparaître la particularité qui caractérise les Saints des derniers jours. Je dis : que Dieu fasse qu'elle ne disparaisse jamais, que l'Esprit de l'Évangile ne se retire jamais de nous, que les principes que cet Esprit a implantés dans nos cœurs ne soient jamais effacés, et que nous ne cessions jamais d'enseigner à nos enfants et aux enfants de nos enfants que Joseph Smith était un prophète du Dieu vivant, que chaque principe que Dieu lui a révélé était divin, et qu'il a déposé sa vie sur l'autel pour établir la vérité de ces principes qu'il a énoncés au monde. J'espère que cette particularité s'attachera toujours aux Saints des derniers jours, et qu'elle deviendra plus nette et plus marquée à mesure que les années s'écouleront. À mesure que l'œuvre de Dieu progresse, nous devrions progresser. ¶
Voici maintenant deux ans et demi que nous avons soutenu pour la première fois le président Lorenzo Snow comme successeur du président Wilford Woodruff, comme Prophète, Voyant et Révélateur de cette Église. Je veux rendre témoignage aux Saints des derniers jours que l'œuvre de Dieu a toujours prospéré, et qu'elle a prospéré de façon remarquable au cours de ces deux dernières années et demie. Par un concours de circonstances qu'il n'était peut-être pas possible d'éviter, et auquel les serviteurs de Dieu ont fait face du mieux qu'ils l'ont pu, l'Église s'est trouvée engagée financièrement ; mais sous la direction de l'Esprit de Dieu dans le président Snow, cette obligation financière a été grandement réduite. La main du Seigneur s'est manifestée dans son administration à un degré remarquable. Il a béni les Saints des derniers jours de l'esprit de répondre à l'appel lancé par le président Snow il y a quelque deux ans, invitant le peuple à s'élever à une norme plus haute dans l'observance de la loi de la dîme. Les Saints des derniers jours ont assez généralement répondu à cet appel, et Dieu les en a bénis. L'esprit de ce principe a été plus généralement répandu parmi les Saints qu'il ne l'a jamais été. Le conseil présidant des soixante-dix a accompli une œuvre remarquablement bonne en présentant ce sujet aux collèges de soixante-dix dans les pieux de Sion. Les soixante-dix constituent l'un des corps d'hommes les plus solides, énergiques et fidèles qui existent dans l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, et la prédication et les labeurs de ce conseil sont dignes d'éloge. Leurs visites aux conférences de pieu ne constituent qu'une petite partie de leur œuvre. Ils considèrent constamment l'obligation et la responsabilité que Dieu a placées sur les soixante-dix de cette Église, à savoir d'être les messagers de Dieu aux habitants de la terre ; et ils cherchent continuellement à mieux organiser ces collèges et à les instruire dans les principes de l'Évangile éternel. Je crois que les autorités de l'Église, en général, ont cherché à s'acquitter des devoirs de leur appel. Nous avons cependant nos faiblesses, et nous ne nous sentons pas supérieurs à nos frères qui occupent différentes positions à travers les pieux de Sion. La Présidence de cette Église, les douze apôtres, les sept premiers présidents des soixante-dix, l'épiscopat président, le patriarche — je veux témoigner qu'ils sont des hommes humbles ; qu'ils désirent connaître et comprendre la volonté de Dieu dans l'accomplissement de leur devoir ; et que, bien que nous entretenions des vues individuelles sur diverses questions, nous en venons généralement à une unité de foi sur toutes les propositions qui touchent l'œuvre de Dieu ici sur la terre. ¶
Une autre chose que je dirai, telle qu'elle me vient à l'esprit. Au cours des deux dernières années et demie, il y a eu un accroissement dans les pieux de Sion, peut-être un accroissement proportionnellement plus grand dans le nombre des pieux que dans la population. Ce fut une étape essentielle, car beaucoup de pieux de Sion étaient si grands que la présidence des pieux ne pouvait pas donner l'administration personnelle dont le peuple avait besoin. Dieu a incité son serviteur à diviser ces pieux, et il en est résulté l'entrée en activité d'un grand nombre d'hommes et de femmes, dont certains étaient auparavant relativement inactifs, et ils ont manifesté un degré marqué d'intérêt et d'énergie dans l'œuvre de Dieu. Nous avons encore d'autres pieux de Sion à organiser ; car ils s'étendent vers l'est et l'ouest, vers le nord et le sud ; et après un certain temps nous organiserons Sion, comme on l'appelle, et les pieux de Sion, à mesure qu'elle s'étendra de l'Atlantique au Pacifique. ¶
Mais il y a un grand besoin, dans tous les pieux de Sion, d'une réforme dans l'activité de ceux qui portent la responsabilité de l'épiscopat et des autres officiers dirigeants de la Prêtrise. Certains frères ont été très négligents dans leurs devoirs. D'autres ont manifesté une incapacité à accomplir les devoirs de leurs charges respectives dans la sainte Prêtrise. Il est nécessaire que cela soit corrigé. Il n'est pas nécessaire, pour obtenir le salut dans le royaume de Dieu, qu'un homme préside une paroisse comme évêque. Lorsqu'il devient, par l'âge, la maladie ou toute autre cause, incapable d'accomplir les devoirs de ce haut appel, ce n'est pas un déshonneur pour lui de démissionner et de céder la place à un autre homme ; c'est en fait à son honneur, et il devrait le faire. On peut en dire autant du président d'un pieu. Ainsi, le président Lorenzo Snow et le président Franklin D. Richards — deux des hommes les plus humbles et les plus énergiques de l'Église — vinrent un jour trouver le président Brigham Young et lui dirent que s'il les jugeait inefficaces, incapables ou inactifs dans leur apostolat, ils étaient disposés à s'écarter et à laisser leur apostolat être conféré à d'autres hommes. Telle était leur humilité et leur amour pour l'œuvre de Dieu qu'ils offrirent de le faire. En cela, mes frères, il y a un grand principe. Chaque homme et chaque femme devraient estimer l'œuvre de Dieu au-dessus de tout. J'ai toujours eu la joie dans mon cœur que ceci était l'œuvre du Seigneur. Bien que j'aie ressenti ma propre insuffisance à un degré marqué, j'ai toujours eu ce sentiment : Ceci est l'œuvre de Dieu, et que je tienne bon ou que je faillisse, que je sois digne de maintenir la responsabilité que je porte ou non, l'œuvre de Dieu sera maintenue tout de même. L'œuvre de Dieu ne dépend pas de nous en tant qu'individus. C'est son œuvre, et il la maintiendra. ¶
Il y a une autre chose que je veux dire à mes frères en rapport avec nos labeurs et nos associations dans la Prêtrise. Nous avons tous notre individualité et nos caractéristiques particulières. Il est parfaitement juste qu'il en soit ainsi ; car Dieu l'a ainsi voulu. Il a organisé cette terre, et il l'a fait de manière à donner de la variété. Il y a placé les montagnes, les vallées, les lacs, les rivières, les mers, la végétation et tout le reste, pour l'embellir et la rendre propice à la demeure de l'homme. Les Saints des derniers jours sont venus de presque toutes les nations civilisées sous le soleil, et après un certain temps le Japon et d'autres parties de l'Orient produiront aussi des Saints des derniers jours ; car Dieu « dira au nord : Donne ! Et au sud : Ne retiens pas ! Fais venir mes fils des pays lointains, et mes filles de l'extrémité de la terre. » Ils viendront, et je dis, au nom du Seigneur, qu'aucun pouvoir sous le soleil ne peut l'empêcher. Aucun pouvoir ne peut retarder l'œuvre de Dieu. C'est le devoir des Saints des derniers jours de comprendre cette œuvre, et d'estimer l'Esprit de l'Évangile comme le meilleur compagnon que nous puissions avoir. ¶
Maintenant je veux dire que les frères ne demeurent pas toujours ensemble dans la paix. David disait : « Voici, oh ! qu'il est agréable, qu'il est doux pour des frères de demeurer ensemble ! C'est comme l'huile précieuse qui, répandue sur la tête, descend sur la barbe, sur la barbe d'Aaron. » Je sais que certains épiscopats ne travaillent pas aussi unis qu'ils le devraient ; et la raison en est qu'ils ne jouissent pas de l'esprit de leur appel autant qu'ils le devraient, et cela résulte du fait qu'ils ne se réunissent pas et ne tiennent pas de réunions de conseil. Ils ne se soumettent pas à la volonté du Saint-Esprit, et en conséquence il existe entre eux des différends. Or, lorsque les autorités présidantes d'une paroisse ou d'un pieu sont désunies et qu'elles ne jouissent pas de l'Esprit de Dieu dans leur appel, cela touchera toute la paroisse ou tout le pieu. Le résultat est que, dans certains pieux de Sion, nous avons besoin d'un changement et d'une réforme, pour amener une condition plus en harmonie avec le progrès de l'œuvre de Dieu. En assumant la responsabilité de la Prêtrise que nous portons, nous ne devrions pas laisser nos objections personnelles envers nos frères interférer avec nos rapports avec eux dans les fonctions et les labeurs de la sainte Prêtrise. Je me souviens que frère Clawson a déclaré ici, à la dernière conférence, qu'il avait trouvé un frère qui ne payait pas sa dîme parce qu'il éprouvait une certaine antipathie personnelle envers l'évêque. Un autre homme ne payait pas sa dîme parce qu'il avait une objection personnelle contre le président du pieu. Je veux vous dire, mes frères, que tout cela est mal. Nous sommes les serviteurs de Dieu. Si Dieu a confié à un homme les responsabilités de la Prêtrise, et que cet homme, depuis son enfance, a honoré cette Prêtrise, a été prêt à partir en mission à l'étranger, disposé à se soumettre au conseil de la Prêtrise sur tous les sujets, et prêt à accomplir la volonté de Dieu en toute direction, je vous dis que, malgré les faiblesses d'un tel homme, il est un serviteur de Dieu, que Dieu a honoré, et il ne devrait y avoir personne dans sa paroisse ou dans son pieu qui entretiendrait une telle antipathie envers lui qu'elle l'amènerait à s'abstenir d'accomplir les devoirs de son appel. En même temps, chaque évêque et chaque président de pieu devrait entourer le peuple de ses bras et lui faire sentir qu'il est vraiment son père. Il ne devrait pas gouverner d'une main de fer, ni avec la détermination d'avoir toujours sa propre volonté ; mais il devrait gouverner dans l'esprit d'amour et de bonté pour ses frères. ¶
Je crois, mes frères et sœurs, qu'il y a peu d'hommes et de femmes dans cette Église qui ne puissent être sauvés et préservés de s'écarter de l'accomplissement de leur devoir, s'ils sont correctement instruits et qu'un esprit d'amour leur est manifesté par les bergers du troupeau du Christ ; mais là où il y a désunion et différence d'opinion, et où de mauvaises influences se sont manifestées à travers des affaires financières ou politiques, les effets en sont nuisibles. Si nous n'appartenons pas au même parti politique, ou si par hasard nous nous engageons dans une affaire financière concurrente, nous ne devrions pas laisser cela nous diviser d'esprit ou nous mettre en désaccord avec nos frères. Nous ne pouvons nous permettre de faire cela, car les hommes, parfois, bien qu'ils pensent avoir été lésés, s'ils n'y prennent garde, seront eux-mêmes dans leur tort en combattant leurs frères qui portent la Prêtrise du Fils de Dieu et qui sont désignés pour présider comme évêques ou présidents, ou comme autorités générales. Je me souviens à ce sujet d'une déclaration faite au prophète Joseph Smith. Comme vous le savez, dans les premiers temps de l'Église, ils rencontrèrent bien des difficultés. À un moment donné, ils cherchèrent à établir Sion, dans le comté de Jackson. Oliver Cowdery et W. W. Phelps furent placés à la tête, je crois. Le Seigneur révéla au prophète Joseph Smith le principe de l'Ordre uni, et il lui montra comment établir ce principe. Mais il y avait de la jalousie et de l'envie parmi les frères ; il y avait une disposition à trouver à redire les uns aux autres. Il en résulta que l'ennemi vint sur eux et les chassa de leurs héritages ; et le Seigneur prononça un décret selon lequel peu de ceux qui avaient été chassés, s'il y en avait, vivraient pour revenir. Je ne connais guère de survivants aujourd'hui parmi ceux qui occupaient le comté de Jackson lorsque cette révélation fut donnée. Le Seigneur leur révéla comment ils devaient vivre. Il dit qu'il ne lui plaisait pas qu'un homme possédât ce qui était au-dessus d'un autre. Il déclara que la terre était pleine de ses largesses, et il voulait que tous en eussent assez. ¶
Il leur demanda de consacrer tout ce qu'ils possédaient à l'établissement et à l'embellissement de Sion, et que chaque homme et chaque femme fût rendu responsable de l'intendance pour laquelle leurs dons et leurs capacités les rendaient aptes. Ils devaient avoir tout ce dont ils avaient besoin pour manger, pour se vêtir, pour se loger, et pour éduquer et élever leurs enfants dans les voies du Seigneur ; mais tout le surplus devait être consacré à la rédemption de Sion. Tel était le principe révélé en ce temps-là, et nous devrons encore y venir. À ce sujet, le Seigneur dit au prophète Joseph Smith : ¶
« Voici, ainsi vous dit le Seigneur, votre Dieu, ô anciens de mon Église, écoutez, prêtez l'oreille et recevez ma volonté à votre sujet. ¶
« Car en vérité, je vous le dis, je veux que vous vainquiez le monde ; c'est pourquoi j'aurai compassion de vous. » ¶
Permettez-moi de dire que cette révélation et cette voix d'avertissement s'adressent aussi aux Saints des derniers jours aujourd'hui, et il est de notre devoir de vaincre le monde. Un effort constant est fait pour détruire nos jeunes gens par les influences et les puissances des ténèbres, et nous devrions nous montrer fermes comme un roc contre cela. Je veux élever ma voix vers la jeunesse des Saints des derniers jours et lui demander de fréquenter son école du dimanche et ses associations d'amélioration. Je veux l'encourager à s'adonner à la prière soir et matin. Je veux l'encourager à partir en mission, tant les jeunes gens que les jeunes filles, lorsque le Seigneur l'indiquera, et à élever leur voix en défense de l'œuvre de Dieu. Si elle fait cela et se montre obéissante au conseil de la sainte Prêtrise, elle ne se détournera jamais de l'œuvre de Dieu. Jeunes gens, gardez votre vertu ; estimez-la plus précieuse que le sang qui coule dans vos veines ; car Dieu a placé un prix sur l'honneur et la chasteté, et celui ou celle qui perd ce joyau perd quelque chose qui ne peut être restauré dans cette vie, si tant est qu'il puisse l'être dans la vie à venir. ¶
La révélation continue : ¶
« Il en est parmi vous qui ont péché. » ¶
Cela est vrai aujourd'hui. Il en est parmi nous qui ont péché. Il en est parmi nous qui ont siégé en conseil avec les impies, et qui ont cherché à renverser le conseil de la sainte Prêtrise, et qui se sont posés en supérieurs en jugement et en sagesse à ceux qui portent la Prêtrise du Fils de Dieu. En cela ils ont péché. Malheur à ceux qui cherchent à cacher profondément leurs desseins au Seigneur, et dont les œuvres sont dans les ténèbres ! C'est pourquoi, repentez-vous, et ne le faites plus. ¶
« Mais en vérité, je vous le dis, pour cette fois, pour ma gloire, et pour le salut des âmes, je vous ai pardonné vos péchés. ¶
« Je serai miséricordieux envers vous, car je vous ai donné le royaume. ¶
« Et tant qu'il vivra, les clefs des mystères du royaume ne seront pas enlevées à mon serviteur Joseph Smith, fils, par les moyens que j'ai désignés, s'il obéit à mes ordonnances. ¶
« Il en est qui ont cherché à l'accuser sans raison. » ¶
Mes frères, il en est qui ont cherché à accuser les serviteurs de Dieu sans raison. Ils ont cherché à accuser l'homme qui s'est tenu à la tête de l'Église, et que Dieu a dit que nous devrions regarder comme son représentant sur la terre. Il a dit du prophète Joseph Smith : « Vous recevrez ses paroles comme si elles venaient de ma propre bouche » ; et la même autorité et le même pouvoir de conduire l'Église furent conférés au prophète Brigham Young, et étendus au président John Taylor, et au président Wilford Woodruff, et reposent maintenant sur le président Lorenzo Snow, qui détient les clés de l'œuvre de Dieu à l'heure actuelle. Il en est qui ont cherché à l'accuser sans raison. Or, ce n'est pas seulement l'homme qui se tient à la tête, et ses conseillers, et les douze apôtres, le conseil présidant des soixante-dix et l'épiscopat président qui portent cette grande responsabilité de représenter Dieu, mais tout homme qui porte la sainte Prêtrise est un représentant de Dieu ; et dans sa sphère et son appel, il est entendu qu'il aura l'esprit et la volonté de Dieu pour administrer au peuple. L'évêque d'une paroisse, le président d'un pieu, l'ancien président d'un collège, ou un conseil présidant de soixante-dix, peuvent jouir des révélations du Saint-Esprit pour les guider dans les devoirs de leur charge. C'est pourquoi il n'est pas seulement de notre devoir d'éviter de pécher contre nos frères qui portent l'apostolat, mais c'est notre devoir d'être extrêmement bienveillants et charitables envers chaque officier de l'Église, et de contribuer à le soutenir et à le maintenir, qu'il soit évêque d'une paroisse, président d'un pieu, ou détenteur de toute autre position dans la Prêtrise. Nous n'avons pas le droit de saper son influence parmi le peuple de Dieu. Et nous ne sommes pas lésés en nous en abstenant ; car il n'y a personne, depuis la tête de l'Église jusqu'au dernier diacre ordonné, qui aura le pouvoir d'égarer le peuple de Dieu ou de causer un tort permanent à la cause du Christ. Il existe dans l'Église l'autorité et le pouvoir de traduire tout homme en justice au moment voulu du Seigneur, et ce n'est pas notre affaire de critiquer et de démolir. Le Seigneur ne fait pas acception de personnes, et lorsque son Prophète a péché, il le lui a dit, selon cette révélation. ¶
« Néanmoins il a péché, mais en vérité, je vous le dis, moi, le Seigneur, je pardonne les péchés à ceux qui les confessent devant moi et en demandent le pardon et qui n'ont pas commis de péché qui mène à la mort. ¶
« Dans les temps anciens, mes disciples cherchaient à s'accuser les uns les autres et ne se pardonnaient pas les uns aux autres dans leur cœur ; et pour ce mal, ils furent affligés et sévèrement châtiés. ¶
« C'est pourquoi je vous dis que vous devez vous pardonner les uns aux autres ; car celui qui ne pardonne pas à son frère ses offenses est condamné devant le Seigneur, car c'est en lui que reste le plus grand péché. ¶
« Moi, le Seigneur, je pardonne à qui je veux pardonner, mais de vous il est requis de pardonner à tous les hommes. » ¶
Nul Saint des derniers jours n'a le droit ni le titre à la communion de l'Esprit de Dieu s'il entretient un esprit d'aigreur envers un homme ou une femme vivants. Dieu s'est sacrifié pour notre salut. Combien de fois le président Snow nous a-t-il dit qu'il exigeait des hommes qu'ils fassent des sacrifices pour le bien de tout le peuple. Il a sacrifié son propre Fils bien-aimé, afin que nous puissions obtenir la rédemption des liens de la mort, et aussi de nos péchés individuels. Il a permis que son Fils meure de la mort la plus ignominieuse, afin que la résurrection pût s'accomplir. Le prophète Joseph Smith fut suscité dans cette dispensation pour s'en tenir à la tête, et il souffrit toutes sortes d'ignominie et de mépris de la part des hommes hors de l'Église, ainsi que la trahison et la perfidie de la part des apostats à l'intérieur de l'Église ; et finalement, à la mesure de l'importance du grand message qu'il portait, il donna le dernier témoignage que l'homme puisse donner sur la terre pour établir l'authenticité divine d'un principe quelconque — il donna sa vie. Son sang fut versé à la prison de Carthage. C'était un homme innocent, exempt de péché ; car Dieu avait pardonné ses petites fautes et ses imperfections. C'était un homme de Dieu, un homme pur et droit ; un homme qui non seulement honorait Dieu, mais qui aimait son prochain et honorait la nation qui l'avait vu naître. Il établit, par les révélations du Saint-Esprit, que Dieu avait fondé ce gouvernement par inspiration, gouvernement qui reposait sur les pères patriotes, qui donnèrent leur sang pour établir la liberté sur ce pays. Tel était le prophète Joseph Smith. Mais il n'était pas un être parfait ; il n'était pas exempt de faiblesse ; nous ne le sommes pas non plus. J'allais dire que je remercie Dieu que mes frères ne le soient pas ; car s'ils étaient exempts d'imperfections, je ne serais pas avec eux. On dit que la misère aime la compagnie, et je me réjouis qu'ils aient des imperfections ; car je sens parfois que je suis moi-même extrêmement imparfait. Lorsque je considère la norme de justice qui appartient à l'Évangile du Fils de Dieu, je me sens si immensément au-dessous d'elle que je me sens presque indigne d'être membre de l'Église, sans même parler d'être apôtre du Seigneur Jésus-Christ. Il m'entre à peine dans l'esprit que j'en suis un, sinon que je me souviens d'avoir été ordonné, et je suis constamment poussé par le sentiment que je dois faire mon devoir, je dois déclarer cet Évangile, ou je serai damné ; mais la pensée d'être supérieur à un ancien quelconque, ou à un soixante-dix, ou à un prêtre, un instructeur, ou un diacre, n'est jamais entrée dans mon cœur ; et je ne crois pas non plus qu'elle entre dans le cœur de mes frères qui portent l'apostolat, car ce sont des hommes humbles. Ils ne se sont pas choisis eux-mêmes ; Dieu les a choisis par la voix de l'inspiration à travers le Prophète qui se tient à la tête de l'Église. ¶
Souvenez-vous, mes frères et sœurs, de ces quelques versets que j'ai lus de la section 64 de la Doctrine et Alliances. Il s'y trouve aussi une autre déclaration en rapport avec les autorités de l'Église, et elle s'appliquera non seulement à un évêque ou à l'autorité présidant tout pieu de Sion, mais aussi à l'apostolat et à tout homme qui porte une responsabilité dans la sainte Prêtrise. Elle dit : ¶
« Et même l'évêque, qui est juge, et ses conseillers, s'ils ne sont pas fidèles dans leur intendance, seront condamnés, et d'autres seront mis à leur place ; ¶
« Car voici, je vous dis que Sion s'épanouira et que la gloire du Seigneur sera sur elle, ¶
« Et elle sera une bannière pour le peuple, et on viendra à elle de toutes les nations sous le ciel. ¶
« Et le jour viendra où les nations de la terre trembleront à cause d'elle et craindront à cause de ses gens terribles. Le Seigneur l'a dit. Amen. » ¶
Maintenant je veux dire un mot au sujet des gens du monde adoptant les ordonnances de l'Évangile, dont a parlé ce matin l'ancien Reed Smoot. Je crois que j'étais assis sur la souche d'un arbre dans l'État de Virginie et que j'y ai lu une prophétie du président Joseph F. Smith, selon laquelle le jour viendrait où les ministres du sectarisme enseigneraient les doctrines de cette Église, et ce serait une forte illusion parmi le peuple. Les sectes de notre temps, mes frères et sœurs, ont une connaissance plus grande de la force et de la puissance de cette œuvre qu'elles ne l'admettent devant le peuple. Elles maintiennent les gens du monde dans l'ignorance de la vérité, et elles ont peur d'ouvrir leurs portes et de laisser les gens venir entendre la vérité énoncée par les serviteurs de Dieu. J'ai récemment visité chaque État de la mission des États de l'Est. Le président E. H. Snow prit grand soin de me donner l'occasion de rendre mon témoignage dans chaque État de sa mission. Dans une petite ville importante d'un État, les anciens distribuèrent des tracts de porte en porte, et après cela, les ministres sectaires visitèrent les maisons et rassemblèrent les tracts, et demandèrent aux gens de ne pas venir nous entendre. Je veux dire que je n'ai pas peur d'entendre les représentants d'une confession quelconque sur la terre, ni de leur donner l'occasion de présenter leurs vues. Mais l'adversaire est à l'œuvre. Il a compris l'œuvre de Dieu dès le commencement. Il a cherché à détruire le prophète Joseph Smith dès le début. Il a cherché à détruire le Fils de Dieu lorsqu'il était sur la terre ; et lorsqu'il n'a pu le faire, il a cherché à le tenter, lui promettant que s'il l'adorait, il lui donnerait tous les royaumes de ce monde. Il a aussi cherché à tenter le prophète Joseph Smith d'utiliser le Livre de Mormon à des fins financières ; mais Dieu lui avait donné le commandement de ne pas faire commerce des choses sacrées, et il n'a pas cédé au tentateur. Lorsque les ministres ont vu qu'ils ne pouvaient renverser l'œuvre par leurs arguments, ils ont incité le peuple à recourir à la loi de la populace. Les Saints furent pourchassés de lieu en lieu, l'apôtre David Patten et d'autres furent massacrés ; et finalement le prophète Joseph Smith et son frère Hyrum furent cruellement assassinés à la prison de Carthage, scellant leur témoignage de leur sang, et les Saints de Dieu furent chassés vers ces vallées montagneuses. Et maintenant ils en viennent à comprendre qu'il est inutile de chercher à faire disparaître l'œuvre par la populace, et qu'ils ne peuvent la renverser par un combat loyal et ouvert à partir de la Bible, aussi adoptent-ils la méthode d'enseigner les doctrines que nous enseignons. Maintenant, je veux dire aux Saints des derniers jours qu'il n'est nul besoin d'aller hors de cette Église pour la guérison de vos malades par la Science chrétienne ou par toute autre institution du pays qui cherche à contrefaire le pouvoir de Dieu. Qu'il y ait de bonnes gens parmi eux tous, cela est vrai ; mais leurs doctrines ne sont pas de Dieu. Dieu a révélé cette œuvre. Il nous a donné un témoignage de la vérité, et il attend de nous que nous usions de l'autorité de la Prêtrise et de la foi qu'il a implantée en nous pour guérir les malades et accomplir l'œuvre qu'il nous a assignée, et que nous ne fassions pas communion avec ces autres institutions en leur accordant notre patronage. Il est contraire à la pensée et à la volonté du Seigneur que nous le fassions. ¶
En conclusion, mes frères et sœurs, je veux rendre mon témoignage. Je me sens bien dans l'œuvre de Dieu. J'aime le président Lorenzo Snow ; j'aime ses conseillers, le président Cannon et le président Smith. Je demande à Dieu de guérir le président Cannon et de le ramener chez lui en sécurité. Je demande aux Saints des derniers jours de prier pour lui avec toute l'intensité de leur âme, et de prier pour d'autres qui sont affligés. J'aime mes frères des douze apôtres, et notre très vénérable frère, le président Brigham Young, qui a passé sa vie dans le ministère, et qui a toujours été présent pour l'œuvre de Dieu, que ce soit pour prêcher l'Évangile ou pour porter son fusil en défense du peuple contre les Indiens, comme il a fallu le faire dans les premiers temps du Territoire. J'aime les soixante-dix, l'épiscopat, le patriarche, et tous mes frères et sœurs. Je suis heureux d'exprimer cet amour et cette communion pour vous. Je prie pour vous soir et matin, et je vous demande de vous souvenir de moi dans votre foi et vos prières. Dieu justifiera cette œuvre, et nous devons avoir foi en elle. Du milieu d'Israël, dit Ésaïe, je rassemblerai Israël. Tous ne se tiendront pas fermes et fidèles. Comme l'a dit l'ancien Clawson ce matin, des dix vierges cinq étaient sages et cinq étaient folles. Efforçons-nous de ne pas être comptés parmi les folles. Que chaque évêque, de retour chez lui, s'efforce de mettre de l'ordre dans sa paroisse ; que chaque président de pieu fasse de même avec son pieu ; et que chaque homme, femme et enfant insuffle l'esprit de cette conférence dans sa famille, afin que le pouvoir de Dieu soit parmi le peuple, et que nous ne soyons pas comme des enfants futiles, se querellant au sujet de clôtures, ou de politique, ou de ces choses qui rongent le cœur et détruisent la communion des frères et des sœurs les uns envers les autres. N'oubliez pas que ceci est l'œuvre de Dieu, et non celle de l'homme. Que Dieu vous bénisse. Au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶